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samedi 27 juillet 2024

Une transition de Monsieur Plus vers Sam'Vabien

Avant-propos :

Ce présent article reprend pour bonne partie un texte que j'ai écrit dans le cadre de la préparation de l'Université Ephémère des 11 et 12 octobre 2017 sur la Qualité de Vie au Travail (QVT), l'innovation managériale et la coopération. Initialement orienté sur les enjeux de la vie au travail, je l'ai retravaillé pour intégrer également les autres sphères de vie.


Dans les slogans associés à cette Université Ephémère figuraient deux citations voisines : "Rien de trop !" et "Le mieux est l'ennemi du bien

La première était inscrite sur le fronton du Temple de Delphes (avec "Connais-toi toi-même !") et la deuxième est de la plume de Voltaire dans son conte moral La bégueule, lui-même faisant référence à un "un sage italien".

L'inverse de ces deux invitations est la fuite en avant, l'encore plus, l'excellence, le mythe de la croissance, l'optimisation, la perfection, le zéro défaut, ... Autant de tendances qui créent de la pression et du risque psychosocial dans toutes les sphères de vie, et en premier lieu dans la sphère professionnelle. Mais les autres sphères sont aussi touchées et notamment dans ce que l'on attend du rôle d'une mère, des études d'un enfant, des performances d'un sportif, ...

Le psychologue américain Barry Schwartz a écrit "Le paradoxe du choix" qui met en évidence en quoi la multiplicité des options, si elle peut créer plus de confort, plus de liberté, a tendance paradoxalement à créer du mal-être. Ci-dessous son intervention à une conférence Ted en 2005.



Dans son livre "Choisir sa vie", Tal Ben-Shahar, spécialiste de la psychologie positive qui a créé le premier enseignement sur le bonheur à Harvard, consacre parmi les 101 expériences qu'il propose, une expérience à la question des options. Il s'agit d'admettre l'acceptable plutôt que d'exiger la perfection. Il est d'ailleurs l'auteur d'un autre livre intitulé "L'apprentissage de l'imperfection" dans lequel il propose une alternative au perfectionnisme : l'optimalisme.

Dans la 54ème expérience "Admettre l'acceptable", il fait référence à Barry Schwartz, le citant :
"Contentez-vous d'un choix qui satisfasse vos exigences fondamentales au lieu de rechercher l'insaisissable idéal"

Dans son livre "Le paradoxe du choix - Comment la culture de l'abondance nous éloigne du bonheur", Barry Schwartz opère une distinction entre Monsieur Plus, "maximiseur" et Sam'Suffit "satisfaiseur"

En m'inspirant de ces deux appellations de la traduction française du livre, je préfère troquer personnellement Sam'Suffit par Sam'Vabien pour deux raisons :
  • le "bien" de Sam'Vabien est en lien avec la citation de Voltaire "Le mieux est l'ennemi du bien" appuyant ainsi une de mes convictions les plus profondes
  • le terme "suffit" peut avoir pour certains une connotation négative, en particulier en matière de niveau d'ambition (il n'est pas connoté négativement pour moi)
Ceci étant dit, Sam'Vabien prend ses décisions comme Sam'Suffit.

Renaud Gaucher dans le livre "Bonheur et économie: le capitalisme est-il soluble dans la la recherche du bonheur ?" (p.45, L'Harmattan, 2009) écrit "Elle permet de différencier les satisfaiseurs, ceux qui cherchent un produit qui les satisfait, et les maximiseurs, ceux qui cherchent le meilleur produit."

Ce qui est écrit ici en matière de consommation s'entend aussi dans le monde du travail dans la fixation des objectifs et dans les prises de décisions.

Les concepts de "Monsieur Plus" et "Sam'Vabien" s'entendent aussi bien au niveau individuel et collectif. Quand on joue Monsieur Plus au niveau collectif, on attend des individus qu'ils jouent Monsieur Plus également à toutes les strates, en prenant exemple sur le Monsieur Plus du top du top (qui n'est pas forcément au sommet). Une personne Sam'Vabien dans un collectif Monsieur Plus est un vilain petit canard et elle recevra de la pression pour changer de costume. C'est vrai dans la sphère professionnelle comme dans les autres sphères de vie.

Cette distinction est fondamentale entre Monsieur Plus et Sam'Vabien sur deux aspects :
  • la prise de décision et la fixation des objectifs
  • l'appréciation, la gratitude et la reconnaissance

Prise de décisions et fixation des objectifs

Voyons comment fonctionnent Monsieur Plus et Sam'Vabien en s'inspirant de "Le paradoxe du choix" et en ayant ajouté mon grain de sel :
Monsieur PlusSam'Vabien (ou Sam'Suffit)
Plein de critères qui s'ajoutent au fil de l'eauPeu de critères
Motivation : le plus possible, le mieux possible, le plus vite possible, sans limite (cf mon article sur le striatum, partie du cerveau : L'insoupçonnable et l'insoutenable)Ce qui répond à mon (notre) besoin
Activité cérébrale éventuellement lourde et stressante de comparaison entre plusieurs (beaucoup d') optionsRecherche la première option qui réunit les critères et Basta !
Logique de coût de l'abandon des opportunités
offertes par les options non retenues
Pas de regret à avoir
Focalisation sur les motifs d'insatisfaction de la solution retenue et des opportunités perduesFocalisation sur les motifs de satisfaction
Tentation de changer rapidement
pour une autre option
Investissement de l'option choisie


Tal Ben-Sharar dans "L'apprentissage de la perfection caractérise le perfectionniste et l'optimaliste. En voici une synthèse sous forme de tableau :

optimaliste-perfectionniste

On comprend bien au vu de ces deux tableaux en quoi la posture individuelle et collective Monsieur Plus | perfectionniste ou Sam'Vabien | optimaliste a des impacts considérables dans le monde du travail : la raison d'être, les objectifs, la façon de fixer les objectifs, le type de management, le niveau de reconnaissance, le droit à l'échec, le niveau de confiance, la qualité des relations, ...

