mercredi 1 avril 2020

Bienvenue à une nouvelle humanité


Dès l'annonce du confinement, on a commencé à évoquer l'après-confinement. Le Président Macron a exprimé que cet après crise ne sera plus comme avant, avec des points de suspension. Récemment, Bruno Lemaire, ministre de l'Economie a lancé qu'il faudra un "capitalisme plus respectueux des personnes".

D'aucuns pensent que les humains sont sans mémoire et que la vie reprendra son cours, voire même en s'accélérant après une période de frustration qui appellera à vouloir compenser et à rattraper un retard.

Je suis de ceux qui pensent que cette période est une opportunité d'amorcer ou d'accélérer la montée en puissance d'un nouveau monde centré sur l'humanisme, la bienveillance, la lucidité, la conscience, la solidarité, la fraternité, l'altruisme, la coopération, l'interdépendance, la parité, la responsabilité écologique, une sobriété heureuse, une vision écosystémique et holistique, une démocratie contributive, une économie circulaire favorisant les échanges locaux, un retour à la nature et à notre nature, ...

Ma conviction est que ce nouveau monde doit se tisser à toutes les strates de la société, en commençant par la cellule familiale en mettant fin à toutes les formes de patriarcat et toutes les formes de violences, y compris les violences ordinaires. Celles qui font par exemple que les personnes qui nous sont les plus proches sont celles à qui on parle le plus mal.

Bienvenue à un nouveau monde qui se caractérise notamment par le fait que chacune et chacun se sent le bienvenu dans ses différentes sphères de vie et dans les collectifs et communautés auxquels elle·il appartient et se sent hautement engagé et solidaire. Je me sens précieux dans un écosystème qui est précieux à mes yeux autant que le sont les parties prenantes de cet écosystème.

Et c'est parce que nous comptons pour les autres et les collectifs et communautés, que se joue une réciprocité : ces collectifs et communautés comptent pour nous et peuvent compter sur nous. D'où un fort niveau de responsabilité et de citoyenneté dont notre société manque parfois cruellement.

Tout l'enjeu de ce nouveau monde est de combiner la reconnaissance de singularité ("Je suis unique et précieux"), sans flagornerie, et la reconnaissance d'appartenance ("Je fais partie d'écosystèmes qui me sont précieux").

Confinement, bienveillance et reconnaissance - Episode 3 : Bienvenue !

Bonjour à chacune et chacun ... et bienvenue à celles et ceux qui découvrent mon blog dédié au bonheur et à la psychologie positive.



Comme annoncé dans ma publication En cette période de confinement, la cellule familiale, territoire de bienveillance et de reconnaissance de dimanche 29 mars 2020, voici le troisième épisode d'une série de 14 articles autour des 13+1 gestes de reconnaissance au quotidien que je rappelle dans le schéma ci-dessous.



Je rappelle que ce "travail" de transition intérieure et intrafamiliale que je vous propose en cette période de confinement répond à deux motivations :
  • Une motivation par rapport à l'avenir : préparer et renforcer les bases d'une société de la bienveillance pour l'après confinement
  • une motivation immédiate renforcée par les chiffres évoqués par le ministre de l'intérieur sur l'augmentation des violences conjugales : le confinement fait porter des risques sur les femmes, les enfants, les relations et l'ambiance de la cellule familiale. Cultiver la bienveillance et la reconnaissance dans cette période est une action de prévention des tensions et des violences.
En ce mercredi 1er avril 2020, troisième jour de ce parcours, nous nous intéressons au troisième geste : Bienvenue ! Et ça n'est pas une blague !

Mon invitation est que vous vous donniez du temps pour faire ressentir aux personnes autour de vous qu'elles font partie de votre écosystème et qu'elles sont précieuses à la fois pour vous individuellement et pour votre écosystème (notamment le foyer).

"Bienvenue !" est présenté dans le diaporama suivant selon 4 axes de bienveillance :
  • autrui (axe le plus naturel quand on évoque la bienveillance)
  • soi-même
  • les collectifs et communautés auxquels ont appartient, et ici en particulier le foyer, en période de confinement
  • la nature




Ce diaporama au format pdf.

Quel geste central de reconnaissance que le "Bienvenue !". J'en ai d'ailleurs fait le symbole pour moi-même de la Qualité de Vie au Travail.

