vendredi 31 décembre 2021

2022, une année pour créer/renforcer l'amour et la bienveillance

 


Pour aller vers une société de la bienveillance, la bienveillance s'investit de multiples manières, dans les différentes sphères de vie. C'est ma conviction.

ET une seconde conviction, qui se conjugue avec la première, c'est qu'il est pertinent, efficace, cohérent de consacrer beaucoup d'attention et de soin - en premier lieu -  aux personnes qui nous sont proches, et bien sûr à son âme sœur. Une attention particulière à la façon dont on se parle, s'écoute, se considère, s'apprécie, se valorise, se protège mutuellement. A l'inverse d'une tendance malheureusement trop fréquente où, une fois la période initiale de séduction derrière soi, on se met progressivement à parler crument voire mal à l'autre. Comme un venin en intraveineuse qui fabrique une maladie chronique et dégénérative voire mortelle du couple.

Plus de bienveillance à l'intérieur du couple, notamment sur la façon de se parler, donne énormément de solidité à la relation, outre le fait bien sûr, que cela génère des émotions positives et donc du bien-être et de la joie de vivre à deux et au-delà.

Bonne année 2022 à vous qui suivez mes articles sur lesverbesdubonheur.fr

vendredi 17 décembre 2021

Pique, pique et colère tonne - Chronique sur la Bienveillance - Episode 37

  


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Voici le 37ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.
Cette chronique m'a été inspirée par un sentiment de gâchis que je ressens de manière très récurrente depuis des années à la lecture d'emails (dont je suis destinataire ou que l'on me transmet pour analyse avec ma grille de la bienveillance), de forums et d'écrits via les réseaux sociaux.

Il était une fois ... l'email

Je considère que l'arrivée de l'outil de messagerie électronique dans le milieu professionnel dans les années 1980 (dont j'ai fait partie des premiers utilisateurs) puis dans la vie privée a considérablement augmenté la fréquence de l'agressivité et des conflits dans nos écosystèmes humains. 

Quel changement monumental est-il entré avec l'email dans notre quotidien ? Il y en  a trois qui se conjuguent de mon point de vue :
  1. ce que l'on disait entre 4 yeux avant, on s'est mis à l'écrire - à tort et à travers - notamment par facilité. Je t'envoie un email, car ça m'évite de me lever de ma chaise, car tu n'es pas dans ton bureau et ça m'évitera d'oublier de te le dire, car c'est plus facile d'oser te l'écrire que de le dire, ...
  2. on a la gâchette facile avec l'email, bien loin de la bonne idée de tourner 7 fois sa langue dans sa bouche
  3. bien souvent, l'écrit est envoyé non seulement à son destinataire, mais aussi à d'autres personnes pour les prendre à témoin, soit en mode copie, soit en mode copie cachée

L'écrit qui frappe beaucoup plus fort que l'oral

Dans ma chronique N°25 Bienveillance et nuance, j'ai évoqué le phénomène de désinhibition numérique (je vous renvoie aux 3 sources indiquées dans ma chronique), qui fait que Monsieur et Madame tout le Monde a tendance à se lâcher de manière décomplexée, sans gants et souvent malveillante sur les supports numériques, surtout quand il/elle utilise un profil anonyme. Profil anonyme qui concerne plus particulièrement les forums et les réseaux sociaux qui se sont ancrés dans nos habitudes de vie après la messagerie électronique.

A cette désinhibition s'ajoute un deuxième phénomène qui met facilement le feu aux poudres ou de l'huile sur le feu selon l'histoire bien connue de l'œuf ou de la poule (ou "Non, c'est toi qui a commencé !") : les mots ne constituent que 40% de la communication. Avec l'oralité, et une discussion en face à face on a en plus le ton et la gestuelle. Et entre parenthèses, on comprend en quoi le port du masque peut poser des problèmes de communication.

Je prends un exemple simple : le même "T'as un problème ?" selon la tonalité et la gestuelle peut dire :
  • la surprise "Ah bon, t'as un problème ?"
  • la compassion "Dis-moi, t'as un problème ? Lequel ? Je peux t'aider ?"
  • l'agressivité "Qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça ? T'as un problème ?'
  • l'oeil goguenard, je regarde l'autre pataugé et je lui dit "T'as un problème ?"
  • l'indifférence "On dirait que t'as un problème ?"

Ca pique vite et fort

L'adrénaline monte souvent vite et fort quand on considère subir un affront par un écrit numérique (mail, forum, réseau social) d'autant plus évidemment quand il est exprimé devant d'autres, voire potentiellement devant toute la planète quand le contenu est ouvert à toutes et à tous. 
Considérez tout de même ce changement radical pour l'humanité avec les réseaux sociaux : tout un chacun peut être mis au pilori universel à travers un écrit ou une photo ou une vidéo. L'humiliation nous guette en permanence et l'on peut devenir hypersensible à ce risque, voire paranoïaque
Notre radar social se met à sonner à tout bout de champ à la lecture d'un email, d'un contenu de réseau social où nous serions plus ou moins dévalorisé ou insuffisamment valorisé.

Cette dernière distinction me permet d'introduire (pour celles et ceux qui ne connaissent pas mes travaux sur la bienveillance)  un des éléments centraux de ma modélisation de la bienveillance : il faut distinguer la malveillance et l'absence ou insuffisance de bienveillance (cf l'échelle de la bienveillance). De la même façon, il faut distinguer les feedbacks négatifs et l'absence de feedbacks (la reconnaissance que l'on me devrait mais que je ne reçois pas).

Les bons réflexes pour limiter les tensions et les conflits

Tout d'abord, je fais la différence suivante entre "tension" et "conflit" :
  • la tension est un sentiment désagréable perçu du fait que la situation vécue n'est pas celle attendue, de se sentir offensé, de l'autoflagellation, d'un sentiment de mal-être confus. Le sujet des tensions constitue un autre élément central de mes travaux.
  • le conflit est une difficulté dans une relation entre deux personnes ou collectifs ou communautés qui impacte négativement les interactions
Je suis convaincu qu'une attitude peut éviter bien des tensions et conflits : la conjugaison de la tempérance, de l'humilité, de clairvoyance, de l'assertivité et de l'indulgence :
  1. la tempérance en premier lieu pour revenir à l'excellent principe évoqué en début de chronique : tourner 7 fois sa langue dans sa bouche. Le 1ier conseil pour soi et pour les autres est d'attendre que la moutarde soit descendue du nez car la colère du moment est très souvent mal conseillère
    "Je me refuse à monter au cocotier ... au moins pour le moment !"
  2. l'humilité car je peux me tromper dans mon interprétation de ce qui est écrit. En effet, comme je l'ai expliqué avec "T'as un problème !", il est possible que je ne comprenne pas le vrai sens donné par la personne qui a écrit. L'humilité ici qui intègre une bonne dose de lucidité. Le 2ème conseil est donc :
    "Et s'il y avait un malentendu ?"
  3. la clairvoyance sur le média va me conduire à éviter à tout prix de réagir par écrit pour ne pas créer un conflit ou en envenimer un. Et surtout de ne pas réagir en public, mais directement avec la personne. Et voici le 3ème conseil :
    "J'interagis entre 4 yeux. Et si ce n'est pas possible par interaction vidéo et sinon, par téléphone"
  4. La clairvoyance sur l'analyse va me permettre de bien distinguer entre geste intentionnel et geste non intentionnel, et entre malveillance et absence de bienveillance. Le 4ème conseil est donc :
    "Je dois absolument faire la part des choses !"
  5. l'assertivité ou ce que j'appelle différemment par l'affirmation de soi bienveillante, va me permettre d'interagir avec l'autre pour vérifier que j'ai bien compris son propos et son intention. Elle va me permettre aussi d'exprimer mes sentiments, mes besoins, mes éventuelles demandes. Mon 5ème conseil est :
    "Je m'appuie sur la Communication Non Violente pour interagir avec la personne qui s'est exprimée".
  6. l'indulgence qui va me permettre de lui pardonner si elle me présente ses excuses et/ou si après avoir pris de la hauteur, je considère que la situation ne mérite pas que j'y place une énergie inutile. Mon dernier conseil est donc :
    "On tourne la page !"