Le processus de prise de décision par consentement issu de la sociocratie, promu notamment par l'UdN,  va bien dans ce sens, puisqu'il s'agit de Si ce processus va par essence dans le sens de trouver une solution satisfaisante, on peut penser qu'il donnera toute son efficacité dès lors que les preneurs de décision sont bien dans une posture de Sam'Vabien et non de Monsieur Plus.

La posture de Sam'Vabien ne doit surtout pas être vue comme manquant d'ambition. Elle vise à réduire l'écart entre la réalité et les objectifs et les attentes. Et en faisant référence à la définition de la Qualité de Vie au Travail par les chercheurs québécois Gilles Dupuis et Jean-Pierre Martel, le niveau de QVT dépend inversement de l'écart entre la réalité et les attentes. On comprend bien en quoi des attentes irréalistes créent du mal-être au travail.
Dans les autres sphères de vie, il s'agit du même enjeu : se fixer des objectifs réalistes qui permettent de se sentir bien.
Les attentes irréalistes ou perfectionnistes créent d'autant plus de mal-être que la posture de Monsieur Plus peut conduire à des dynamiques proches du mythe de Sisyphe.

La recherche du réalisme de l'objectif est-il suffisant avec une posture de Sam'Vabien ? Non, car en réalité, il faut aller plus loin : quand on cherche le réalisme, on risque de se frotter néanmoins à une tendance à vouloir aller jusqu'à chercher la meilleure solution réaliste. Au contraire, en bon optimaliste ou satisfaiseur, il s'agit de définir un objectif, une solution qui marche. Voilà tout ... et c'est bien.
Sachant qu'il faut toujours relativiser l'enjeu d'un objectif : un objectif trop ambitieux sera probablement révisé à la baisse à un moment à un autre, alors autant le choisir raisonnable et à la portée dès le départ. Tout processus qui conduira à réduire les ambitions ou à se prendre en pleine figure qu'on ne peut pas atteindre les objectifs peut apporter de la souffrance. Autant s'économiser cette souffrance et la pression d'un objectif qui s'éloigne en prenant individuellement et collectivement la posture de Sam'Vabien et en cultivant cette attitude et cette pratique largement dans toutes les sphères de vie et avec les personnes avec qui on interagit.

Je suis convaincu que le réalisme des objectifs fait partie des deux points cruciaux de la Qualité de Vie [au Travail] avec l'Attention Réciproque.

Appréciation, gratitude et reconnaissance

Avant d'aborder ce trio "appréciation, gratitude et reconnaissance", disons quelques mots sur la qualité des décisions prises par Monsieur Plus et Sam'Vabien.

  • Monsieur Plus qui cherche à maximiser a de plus grandes chances d'obtenir un résultat meilleur que celui de Sam'Vabien, quand tout fonctionne et que la pression n'a pas créé d'effets délétères sur l'efficacité.
  • MAIS l'enseignement paradoxal mis en évidence par Barry Schwartz est que le niveau de satisfaction de Monsieur Plus est inférieur au niveau de satisfaction de Sam'Vabien bien que ce dernier ait statistiquement obtenu un résultat, un produit ou service pas aussi bon, pas aussi complet (ou peut-être avec des qualités qui ne seront pas utilisées).

Question : qu'est-ce qui est le plus important : avoir un résultat meilleur objectivement ou être satisfait d'un résultat en ligne avec un objectif raisonnable ?
Je suis convaincu que c'est la deuxième option qui participe à un bon niveau de QVT et de Qualité de Vie.


Comme je l'ai évoqué dans mon article "Merci !" naît de l'attention, avec un feu d'artifice d'émotions positives, l'attention portée aux réussites, aux bons moments, aux bons côtés des choses, aux beaux gestes techniques, aux gestes d'altruisme, aux progrès, à l'adaptation face aux problèmes, aux talents, forces et qualité d'autrui ... induit la fréquence et l'intensité de gratitude ressenti puis la fréquence et l'intensité de reconnaissance exprimée.
Et indubitablement, au vu des deux tableaux présentés précédemment, Monsieur Plus et perfectionniste a son attention focalisée sur ce qui ne marche pas assez, ce qu'il pourrait avoir plus et ce qu'il a loupé en ne choisissant pas d'autres options. Satisfaction, gratitude et reconnaissance ne sont pas au programme dans ce schéma, que l'on se place au niveau individuel ou au niveau collectif.

