dimanche 2 décembre 2018

Les enjeux du bonheur en verbes

J'ai eu l'idée d'intituler ce blog les verbes du bonheur suite à une réflexion que je me suis faite à propos des verbes fondamentaux : être, avoir et faire.

J'ai travaillé sur un diaporama, que j'ai laissé de côté puis est venue la création du blog. En 2014, je l'ai repris pour le présenter au comité éditorial de laqvt.fr. J'en ai ensuite fait une version commentée que j'ai placée sur Youtube pour la mettre en visibilité de quelques personnes. Et pour être très honnête, si j'avais bien en mémoire ce diaporama et son contenu, j'avais oublié que j'en avais fait une version commentée restée en mode privé sur Youtube.

En faisant un travail de recensement, j'ai donc retrouvé cette version que j'ai décidé de publier sur ce blog. Je me doute que la vidéo ci-dessous est à contre-courant de ce que l'on recherche et de ce que l'on a l'habitude de voir sur Internet : elle a une durée de 15 mn. Mais j'assume le fait de me donner du temps pour expliquer. Ensuite aux lectrices et lecteurs de voir s'ils ont envie et le temps de se poser pour en prendre connaissance. On le fait bien pour un livre, alors pourquoi pas pour un diaporama ?

Je ne résume pas cette vidéo car cela casserait l'effet de progression de mon propos.

Bon visionnage pour celles et ceux qui franchiront le pas !



Ce diaporama est en lien avec une conception du bonheur que j'ai formulée de la façon suivante :

Une conception du bonheur par Olivier Hoeffel

dimanche 25 novembre 2018

Travailler XXX des malades

Cet article m'a été inspiré par mon épouse qui, à la fois comme un bon mot, et à la fois comme un constat récurrent inquiétant, m'a dit : "c'est un comble, les soignants travaillent comme des malades".


Comme des malades


Comment la société, et probablement une partie des professionnels médicaux voient-elles le rôle de ces professionnels ? Réponse : ils travaillent POUR des malades.

Ce qui amène à deux remarques :

1/ la société et les professionnels devraient mettre un poids plus fort sur la santé positive, à savoir ce qui participe à ce qu'on se sente bien physiquement, psychiquement et socialement.
Je me réfère à la définition de la santé par l'OMS qui date de la fin de la deuxième guerre mondiale :

La Santé par l'OMS, un continuum

On peut la représenter sur un continuum schématisé ci-dessus. En simplifiant, on peut considérer que les professionnels de santé et la société sont plus focalisés sur la partie gauche que sur la partie droite. La priorité étant de soigner et de prévenir contre les maladies, accidents, ...
Cependant, notons notamment trois tendances qui s'intéressent à la partie droite :
  • la salutogenèse qui est une approche portant sur les facteurs favorisant la santé (positive) et le bien-être
  • les notions de santé positive et de santé mentale positive
  • la psychologie positive, discipline de la psychologie qui s'intéresse à ce qui contribue au bien-être psychique

Il me faut ajouter une discipline beaucoup plus ancienne qui est inscrite dans une culture qui n'est pas la nôtre : la médecine chinoise.
Donc dans "Travailler POUR des malades", il serait bon d'aller au-delà de l'état de malade.

2/ "Travailler POUR des malades" renvoie à une image des professions médicales où il y a d'une part celui qui sait et qui soigne, le professionnel médical, et d'autre part le malade dans un rôle relativement passif. "Travailler POUR des malades" mériterait d'être reconsidéré en "Travailler AVEC des malades" et pour intégrer ma remarque précédente : "Travailler AVEC des personnes en poursuite de bonne santé".
Le mot AVEC renvoie à deux idées : celle de la coopération et celle d'une attention réciproque où chaque partie prenante s'intéresse à l'autre. Quand il s'agit de soignants, cela évoque l'idée de prendre soin des soignants. J'ouvre une parenthèse sur le AVEC avec un deuxième enjeu : une meilleure coopération entre professionnels de santé de telle manière que certains malades ne soient pas l'objet d'un jeu de patate chaude ou de ping pong entre professionnels. Les approches holistique et coopérative (y compris avec la personne au centre des attentions et son entourage familial)  constituent des enjeux importants du système de santé.

Je reviens maintenant à l'expression "Travailler COMME des malades". Une expression qui a le sens "travailler comme des malades mentaux". J'ai rapidement essayé de trouver l'origine de cette expression, mais j'ai fait chou blanc et j'ai arrêté pour le moment cette recherche.
Par contre, je pense qu'on peut convenir que "Travailler COMME des malades" rend malade. Elle rend malade celles et ceux qui travaillent comme des malades, mais aussi notre société. Ce qui nous amène à l'expression "Travailler A EN DEVENIR des malades".