Je vous invite par ailleurs à prendre connaissance de ma méthode Olé ! que vous pourriez trouver très utile dans ce type de circonstances. Je vous renvoie également à mon dossier La colère en obstacle de la bienveillance.

Ma conviction étant que l'application de ces 6 conseils face à une montée d'adrénaline évite bien des tensions et conflits, et de gérer mieux les conflits qui sont inévitables car tout le monde n'est pas et pas tout le temps dans la bienveillance envers vous
La bienveillance n'ayant rien à voir avec une vision bisounours du monde qui nous entoure et dont nous faisons partie.

Pour la petite histoire, le titre de cette rubrique m'a été inspirée par l'extrait "Pique, pique et colégram" de la fameuse comptine, que j'ai détournée en "Pique, pique et colère gramme" dans un premier temps puis dans le titre définitif de cet article dans un deuxième temps, le mot "tonne" pouvant être entendu dans ses deux sens.




mercredi 8 décembre 2021

8/12/2021 : Noël et patriarcat : Place aux hommes !

 


Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°8 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, mercredi 8 décembre 2021.


Prise de conscience

Place aux hommes !” fera peut-être tiquer des lectrices de ce blog. Alors, soyez rassuré car il s’agit ici de demander aux hommes d’être plus présents et participatifs à tout ce qui se joue à Noël : l’achat des cadeaux, les préparatifs (décorations de Noël, les invitations, les repas, le ménage avant et après, …). C’est une invitation à ne pas se cantonner à des rôles préétablis où le rôle de Monsieur s’arrêterait au choix des bouteilles et de leur ouverture, ou alors dans un accès de générosité et de testostérone, à ouvrir des huîtres.
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Je caricature certainement pour certains hommes, mais il me semble bon de se donner l’opportunité de Noël pour que les hommes (et les garçons) dépassent un mode de pensée automatique du type : “C’est normal que les femmes/filles s'en occupent !”.

En effet, si le mode patriarcal s’exprime quelques fois de manière ostentatoire et caricaturale, bien souvent il se cache dans des habitudes bien banales, ancrées depuis des générations qui méritent d’être mises à plat, et au moins interrogées, discutées au sein du couple et/ou de la famille.

Une remise à plat exigeante car il faut que les hommes et les garçons abandonnent des avantages clairement indus qui leur facilitent bien la vie.

Elle est aussi exigeante pour certaines femmes qui n’y voient rien à redire tellement les rôles sont ancrés depuis des générations. Il est important d’aller au-delà du “J’ai l’habitude, ça ne me dérange pas, au contraire, ça me fait plaisir !”. Il faut au moins que chacun comprenne l’autre, si les tâches qui lui reviennent lui plaisent ou non, si elle a des attentes. Des attentes qui ne sont pas forcément un changement de rôle mais un comportement qui faciliterait la tâche. Par exemple, une femme qui aimerait que son mari arrête de laisser traîner son linge sale partout et qui lui demanderait de le mettre dans la corbeille à linge. Car oui, il faut bien le dire, certains comportements patriarcaux sont carrément irrespectueux.

Un enjeu considérable est de comprendre le temps nécessaire à la tâche, l’énergie que cela prend, et éventuellement la charge mentale occasionnée, le stress vécu. En cela, ce défi fait écho au défi précédent d’Attention Réciproque.

Il faut aussi quelques fois du lâcher prise pour accepter qu’une nouvelle répartition des tâches fera, qu’au moins au début, certaines nouvelles tâches prises en main par la gente masculine ne seront pas aussi impeccablement réalisées qu’avant quand madame les avait en charge.

Il s’agit donc de mieux comprendre ce que chaque membre de la famille fait en contribution des tâches ménagères et éducatives, ses perceptions, ses aspirations et de se répartir les tâches de manière plus juste, et le cas échéant en faisant tourner les tâches pour que la même personne (souvent les femmes, voire les filles) ne se retrouve pas avec une même tâche qu’elle déteste, et en plus sans aucun signe de reconnaissance. La reconnaissance étant évidemment un enjeu central de ce défi. Une reconnaissance que j’exprime sur un autre plan, personnel : je remercie mes parents (décédés) de nous avoir éduqué de manière égalitaire entre mes sœurs et moi quant au partage des tâches d’intérêt général pour le foyer. Ce qui, soit dit en passant, m’a permis facilement de passer il y a maintenant de nombreuses années de la vie d’adolescent à la vie d’adulte célibataire.

Le dernier enjeu étant pour l’homme d’éviter une posture dans la forme qui serait patriarcale : “Ma chérie, j’ai décidé - dans ma grande générosité - de t’aider”. En effet, si nous les hommes voulons déboulonner le patriarcat, il ne faut pas commencer par le mauvais pied, surtout s’il s’agit de prendre d’infinies précautions pour expliquer que ce serait à titre exceptionnel, expérimental, … histoire de pouvoir bien vite revenir aux “bonnes” habitudes bien mais injustement confortables.

Défi du jour

A l’occasion de la période de Noël, je t’invite à poser le stylo dans ta vie de couple et/ou de famille, à vous réunir autour d’une table pour lister toutes les tâches qui seront à réaliser pendant cette période : outre les tâches habituelles qu’il ne s’agit pas d’oublier, il y aura par exemple : le budget pour Noël, l’achat des cadeaux, les invitations à faire et la logistique avec, les préparatifs pour les repas, le ménage avant et après, …

Il s’agira entre vous de bien comprendre le temps que prend chaque tâche, l’énergie nécessaire, la charge mentale, l’efficacité de chacun sur telle ou telle tâche, le niveau de plaisir à la réaliser (avec 3 segments : plaisir, neutre, déplaisir).

La vigilance étant de ne pas passer trop vite sur les tâches qui sont attribuées habituellement à une personne sous prétexte qu’elle serait particulièrement efficace (la pommade ça peut aider pour faire avaler la pilule) ou parce qu’elle aurait peur de la voir attribuer à quelqu’un qui serait susceptible de la faire moins bien qu’elle.

Le mot d’ordre : trouvons une répartition suffisamment juste.

Une fois la période des fêtes de fin d’année, tu pourrais recommencer en début d’année en revisitant les tâches du quotidien au niveau de ton couple et/ou de ton foyer.

Pour aller plus loin avec des éléments de modélisation ou des chroniques de lesverbesdubonheur.fr


Tu as joué le jeu ?

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mardi 7 décembre 2021

7/12/2021 : De l'Attention Réciproque

 


Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°7 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, mardi 7 décembre 2021.


Prise de conscience

Force est de constater que dans une société qui favorise le nombrilisme, se mettre à la place de quelqu’un n’est pas chose courante … sauf quand le “se mettre à ta place” revient au nombrilisme. C’est à dire projeter pour l’autre ce qu’on ferait soi-même.

Or il me semble indispensable de régulièrement se mettre à la place d’autrui mais selon un processus que j’ai modélisé en 2017 sur laqvt.fr sous l’appellation “Attention Réciproque”.