Inversement, Sam'Vabien et optimaliste a son attention focalisée sur ce qui marche, sur ce qu'il a et sur ce qui lui a permis d'avoir ce qu'il a, notamment les personnes qui y ont contribué. Satisfaction, gratitude et reconnaissance s'enchaînent en procurant des émotions positives à la fois pour celui qui le vit et à la fois pour les bénéficiaires de ses gestes de reconnaissance.

La transition vers Sam'Vabien en enjeu central

Barry Schwartz, psychologue je le rappelle, met en évidence dans son livre en quoi Monsieur Plus, en tant qu'individu, souffre de la multitude des choix à faire pour avoir le mieux possible et être sûr qu'il a fait le bon choix. D'où le sous-titre "Comment la culture de l'abondance nous éloigne du bonheur". Il souffre aussi et il est en déficit d'émotions positives du fait de l'adaptation hédonique. Son livre est orienté sur les choix de consommation, mais les parallèles à faire dans son livre avec le monde du travail sont fort nombreux et fort pertinents, ainsi que dans les autres sphères de vie. 
L'intérêt est aussi de relier opportunément la consommation avec la production, de comprendre en quoi notre société de consommation crée du mal-être en tant que consommateur·trice et en tant que travailleur·euse.

L'attitude Monsieur Plus individuelle et collective modèle un cercle vicieux infernal contagieux que l'on peut qualifier aisément de perdant-perdant pour l'individu, les collectifs de travail, le monde associatif, les clients ou usagers, la société et bien souvent la planète.
L'attitude Sam'Vabien individuelle et collective modelant un cercle vertueux contagieux gagnant-gagnant pour toutes les parties prenantes.
Le seul point commun entre les deux étant la dimension contagieuse.

L'enjeu étant de trouver un modèle gagnant-gagnant pour l'individu qui consomme, celui qui travaille, celui qui investit les différentes sphères de sa vie, la société et la planète.

La transition de Monsieur Plus en Sam'Vabien m'apparaît comme un point commun aux transitions écologique, sociale, économique, politique, intérieure, ... auxquelles l'humanité se doit de s'investir avec détermination.

vendredi 1 décembre 2023

Bienveillance : chacun a une main pour donner et une main pour demander et recevoir

Dans mon précédent article intitulé Voir et (se) rendre visible et accessible : une double dynamique de Bienveillance et d'Attention Réciproque, j'ai évoqué l'enjeu d'une telle dynamique pour la bienveillance et pour une bonne coopération dans notre société.

J'y ai évoqué l'intérêt pour chacun individuellement et aussi pour chaque communauté et collectif de se donner du temps pour voir et donner à voir situations, émotions, besoins, aspirations, besoins, être et faire.

Dans le présent article, je vais donner un sens particulier à voir et à donner à voir :

  • "Voir" dans le sens : veiller (le "veillance" de "Bienveillance", porter attention et donner de la bienveillance (le "Bien" de "Bienveillance) (cf La Bienveillance en deux mots)
  • "Donner à voir" dans le sens : exprimer ses attentes en matière de bienveillance et leur potentiel prolongement : accueillir les actes bienveillants envers soi
Je vais donc ici aborder la bienveillance pour demain et à deux mains

mercredi 18 octobre 2023

La gratitude et la bienveillance, ça nous sied vraiment bien


Voici 4 verbes autour de la gratitude et de la bienveillance, 4 verbes rimant en "cier".

Il y a 3 premiers verbes qui se conçoivent en séquence :

  1. Bénéficier : prendre conscience de tout ce que l'on nous donne
  2. Apprécier : après en avoir pris conscience, on peut apprécier ces dons multiples et variés, au quotidien
  3. Remercier : il s'agit d'une double dynamique, intérieure et extérieure : ressentir la gratitude puis l'exprimer.
Le 4ème verbe - Associer - vise à étendre le champs de la gratitude. En effet, la gratitude est tournée vers l'extérieur de soi. Associer aussi sa propre contribution à une situation dans laquelle on remercie autre que soi est une façon de trouver un juste équilibre entre deux tendances extrêmes opposées :
  • considérer que tout nous est dû, qu'on s'est fait tout seul, qu'on n'a besoin de personne, avec un ego, une confiance en soi et une estime de soi surdimensionnés,
  • une modestie extrême et/ou un ego, une confiance et une estime de soi au ras des pâquerettes.
Dans la suite, je vais donner quelques précisions sur chacun de ces verbes.

jeudi 13 avril 2023

Bien-être et Mal-être en ACTions - Episode 1

J'ouvre ici une série d'articles en plusieurs épisodes autour de ce que la réalisation d'actions peut générer en terme de bien-être et de mal-être, les enjeux que posent les éventuelles ambivalences, en croisant plusieurs sources d'inspiration (1).