Quelle merveilleuse sensation de se sentir jour après jour dans chaque sphère de sa vie, de se sentir accueilli avec enthousiasme, avec plaisir, dans l'appréciation, dans la joie de vivre.

"Bienvenue !" devrait faire partie de la raison d'être de tous les collectifs et de toutes les communautés visant l'humanisme. Et chacun·e y joue sa part pour que tout un chacun dans la communauté et le collectif et à l'extérieur se sente bien à l'intérieur ou en interaction avec elle·lui.

"Bienvenue !" relève à la fois de la reconnaissance et de la bienveillance. Non seulement la personne est accueillie pour ce qu'elle est, ses talents, ses expériences, ses savoirs, son énergie, son savoir-être, ... mais aussi il lui est exprimé que le collectif ou la communauté auront à cœur de prendre soin d'elle. C'est aussi, dans la réciprocité, une invitation à la responsabilité de la personne accueillie d'apporter sa contribution de bienveillance envers le groupe et chacun de ses membres. Un "Bienvenue !" qui engage et qui s'exprime en expliquant la raison d'être et les valeurs du collectif ou de la communauté pour une intégration en conscience. "Bienvenue dans notre collectif dans lequel ...". On explique le Pourquoi, le Quoi et le Comment. Et aussi son histoire et le "qui fait quoi" en aidant la personne accueillie peu à peu à endosser un ou plusieurs rôles.

Un "Bienvenue !" sincère, investi individuellement et collectivement, en se donnant du temps pour ce geste et tout ce qu'il sous-tend est le meilleur garant de la bonne santé de l'écosystème et de chacun de ses membres.

Ressentez avec moi la vie qui circule dans un vrai "Bienvenue !" !

Et je termine par un "Bienvenue !" particulier que je développerai dans un autre article : Bienvenue dans un nouveau monde qui s'ouvre devant nous alliant transitions humaniste, intérieure, interpersonnelle, écologique, sociale et démocratique.

mardi 31 mars 2020

Confinement, bienveillance et reconnaissance - Episode 2 : Bonjour !

Bonjour à chacune et chacun ... et c'est bien une question de cohérence au vu du thème du jour !



Comme annoncé dans ma publication En cette période de confinement, la cellule familiale, territoire de bienveillance et de reconnaissance d'hier dimanche 29 mars 2020, voici le deuxième épisode d'une série de 14 articles autour des 13+1 gestes de reconnaissance au quotidien que je rappelle dans le schéma ci-dessous.



Je rappelle que ce "travail" de transition intérieure et intrafamiliale que je vous propose en cette période de confinement répond à deux motivations :
  • Une motivation par rapport à l'avenir : préparer et renforcer les bases d'une société de la bienveillance pour l'après confinement
  • une motivation immédiate renforcée par les chiffres évoqués par le ministre de l'intérieur sur l'augmentation des violences conjugales : le confinement fait porter des risques sur les femmes, les enfants, les relations et l'ambiance de la cellule familiale. Cultiver la bienveillance et la reconnaissance dans cette période est une action de prévention des tensions et des violences.
En ce mardi 31 mars 2020, deuxième jour de ce parcours, nous nous intéressons au deuxième geste : Bonjour !

Mon invitation est que vous vous donniez du temps pour saluer joyeusement tout au long de votre journée les personnes que vous allez côtoyer, les proches, les moins proches, les inconnus, ... En action et aussi en appréciation des effets sur vous, sur vos proches, sur autrui de manière plus générale, sur le climat dans votre foyer.

"Bonjour !" est présenté dans le diaporama suivant selon 4 axes de bienveillance :
  • autrui (axe le plus naturel quand on évoque la bienveillance)
  • soi-même
  • les collectifs et communautés auxquels ont appartient, et ici en particulier le foyer, en période de confinement
  • la nature


Ce diaporama au format pdf.

Il est toute forme de "Bonjour !" et je vous invite aussi à observer les "bonjour !" qui vous sont adressés. En réalisant cette observation, vous constaterez probablement qu'il en est qui sont plus impactant que d'autres, plus chaleureux que d'autres. Certains invitent à une interaction, d'autres relève d'une politesse façon minimum syndical. D'autres carrément refusent de dire bonjour, même en réponse à celui que vous leur avez offert.