Dans mon esprit, un des enjeux de notre société est de co-construire les conditions qui pourront nous faire dire "Travailler COMME DES BIEN PORTANTS, et AVEC DES BIEN PORTANTS".
Ce qui remet en cause le modèle actuel où l'homme exploite la planète, quelques hommes exploitent beaucoup d'autres hommes, et où aussi une partie de plus en plus grande d'hommes et de femmes s'auto-exploitent avec l'incitation forte de la société à ce que le plus grand nombre se mette à son compte.


samedi 24 novembre 2018

Soirée "Eclairages Publics" jeudi prochain 29 novembre 2018 : "Peut-on faire l'économie du bonheur ?"

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Je vous annonce l'organisation d'une soirée par la Cabane à projets, centre socioculturel du Créonnais (33) sur le sujet "Peut-on faire l'économie du bonheur ?"
Elle se tiendra dans la salle citoyenne de la Mairie de Créon à 20h jeudi prochain 29 novembre 2018.



En France, nous sommes tellement frileux sur la question du bonheur que je me réjouis quand on peut sur un petit territoire comme celui-ci décider d'aborder ce sujet. J'en suis d'autant plus heureux que, membre de l'équipe d'organisation des soirées Eclairages Publics, ce n'est pas moi qui ai proposé ce sujet. En vérité, ce n'est pas l'envie qui me manquait, mais je n'imaginais pas que cela puisse aboutir.

Merci à Jean-Yves Bouzac qui en a fait la proposition.

Serge Champeau, professeur agrégé de philosophie évoquera le bonheur, mais bien plus largement que sous l'angle de la philosophie, en en faisant clairement un sujet de société, avec ses bons côtés et évidemment aussi avec la récupération mercantile qui existe sous des formes différents.

J'apporterai un éclairage complémentaire sur deux sujets :
  • le bonheur au travail, avec une controverse forte dont j'expliquerai les ressorts,
  • la psychologie positive que certains appellent aussi la science du bonheur.
A l'issue de cette soirée, je mettrai à disposition mon diaporama sur ce présent blog.

mercredi 12 septembre 2018

Echelle des méconnaissances relative aux comportements à risques pour la santé

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Je vous présente aujourd'hui le fruit d'une réflexion et d'une conceptualisation que j'ai menée depuis plusieurs années sur la compréhension des niveaux de méconnaissance et de déni face à une situation donnée.

Je l'ai appliquée pour la méconnaissance à propos des enjeux de Qualité de Vie au Travail dans le monde du travail et dans mes interactions avec des interlocuteurs ayant une forte diversité de niveau de maturité par rapport à ce sujet.

J'ai réalisé récemment une version adaptée pour les méconnaissances relatives aux comportements à risques pour la santé. Celles et ceux qui ont eu l'occasion de voir celles que j'ai utilisées pour la QVT, verront que j'en ai aussi revu la forme.



La version en pdf.

Cette échelle peut être utilisée pour deux types de situations : celles où l'on veut supprimer un comportement à risques (ex : tabac, alimentation malsaine, ...) et celles où l'on veut en mettre en place un comportement de santé (ex : activité physique). Plus globalement, on peut parler d'agir sur les mauvaises habitudes et sur les bonnes habitudes.

Comme évoqué précédemment, cette échelle peut être aussi utilisée pour analyser les méconnaissances par rapport à toutes sortes d'enjeux. J'ai évoqué précédemment la QVT. Ce peut être le stress au travail, l'écologie en général et des sujets plus précis en matière d'environnement, les risques routiers, les situations relationnelles dégradées, ...



vendredi 7 septembre 2018

La méthode "Olé !" face aux affronts et à l'autoflagellation

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En 2013, m'est venue une idée incroyablement simple en lisant une citation. Simple, simplissime, évidente ... oui ... mais à concrétiser, c'est plus dur.

De quoi s'agit-il : imaginez qu'on vous envoie un projectile et que vous n'avez aucun moyen de l'éviter. Il va vous faire plus ou moins mal en fonction de son poids, de l'endroit de l'impact, ...
Au demeurant, il y a certaines circonstances de confrontation physique où l'impact et la douleur sont inévitables.

A la différence d'une agression physique ou d'un jeu de mains qui finit vilain (comme par exemple une tapette qui devient une gifle dans "je te tiens par la barbichette ..."), un affront que nous fait autrui ou toute autoflagellation ou pensée négative sur soi-même ne sont pas du tout du même ressort même s'ils peuvent aussi conduire à de la souffrance. Pourquoi ? Parce que c'est nous-mêmes qui décidons du poids que nous donnons à un affront, à de l'autoflagellation ou à une pensée négative sur soi-même. Et nous pouvons décider que ce poids sera nul ou au moins le réduire.