Que ce soit dans la vie professionnelle ou dans les autres sphères de vie, nous pouvons tirer satisfaction de la réalisation de nos actions selon deux grands facteurs (il y a d'autres facteurs par ailleurs, mais je veux ici mettre en regard ces deux, particulièrement importants) :

  1. le bon avancement, les progrès réalisés, l'atteinte des objectifs ;
  2. ou/et le sentiment d'alignement avec nos valeurs, avec nos aspirations les plus profondes.
ET inversement on peut ressentir de l'inconfort, de la douleur, de la souffrance, du mal-être selon les deux mêmes facteurs en effet miroir :
  1. la stagnation, voire le recul dans la réalisation, la non atteinte des objectifs ;
  2. ou/et le non alignement avec nos valeurs, avec nos aspirations les plus profondes, que cela soit de manière consciente ou inconsciente.
Figure 1 : Avancement + Alignement

jeudi 2 septembre 2021

Du "faire" au "vivre pleinement" - Chronique sur la Bienveillance et la rentrée - Episode 33

 


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Voici le 33ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.
Cette chronique m'a été inspirée par la rentrée où un sacré enjeu pour beaucoup de monde est de faire entrer le maximum de choses dans son agenda et dans sa vie à la mode frénésie, y compris chez celles et ceux pour qui la chose pourrait sembler plus simple : les retraité·es.

Faire, et y croire dur comme fer

Je reviens dans cette chronique sur la genèse de ce blog : aborder le bonheur à travers des verbes.
Et il est vrai que le "faire" occupe une place énorme dans notre société. Un "faire" qui prend presque toute la place et même de plus en plus de place du fait de la conjugaison de deux phénomènes :

lundi 21 juin 2021

Parlons réciprocité de la bienveillance - Chronique sur la Bienveillance - Episode 30

 


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Voici le 30ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.

Il suffit de regarder l'actualité jour après jour pour constater des déficits de réciprocité : la destruction de la planète alors qu'elle nous nourrit, les violences ou l'indifférence envers celles et ceux qui nous aiment - notamment envers les femmes et les enfants -, ... où se croisent des (présumés) coupables d'actes malveillants, des complices, des témoins qui ne pipent mot, tournent leur regard, font les morts, des personnes indifférentes, des individus et collectifs qui n'ont pas le temps de porter leur attention ou qui sont focalisés sur leurs propres besoins et intérêts, ...

Voyons en quoi ma modélisation de la bienveillance en 4 dimensions indissociables et réplicables tisse un maillage de responsabilités de bienveillance qui fait mieux jouer la réciprocité.

lundi 3 mai 2021

Changement de posture individuelle - Chronique sur la Bienveillance - Episode 28

 

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Voici le 28ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.

Il m'a été inspiré de l'interview d'Isabelle Desplats co-fondatrice du mouvement Colibris, formatrice en qualité relationnelle coopération et gouvernance partagée, et également psycho-praticienne. Interview publiée dans le cadre du MOOC Transition Intérieure dont j'ai déjà eu l'occasion de parler sur ce blog et que je conseille vivement.


Au début de l'interview, Isabelle Desplats évoque l'idée d'un changement de posture dirigé vers une prise de conscience de l'interdépendance.

samedi 22 décembre 2018

Edition N°2 de deux schémas sur le processus de gratitude

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Cet article contient une (des) ressource(s) mise(s) en commun par Olivier Hoeffel
 Au printemps 2017, j'ai publié successivement 2 articles "Merci !" naît de l'attention, avec un feu d'artifice d'émotions positives et La gratitude vue comme une rencontre et une succession d'attentions en décortiquant la gratitude à travers un processus.

J'ai fait évoluer ce processus en ajoutant une étape entre l'attribution et le ressenti de gratitude. Il s'agit d'une étape d'appréciation. La motivation d'une nouvelle étape centrée sur l'appréciation alors que l'étape n°2 concernait déjà l'appréciation est la suivante : l'étape n°2 est l'appréciation de la situation vécue. Par exemple, j'apprécie la  baguette que je mange au petit déjeuner.
Cette nouvelle étape n°4 est l'appréciation du fait que la situation agréable vécue est attribuable à quelqu'un ou à la chance. Pour reprendre mon exemple : j'apprécie de me dire qu'un certain nombre de personnes ont contribué à mon plaisir (boulanger, agriculteur, ...). Et c'est parce que j'apprécie la contribution que je vais ressentir de la gratitude pour les personnes ayant contribué.

Je vous donne ci-dessous l'animation des deux schémas ainsi que leur image correspondante :


Schéma N°1 : 

Image N°1 :


Le feu d'artifice émotionnel de la gratitude (schéma, processus) - lesverbesdubonheur bonheur psychologie positive


Schéma n°2 : 


Image N°2 :


Gratitude et rencontre d'attentions (schéma, processus) - lesverbesdubonheur bonheur psychologie positive


dimanche 26 mars 2017

"Merci !" naît de l'attention, avec un feu d'artifice d'émotions positives


Je commence cet article par un vœux qui pourra sembler manquer d'humilité : que votre vision de la gratitude à vous lectrice ou lecteur soit aussi radicalement transformée (positivement) que la mienne après ma lecture du livre "Merci !" de Robert Emmons, mon appropriation de la gratitude et la conceptualisation et la pratique du processus que j'ai élaboré, objet du présent article.