La version nombriliste et souvent piégeuse du “moi, à ta place ...” consiste à imaginer ce que l’on ferait à la place de l’autre. Je ne dis pas que cela ne peut pas avoir une part d’intérêt, notamment de fournir un avis extérieur à la situation vécue par autrui. Seulement, bien souvent l’avis en question :
  • tourne plus ou moins à l’impératif : “tu DEVRAIS faire …” ou “je ne comprends pas pourquoi tu ne fais pas …”,
  • avec une vision possiblement très fragmentée, lointaine, focalisée, ... de la situation rencontrée, des ressentis de l’autre et de ses besoins, attentes ;
  • est éventuellement exprimé alors que l’autre ne le demande pas, voire a clairement dit par le passé qu’il n’en veut pas.
Et résultat : le “moi, à ta place ...” peut devenir urticant et/ou contre-productif pour l’autre ou au mieux tout simplement non pertinent.

Et d’ailleurs, tu remarqueras que les personnes qui jouent le plus aisément du “moi, à ta place …” ont horreur qu’on leur serve la pareille, comme quoi elles ne se sont même pas mis à la place de l’autre en pensant comment elles réagiraient elles-mêmes à un avis formulé de la sorte. Cela renvoie au fameux “Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse à toi-même.

L’Attention Réciproque conjugue deux mouvements dans une relation, chacun étant centré sur un des deux mots de l’expression “ Attention Réciproque” :

  1. Attention” : pour manifester de la bienveillance à l’autre avec un enjeu central : réduire les méconnaissances par rapport à elle qui génèrent des problèmes de reconnaissance : soit de l’absence d'une reconnaissance qui serait bien méritée, soit des feedbacks (rétroactions) négatives. A noter qu’on retrouve ici, comme pour la bienveillance, 3 segments : les feedbacks positifs (bienveillance), l’absence de feedbacks (absence de bienveillance) et les feedbacks négatifs (malveillance). Je précise que je range les feedbacks constructifs dans les feedbacks positifs dans la mesure où ils sont là pour faire du bien (et sous réserve qu’ils soient exprimés dans la bienveillance sur la forme et sur le fond) ;
  2. Réciproque” : pour inviter l’autre dans la relation à s’intéresser à soi. L’enjeu est de réduire l’asymétrie dans certaines relations ; c’est par exemple le cas entre parent et enfant, professeur et élève, soignant et patient, manager et équipier. Et donc en particulier dans la relation parent/enfant, je suis convaincu qu’il est important que les parents éveillent leurs enfants à prendre soin d’eux. Il ne s’agit pas de sur-responsabiliser les enfants, mais de leur apprendre à prendre soin des personnes, des animaux, du vivant, des écosystèmes dans lesquels ils vivent et dans lesquels ils peuvent jouer un rôle à part entière. En période de Noël, c'est par exemple pour expliquer que les ressources ne sont pas illimitées pour les cadeaux et aussi pour faire contribuer les enfants aux préparatifs et au nécessaire grand ménage une fois les fêtes terminées.


Défi du jour

La période de Noël constitue une belle opportunité pour envisager les relations différemment et de manière plus paisible et plus bienveillante.

Je te propose de relever le défi suivant avec une personne dont tu ne comprends pas les comportements et à qui tu aurais tendance à donner des conseils qu’elle n’écoute pas. Ou alors une personne que tu as envie de découvrir au-delà de la superficialité, en cherchant à créer une relation d’attention réciproque.

Il s’agit de t’intéresser, de le faire s’exprimer sur :
  • la situation qu’elle vit, et notamment sa santé ;
  • ses perceptions de la situation qu’elle vit ;
  • ses aspirations, besoins, attentes, … auxquels tu pourrais éventuellement contribuer à répondre.
Et plus tu seras dans une attitude de “curiosité exploratrice”, plus tu seras à même de mieux la comprendre parce que tu auras réussi à l’aider à un lâcher prise lui permettant de jouer carte sur table avec toi, tricotant ainsi une relation sincère et de confiance. Et pour cela, il te faut consacrer du temps à l’écoute et à la relance, et de l’attention à ces propos (une totale concentration à votre échange).

Dans un 2ème mouvement, tu pourras lui proposer l’exercice de réciprocité : il te faut alors parler de toi, de ta situation, de tes perceptions et de tes besoins et attentes.

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lundi 6 décembre 2021

6/12/2021 : Zen dans la file d’attente

 


Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°6 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, lundi 6 décembre 2021.


Prise de conscience

Faire les achats de fêtes de fin d’année nous fait confronter presque inévitablement des files d’attentes voire des bousculades. D’autant plus si on s’y prend à la dernière minute.

Alors évidemment, on peut essayer d’anticiper, de tout prévoir à l’avance, mais il restera forcément des situations où il faudra poireauter dans une file d’attente avec le risque de voir la moutarde monter à son nez, même si ce n’est pas forcément le condiment le plus utilisé à cette période.

Il peut être intéressant de prendre conscience d’un processus qui m’a été inspiré des Techniques Comportementales et Cognitives (TCC) et que je présente à nouveau ci-dessous :






On y voit donc toute l’importance de la façon dont on observe une situation et les pensées qui en découlent. En simplifiant, il y a deux chemins : celui de la bienveillance et celui de la malveillance.

Si tu as tendance à t’énerver dans les files d’attentes, tu te trouves sur le chemin de la malveillance qui fait prendre le risque que tu te manifestes agressivement. L’enjeu est donc prendre résolument dès l’entrée dans la file d’attente, voire par anticipation, dans le chemin de la bienveillance, chemin qui ne sera pas forcément facile dans les premiers temps. 
Mais plus tu le pratiqueras, et plus il te semblera fluide avec des impacts bénéfiques pour toi, pour les autres personnes concernées, et plus largement pour ton entourage (qui peut avoir à payer les pots cassés d'une attente en mode cocotte minute dans une file d'attente).

Défi du jour

Ton défi du jour et jusqu’à la fin des fêtes … dans l’idée de prolonger au-delà ... est d’éviter de t’énerver dans les files d’attente.

Au regard de ce qui est expliqué précédemment, tout l’enjeu est d’éviter de poser ton attention sur tous les détails qui pourraient t’énerver et au contraire d’aller à la pêche aux aspects originaux, agréables, … ou alors à te centrer sur toi-même en mode relaxation. Par exemple, Tu peux pratiquer la respiration abdominale qui aide à se sentir calme.

Il te faut éviter autant que possible la comparaison "Moi, si j'étais à sa place ... je ferais mieux" et les jugements. Tout l'art de la bienveillance dans ce type de situation est d'éviter les jugements et de rester au maximum sur une observation factuelle, neutre. Par exemple : "Je note que les personnes devant moi ont beaucoup de choses dans leur caddy".

Tu es peut-être du genre à être paisible, gentil/gentille, attentionné(e) en général mais il y a des circonstances où tu fais comme Dr Jekyll et Mr Hyde. Je connais personnellement plusieurs personnes calmes en général qui, confrontées à certaines situations, comme les files d’attente ou dans la conduite de leur voiture deviennent des hérissons, voire des taureaux. Alors, si tu ressembles à ces personnes, tu as très certainement toutes les capacités en toi de trouver le calme qui t’habite habituellement et qui font ta réputation.

Apprécier les bénéfices de s’embarquer sur le chemin de la bienveillance dans de telles circonstances permet de mettre en œuvre un cercle vertueux.

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dimanche 5 décembre 2021

5/12/2021 : Cadeau personnel et créatif ou immatériel

 



Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°5 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, dimanche 5 décembre 2021.


Prise de conscience

Je poursuis sur ma lancée d’hier samedi 4 décembre 2021 concernant les cadeaux (Cadeaux ... empoisonnés ?).

