jeudi 7 septembre 2017

Le cercle vertueux Attention-Conscience-Responsabilité

Cette été, je me suis donné l'intention de présenter à la rentrée sur ce blog l'idée d'un cercle vertueux (ou spirale ascendante) Attention-Conscience-Responsabilité.
Hier soir, j'ai vu une bonne partie de l'émission "SOS cantine : les chefs contre-attaquent" sur M6.


J'y ai vu de quoi illustrer ce cercle vertueux et l'occasion m'est donc donnée de concrétiser mon intention.

Je vous résume en quelques mots le contenu de l'émission. 4 chefs médiatiques se rendent dans deux cantines du Nord de la France décidés à contre-attaquer face à la qualité médiocre des aliments servis aux enfants. La première partie de l'émission met en évidence que la responsabilité de cette médiocrité avérée est diluée entre plusieurs acteurs, chacun regrettant qu'on en soit arrivé là, mais dans l'impuissance et la fatalité par rapport à d'hypothétiques alternatives. Je liste rapidement les actrices et acteurs : le médecin nutritionniste (dont le rôle s'arrête à l'examen d'un menu sur papier), les cantinières (non professionnelles de la cuisine, en charge de réchauffer les plats et s'assurer de la bonne température des plats), les personnels de la cuisine centrale qui préparent 3200 repas par jour (en fait il s'agit essentiellement d'assemblage et non de cuisine), le responsable de la cuisine centrale (en intendant à la recherche du moins disant pour ne pas dépasser 1,49€ de matière première par repas), les maires des deux communes concernées (avec une logique très comptable des choses).

Je liste maintenant la multitude et la diversité des conséquences néfastes d'un modèle clairement perdant-perdant :

  • les enfants mangent des aliments dont la qualité nutritionnelle est insuffisante
  • les enfants ne sont pas satisfaits
  • par voie de conséquence, 70% des aliments servis sont ensuite jetés
  • les personnels (cantinières, professionnels de la cuisine dans la cuisine centrale) ne sont pas fiers de ce qu'ils font. Pour les cuisiniers professionnels, il y a le sentiment de ne plus faire le métier qu'ils ont appris
  • on constate que les intitulés de plats dans les menus sont mensongers par rapport au contenu réel (ex : des tomates farcies "pur bœuf" dont en réalité le bœuf est en queue de peloton des ingrédients, après notamment de la peau de dinde)
  • certains parents pensent pouvoir se permettre de ne pas donner de légumes à leurs enfants aux repas hors scolarité puisque leurs enfants en mangent à la cantine ... ce qui n'est pas le cas. D'ailleurs, au grand même en mangeraient-ils, vue la pauvreté nutritionnelle de ces aliments en conserve ou congelés, cela ne ne changerait pas grand chose au problème
  • A noter aussi le dommage collatéral suivant : les légumes servis sont tellement insipides que les enfants s'en détournent nettement, sachant que l'on sait bien la difficulté qu'il y a à leur en faire manger même quand ils sont frais (je me demande en passant, si cette "vérité" qui existe depuis quelques générations n'est tout simplement pas liée au fait que cela fait un sacré moment que les légumes servis en cantine sont insipides, et j'en parle d'expérience puisque moi-même j'ai souvenir de la qualité médiocre des repas des cantines dans ma jeunesse).
  • Je n'imagine pas bien que les élus puissent être satisfaits une fois qu'ils sont sortis de la logique comptable
  • Le médecin nutritionniste étant appelé à jouer un rôle minimaliste, je n'imagine pas non plus qu'il puisse se satisfaire d'être un garant aussi peu actif dans ce modèle.
  • Le gigantisme de la fabrication tire la qualité des repas vers le bas
On arrive à un paradoxe : les enfants sont assurés de manger des aliments à la bonne température qui ne les feront pas tomber malade (du fait des normes draconienne en matière d'hygiène). Seulement ces aliments sont des ANINN (Aliments Non Identifiés et Non Nourrissants) voire même plus crûment : de la merde.

Les 4 chefs sont donc partis en exploration pour comprendre les processus et les responsabilités. Ils ont été dans l'ATTENTION. Ils ont pris CONSCIENCE de ce qui se joue, ont cherché à comprendre les RESPONSABILITES, puis ont mis face à leurs responsabilités ceux qui pouvaient initier et décider le changement : les maires. Nous retrouvons les 3 dimensions du cercle vertueux.


Le point de départ de ce cercle est l'ATTENTION. L'attention me tient à cœur car non seulement elle est le point de départ de ce cercle, mais elle est aussi le point de départ du processus de gratitude que j'ai présenté dans l'article "Merci !" naît de l'attention, avec un feu d'artifice d'émotions positives.