Voici le schéma de ce processus que je vais détailler, point par point



1/ L'origine : l'attention

Le point de départ de la gratitude est l'attention. De mon point de vue, la gratitude ne se peut se concevoir sans un préalable d'attention. Quand notre esprit est occupé par des pensées (qu'elles soient négatives, neutres ou positives) ou quand on est pris par le temps, il n'y a pas de place pour la gratitude.
Il s'agit de l'attention que l'on porte au moment présent, à nos sensations, aux autres personnes, à ce qu'elles font pour nous personnellement, pour nos proches, pour le bénéfice de nos projets, de ce à quoi nous tenons. Une attention portée aussi à l'environnement tout autour de nous, à sa beauté, à son étrangeté, en utilisant tous nos sens.
Cette attention est facilitée quand on vit le moment en pleine conscience.
En notant que l'attention peut constituer elle-même un geste de reconnaissance. C'est le 5ème des 10 gestes de la reconnaissance au quotidien.

2/ L'appréciation

L'attention et tous nos sens activés nous donnent l'opportunité de vivre une émotion positive : l'appréciation. Une émotion que l'on vit dans son corps et qui peut se combiner avec une dimension cognitive : se dire à soi-même "c'est chouette !", "c'est trop bon", "ça me fait du bien", "oh temps, suspend ton vol !", ...
Pour apprécier, et comme pour l'attention, il ne s'agit pas d'être dans l'urgence. Cela nécessite de se faire le cadeau de se donner du temps et aussi de ne pas avoir autour de soi quelqu'un qui vous fasse une petite remarque du genre "tu ne penses pas que tu as autre chose à faire que de rester le nez en l'air ?"

L'appréciation est donc une émotion positive; mais ce serait dommage de s'arrêter en si bon chemin, car il y a d'autres émotions positives qui nous attendent si on le poursuit. Ou alors, si on en fait le but final systématiquement, on serait dans une vision nombriliste du monde.
Pourquoi ? Parce que beaucoup des choses que nous pouvons apprécier sont attribuables à autrui.

3/ L'attribution

Imaginez que quelqu'un vous rende service. Vous appréciez ce geste et bien évidemment l'action d'attribution est immédiate : vous savez bien à qui vous le "devez" : celle ou celui qui vous a rendu service.
Pour d'autres occasions, ce peut être un peu plus compliqué. Par exemple, vous arrivez le matin au bureau. Il y a une cafetière à votre bureau et quelqu'un a préparé le café, vous vous en êtes servi et vous le dégustez  tranquillement et en plus il est particulièrement bon.
Bien sûr, vous pourriez en rester là. Mais vous pourriez aussi rechercher qui a préparé le café pour le collectif. Peut-être découvrirez vous que celui (celle) qui l'a préparé est particulièrement désintéressée parce que lui (elle) boit du thé qu'il (elle) a préparé le café en parallèle dans un élan altruiste.
J'appelle cela "la petite enquête". Celle que l'on peut mener aussi le matin en été quand quelqu'un a eu l'heureuse idée d'ouvrir les fenêtres le matin pour rafraîchir les bureaux.

Maintenant que vous savez qui a préparé le café ou qui a ouvert les fenêtres, non seulement vous avez vécu une émotion positive en dégustant le café ou en ressenti avec délice le courant d'air frais, mais vous allez pouvoir entrer de plain pied dans le champ de la gratitude.

Avant donc d'aborder franchement la gratitude, je veux préciser que dans certains cas, l'attribution ne semble pas une étape pertinente : par exemple, si j'admire un paysage, en première intention, je ne vois pas à qui attribuer ce moment. Si je crois en un dieu, je peux l'attribuer à ce dieu. Mais je peux aussi l'attribuer à toutes et celles et tous ceux qui ont participé à la préservation de ce paysage, connus ou inconnus. Et donc en réalité, cette action d'attribution a le mérite quelques fois de nous faire prendre conscience de l'interdépendance entre nous et quantité d'êtres présents ou passés sur cette planète. En dernier ressort, on peut aussi penser "Merci la vie !".

4/ Le ressenti de la gratitude

Quand on évoque la gratitude, on va souvent un peu trop vite en l'assimilant à l'expression de la gratitude, ce qui nous renvoie probablement à notre éducation pendant l'enfance "dis merci à la dame qui vient de te donner un bonbon !", "et on dit quoi ? Merci !" Quand je me remémore les messages parentaux que j'ai pu recevoir et que j'ai vu administrer à des générations qui se sont succédé et avec la vision panoramique que j'ai acquise sur la gratitude, je me dis qu'on ne nous a vraiment pas cultivé les vertus de la gratitude par le bon fil. On a utilisé avec nous les leviers du devoir et de la politesse alors que celui des émotions positives eut été plus pertinent et plus plaisant.

En effet, la gratitude est en premier lieu et en premier temps une émotion positive. Quelque chose que l'on peut ressentir dans son corps. Je me souviens avoir ressenti un jour une émotion positive tellement puissante que mon corps a été traversé d'un frisson qui a circulé du haut de ma nuque jusqu'au bas de mon dos. En notant en passant, que la gratitude ressenti à cette occasion ne se rapportait pas à un événement du présent mais au cours d'une pensée de gratitude envers quelqu'un qui avait donné beaucoup d'énergie et de ses compétences pour un projet que nous avions en commun.

5/ L'expression de la gratitude

Alors franchement, je vous le dis : ce serait tout de même dommage de ressentir de la gratitude pour quelqu'un et ne pas la lui exprimer.
Sauf que bien entendu, il y a des freins : on n'a pas le temps, on n'a pas eu le réflexe de l'exprimer au moment du geste qu'autrui a fait pour nous, on n'ose pas le remercier car on sait que c'est une personne qui a du mal à recevoir les remerciements et les compliments, ...

