En ce vendredi 20 mars 2026, journée internationale du bonheur (instituée par l'ONU en 2012, et dont la première édition a eu lieu le 20 mars 2013), voici ma publication du jour explorant les liens entre le bonheur, la bienveillance et les relations sociales dans l'édition 2026 du rapport mondial du bonheur publié par l'ONU.
Cette année, l'ONU s'est particulièrement intéressé à l'usage des réseaux sociaux et de ses effets sur le bonheur et la santé mentale.
Voici quelques enseignements qui ressortent du rapport 2026 :
Le bonheur mondial
Les pays nordiques dominent à nouveau le classement du bonheur. La Finlande occupe toujours la première place, suivie d'un trio composé de l'Islande, du Danemark et du Costa Rica. La Suède et la Norvège complètent le top six, suivies des Pays-Bas, d'Israël, du Luxembourg et de la Suisse, qui forment le top dix. La progression du Costa Rica à la 4e place représente le meilleur classement jamais atteint par un pays d'Amérique latine.
La France apparaît à la 35ème position.
Si l'on examine l'évolution du bonheur entre la période de référence 2006-2010 et la période 2023-2025, on constate que près de deux fois plus de pays ont enregistré des gains significatifs (79) que des pertes significatives (41), parmi les 136 pays classés.
Cependant, de manière générale, la plupart des pays industrialisés occidentaux sont aujourd'hui moins heureux qu'entre 2005 et 2010, particulièrement chez les jeunes, avec une réduction de l'écart entre émotions positives et émotions négatives. Globalement, dans la population mondiale, l'être humain perçoit deux fois plus d'émotions positives que d'émotions négatives.
Bonheur et réseaux sociaux
Il est constaté une forme de généralisation et d'homogénéisation de l'usage des réseaux sociaux sur notre planète.
Pour autant, il y a de fortes disparités sur le lien avec l'évaluation de la vie, avec une influence plus forte de leur usage sur la perception de la vie dans les pays anglophones et en Europe occidentale.
Le rapport répond clairement à la question de la sécurité des réseaux sociaux pour les enfants et les adolescents. Sans réelle surprise, la réponse est "Oui". Il est mentionné notamment les préjudices directs tels que le cyberharcèlement et le chantage sexuel, et les effets indirects sur la santé mentale tels que la dépression et l'anxiété.
La rapport répond aussi clairement positivement à la question connexe : "l'adoption rapide et permanente des médias sociaux par les adolescents au début des années 2010 a-t-elle largement contribué à l'augmentation des troubles mentaux observée au milieu des années 2010 dans de nombreux pays occidentaux ?" au vu de "l'ampleur des dommages mis au jour lors de l'étude de la sécurité des produits".
Beaucoup de personnes utilisent les réseaux sociaux par mimétisme. Si leur utilisation était réduite, voire stoppée, de nombreuses personnes s'en porteraient mieux, et elles en sont conscientes.
L'essor d'Internet et des médias sociaux a affecté le bien-être directement, et indirectement en modifiant la confiance, les liens sociaux et les liens affectifs. L'impact est fortement négatif pour la génération Z à comparer avec les autres générations, et encore plus marquée pour les filles.
L'activité sociale perçue a diminué partout et figure parmi les indicateurs les plus fiables de la dégradation du bien-être.
Le rapport note que plus notre réseau social humain est exposé à l'internet plus les effets sont délétères sur notre bonheur. Par contre, l'usage d'internet est bénéfice pour l'humain si son entourage et si les relations restent de proximité.
L’impact d’un usage intensif des réseaux sociaux sur le bonheur dépend de la manière dont ils sont utilisés. "Fréquenter plusieurs plateformes, se fier aux réseaux sociaux comme principale source d’information et suivre des influenceurs sont associés à un stress plus élevé, à une augmentation des symptômes dépressifs et à des comparaisons plus négatives avec la qualité de vie des parents."
Enfin, concernant les politiques que nos sociétés peuvent mettre en œuvre, et notamment en direction des jeunes, on peut noter deux idées :
- La rapport alerte sur la façon dont les enseignements sont tirés des différentes études menées sur l'usage des réseaux sociaux. Les auteurs de ce rapport ont remarqué qu'à partir des mêmes sources, des études parviennent à des conclusions et des recommandations très différentes. Ils pointent des manques de rigueur, des inexactitudes, des manques de transparence quant aux lacunes et aux incertitudes.
- En terme d'impact sur le bien-être, il est plus efficace de travailler sur le sentiment d'appartenance des enfants à leur école plutôt que d'œuvrer à essayer de faire baisser l'utilisation des réseaux sociaux.
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