Et ce constat simple quand on en prend conscience pour une situation du moment, est aussi vrai pour une situation de souffrance, de rumination qui dure depuis un certain temps, voire un temps certain : nous pouvons décider de refaire le film dans notre tête ici et maintenant : au lieu de nous prendre en pleine figure l'affront, l'autoflagellation ou la pensée négative sur nous-même comme nous l'avions fait, nous pouvons décider de l'esquiver. Nous avons tous potentiellement cette capacité extraordinaire que l'on peut activer et développer. D'où le nom de cette méthode "Olé !" pour réaliser un geste habile, voire artistique, pour esquiver et ressortir de cette situation menaçante, le torse bombé, fier·e de l'esquive.

Après cette brève introduction, je vous laisse prendre connaissance du diaporama que j'ai conçu pour présenter cette méthode que j'ai décidé de publier aujourd'hui après l'avoir un peu revisitée. Je précise avant cela que ce diaporama contient un montage vidéo comportant des scènes avec des esquives face à des taureaux (il eut été dommage que je n'en mette pas pour une méthode intitulée "Olé !"). Mais j'ai pris soin d'en choisir où les taureaux ne sont pas mis à mort et où les hommes qui leur font face en ne sont pas armés.







Voici, ci-dessous, un résumé de la méthode sur une page A4 :



Téléchargement de la version pdf de cette page A4.

Si vous avez apprécié la méthode « Olé ! », n'hésitez pas à me faire un retour sur bonjour@lesverbesdubonheur.fr et/ou parlez-en autour de vous et sur les réseaux sociaux.

jeudi 3 mai 2018

"Le cri du corps", un témoignage courageux sur la harcèlement moral au travail

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Ce jeudi 3 mai 2018 sort le livre "Le cri du corps" d'Anne-Véronique Herter aux éditions Michalon.

Je cite le début du quatrième de couverture du livre :

"Le Cri du corps est le récit intime et violent d'un combat aux limites de la mort ; triptyque sensible et lucide dans lequel une jeune femme victime de harcèlement moral au sein de son entreprise se raconte. Une tragédie en trois actes – la chute, l'hospitalisation, la renaissance – sur l'inexorable mécanique d'une société qui a fait de l'humain un instrument de profit et un outil de promotion sociale."

J'écris rarement sur ce blog lesversbesdubonheur.fr à propos du sujet de la souffrance au travail puisque mon propos est centré sur ce qui peut créer du bien-être psychologique. Je le fais aujourd'hui pour plusieurs raisons :


  • je me mets en résonance sur ce blog avec un mouvement que j'ai amorcé depuis plusieurs semaines sur laqvt.fr pour mettre en évidence en quoi agir sur la Qualité de Vie au Travail (QVT), le bonheur au travail, le bien-être au travail, ... est à la fois aussi une réponse au sujet de la souffrance au travail et à la fois s'articule avec les actions de détection, de prise en charge et de reconnaissance de la souffrance au travail.
  • après avoir lu le manuscrit du récit d'Anne-Véronique Herter début février 2018, j'ai apprécié la puissance de ses mots, son travail de mise à distance, de rassemblage des fils qui donne à son témoignage à la fois la force d'un récit d'un broyage implacable et à la fois des clés pour en comprendre les ressorts. A la lecture de son manuscrit, j'ai acquis la conviction qu'Anne-Véronique Herter peut être un porte-voix de beaucoup de personnes qui n'ont pas son talent d'écriture pour exprimer situations et ressentis, et/ou sa capacité à prendre de la distance pour comprendre les mécanismes.
  • Anne-Véronique m'a sollicité pour contribuer - bénévolement - à son livre en apportant mon point de vue d'expert sur la situation actuelle en France en matière de souffrance au travail et de Qualité de Vie au Travail. D'autres experts ont contribué : Cyril Bériac, aidant, Isabelle Courdier, Psychologue du travail, IPRP (Intervenante en Prévention des Risques Professionnels), spécialisée en psychopathologie du travail, Maison Souffrance et Travail, Clément Raingeard et Marine Fréçon-Karout, SCP BOULAN KOERFER PERRAULT & ASSOCIES, Avocats à la Cour. Anne-Catherine Sabas, ACS, psychanalyste, formatrice, a écrit la préface.
Voici mon espoir exprimé globalement : que ce livre puisse avoir un effet positif transformateur à plusieurs titres :
  • donner la force et le courage aux personnes en souffrance au travail de chercher du soutien pour, soit se mettre en réflexion et en action pour modifier ce qui est à leur portée individuellement et collectivement, soit amorcer un mouvement leur permettant de s'extirper de leur environnement délétère, y compris s'extraire immédiatement en cas d'urgence;
  • développer la culture de l'attention aux signaux de dégradation de la santé au travail pour soi-même et pour autrui;
  • développer l'attention aux signaux d'alerte que peuvent nous signifier notre entourage familial, amical, professionnel, et qu'on aurait tendance à balayer d'un revers de main parce que "ça ira mieux demain"
  • faire monter les consciences individuelle et collective à propos du fait que nous ne devons pas accepter pour nous-mêmes et pour autrui des comportements non respectueux de l'individu et pouvant impacter négativement leur santé physique, psychique et sociale;
  • faire monter les consciences individuelle et collective que les sujets de la QVT, du bonheur au travail, du bien-être au travail, ne constituent pas une cerise sur le gâteau mais portent la vision d'une diminution drastique de la souffrance au travail; ils ne sont donc pas à traiter comme des sujets secondaires ou à envisager comme des phénomènes de mode;
  • faire monter les consciences individuelle et collective aux causes structurelles de la souffrance au travail; c'est une de mes contributions à ce livre à travers une liste de 17 causes que j'expose;
  • faire monter les consciences individuelle et collective à la nécessité d'agir de manière combinée en 4 mouvements que j'ai explicités dans ce livre et qui sont expliqués par ailleurs notamment dans l'article Faut-il être au fond du trou psychiquement pour espérer voir sa souffrance au travail reconnue ? sur miroirsocial.com
Je termine cet article à l'attention d'Anne-Véronique Herter pour réitérer des propos que je lui ai tenu individuellement : un grand bravo et un grand merci pour son courage d'avoir pris sa plume. Une autre bonne dose de courage pour la phase actuelle de promotion du livre qui, à chaque événement lui fait forcément replonger dans son passé douloureux. Un grand bravo pour sa capacité d'analyse et la force de son récit. Et enfin pour lui souhaiter une activité professionnelle SUPAIR, et d'autres hors professionnel qui ne le soient pas moins.