On moque souvent, plus ou moins gentiment, les cadeaux que l’on fait réaliser à l’école aux enfants pour la fête des mères et la fête des pères. Il n’empêche qu’ils ont plusieurs grands mérites :
  • ils ont fait l’objet d’une grande attention, de soin, d’adresse, d’esprit créatif, d’esprit artistique et avec beaucoup d’amour au bout des doigts, dans les yeux, dans la tête et dans le cœur ;
  • ils sont doublement personnels : personnel parce que pensés pour une personne donnée et personnel parce que fabriqué par soi-même. Et en cela, ils sont souvent uniques ;
  • ils revêtent bien entendu une valeur symbolique et sentimentale beaucoup plus forte ;
  • le bénéficiaire peut apprécier l’énergie et le temps qui auront été dépensés pour lui ;
  • réciproquement, il est satisfaisant pour soi-même d’avoir consacré du temps à fabriquer le cadeau pour le bénéficiaire et peut-être même de la fierté pour les qualités artistiques du cadeau fabriqué.
Si on considère ne pas avoir de talent artistique, on peut aussi faire appel à autrui pour fabriquer le cadeau. Le mérite ne sera pas le même, mais il reste tout de même le côté personnel et le fait de faire travailler un artisan ou un artiste et de le rémunérer.

Outre les cadeaux matériels, il est possible aussi d’envisager un cadeau immatériel.

Défi du jour

Un cadeau fait de tes mains

Si tu as un talent artistique, n’oublie pas d’en faire profiter autour de toi comme cadeau personnel et unique. La condition étant bien entendu que tu sois suffisamment sûr que le bénéficiaire l’appréciera. Il faut également trouver une juste posture entre :
  • le manque de confiance en toi qui te ferait penser que le fruit de ton activité artistique ne mérite pas d’en faire un cadeau
  • la surconfiance en toi qui te ferait penser que tout le monde serait ravi de recevoir le fruit de ton art comme cadeau

Un cadeau fait par d’autres mains que tu soutiens en l’occasion

Tu peux aussi conjuguer deux actes de bienveillance : faire un cadeau à quelqu’un, cadeau qui aura été fabriqué par un artiste ou un artisan que tu as décidé de soutenir de ce fait. Un acte d’autant plus opportun que suite au Covid, beaucoup d’artistes et d’artisans ont été privés de salons, marchés, expositions, … où ils peuvent vendre leurs productions.

Ce serait aussi une occasion pour toi de prendre de leurs nouvelles et de les promouvoir autour de toi, par différents canaux (de visu, au téléphone, par email, sur les réseaux sociaux, …).

Et pourquoi pas demander à l’artiste ou à l’artisan de mettre un petit mot personnalisé au bénéficiaire ?

Un cadeau immatériel pour faire du bien

Chacun de nous a l’occasion dans son quotidien de gestes altruistes, et notamment pour aider autrui. Pour Noël, pourquoi ne pas envisager une aide qui sortirait de l’ordinaire et qui pourrait être considérée par le bénéficiaire comme un cadeau de ta part ?

Et puis, il y a aussi quantité d’offres immatérielles (cours, coaching, séances de bien-être, …) que tu peux offrir, ou contribuer à offrir avec d’autres. Des offres visant à faire du bien au bénéficiaire.

En cela, tu pourrais aussi faire acte de bienveillance auprès d’un professionnel ou d’un collectif autour de toi qui aurait été impacté de manière importante par la situation générée par le Covid, et qui verrait son activité soutenue parce que tu as confiance en lui/elle et en son talent.

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samedi 4 décembre 2021

4/12/2021 : Cadeaux ... empoisonnés ?

 


Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°4 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, samedi 4 décembre 2021.


Prise de conscience

Faire un cadeau, surtout quand il s’agit de le donner à un enfant, mérite de l’envisager sous deux angles : celui du plaisir et celui du bienLa bienveillance est clairement centrée sur le bien et non sur le plaisir. Pour autant, il s’agit de ne pas opposer l’un à l’autre, car heureusement, on peut souvent allier bien et plaisir en matière de cadeau.

La bienveillance pour un cadeau s’intéresse bien entendu à l’impact que cela aura sur la personne bénéficiaire du cadeau. Mais ne nous arrêtons surtout pas à cet aspect là, aussi essentiel soit-il. 

Parce qu’il y a aussi la bienveillance que l’on doit à toutes les personnes qui ont contribué à la fabrication de l’objet (ou de la chose immatérielle) et de ses composants, au transport, à sa commercialisation, … Et en cela, il s’agit de s’intéresser aux conditions de travail et de rémunération des personnes et aux impacts environnementaux

Autrement dit, penser le cadeau en global, en responsabilité élargie, en humain porteur d’une bienveillance exigeante qui fait appel à la lucidité, à la conscience, à l’honnêteté intellectuelle, à la justice sociale, à la fraternité, à la justesse, ...

Pourquoi dis-je "exigeante" ? Il suffit de lire la liste de questions que je propose dans le défi du jour pour s'en convaincre. Car faire un cadeau en conscience de toutes les responsabilités de bienveillance envers le bénéficiaire, les humains qui ont été impliqués et l'environnement est bien entendu beaucoup plus exigeant que de sortir son chéquier ou de commander sur internet à la va-vite ce qui aura été demandé par le bénéficiaire, ou alors qu'on imagine vaguement pourrait faire plaisir ou être utile.

Et en passant, qui a dit que la bienveillance n'est que complaisance ? En réalité, et on le voit ici, la bienveillance est donc bien au contraire exigeante car elle nous met face à nos responsabilités.

Ajout du 5/12/2021 :
Une triste coïncidence fait que hier, le jour que j'ai consacré aux cadeaux empoisonnés, est décédé Pierre Rabhi, promoteur de l'idée de "Sobriété heureuse". Et il est sûr que les questionnements que j'ai proposés pour le défi sont inspirés de cette belle idée de sobriété heureuse que j'ai découverte grâce à lui qui recoupe ce que j'ai appris avec la psychologie positive, notamment sur ce qu'on appelle l'adaptation hédoniste dans son versant le plus triste : le fait de très rapidement perdre le goût d'une bonne chose qui nous arrive, notamment les cadeaux.



Et s'il l'on croise également avec les enseignements sur le cerveau, et précisément le striatum, évoqués dans l'excellent livre Le bug humain de Sébastien Bohler, on comprend en quoi les cadeaux peuvent devenir empoisonnés, enfermés dans une spirale négative comme le montre la carte mentale ci-dessous listant les dérives du striatum :


Le plus grave étant que la spirale négative conduit à perdre nos capacités à l'attention (aux bonnes choses), l'appréciation, la gratitude et le respect. Beaucoup d'enfants ou d'adultes trop gâtés par autrui perdent le respect envers leur bienfaiteur qui a plus essayé de leur faire plaisir que du bien, avec un résultat finalement contre-productif et clairement perdant-perdant pour le bénéficiaire et pour le donateur.
Fin de l'ajout du 5/12/2021

Défi du jour

Je reprends la liste que j’ai réalisée, accessible via l’image interactive de l’Avent 2021 de la Bienveillance. il s’agit de te suggérer quelques questions pour le choix des cadeaux :
  • Ça lui fera plaisir (je l’espère), mais est-ce que ça va lui faire du bien ?
  • Inversement, je suis centré sur son bien, mais cela va-t-il lui faire plaisir ? Si non, puis-je trouver une alternative qui allierait les deux ? Ou alors, envisager un double cadeau, un centré sur le bien et l’autre sur le plaisir ?
  • Le cadeau répond-il à une demande façon caprice ?
  • Quels impacts de la multiplication des cadeaux ?
  • Quelle sera la capacité du bénéficiaire à l’apprécier, à ressentir et à exprimer sa gratitude ?
  • Est-ce pour son plaisir, ou/et pour le mien ?
  • Quelles sont les conditions de travail et de rémunération de êtres humains qui ont fabriqué, transporté, commercialisé ce que j’envisage comme cadeau ? Et quels impacts sur l’environnement ?
  • Quels impacts sur l’environnement de l’usage du cadeau, de son recyclage ?
  • Quelle durabilité ? Ai-je envie de faire un cadeau qui reste ?
  • Objet, chose immatérielle ou argent ? Quels impacts selon la forme du cadeau ? Si je donne de l’argent, ne serait-ce pas une façon commode de minimiser mon temps et mon énergie ?