L'absence de bonjour peut créer de la tension, et gare aux interprétations : "Il·elle me fait la gueule " ? "Il·elle ne m'a pas vu" ? "Je sens mauvais ou quoi" ? ...

La présence ou l'absence d'un bonjour peut relever de 3 grands niveaux de bienveillance que l'on peut positionner sur un continuum allant de la malveillance à la bienveillance :

  • l'absence de bonjour ostensible qui relève de la malveillance
  • l'absence de bonjour, causée par l'inattention, la course effrénée aux urgences, qui relève de l'absence de bienveillance
  • la présence d'un bonjour, avec un spectre de tonalité, allant de la politesse à un grand niveau de bienveillance conduisant à enchaîner en demandant des nouvelles de l'autre avec sincérité


lundi 30 mars 2020

Confinement, bienveillance et reconnaissance - Episode 1 : Regard et vrai sourire

Comme annoncé dans ma publication En cette période de confinement, la cellule familiale, territoire de bienveillance et de reconnaissance d'hier dimanche 29 mars 2020, voici donc le premier épisode d'une série de 14 articles autour des 13+1 gestes de reconnaissance au quotidien que je rappelle dans le schéma ci-dessous.



Nous entendons beaucoup parler tout autour de nous de l'après confinement. Quel avenir pour nous, nos proches, notre société ? Je suis de ceux qui espèrent que cette situation accélérera la transition.
Je fais partie aussi de ceux, bien moins nombreux, qui sont convaincus que la transition écologique, sociale et démocratique passera par une transition intérieure et par une transition à l'intérieur des cellules familiales. Plus de bienveillance, plus de reconnaissance, extinction de toutes formes de patriarcat, même les plus ordinaires (notamment dans les prises de décision et les répartitions de tâches).

Ce "travail" de transition intérieure et intrafamiliale que je vous propose en cette période de confinement répond à deux motivations :

  • celle que je viens d'exprimer : préparer et renforcer les bases d'une société de la bienveillance pour l'après confinement
  • une motivation immédiate renforcée par les chiffres évoqués par le ministre de l'intérieur sur l'augmentation des violences conjugales : le confinement fait porter des risques sur les femmes, les enfants, les relations et l'ambiance de la cellule familiale. Cultiver la bienveillance et la reconnaissance dans cette période est une action de prévention des tensions et des violences.


Je vous propose d'explorer les 13 gestes de reconnaissance dans l'ordre et donc en ce premier jour, nous nous intéressons au premier geste : Regard et vrai sourire.

Mon invitation est que vous vous donniez du temps pour offrir votre regard, accueillir le regard d'autrui, d'offrir votre sourire et de répondre au sourire d'autrui tout au long de votre journée à l'occasion de cette période de confinement. En action et aussi en appréciation des effets sur vous, sur vos proches, sur autrui de manière plus générale, sur le climat dans votre foyer.

Regard et vrai sourire sont présentés dans le diaporama suivant selon 4 axes de bienveillance :

  • autrui (axe le plus naturel quand on évoque la bienveillance)
  • soi-même
  • les collectifs et communautés auxquels ont appartient, et ici en particulier le foyer, en période de confinement
  • la nature




Ce diaporama au format pdf.

Alors, bonne exploration de ce premier geste, en vous donnant, en vous accordant le temps de ce qui constituera, je n'en doute pas, de beaux moments à vivre. Des bons moments que je vais décliner aussi de mon côté dans mon écosystème de proximité en cette période de confinement.




dimanche 29 mars 2020

En cette période de confinement, la cellule familiale, territoire de bienveillance et de reconnaissance

Le confinement augmente les risques de violence dans la cellule familiale

Le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, a annoncé le 27 mars 2020 un augmentation significative des appels aux forces de l'ordre pour des violences conjugales :  +32% en zone de gendarmerie et + 36% à Paris. Face à cette augmentation, il a annoncé la mise en place d'un dispositif original : inviter les victimes à se rendre dans une pharmacie proche de leur domicile qui assurera le relais avec les forces de l'ordre.