samedi 28 avril 2018

Vos activités sont-elles SUPAIR ?

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J'ai découvert la psychologie positive en 2012 avec le livre "L'apprentissage du bonheur" de Tal Ben Shahar.

Un des éléments de son livre qui m'a particulièrement marqué est l'analyse d'activité intitulé SPA, pour Sens, Plaisir et Aptitude. Cette analyse permet d'identifier dans ses propres activités actuelles ou que l'on pourrait pratiquer, celles qui allient ces 3 dimensions. L'idée étant de donner le plus de place possible aux activités qui ont du sens; des activités dans lesquelles on prend du plaisir et pour lesquelles on se trouve compétent (ou avec des dispositions).

L'analyse est une déclinaison de sa formule super concise du bonheur : Bonheur = Plaisir + Sens (ou autrement dit, du plaisir chargé de sens).

Ma propre pratique de la culture du bonheur et mes rencontres au niveau professionnel, particulièrement avec des personnes développant une activité professionnelle en solo - soit en statut indépendant, soit dans une Coopérative d'Activité et d'Emploi (CAE) - m'a conduit à un sentiment d'incomplétude avec ces 3 dimensions. Je m'explique : une activité professionnelle combinant ces 3 dimensions SPA se suffit-elle de ces 3 dimensions pour apporter du bien-être ?

Il me semble que non. Pour le moins, d'autres dimensions me sont nécessaires à moi, et je pense ne pas être tout seul à le penser pour avoir interagi avec quelques personnes sur le sujet.

Mes réflexions, observations et interactions m'ont amené à enrichir le modèle SPA pour proposer le modèle SUPAIR qui comporte deux déclinaisons : une pour l'activité professionnelle et une pour les activités hors professionnel.

Version pour une activité professionnelle
Version pour les activités hors prof


J'ai voulu distinguer le Sens et l'Utilité car il y a des cas de figure où l'on trouve complètement du sens à ce que l'on fait mais où le effets de l'activité ne semblent pas à la hauteur du sens que l'on y met, posant ainsi potentiellement la question de l'utilité. Une autre dimension portant sur la capacité de l'activité professionnelle à assurer des revenus suffisantes pour vivre décemment avec sa famille.

Deux diaporamas au format pdf donnent quelques précisions sur chaque dimension du SUPAIR, un pour l'activité professionnelle et un pour les activités hors prof.

Ce modèle SUPAIR qui se décline pour les activités prof et hors professionnels est à relier avec le modèle de Réseau de Sphères que j'ai conçu il y a une dizaine d'années.

J'ai réalisé un outil d'autodiagnostic au format Excel pour chacune des déclinaisons. Une version expérimentale. Je les tiens à disposition à qui exprimera son intérêt et s'engagera à me faire un retour d'expérience de son utilisation.