Continuons l'analyse de cette émission. En réalité, l'attention portée par les 4 chefs dans un premier temps a été insuffisante, et on s'en aperçoit quand ils obtiennent le feu vert des deux maires pour expérimenter un modèle plus vertueux. Leur première tentative est un semi échec dans la mesure où ils n'ont pas suffisamment porté attention à 3 aspects :

  • l'enjeu que représente la quantité de repas (ils s'attaquent au départ à la moitié des repas de la cantine centrale, à savoir 1 600)
  • le coût des matières premières
  • la difficulté à faire apprécier aux enfants des produits qu'ils ne connaissent pas
Mais c'est bien l'attention aux conséquences de leurs actions qui leur ont permis de prendre conscience de ces dimensions puis de se responsabiliser sur des dimensions qu'ils avaient sous-estimées (dont l'enjeu financier). C'est ce qui leur a permis ensuite de rectifier le tir, en passant par une phase d'attention plus profonde (le cercle qui se referme responsabilité ==> attention), en particulier sur les savoir-faire des personnels de cuisine, en particulier pour la cuisine de grandes quantités.

Cette forme d'attention a permis de fluidifier les relations car, pendant la première phase, les 4 chefs sont en réalité intervenus comme des jugeants et des donneurs de leçons; ce qui a figé des postures, en particulier avec les maires et le responsable de la cuisine centrale.

J'arrête là mon analyse qui pourraient être poussée plus en avant car cette émission m'a fourni un certain nombre de fils à tirer, à tel point que m'est venue la pensée suivante : 



Pour en revenir à mon cercle vertueux, j'explicite maintenant l'enchaînement de ces trois phases.

une ATTENTION que l'on porte à une situation, à une ou plusieurs personnes permet de prendre CONSCIENCE d'aspects, de mécanismes non vus, invisibles ou sur lesquels on ne s'était jamais arrêté. Cette prise de conscience permet souvent alors d'activer sa propre RESPONSABILITE et éventuellement engage à aller inciter autrui ou un groupe à prendre ses RESPONSABILITES par ailleurs.
Dès lors qu'on engage plus sa responsabilité, on a une ATTENTION plus forte, plus fréquente, plus aiguisée aux situations et à autrui. C'est ainsi que la spirale ascendante se développe.

Une spirale ascendante au service de modèles gagnant-gagnant, car les modèles gagnant-gagnant nécessitent de porter attention mutuellement les uns aux autres, ce qui renvoie à l'idée d'Attention Réciproque que j'ai développée sur laqvt.fr dans les articles Les enjeux de l’Attention Réciproque et Concrétiser l’Attention Réciproque.


dimanche 3 septembre 2017

mercredi 16 août 2017

Bonheur et cible

Je continue la série "Schémas & Pensées" avec l'exploration de l'idée selon laquelle notre bien-être dépend aussi de la fixation d'objectifs et ensuite de ce en quoi on arrive à l'atteindre ou pas, plus ou moins vite, ...

Ce qui met en évidence que le niveau de bien-être ne tient pas que dans l'atteinte de l'objectif, mais qu'il est mis en jeu tout au long du chemin - éventuellement tortueux - en démarrant par la fixation de l'objectif lui-même. Je renvoie à mon article récent Le bonheur en destination ou en chemin ?

Il s'agit une nouvelle fois dans ce présent article d'un diaporama animé : le schéma se découvre au fil de vos clics sur l'espace d'affichage du schéma et se termine par l'énoncé de la pensée associée.
Pour la première fois de cette série, ce diaporama énonce plusieurs pensées qui sont reprises sur la dernière diapositive.

Ce diaporama utilise la métaphore de la cible. A l'instar de la plupart des métaphores, cette métaphore ne couvre pas l'ensemble des aspects de l'idée de la poursuite d'un objectif. C'est ici notamment le cas dans la mesure où le choix de la cible ne prend pas bien en compte l'idée d'un parcours pas à pas.

Bonne lecture et n'hésitez pas à exprimer vos réactions.

Licence Creative Commons
Schémas et Pensées : "Bonheur et cible" de Olivier Hoeffel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à https://1drv.ms/p/s!Ak7gKuqtPt5QxlCR1leHuZVmdj8k.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.lesverbesdubonheur.fr/.

lundi 14 août 2017

Le bonheur en faisant appel aux sens

Voici le fruit d'un fil tiré. Le fil étant le mot "Goût" qui m'a fait élargir aux 5 sens et les liens que je pouvais y voir avec le bonheur et les différents sens figurés des verbes exprimant les 5 sens.