On peut imaginer que cette augmentation de la violence contre les femmes au sein des foyers s'accompagne aussi d'une augmentation de la violence envers les enfants. Une augmentation de la violence qui nécessiterait une intervention urgente. Il y a aussi sûrement ce qu'on appelle communément depuis quelques années la VEO : Violence Educative Ordinaire, qui se traduit par des actes impactant la santé physique (gifles, tapes sur les doigts, oreilles tirées, coups, corps bousculés ...) et/ou la santé psychologique (cris, insultes, humiliations, punitions excessives, ...). En France, 85 % des enfants subiraient quotidiennement cette violence éducative ordinaire.

Pourtant, ce qui n'est probablement pas assez connu dans notre société, c'est que depuis le 2 juillet 2019, toutes les formes de violences éducatives ordinaires sont interdites par la Loi. Le projet de loi a été porté par la députée MoDem Maud Petit. Concrètement, le texte lu pendant les mariages à la Mairie comporte maintenant la mention suivante : "l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques".

La loi ne précise pas la notion de violence physique ou psychologique. S'il est relativement facile de considérer ce qui résulte de la violence physique, en revanche, il est plus difficile de cerner les frontières de la violence psychologique. Il manque donc un référentiel commun, chacun faisant à sa sauce.

Au-delà de ce flou, il faut noter que des personnes s'insurgent de voir la loi débarquer dans une sphère dans laquelle elles considèrent être les seuls maîtres à bord. En se référant à l'éducation qu'elles ont reçue, légitimant les actes envers leurs enfants, par les actes qu'elles ont subis pendant leur propre enfance. Avec un principe fort répandu : "personne n'est mort d'une gifle bien méritée" ; principe bien dans le déni du phénomène d'escalade de la violence.

Il nous faut donc combattre à toutes les strates de la société la violence au sein des familles, en s'intéressant de très près au sujet de la violence ordinaire qui mérite d'être appréhendée, discutée et traitée par toutes les familles en cette période de confinement.

Territoire de bienveillance et de reconnaissance

La meilleure façon de combattre soi-même la violence ordinaire à laquelle on pourrait céder dans sa cellule familiale ("céder" sous-entendant que c'est une forme de facilité), c'est de considérer la cellule familiale comme un territoire de bienveillance et de reconnaissance.



Je vais vous proposer pour chaque jour à partir de lundi 30 mars 2020 de saisir un geste de reconnaissance extrait de ma modélisation 13 gestes de reconnaissance au quotidien. Un 14ème geste "Je t'écoute" fait le compte rond de deux semaines. Il est inspiré de mes échanges presque quotidien avec mon ami Christian Bruneteau.



Chacun de ces gestes de reconnaissance sera exploré en le croisant avec les 4 axes de ma première modélisation de la bienveillance : soi, la nature, autrui et les collectifs et communautés auxquels on appartient.

Donc, pendant deux semaines, je vous propose de mettre chaque jour un geste de reconnaissance à l'honneur. De le décliner de manière multiple dans votre quotidien de confinement, pour vous-mêmes personnellement, pour vos proches pris individuellement, pour votre cellule familiale considérée comme un écosystème et pour les autres êtres vivants de votre foyer (animaux domestiques et végétaux).

Prendre soin de ses proches et leur apporter de la reconnaissance pendant cette période de confinement la rendra plus douce. Il s'agit de transformer une situation subie en une opportunité de renforcer la cellule familiale et les liens qui relient chacun de ses membres. Cela donne l'opportunité de comprendre que chacun des membres de la cellule familiale a besoin d'être reconnu :

  • comme être singulier, en valorisant la diversité des savoirs, des compétences, des expériences, des envies, des aspirations, ...
  • comme membre à part entière de la cellule familiale, contribuant à la fois à ce qu'elle est, aux décisions et aux tâches d'intérêt général
Chacun engageant sa responsabilité de manière multiple et en co-responsabilité :
  • prendre soin de moi,
  • prendre soin de chacun dans ma famille ... et être vigilant à ce que chacun de la famille soit bienveillant envers moi
  • prendre soin de ma famille (de la bonne santé de l'écosystème) ... et être vigilant à ce que la famille me traite comme membre à part entière de la famille
  • prendre soin des autres qu'humains dans ma famille (animaux, végétaux)

Bienveillance et bientraitance

La bienveillance ne doit s'entendre qu'associé avec la bientraitance. En effet, certaines personnes ont une conception de la bienveillance proche de l'idée "le fin justifie les moyens", à savoir : pour faire du bien à mes proches (conception unilatérale de la bienveillance), je dois savoir le faire à leur corps défendant. Ce qui renvoie à un proverbe malheureusement trop décliné dans les couples et les familles "Qui aime bien, châtie bien".