D’autres questions peuvent venir à l’esprit, mais j’imagine que déjà piocher dans celles-là te donnera bien du plaisir ;)

Tu peux aussi partager tes questionnements avec la personne qui attend le cadeau, voire qui te l’a demandé. C’est notamment intéressant avec les enfants à qui l’on peut apprendre la consommation responsable (quand ce n’est pas eux qui l’apprennent aux adultes). En effet, je suis convaincu que c’est une mauvaise idée de faire passer le plaisir d’un enfant en excluant toute autre considération de bienveillance, et de vouloir absolument le “préserver” des réalités de la vie. Au contraire, son avenir passera déjà par la non-destruction de la planète, et le choix judicieux des cadeaux y contribue comme de le rendre partie prenante à cette préservation. N’est-ce pas le plus beau cadeau qu’on puisse lui faire ?


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vendredi 3 décembre 2021

3/12/2021 : Autour (au tour) de la gratitude

 


Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°3 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, vendredi 3 décembre 2021.


Prise de conscience

Les fêtes de Noël sont une excellente opportunité pour la gratitude. D’ailleurs, les cadeaux de Noël constituent pour partie une expression de la gratitude.

Je me suis particulièrement intéressé au sujet de la gratitude, notamment à travers des enseignements de la psychologie positive. J’ai construit une modélisation de la gratitude dont je partage ici deux idées qui me semblent centrales :
  1. la gratitude est une émotion positive. Donc bien loin de ce que notre société a appris aux enfants à l’époque de mon enfance et encore bien après : la gratitude ne se réduit pas ni à un geste de politesse, ni à une conception religieuse (“rendre grâce”). Elle est donc d’abord une émotion positive pour soi-même avant-même d’être exprimé à autrui. Et pour mieux le comprendre, voici en deuxième point un processus que j’ai modélisé mettant notamment en évidence qu’il s’agit en premier lieu de quelque chose qui se vit en soi ;
  2. le processus décrit ci-dessous met en évidence  - outre le point précédent - que la gratitude naît de l’attention. Sans attention, pas de gratitude. Si on ne se donne pas le temps de l’attention, mécaniquement la gratitude ne pourra pas être présente.



Et d’une manière plus générale, le temps est indéniablement une condition indispensable pour chaque étape de ce processus. L’enjeu est donc bien de se donner du temps pour l’attention, l’appréciation, le ressenti de la gratitude, l’attribution, l’expression de la gratitude et l’attention à la réaction du bénéficiaire de la gratitude. 
Tout manque de temps à l’une des étapes met fin inévitablement au processus qui ne peut plus se jouer jusqu’au bout. La question du temps est donc aussi cruciale pour la bienveillance que pour la gratitude.

Et donc transposé à la gratitude le slogan "Donnons-nous du temps pour la bienveillance !" devient :

"Donnons-nous du temps pour la gratitude
... et déjà, parce qu'on se fait du bien à soi !"

Défi du jour

Je t’invite à réaliser jusqu’à la fin des fêtes un journal de gratitude pour capitaliser chaque jour les raisons de ressentir de la gratitude et ensuite de l’exprimer.

Pour cela, je vais peut-être te faciliter les choses en te proposant un format que j’ai conçu en 2015, intitulé le journal AGIR (Appréciation, Gratitude, Inspiration, et expression de la Reconnaissance). Un guide d’utilisation est fourni en page 2, ainsi qu’un exemple concret en page 3 du pdf.

Des études dans le domaine de la psychologie positive ont montré que le journal de la gratitude est un outil extrêmement efficace pour améliorer le bien-être psychique et durablement (environ 6 mois après la fin de son usage), même s’il est réalisé pendant 3 ou 4 semaines, plusieurs fois par semaine (et pas forcément chaque jour).

Néanmoins, mon conseil est, autant que faire se peut, de le réaliser chaque jour car il est plus facile de se remémorer les événements qui se sont déroulés récemment. D’autant plus qu’il s’agit de l’Avent 2021 de la Bienveillance et que cela aurait du sens de clore chaque défi du jour par un petit bilan quotidien. 
Et comme bienveillance rime avec indulgence, si tu ne peux pas réaliser le journal sur une journée, ce n’est pas grave, et tu pourras inclure dans le journal du lendemain des événements du jour. Le piège étant d’abandonner l’écriture du journal parce que tu aurais loupé un jour.


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jeudi 2 décembre 2021

2/12/2021 : Tu es la prunelle de mes yeux ... et pourtant je te rabroue

 


Prendre des gants avec toi

Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°2 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, jeudi 2 décembre 2021.

Prise de conscience

La bienveillance ne devrait s'entendre qu'associé avec la bientraitance. Or, je constate trop souvent en côtoyant des familles et des couples que ce n’est pas le cas, malgré les déclarations faites sur l’importance que revêt l’entourage aimé. Le quotidien avec les proches fait le yoyo entre l’amour, la tendresse d’une part et les coups de griffes d’autre part. S’ajoute une conception de l’amour, notamment envers les enfants, inspirée par le proverbe "Qui aime bien, châtie bien", entendu comme “puisque je t’aime, il est normal que je te châtie”.

Dans les couples, il y a aussi un processus bien commun qui démarre par une phase de séduction dans laquelle d’infinies précautions sont prises pour ne pas heurter l’autre. Processus qui ensuite, plus ou moins lentement, fait le naturel chassé revenir au galop, et laisse les “bonnes manières” et la délicatesse faire place à des “manières de laisser-aller” voire pire, de piétinement.



"Tu es la prunelle de mes yeux ... “ mais il n’empêche que je n'arrête pas de te rabrouer, de te parler mal. Finalement, les personnes les plus proches sont paradoxalement celles à qui on parle le plus mal et avec qui on ne porte pas de gants. Tel est le comportement que je constate trop souvent en côtoyant des familles et des couples. C’est une forme de violence ordinaire qui peut dévier vers des formes de violence plus graves, et quoi qu’il en soit pourrit l’écosystème familial et son ambiance. Se parler mal est un poison du quotidien en intraveineuse à plus ou moins forte dose.

Or, je suis absolument convaincu que la qualité de nos interactions avec nos proches devrait être alignée avec le niveau élevé de l'amour que l'on ressent et que l'on exprime par ailleurs ; aligné aussi avec l’amour que l’on reçoit.

La conception de la bienveillance que je porte, met en lien la bienveillance avec la bientraitance et la gentillesse (et notamment, se parler gentiment). La bienveillance doit être à la fois dans l'intention et dans l'acte, dans les paroles et dans les actes, dans le pourquoi et dans le comment.

Ce qui ne veut pas dire qu'il puisse y avoir de tensions, des sujets de désaccord, et d'autant plus quand on passe beaucoup de temps ensemble, mais auquel cas, on pratique l'affirmation de soi bienveillante (ou assertivité), par exemple en s'appuyant sur la Communication Non Violente (CNV) et on gère avec bienveillance les tensions (cf ma modélisation sur la gestion des tensions).

Défi du jour

Je te propose un défi en plusieurs temps :

1/ Tu prends conscience des moments, des situations où tu as tendance à rabrouer au quotidien dans ton couple, avec ton/tes enfants, avec ton/tes parents. Tu peux aussi sonder les personnes concernées afin d’avoir leur sentiment sur ta façon de les traiter par tes paroles et tes gestes. Tu y découvriras peut-être un impact plus fort que tu l’imaginais des petits écarts que tu t’autorises dans ta façon de communiquer au quotidien. Il est même possible que cela puisse être une forme de révélation sur l’importance de l’accumulation de banals laisser-allers sur les relations.