Et c'est d'ailleurs le moment de prendre conscience d'un effet miroir très important : en tant que spécialiste de la Qualité de Vie au Travail, je sais encore plus que d'autres en quoi la reconnaissance est en moyenne une attente non assouvie des individus au travail. Quand on visualise le processus décrit dans le schéma donné dans cet article, on voit le nombre d'étapes et de conditions préalables pour atteindre cette étape 5. Et donc, il est possible que nous soyons autant frustrés de ne pas recevoir de la reconnaissance d'autrui, qu'autrui est frustré de ne pas recevoir de reconnaissance de notre part. Ce qui, entre parenthèses, fait alors considérer le sujet de la reconnaissance au travail avec un angle très nouveau : celui de la culture de l'appréciation et des émotions positives; une autre façon de voir ce nouvel angle : aborder la reconnaissance non pas par celle qu'on attend mais par la gratitude qu'on ressent et qu'on exprime. Je ne vais pas plus loin dans cet argumentaire que je reprendrai probablement prochainement sur laqvt.fr

6/ L'attention portée au feedback

Exprimer sa gratitude pourrait être considéré comme le bout du chemin de gratitude.

En réalité, et bien souvent, le chemin continue parce que l'expression de la gratitude est une interaction (exprimée en face à face ou par écrit via une lettre ou peut-être aussi via les réseaux sociaux). Et la personne bénéficiaire peut réagir, avec diverses formes de retours. Par exemple :


  • "tu le mérites bien"
  • "ce n'est qu'un juste retour des choses"
  • "en fait, je n'ai fait que t'écouter et c'est toi qui a trouvé la solution à ton problème"
  • "c'est super gentil de me remercier, je n'ai tellement pas l'habitude de ça. Alors, à mon tour, je te remercie. Tu n'imagines pas le bien que tu viens de me faire"
  • un "j'aime" sur un commentaire "merci" posté sur Facebook
L'attention portée au feedback donne donc l'opportunité de ressentir de nouvelles émotions positives. Elle permet de construire ou de cultiver des liens.

Elle boucle la boucle et consacre le cercle vertueux de la gratitude qui nous fait voir la vie plus belle, les autres aidant, le monde plus beau et le lendemain plus attirant.

J'évoque le mot "lendemain" car si la gratitude peut se vivre en direct live, elle peut aussi se cultiver par l'intermédiaire de rituels en différé; c'est le cas par exemple pour l'utilisation du journal de gratitude que j'ai présenté sur ce blog (le journal AGIR).

Je signale pour terminer le livre de Rebecca Shankland, chercheuse en psychologie positive, spécialiste de la gratitude. Il est intitulé "Les pouvoirs de la gratitude"







dimanche 23 octobre 2016

10 gestes de la reconnaissance au quotidien (Edition 2)

Actualisation : la dernière version des gestes de reconnaissances au quotidien propose 15 gestes. Accès à l'article présentant ces 15 gestes de reconnaissance.

Le 19 novembre 2015, je vous proposais un schéma et un diaporama sur la reconnaissance au quotidien en 10 gestes. Auparavant, j'avais édité une première version où 6 gestes étaient mis en avant. Je remercie toutes celles et tous qui ont porté intérêt à mes deux articles.

Voici la 2ème édition de ces 10 gestes de la reconnaissance au quotidien avec une nouvelle forme et dans laquelle j'ai ajouté un astérisque pour les gestes de valorisation. Il s'agit de mettre en évidence que la reconnaissance est amplifiée quand elle va au delà du style télégraphique "merci" ou "bravo" ou "j'aime".

J'en ai fait l'expérience récemment avec Isabelle Sentkar que je remercie publiquement ici pour l'inspiration qu'elle m'a donnée : elle m'a fait un retour argumenté et valorisant d'une action sociétale que nous venons de lancer avec mes compères du comité éditorial de laqvt.fr et de Novéquilibres. Quand j'ai lu le feedback écrit qu'elle m'a fait, je me suis fait la réflexion suivante "Elle a parfaitement compris et retranscrit l'essence de cette initiative. Elle a compris et nous valorise sur le pourquoi, le comment et le quoi de cette initiative". J'ai ressenti une émotion beaucoup forte que si elle m'avait exprimé : "super, bravo pour votre initiative" comme d'autres ont pu le faire par ailleurs. Indéniablement, je me suis senti très intensément reconnu pour le travail réalisé. Et cette intensité en terme de reconnaissance m'a conduit encore plus à ressentir de la gratitude pour son geste et à exprimer à mon tour ma reconnaissance.
Je renvoie à un article précédent mettant en évidence le jeu de ping pong de la reconnaissance.

Voici donc 10 gestes de la reconnaissance au quotidien, sous la forme d'un schéma et d'un diaporama.








Accès au pense-pas-bête sur la reconnaissance en 10 gestes du quotidien (pdf)

lundi 17 octobre 2016

Coopération, reconnaissance, gratitude ... et miel

Dans la conférence TEDxNante intitulée "La monnaie Eutopique", Massimo AMATO, économiste, historien, philosophe a tenu les propos présentés dans l'illustration suivante :



La coopération, telle qu'il l'évoque ici n'est pas celle sur laquelle je travaille fréquemment à savoir celle qui nous fait travailler ensemble sur un même objet dans un même but. Il parle de la coopération qui nous fait travailler les uns pour les autres, dans le respect et l'attention mutuelle.