"Tu es la prunelle de mes yeux ... mais je n'arrête pas de te rabrouer, de te parler mal." Tel est le comportement que je constate trop souvent en côtoyant des familles et des couples. Or, je suis absolument convaincu que la qualité de nos interactions avec nos proches devrait être alignée avec le niveau élevé de l'amour que l'on ressent et que l'on exprime par ailleurs.



La conception de la bienveillance que je porte, met en lien la bienveillance avec la bientraitance. La bienveillance doit être à la fois dans l'intention et dans l'acte, dans le pourquoi et dans le comment.
Il faut prendre garde qu'un acte voulu comme bienveillant soit aussi reçu comme bienveillant. C'est tout l'enjeu aussi d'une bonne communication interpersonnelle. Et quand il y a de la friture sur la ligne, il faut savoir utiliser des outils comme la Communication Non Violente (CNV) pour fluidifier la communication et placer l'enjeu de la bienveillance au cœur des relations. La bienveillance se jouant des deux bouts de la relation : celui qui produit un acte (le produire avec bienveillance) et celui qui le reçoit (capacité à accueillir la bienveillance et à s'affirmer fermement et avec bienveillance en cas de malveillance ou d'absence de bienveillance perçue).

A demain, lundi 30 mars 2020 pour le premier épisode des 13 gestes de reconnaissance : regard et sourire.


Les épisodes :


mardi 31 décembre 2019

2020, l'année de tous les changements


En cette toute fin d'année 2019, je reviens à l'idée initiale de la création de ce blog : évoquer le bonheur et la psychologie positive à travers des verbes.
Il en est un dont je m'aperçois que je ne l'ai pas abordé en tant que tel, même s'il est en filigrane de tous les articles de ce blog : CHANGER.

L'année 2020 se doit être une année charnière, d'autant plus que 2019 aurait dû l'être et qu'elle ne l'a pas été. Je reprends les propos du Secrétaire Général de l'ONU en septembre 2018 :

« Si nous ne changeons pas de cap d'ici 2020, nous risquons de passer à côté de l'essentiel qui fait que nous pouvons éviter un changement climatique galopant, avec des conséquences désastreuses pour les populations et tous les systèmes naturels qui nous font vivre. »

Une année de tous les dangers, et malheureusement cette expression ne fait pas dans la catastrophisme. Elle représente d'autant plus un tournant que les Etats n'ont pas pu se mettre d'accord pendant la COP 25 en novembre dernier sur des actions indispensables pour réduire notamment les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES).

On peut distinguer le "changer" et le "CHANGER". Le premier pouvant représenter le petit pas, le petit changement, le deuxième pouvant représenter le changement radical (ou "disruptif" terme à la mode). "changer" peut aussi représenter le changement au niveau individuel ou local et "CHANGER" le changement au niveau global, politique, des grosses industries.

Le 30 novembre dernier, j'ai publié un manifeste sur le site de pétition MesOpinions.com appelant les citoyennes et citoyens à prendre en compte au niveau local de l'urgence climatique, sociale et démocratique à l'occasion des élections municipales de mars 2020. A ce jour, un peu plus de 24 100 personnes ont signé ce manifeste et environ 580 d'entre-elles se sont exprimées via un commentaire.

Mon manifeste appelle à la fois à un "changer" et à un "CHANGER". La lecture des commentaires m'a montré qu'un certain nombre de signataires semble avoir retenu principalement dans mon manifeste la dimension de dénonciation, d'alerte au détriment de la dimension constructive et responsabilisante interpellant l'individu. Un piège qui apparaît bien souvent dans les réactions défensives face à l'emballement climatique (mais aussi face aux problèmes sociaux et démocratiques) : le grand méchant OU. C'est ainsi que nous l'appelons Christian Bruneteau et moi dans nos échanges réguliers depuis maintenant un an. Les deux grandes idées évoquées dans ces commentaires tombant dans le piège du grand méchant OU sont :