2/ Prendre conscience, c’est bien, mais il ne faut bien entendu pas en rester là et laisser ce constat tomber dans l’oubli ou rester en vœux pieux ou en transfert de responsabilité sur les personnes concernées (“c’est elle/lui/eux qui ont commencé”). Le deuxième temps consiste à décider avec détermination de changer ta façon de t’exprimer, en commençant par une situation type en essayant d’anticiper tes mots, ton ton, tes mimiques, tes gestes ; puis de vérifier que la/les personnes impliquées remarquent, apprécient (ou non) le changement.

3/ Comme il est fréquent que le rabrouement s’installe dans la relation, de part et d’autre, et si c’est le cas avec les personnes concernées, dans un troisième temps, il sera … temps … de les faire entrer dans la danse. Puisque tu auras joué en premier une nouvelle musique, tu pourras leur proposer de la jouer à deux ou à plusieurs. Ce faisant, ce défi au départ individuel devient un défi interpersonnel ou collectif porté ensemble, où chacun fait sa part, ou chacun se soutient, se stimule pour changer cette triste et dangereuse habitude de vous rabrouer. Avec une prise de conscience que l’éventuel prétexte de l’efficacité (“on n’a pas le temps de prendre des gants”) est en réalité carrément contre-productif car il crée inévitablement des tensions qui prennent beaucoup de temps à être dénouées quand elles ne mettent pas à mal voire à néant la relation.

Un troisième temps qui s’achève par l’appréciation et la gratitude partagée donnant du carburant pour persévérer et cheminer dans un changement d’habitude faisant cercle vertueux.

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mercredi 1 décembre 2021

1/12/2021 : Salut, ça va ?



Cet article détaille les deux défis proposés dans le cadre du jour n°1 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance.

Prise de conscience


Salut, ça va ?” ou toute autre formulation voisine mérite qu’on s’y arrête car selon la façon dont elle est exprimée, le ton employé, l’intention et l’attention qu’on y met, on peut distinguer 3 niveaux de bienveillance :
 
  • la bienveillance, quand il s’agit vraiment de s’intéresser à l’autre, d’attendre une vraie réponse et de l’écouter ; particulièrement si justement, ça ne va pas pour l’autre ;
  • l’absence de bienveillance, quand cette phrase est jetée sous le sceau de l’habitude et qu’on ne s’intéresse pas du tout à la réponse. Une forme de convivialité minimaliste, flirtant avec la formule de politesse ;
  • la malveillance, quand il s’agit d’une phrase pleine de sous-entendus, notamment pour exprimer que ça irait un peu trop bien pour l’autre dont on pense qu’il aurait tendance à ne pas assez se fouler.
Tu auras probablement constaté, pour toi-même et pour les autres, qu’un “Salut, ça va ?” minimaliste est souvent provoqué par un manque de temps, la pression du temps, un quotidien rythmé par les urgences. Et peut-être même qu’il n’y a même pas le temps de cette convivialité minimaliste et qu’un simili-sourire ou un petit hochement de tête font une version ultra-minimaliste, voire l’absence totale d’interaction, façon speedy Gonzalès ou en mode apnée (je ferme les écoutilles le temps d’arriver à destination).

Et auquel cas, il n'est pas facile de savoir si l'absence de "Salut, ça va ?" est un signe de malveillance ou d'absence de bienveillance. Situation dans laquelle il est facile de tomber dans le piège d'une lecture de pensée qui attribuerait l'absence d'interaction comme intentionnelle alors qu'elle serait due au manque de temps. Exemple : "il/elle ne m'a pas dit bonjour ; qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire ?".

Défis du jour

1/ S’il t’arrive de lancer des “Salut, ça va ?” qui ne sont pas des questions et qui n’attendent pas vraiment de réponse (et peut-être surtout pas une réponse négative), peut-être peux-tu anticiper une situation où vous allez vous donner le temps (c’est plus motivant que “prendre du temps”) de te planter dans le sol, attendre une réponse, répéter la question si la personne ne répond pas vraiment, entamer un dialogue pour en savoir plus sur :
  • sa situation (et notamment sa santé),
  • sa perception de la situation,
  • ses attentes, ses besoins, potentiellement en quoi vous pourriez l’aider, la soutenir, …
Dans la mesure où il me semble important d’envisager la bienveillance dans la réciprocité, je te suggère un exercice pas forcément facile : inviter l’autre avec doigté à s’enquérir aussi auprès de toi si tu vas bien. Ce qui peut nécessiter un travail personnel : accepter de parler de soi. 


2/ Ce qui me donne une transition pour la situation inversée : il t’arrive peut-être de répondre un “Et toi ?” sans vraiment répondre aux “Salut, ça va ?”, qu’ils soient sous l’empreinte de bienveillance ou d’absence de bienveillance. 
Alors, le défi pour toi serait de répondre vraiment à la question, de dire ce qui va, ce qui ne va pas, … et ensuite de porter ton attention sur l’autre

Et puis, pour les deux défis, de prendre conscience et d’apprécier ce moment de partage et ses impacts sur toi, sur l’autre personne et sur votre relation. Et pour clore l’échange, je t’invite à ressentir et à exprimer de la gratitude (cf processus de gratitude) envers l’autre (le moment partagé, la confiance, l’écoute, l’aide, le soutien, …). 

Et pourquoi ne pas renouveler le défi le jour de Noël en présence de personnes de ta famille à qui tu joues le service minimum (par habitude ou par déficit de sympathie qui pourraient peut-être bien provenir de méconnaissance ou de malentendu) ?

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lundi 29 novembre 2021

L'avent 2021 de la Bienveillance


 

A partir du mercredi 1ier décembre 2021, je proposerai chaque jour jusqu'au 24 décembre une invitation du jour à aborder la bienveillance sous un angle particulier.

Chaque invitation du jour comportera une dose de prise de conscience et une dose de petit défi que vous pourriez réaliser le jour même et/ou pendant cette période de l'avent 2021. Un défi pour mettre de la bienveillance dans vos façons d'observer, de penser, de ressentir, de vous exprimer, de prendre des décisions, de conduire vos actions et de réagir face aux tensions et aux difficultés.

Mon objectif est de proposer à l'approche de Noël et dans le contexte d'une période qui recèle des opportunités multiples de bienveillance, des angles pratico-pratiques de la bienveillance. Des angles qui sont issus de mon travail de mon modélisation que je réalise depuis fin 2019 sur le sujet de la bienveillance et que je promeus à travers l'idée de Société et de Territoires de la Bienveillance.

L'Avent 2021 de la Bienveillance se présente sous la forme de l'image interactive ci-dessous qui sera mise à jour chaque jour à partir du 1ier décembre et jusqu'au 24. L'icone du jour sera rendue interactive et présentera le contenu que j'ai élaboré spécifiquement pour le jour.

Vous pouvez donc revenir chaque jour sur cet article (ou réactualiser la page si elle est conservée dans un navigateur depuis la veille ou un précédent jour) et cliquer sur l'icone du jour pour découvrir le nouveau contenu associé au jour.


 

A mercredi !

jeudi 11 novembre 2021

COP26 et besoins essentiels - Chronique sur la Bienveillance - Episode 36

 



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Voici le 36ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.
Cette chronique m'a été inspirée par la tenue depuis dimanche 31/10/2021 et jusqu'au 12 novembre 2021 de la COP26 à Glasgow. Cet événement est présenté comme "la dernière chance" de parvenir à faire face efficacement à un emballement climatique créé et amplifié par les humains en une toute petite poignée de dizaines d'années (depuis environ 1970).

J'ai démarré l'écriture de cet article il y a quelques jours, et il se trouve que j'ai vu ce jour la vidéo-ci-dessous de Matthieu Ricard s'exprimant sur le lien entre bienveillance et enjeux climatiques. Ce qui constitue une deuxième inspiration pour mon article.