Celle qui fait par exemple que je vais acheter du miel à un apiculteur. Apiculteur qui, en passant, lui-même coopère avec des abeilles qui elles-mêmes coopèrent entre elles.

En achetant du miel, j'achète le fruit du travail de l'apiculteur et des abeilles. Je reconnais son travail en lui payant le prix juste de son travail. Je peux aussi le féliciter pour la qualité de son miel, pour son amabilité.

Je peux lui apporter encore plus de reconnaissance en lui posant des questions sur son métier, en me donnant du temps pour comprendre la réalité de son travail et en prenant conscience encore plus du juste prix de tout le travail qu'il fournit pour la production de son miel et pour sa commercialisation, y compris en me redonnant la monnaie de ma pièce (billet en l'occurrence). Et j'aurai envie probablement de lui donner plus que ma reconnaissance financière : le remercier pour tout son travail qui me permet de déguster du miel, avec un métier qui devient de plus en plus dur et de plus en plus aléatoire avec les impacts de la pollution.

Et peut-être que l'apiculteur aura de la reconnaissance pour moi de m'être intéressé à son travail, la reconnaissance devenant symétrique.

Je ne prends pas cet exemple au hasard : c'est bien le fruit - voire le nectar - d'une amitié avec un couple d'apiculteurs.

dimanche 18 octobre 2015

6 gestes de la reconnaissance au quotidien

Actualisation : la dernière version des gestes de reconnaissances au quotidien propose 15 gestes. Accès à l'article présentant ces 15 gestes de reconnaissance.

A combien d’enfants a-t-on seriné depuis des générations : "Dis bonjour !" et "Dis merci !" ?

Si on doit prendre la reconnaissance par ce bout là, ça ne va pas être engageant.

Alors, sur le sujet de la reconnaissance, il s'agit de trouver d'autres modalités et motivations pour adopter des gestes de  reconnaissance au quotidien ...
… au travail, en famille, avec les amis, avec les connaissances, dans la rue.

Je vous propose de considérer la reconnaissance avec 6 gestes du quotidien et dont certains ne nous renvoient pas forcément à notre conception de la reconnaissance.



Regard et sourire
Quand on voit une personne de loin qui s'approche et qu'elle nous fait un grand sourire, en voilà un beau signe de reconnaissance ! Soit elle nous a déjà vu, et on peut facilement l'interpréter comme "Je t'ai reconnu" et "je suis content de te voir".
Soit, c'est une personne qui nous est inconnue - et on a tendance à penser qu'on lui est aussi inconnu, sauf si on est une personnalité publique - et on peut l'interpréter comme "Elle me trouve sympathique".
La sourire est un atout formidable pour le bonheur. Dans notre cerveau, nous avons des neurones un peu particuliers, les neurones miroirs qui instinctivement nous conduisent à reproduire les gestes que l'on voit en face de nous. Donc si une personne nous sourit, nous allons avoir une tendance à lui répondre par un sourire, un peu comme un bâillement appelle à un bâillement.
Alors, maintenant, il y a sourire et sourire. Certains sont forcés et ça peut se voir.
Un sourire authentique se repère par la contraction du muscle orbiculaire de l’œil. Ca a été observé par le neurologiste Duchenne de Boulogne, d'où l'appellation de ce sourire "le sourire de Duchenne".
Pour ma part, je trouve qu'un sourire authentique est aussi observable par l'intensité du regard. 
Régulièrement, j'aborde un sourire engageant dans les files d'attente aux caisses de supermarché et je m'aperçoit très souvent que ça a un effet contagieux.
Maintenant, n'oublions pas un préalable : le sourire nécessite d'abord de se regarder. Une évidence pas tellement évidente quand on se trouve dans une rame de métro ou dans un ascenseur.

Bonjour !
"Bonjour !" est un  signe de reconnaissance en soi, et vraiment au sens premier. Certains commerçants utilisent malignement le bonjour en y accolant notre nom ou prénom pour clairement nous indiquer qu'ils nous ont reconnu.
Dans certaines circonstances, le fait que quelqu'un que l'on connait peu nous appelle par notre nom a un effet positif sur nous : "tiens, il m'a reconnu; je ne pensais pas qu'il se souviendrait de moi". Alors si en plus il nous demande des nouvelles de notre enfant qui était malade la seule fois où on l'a vu, on peut se dire "Au moins celui-là, il écoute vraiment ce qu'on lui dit !"
Le "bonjour" est un signe de reconnaissance à la fois si simple et si compliqué. Si simple car il tient en deux syllabes, car il fait partie des habitudes qu'on nous a inculquées.
Si compliqué, car dans un monde où tout un chacun va plus vite (y compris les retraités) et n'a pas le temps de s'arrêter, un "bonjour" fait prendre le risque d'être en dehors des clous du programme de la journée. ce qui fait que de plus en plus, on fait des impasses. Et puis essayez de dire bonjour quand vous êtes scotché sur votre smartphone en train de marcher dans la rue : on ne peut plus se donner l'opportunité de reconnaître les personnes que l'on croise.
Pour certaines personnes, "bonjour" est un acte difficile parce qu'elles sont timides. Ce qui peut nous faire interpréter de la timidité pour de l'impolitesse, voire un signe volontaire de refuser une interaction.