  • Eux d'abord, et ensuite je suivrai ! Exemple : "A quoi ça sert qu'on réduise nos déchets plastique alors que le vrai sujet c'est celui de l'arrêt de la production d'emballages plastique. Revoyez déjà votre agenda sur le sujet - 2040, je rêve ! - et nous on verra après ce qu'on peut faire individuellement"
  • Ce que je peux faire est une goutte d'eau dans l'océan. Exemple : "A quoi ça sert que je change ma voiture diesel contre une moins polluante alors qu'une des compagnies de croisière émet avec ses 94 bateaux dix fois plus d'oxyde de soufre que l'ensemble des 260 millions de voitures du parc automobiles européen"


Inciter au changement dans la perspective des élections municipales de mars 2020

Le mouvement des gilets jaunes et celui qui s'est constitué face au nouveau système de retraite montrent une énorme incapacité de notre société, des politiques, des dirigeants des entreprises et des individus à aborder les changements collectifs avec lucidité, concertation, motivation, conviction, responsabilité et bienveillance (dans un esprit gagnant-gagnant). Une énorme incapacité à peser équitablement, individuellement et collectivement, les intérêts individuels et collectifs. Une incapacité gigantesque à considérer le vivant autre qu'humain dans les intérêts collectifs. Les autres qu'humains étant considérés comme ressources, objets plutôt que acteurs et sujets. L'échec de la COP 25 est aussi dû à l'incapacité de dépasser les intérêts particuliers et de considérer les intérêts collectifs et globaux.

Ces incapacités, particulièrement flagrantes en France, qui se renforcent dans des cercles vicieux, font que ceux qui veulent conduire le changement tendent à l'imposer aux autres (en les infantilisant) et ceux à qui on l'impose réagissent en résistant ou en s'y pliant de mauvaise grâce en se considérant victimes directes ou collatérales.

En 2020, et à l'approche des élections municipales, il est largement temps que notre société change de système d'exploitation, de paradigme pour aborder les changements. Les politiques sont peu enclins à coconstruire avec les citoyennes et citoyens les mesures indispensables pour limiter les effets de l'emballement climatique (dont certains sont déjà bien présents y compris en France). Dans la mesure où le GIEC explique que 50% à 70% des leviers d'action sont en local, il est largement temps que les élu·es, potentiel·les élu·es et électrices et électeurs utilisent ce premier trimestre 2020 pour lancer une vraie dynamique de changement des comportements individuels et collectifs. En pensant local ET global, en agissant local ET en lien avec le global.  Pour tourner le dos au grand Méchant OU exclusif et ouvrir largement la porte au ET inclusif. Cela nécessite beaucoup de  bienveillance, d'indulgence, de tâtonnements, d'expérimentation, d'appréciation des petits pas effectués, d'encouragements, ...

Un changement qui permet de sortir de l'impuissance solitaire en s'engageant dans la puissance coopérative. L'individu a 3 leviers gigantesques qu'il sous-utilise, par l'addition et l'union des forces, et notamment selon le principe que les petits ruisseaux font les grandes rivières :
  • la puissance par ses choix de consommation. Un groupe important de consommateurs peut peser sur l'évolution de l'offre en redirigeant la demande
  • la puissance par son droit de vote. Un groupe suffisamment important de citoyen·es au niveau d'un territoire peut peser sur les programmes électoraux et le passage à une démocratie participative, contributive, directe, ... (nul besoin d'être une majorité de la population : une proportion de quelques pourcents peut suffire)
  • la puissance par son talent unique dans son travail et l'affirmation de soi. Un groupe de salariés au sein d'une organisation peut faire bouger les lignes en matière de conditions de travail, d'objectifs, de qualité, de qualité de vie au travail (QVT), de rémunérations, ... La grève est un instrument de dernier recours, mais il y en a d'autres à explorer et à cultiver en amont en construisant un dialogue social et une démocratie au travail plus forts
Au niveau collectif, les petits peuvent aussi coopérer entre eux pour peser face aux gros qui leur dictent leur loi. Par exemple, les entreprises qui vendent via Amazon pourraient se regrouper pour faire contre-pouvoir aux clauses contractuelles définies de la manière unilatérale par le groupe.