Matthieu Ricard présente la bienveillance comme "la considération sérieuse du sort d'autrui" sur 3 échelles de temps, bien loin d'une vision bisounours :
  • le présent : remédier aux inégalités et aux injustices sociales
  • le moyen terme : favoriser le bien-être de la population
  • le long terme : considérer sérieusement le sort des générations futures

La COP26 par la bienveillance en 4 dimensions

Je vous propose de considérer les enjeux de la COP26 avec le filtre de ma modélisation de la bienveillance sur 4 dimensions indissociables.


Chaque pays a 4 grandes directions de bienveillance, sur deux grands enjeux : veiller au bien (prêter attention) et prendre soin. Ces 4 grandes directions indissociables sont :
  • "Moi Je" : pour prendre en compte les intérêts propres du pays ;
  • "Toi et Moi" : pour prendre en compte les intérêts des autres pays, notamment à l'occasion des relations bilatérales ;
  • "Moi dans des Nous" : pour considérer que chaque pays fait partie d'ensembles plus vastes (par exemple : la France dans l'Europe) et  pour tous les pays : prendre en considération l'humanité, la planète, le vivant, les générations futures sur tous les continents ;
  • "Vous en Moi" : pour prendre en compte la population du pays, et particulièrement les plus pauvres qui sont souvent les premiers touchés par les effets de l'emballement climatique.

Le bon sens des besoins essentiels

En février 2017, j'évoquais dans l'article Et si tout ce dont j'ai réellement besoin était déjà là ? les 14 besoins fondamentaux du modèle proposé par Virginia Henderson en 1947. Elle était infirmière, enseignante et chercheuse américaine.


Je vous propose une autre source d'inspiration avant de mettre en évidence des priorités qui devraient guider notre façon d'aborder les enjeux de l'emballement climatique et de la destruction de la biodiversité : il s'agit de règles de survie autour du chiffre 3, attribuées initialement à l'instructeur américain de survie en milieu naturel Ron Hood. Voici succinctement la liste par ordre de priorité décroissante :

  • A : 3 secondes d'inattention peuvent être mortelles dans un milieu à risques
  • B : 3 minutes sans oxygène
  • C : 3 heures sans protection à des conditions de température extrêmes
  • D : 3 jours sans boire
  • E : 3 semaines sans manger
  • F : 3 mois sans contacts humains

Voyons en quoi les enjeux de la COP26 - des décisions pour contenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C -, répondent à des besoins essentiels, relevant ainsi d'une forme de bon sens. Je croise les deux sources d'inspiration par leur numéro 1 à  14 pour les 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson et entre A et F pour les règles de survie autour du chiffre 3 :

  • La neutralité carbone doit nous faire espérer limiter les risques de températures insupportables (7 et C) 
  • et l'amplification des turbulences climatiques  - pluies diluviennes, vents violents, tornades, ... - (9). 
  • Les impacts du réchauffement climatique touchent bien évidemment nos capacités à nourrir la planète et à nous abreuver (2 et D et E) quantitativement et qualitativement
  • Le réchauffement de la température a des conséquences sur la qualité du sommeil (5), surtout pour celles et ceux qui n'ont pas les moyens de faire baisser la température ou de ventiler les lieux où ils dorment
  • Le CO2 en trop grande quantité impacte la qualité de l'air que l'on respire, notamment à l'intérieur des bâtiments (1)

La perspective des prochaines élections en France

Dans l'article d'avril 2017 Le sens de l'essentiel pour les échéances électorales qui se rapprochent j'avais relié les besoins essentiels avec les élections présidentielles de 2017. J'y évoquais notamment le sujet d'une démocratie contributive dans laquelle la population puisse se (ré)approprier les responsabilités qu'elle (aban)donne à des représentants. Représentants qui, force est constatée, n'ont pas pris leurs justes responsabilités face aux enjeux climatique. Sachant que, par ailleurs, la population dans sa grande majorité n'a pas non plus pris au sérieux ces enjeux.

Je réitère donc l'expression de ma conviction : l'enjeu de l'emballement climatique, comme d'autres enjeux de société qui font appel à notre responsabilité de bienveillance, nécessiterait de mettre en place dans les pays, et ici en France, une démocratie plus moderne, beaucoup plus contributive, moins bling bling pour ses représentants, moins élitiste, moins hors sol, moins stigmatisante, loin des oppositions stériles et scénarisées, plus fluide, plus confiante, plus responsabilisante, plus exigeante, plus apaisée, plus indulgente ... bref, plus bienveillante envers les êtres humains, les êtres vivants en générale, la planète et à l'image des invitations que l'on peut trouver dans des toilettes publiques : prière de laisser les lieux aussi propres que dans l'état dans lequel on les a trouvé. Et comme on a eu tendance à les salir, il est largement temps de les nettoyer. 

Quant aux programmes, ils devraient répondre déjà en premier lieu aux besoins essentiels listés précédemment : quoi faire pour assurer que les populations du pays et de la planète respirent de l'air pur, puissent vivre dans des conditions de température soutenables, puissent boire et manger suffisamment, puissent se sentir en sécurité (et pas seulement avec le prisme de caméras et de murs érigés), puissent avoir des relations apaisées, riches, appréciées dans leurs différentes sphères de vie.

mardi 28 septembre 2021

Santé mentale et bienveillance - Chronique sur la Bienveillance et la rentrée - Episode 35

 



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Voici le 35ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.
Cette chronique m'a été inspirée par la tenue depuis hier lundi 27/09/2021 jusqu'à aujourd'hui mardi 28/09 des Assises de la santé mentale voulues par le Président de la République en 2019, prévues en 2020 et reportées pour cause de confinement.

Santé et santé mentale

Je reprends une nouvelle fois dans mes articles la définition de la santé par l'OMS :

"La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité".

La santé mentale est donc une composante indissociable des deux autres composantes de la santé (physique et sociale). 

En s'inspirant de cette définition, la santé mentale ne se réduit pas à l'absence de maladie ou de trouble mental. L'enjeu en matière de santé mentale est donc non seulement la prise en charge et la prévention des maladies et troubles psychique mais aussi de promouvoir et de contribuer au bien-être psychique.

L'OMS ayant travaillé à une définition propre de la santé mentale :

"La santé mentale est un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive, et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté".

3 dimensions de la santé mentale sont énoncées sur Santé publique France :
  • la santé mentale positive (contribuant à l'état de complet bien-être physique, psychique et social) ;
  • la détresse psychologique réactionnelle ; c'est la réaction à un événement traumatique ou à une difficulté existentielle ;
  • les troubles psychiques de durée variable ; ils peuvent être liés à des facteurs génétiques.

Force est de constater que les systèmes de santé sur la planète sont très très loin du compte, avec déjà une véritable insuffisance de prise en charge des maladies et troubles dont le nombre s'est élevé avec la crise du Covid, notamment chez les jeunes et les personnes âgées.

A noter que 4 des 10 principales causes mondiales d'incapacité sont liées à des problèmes de santé mentale : la dépression (N°1), les problèmes d'alcool (N° 5), la schizophrénie (N°7), les troubles bipolaires (N°9).

Les idées toutes faites

La reconnaissance de la santé mentale et des malades se heurte à des idées toutes faites qu'il s'agit encore de déboulonner.