Redonnons du goût, le goût de l'authentique

Cela fait 4 ans que je cultive des tomates dans mon jardin. J'ai redécouvert le goût des tomates, car je constate, probablement comme vous, que les tomates achetées dans le commerce n'ont pas de goût, quelle que soit la saison.
En allant sur les marchés, on peut trouver des tomates ayant un peu plus de goût.

Mais je vous assure que ça n'a rien à voir avec les tomates de mon jardin et de toutes celles que j'ai pu manger issus de potagers d'amies et amis.

La tomate est un fruit et non un légume. Goûtez une tomate gorgée de soleil issue de mon jardin, les yeux fermés et vous aurez vraiment l'impression de manger un fruit. Nul besoin de vinaigrette, de sel, de poivre ou tout autre ingrédient. La tomate est un fruit qui se vaut à lui seul quand il a du goût.

Alors, bien sûr, il faut du temps entre le moment où la graine se met à germer et le moment où la tomate semble prête à être cueillie avec presque excitation. Il lui faut passer les épreuves des intempéries, des insectes, des maladies, des possibles maladresses ou moments d'inattention du jardinier. Il faut accepter que sa forme soit non conforme aux normes de la société de consommation.

Moi je vous dis que mon bonheur passe par le goût des tomates en été, par des produits toute l'année qui ont du goût, par le fruit du travail investi en conscience, par l'authenticité des produits, des personnes, des moments et des sentiments.



Bel été à vous ... avec le goût des vacances, de la vie, du bonheur, de la famille, des amis, des matins, des déjeuners, des soirées, des nuits ... et des tomates !

Un grand merci et un grand bravo à toutes les actrices et acteurs individuels et associatifs qui font circuler et valoriser les variétés anciennes de tomates, les considérant comme un bien commun de notre humanité.


lundi 7 août 2017

Le bonheur en destination ou en chemin ?

Cet article contient une (des) ressource(s) mise(s) en commun par Olivier Hoeffel
Voici un petit diaporama dans la série Schémas et pensées que j'ai lancée en 2015.

Il évoque deux façons d'envisager le bonheur : soit comme une destination (une fin, un objectif), soit comme le chemin que nous parcourons au jour le jour, un peu comme une route touristique que l'on parcourt avec des points d'arrêt pour apprécier particulièrement des points de vue, des architectures, des animations, ...



Le bonheur vu comme un chemin permet de le considérer ici et maintenant, tout en conservant l'idée de la dynamique et d'un cheminement où l'on découvre des choses et les autres progressivement, et où on se découvre aussi soi-même.
Une vision en contrepoint de celle qui fait conditionner le bonheur à venir à la réussite dans tel ou tel domaine (voire dans tous les domaines) et/ou à la réunion de conditions jugées nécessaires.

Ce qui facilite la pratique de cette vision : la culture de l'attention, de l'appréciation et de la gratitude.

mercredi 2 août 2017

Le 2 août 2017, focus sur les capacités de régénération

Ce mercredi 2 août 2017 représente pour notre planète le "jour du dépassement"

"A partir d'aujourd'hui, l'humanité aura consommé l'ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année", annoncent Global Footprint et le WWF dans un communiqué commun.

Global Footprint a fondé ses calculs en prenant en compte notamment l'empreinte carbone, les ressources consommées pour la pêche, l'élevage, les cultures, la construction et l'utilisation de l'eau.

Voici un graphique que j'ai composé à partir des données chiffrées de Global Footprint



Céline Bou Sejean (Novéquilibres et laqvt.fr, comme moi) a traité du sujet des impacts des activités économiques sur la planète et sur la santé des individus dans l'article QVT et impacts économiques

Elle y fait référence à l'intervention d'Alexandre Rambaud, chercheur en sciences de gestion associé à Paris Dauphine à propos de la prise en compte des externalités en comptabilité. Il fait un parallèle entre la capacité d'assimilation de la planète et la capacité d'assimilation d'un individu au travail. Ses capacités à récupérer et l'enjeu suivant : que la vie au travail n'épuise pas l'individu et ne détruise pas irrémédiablement sa santé.

Voici ci-dessous un diaporama qui explicite à la fois ce parallèle, et à la fois les risques à vouloir flirter de trop près avec les limites des capacités de récupération des individus au travail :





Vidéo de l'intervention d'Alexandre Rambaud au éminaire de l'OdC du 20 avril 2017 : "Manager en toute connaissance d'impacts" :