Et un des changements les plus importants est de mettre plus de parité dans les relations, qu'elles soient humaines ou économiques : les relations saines doivent se coconstruire et s'ajuster ensemble et aucune des parties ne doit prendre le dessus et/ou exploiter l'autre

Chaque partie dans une relation doit prendre soin :
  • d'elle-même, 
  • de l'autre,
  • de la relation elle-même,
  • et des impacts de la relation sur d'autres parties, que ces autres parties soient humaines ou autres qu'humaines (le vivant au sens général et les ressources de la planète)
Je reviendrai sur le sujet du changement prochainement, notamment à travers une modélisation de la bienveillance à laquelle j'ai travaillé en 2019. Notre bonheur, celui de nos enfants, celui des générations futures et notre bienveillance vis-à-vis des autres qu'humains nécessitent que nous nous retroussions les manches sans plus attendre en regardant avec lucidité l'état du monde, au-delà de la partie visible de l'iceberg, et en faisant confiance en notre humanité et notre puissance coopérative plutôt que dans d'hypothétiques progrès scientifiques et décisions politiques qui nous dédouaneraient de notre responsabilité individuelle.

Je souhaite aux lectrices et lecteurs de ce blog mes vœux d'une vie paisible pour 2020 en abordant avec vitalité, tempérance, détermination et appréciation tous les changements dont certains me semblent inévitables à courte échéance. En m'inspirant de la célèbre réplique "Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi !", je conclus par "Si tu ne viens pas au changement, le changement viendra à toi !".

dimanche 17 novembre 2019

Moi, homme masculin


Article révisé le 18/11/2019 suite à la publication du Rapport annuel des droits de l'enfant 2019

Dans mon article Le papillon, la serre et le permafrost (ou pergélisol) de septembre 2019, j'ai évoqué l'apparition simultanée il y a entre 5 000 et 10 000 ans du patriarcat, de l'agriculture et de la propriété.

Depuis le début de l'ère industrielle, les activités humaines sur la planète laissent des traces indélébiles qui non seulement tuent la biodiversité et les êtres vivants, mais aussi menacent sérieusement la vie des générations à venir, et l'avenir des plus jeunes générations.

Par cet article, je démarre une série visant à mettre en évidence les conséquences désastreuses du patriarcat sur les humains et sur la planète. Une série d'articles qui interpelle les hommes masculins et leur masculinité, et les femmes non encore engagées sur des enjeux féministes ; en effet, elles peuvent apporter leur contribution à déboulonner les modèles "masculin" et "féminin" imposés par les hommes masculins depuis des générations et confortés par les différentes religions depuis leur origine.

L'homme masculin considère dans la plupart de ses sphères de vie qu'il a des droits. Autant de droits qui, quand ils sont considérés de manière trop étroite et égocentrée, conduisent à la domination voire l'exploitation de l'homme sur la femme, de l'adulte sur l'enfant, du dirigeant d'entreprise sur le salarié, de l'élu sur le citoyen, de l'humain sur la nature.

Le reproche qui a été fait par le mouvement des gilets jaunes envers la domination et la déconnexion des élites politiques mérite d'être aussi fait dans d'autres sphères y compris dans la sphère familiale.

Je vous propose le tableau ci-dessous qui remet en cause l'homme masculin dominant la domination de l'être humain sur le reste du vivant. Cela touche 3 dimensions :

  • une dimension sociale et humaniste
  • une dimension écologique
  • une dimension démocratique

Ce tableau part de l'idée "J'ai le droit" ou "Je me considère avoir le droit" ou "Je suis dans mon bon droit quand ..." déclinée dans plusieurs contextes de vie.