En voici quatre particulièrement fréquentes :
  • les maladies mentales assimilées à la folie ou à la démence ; le terme "malade mental" étant lui-même connoté "fou" ;
  • un certain nombre de maladies et de troubles, notamment la dépression et les troubles anxieux étant mis par beaucoup sur le compte d'un manque de volonté et de ne pas savoir prendre sur soi ;
  • psy = psychanalyse, avec une grande confusion sur les différences qu'il y a entre psychiatre, psychologue, psychothérapeute, psychanalyste. Et j'en profite pour les exposer car il n'est pas forcément facile de s'y retrouver :
    • un·e psychiatre est un médecin, avec une spécialisation "psychiatrie", dont les séances sont remboursées par la Sécurité Sociale. Il peut délivrer des médicaments et prescrire une hospitalisation ; et selon leur orientation, ils utilisent une ou plusieurs méthodes de psychothérapie (voire aucune, se limitant au diagnostic et à la prescription de médicaments)
    • un·e psychologue a un diplôme universitaire en psychologie. C'est une profession réglementée. Il peut exercer en libéral ou en hôpital. Il n'est pas remboursé par la Sécurité Sociale et ne peut pas délivrer d'ordonnance médicale. A noter qu'un docteur en psychologie n'est pas pour autant médecin (au même titre qu'un docteur en droit, ... ne l'est pas). Tous les psychologues ne s'adressent pas spécifiquement à la santé mentale. Il s'agit notamment des psychologues cliniciens ou clinique
    • "psychothérapeute" n'a pas été un titre encadré légalement pendant longtemps. On pouvait s'autoproclamer ainsi et ouvrir son cabinet. Il est maintenant nécessaire de suivre depuis 2010 une formation en psychopathologie clinique (cf page internet dédiée de l'ARS IDF)
      Mais en même temps, "psychothérapeute" est aussi un qualificatif porté par des médecins et psychologues cliniciens qui utilisent une ou plusieurs méthodes de psychothérapie dans leur activité (méthodes dont ils ont suivi aussi une formation)
    •  un·e psychanalyste n'est pas un titre encadré légalement. Un peu comme pour le qualificatif "psychothérapeute", le qualificatif "psychanalyste" fait référence à une activité de psychanalyse exercée par des psychiatres, des psychologues mais aussi par n'importe quel individu ayant suivi une cure analytique pendant plusieurs années et ayant décidé de pratiquer la psychanalyse pour autrui, sous la supervision d'un psychanalyste plus expérimenté. Historiquement, la psychanalyse s'est confondue avec la psychothérapie en France qui reste un des pays où elle est la plus présente alors que dans de nombreux pays, elle a fait place à d'autres psychothérapies dont certaines sont préconisées par l'OMS ; il s'agit notamment les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC), les Thérapies familiales, l'Art thérapie, ... . A noter que l'imagerie médicale a été fortement aidante pour faire la preuve que certaines thérapies donnent des résultats aussi bons voire meilleurs que des médicaments pour certains troubles, et notamment pour la dépression et les troubles anxieux (et la psychanalyse n'en fait pas partie à ma connaissance).
  • dépression =  antidépresseur et anxiété = anxiolytique ; on entend souvent que la France possède un triste record : celui d'être le pays le plus consommateur d'antidépresseurs. En réalité, la France se situe sous la moyenne, avec environ 60 cachets pour 1 000 habitants. Pour autant, c'est très interpellant de savoir que bon nombre de prescriptions pourraient être remplacées par plus d'écoute et par l'orientation vers des méthodes psychothérapeutiques, encore faudrait-il qu'il y ait suffisamment de professionnels exerçant des psychothérapies prises en charge par la Sécurité Sociale

Le besoin criant d'une vision holistique et d'un travail sur les préjugés

Tout au long de ma vie, j'ai été frappé autour de moi en quoi notre système de santé et notre culture est incapable de considérer de front et de manière indissociable la santé physique ET la santé mentale ET la santé sociale. Et même au sein d'une même catégorie (notamment la santé physique), en quoi le cloisonnement des spécialités de médecine fait considérer la santé et les troubles par un très petit bout de la lorgnette, et souvent avec une focalisation sur des symptômes. Et malheureusement, combien de fois j'ai vu des malades autour de moi se faire trimbaler comme des patates chaudes ou des balles de ping-pong d'un spécialiste à un autre, laissant au malade la responsabilité de faire un liant qui n'est pas toujours écouté.

Je ne veux pas en faire une généralité, mais que nous sommes loin d'une vision holistique où chaque professionnel de santé considère le patient et sa santé dans sa globalité et se considère comme une partie prenante faisant équipe avec d'autres pour aider le malade à faire face à sa maladie, la traiter et si possible la guérir.

Nous avons besoin aussi que l'individu lui-même et son entourage porte un œil bienveillant sur le possible trouble mental, sans honte, sans (auto-)culpabilisation, dans la compassion, dans le soutien.

Pourquoi n'aurions-nous pas autant de compassion envers quelqu'un dans notre entourage qui est en dépression qu'un autre qui a des problèmes cardiaques ? Au même titre que pourquoi avons-nous un frein intérieur très fort à faire face à une baisse de notre audition et à nous appareiller, alors que la baisse de notre vue nous conduit presque sans sourciller à foncer chez l'opticien, et plutôt deux fois qu'une (en faisant référence à la possibilité de s'équiper de deux paires de lunettes pour le prix d'une) ?

Une discipline de la psychologie pour aborder la santé mentale positive : la psychologie positive

Puisque je m'intéresse depuis plusieurs années à la psychologie positive, il ne m'est pas possible d'oublier cette discipline dans cette chronique concernant la dimension positive de la santé mentale et de la santé au sens le plus large.

La naissance de la psychologie positive date de la fin des années 1990. Elle s'intéresse aux facteurs qui créent le bien-être de l'individu et de nos sociétés, prenant le contre-pied de toutes les recherches précédentes de la psychologie s'intéressant aux maladies et aux troubles. 

L'intérêt de cette discipline est qu'elle a fait l'objet de nombreux ouvrages à destination du grand public et qu'il est possible de s'approprier des techniques sans faire forcément appel à un professionnel de la santé mentale. Voici quelques auteurs de référence : à l'international : Tal Ben Shahar, Martin Seligman, Robert Emmons (gratitude), Mihaly Csikszentmihalyi (notion de "flux"), Sonja Lyubomirsky, Gretchen Rubin, Barbara Fredrickson (émotions positives) et francophonie : Jacques Lecomte, Rébecca Shankland (notamment la gratitude), Ilios Kotsou, Florence Servan-Schreiber, Christophe André (par ailleurs spécialiste des TCC et de la méditation).

De la bienveillance dans toutes les directions

Nous avons besoin de cultiver la bienveillance dans plusieurs directions :
  • la bienveillance du malade envers lui-même ; on sait par exemple que pour une personne en dépression, il n'y a pas pire que s'autoflageller parce qu'on n'arrive pas à s'en sortir ;
  • la bienveillance de l'entourage vis-à-vis de la personne qui souffre d'un trouble ou d'une maladie mentale ; une bienveillance avec un équilibre pas toujours facile à trouver entre la compassion, la stimulation et une affirmation de soi bienveillante (notamment pour fixer des limites) ;
  • la bienveillance des professionnels de santé envers le malade, et en particulier le temps de l'écoute qu'ils peuvent accorder ;
  • la  bienveillance des professionnels de santé par rapport à eux-mêmes, et en particulier pour qu'ils prennent soin de leur propre santé ;
  • la bienveillance du système de santé envers les malades ; à savoir les moyens donnés pour une véritable prise en charge des malades et pour la prévention et pour la culture de la santé mentale positive ;
  • la bienveillance du système de santé et de la population envers les soignants ; à savoir les moyens et le temps donné pour qu'ils puissent aller au-delà que de donner des médicaments parce que c'est encore le moyen le plus économique en temps pour prendre en charge les malades ;
  • la bienveillance du citoyen envers le système santé ; il est facile de critiquer notre système de santé et je n'hésite pas à le faire. Mais il faut savoir aussi apprécier et gratifier ce qui est appréciable ; il faut savoir apporter sa contribution à une transformation du système de santé et ne pas s'enfermer dans une critique fortement teintée d'amertume, de ressentiment et de stigmatisation.