J'aime !
Le fait qu'on nous dise qu'on aime ce qu'on est, ce qu'on fait, ... est un signe de reconnaissance qui nous fait un bien fou. Comme pour le sourire, il s'agit tout de même que ce soit sincère. S'il y a supercherie dans l'air (pour obtenir quelque chose) ou si le "j'aime" est dénaturé tellement il est utilisé, un peu comme une ponctuation dans les phrases, évidemment sa portée sera différente, voire contre-productive.
A noter que comme pour le "merci" et le "bravo", le "j'aime" peut être conditionnel ou inconditionnel.
Exemple de conditionnel : "j'aime ton dernier tableau"
Exemple d'inconditionnel : "de toutes façons, ça n'est pas compliqué, j'aime tout ce que tu fais".
On a besoin du "j'aime" inconditionnel, mais gare au piège : si je réalise quelque chose qui sort de mes habitudes, dont je suis particulièrement fier, que j'attends un retour sur ce que je viens de faire, et que la personne en face me dise la phrase précédente, je me sentirai probablement frustré.
Avec les réseaux sociaux, nous sommes appelés à exprimer des "j'aime". De ce point de vue, on peut considérer que les réseaux sociaux offrent de nombreuses opportunités de donner et recevoir de la reconnaissance avec la possibilité d'aimer des pages, des articles, des gens avec la prudence de bien considérer le quantitatif et le qualitatif et de ne pas surinterpréter le quantitatif (comme le nombre d'amis sur Facebook, par exemple).

Merci !
C'est un signe important que l'on peut attendre en réaction à nos actes. Un peu comme une balance qu'il s'agirait d'équilibrer. Effectivement  dans notre enfance nous avons été habitués à retourner un "merci" pour les choses qu'on nous donne, pour l'aide qu'on nous apporte. C'est aussi considéré comme une forme de politesse.
Comme pour "bonjour", "merci" est à la fois simple et compliqué.
Simple comme "bonjour" (d'où l'expression, si si je vous assure ça vient de là ! ;-)) avec aussi deux syllabes et le fait que cela peut être intégré dans nos habitudes.
Compliqué, car certaines personnes sont mal à l'aise avec le "merci". Et pas seulement celui qui dit merci. En effet, on a toutes et tous croisé à un moment de notre vie des personnes qui montrent une gêne voire même quelques fois de la mauvaise humeur à être remerciées et encore plus si on veut leur donner en retour.

Bravo !
S'il est vrai que "Bravo" a une proximité avec le "j'aime" dans certaines circonstances, il a tout de même la spécificité de reconnaître un effort, l'atteinte d'un résultat difficile. Il peut s'exprimer de manière bruyante (applaudissements) et donner lieu à un processus de contagion aboutissant à une expression d'un ensemble d'individus. Cela pouvant donner un impact émotionnel de forte intensité.
"Bravo", le superlatif de la reconnaissance ?

Propagation
Il me semble que s'il y a un signe de reconnaissance que l'on évoquera le moins facilement si on interroge quelqu'un sur la reconnaissance, c'est celui de la propagation. Ce sont tous les gestes dont on va bénéficier d'autrui qui va parler de nous, de nos actes, de nos réussites. Avec Internet et en particulier avec les réseaux sociaux, cette forme de reconnaissance prend une ampleur considérable : chaque fois qu'on va relayer un de nos contenus, y compris un contenu que nous-mêmes on a relayé, c'est un signe qu'on s'intéresse à ce qu'on fait et aussi à nos sujets d'intérêts.

Pour finir ... une cerise sur le gâteau
On mérite certainement plus de reconnaissance qu’on en reçoit et quelques fois on se met dans une posture d'attente de cette reconnaissance. Certaines personnes sont entraînées dans une fuite en avant infernale quand elles redoublent d'efforts pour obtenir une reconnaissance qui n'est jamais à la hauteur de ce qu'elles attendent avec une inexorable conséquence : un bain d'amertume.

MAIS la bonne nouvelle, ce qui est super plus efficace, motivant et bénéfique, c’est de faire ce qui est totalement à notre portée et presque sans limite …
DONNER DE LA RECONNAISSANCE
Parce qu’en donnant de la reconnaissance, on se fait un cadeau à soi-même  !
"Comment donc ?" me direz-vous !

Je m'explique : pour donner de la reconnaissance, il faut déjà être en capacité d'apprécier un geste d'autrui. Dès lors qu'on apprécie, on ressent une émotion positive (joie, amusement, émerveillement, ...). Premier cadeau.
Puisqu'on a attribué le geste à une personne ou à un groupe de personne, on va ressentir de la gratitude, autre émotion positive. Deuxième cadeau.

Donc donner de la reconnaissance, c’est bon pour soi, c’est bon pour le bénéficiaire !


Ajout du 19 novembre 2015 : j'ai produit une nouvelle version en ajoutant 4 gestes, portant le tout à 10 gestes de la reconnaissance au quotidien