Ai-je le droit ...
Réponse toute faite
mais mal faite
En intégrant humilité, parité coopération et gagnant-gagnant
Ai-je le droit de décider seul pour ma conjointe ?
C’est moi l’homme qui décide et qui la protège
Ma conjointe a son libre arbitre. Elle peut compter sur moi si elle a besoin de moi et de mon avis
Ai-je le droit de décider seul pour mon couple ?
C’est moi l’homme
Nous prenons les décisions ensemble. Ma voix ni ma voie ne comptent plus que les siennes
Ai-je le droit de décider d’entamer, voire de forcer un rapport sexuel avec ma femme si elle n’y consent pas ?
C’est le devoir conjugal qui s’applique. Tout le monde sait qu’un Non cache souvent un Oui. Ca fait partie du jeu de la séduction
Forcer un rapport sexuel au sein d’un couple relève du viol depuis 2006. Tout rapport sexuel au sein d’un couple doit être mutuellement consenti et le refus de l’un des deux membres du couple doit être respecté par l’autre.
Ai-je le droit de décider seul pour mon foyer ?
Je suis le chef de famille
La notion de chef de famille n’existe plus. Les deux parents sont coresponsables. On peut demander leur avis aux enfants, voire les faire participer aux décisions en fonction de leur âge et du type de décision
Moi, Président, ai-je le droit de décider seul pour mon association ?
C’est le mandat que j’ai reçu, je suis légitime
Je n’ai pas à imposer mon avis sous prétexte que je suis Président et/ou du fait que je suis particulièrement actif.
Je dois limiter au maximum mes privilèges et me considérer à la même hauteur que chacun·e dans l’association même si on me donne du “Mr le Président”
Moi Président de la République, ai-je le droit de décider seul pour la population française ?
C’est le mandat que j’ai reçu, je suis légitime
Je dois être connecté avec la réalité des citoyens, les consulter, les appeler à contribuer, ne pas décider à mon niveau ce qui pourrait se décider à un niveau local.
Je dois être connecté aussi avec les autres peuples, avec la planète et contribuer à sa préservation pour les générations futures.
Je dois limiter au maximum mes privilèges et me considérer à la même hauteur que chaque citoyen même si on me donne à tout bout de champ du “Mr le Président” et si je vis sous les dorures des palais
Moi dirigeant ai-je le droit de décider seul pour mon entreprise ?
C’est mon entreprise
Les personnes qui travaillent avec moi ne sont pas des “ressources”humaines mais des “richesses” humaines dont je suis proche. J’ai confiance en elles et en l’intelligence collective qui m’évite de décider seul dans ma tour d’ivoire. Sans les personnes qui travaillent avec moi, je ne suis rien et mon entreprise n’est rien. Sans les fournisseurs, sans les clients, sans la planète, je ne suis rien et mon entreprise n’est rien
Moi chef ai-je le droit de décider seul pour mon équipe ?
C’est mon équipe et c’est moi qui décide
En réalité, soyons humble, c’est plutôt au-dessus de moi que ça se décide et ça doit être remis en cause.
Nous constituons une équipe et je me considère l’animateur, le coach de l’équipe. Je respecte chaque membre de mon équipe et chacun apporte une contribution précieuse.
Moi Maire, ai-je le droit de décider seul pour ma commune ?
C’est le mandat que j’ai reçu, je suis légitime
Je n’ai pas la science infuse et nous devons prendre au sein de la commune des décisions qui protègent les individus, la planète et les générations futures
Je me considère comme un animateur et un médiateur, au même titre que les autres élus
Je dois limiter au maximum mes privilèges et me considérer à la même hauteur que chacun·e dans la commune même si on me donne du “Mr le Maire”
Moi, humain, ai-je le droit de décider seul pour MES animaux domestiques ?
Ce sont mes animaux. Dans la loi, il est écrit qu’ils font partie de mes biens meubles.
Dès lors qu’ils me procurent plus de gêne que de satisfaction, que je m’en lasse, je m’en débarrasse
Depuis janvier 2015 l’animal n’est plus considéré comme un bien meuble mais comme “un être vivant doué de sensibilité”
Plutôt que de parler de mes droits par rapport à mes animaux, je me concentre sur ses droits à lui : nourriture, eau, abri, évacuation de ses excréments, … et affection
Ils font partie de la famille et nous les respectons.
Moi, humain, ai-je le droit de décider seul pour les autres qu’humains et pour la planète ?
La nature est en abondance et à mon service pour répondre à mes besoins et mon confort
Ce que je rejette dans la nature, elle le recycle naturellement … et si tel n’est pas le cas, après moi le déluge car la vie est faite pour être vécue sans se prendre la tête
J’ai une grande responsabilité car j’ai un pouvoir potentiel de nuisance énorme du fait de l’intelligence humaine dont je ne représente qu’une très petite part. D’ailleurs, en y réfléchissant, je m’aperçois que sans l’accumulation de l’intelligence de plusieurs générations de quelques scientifiques, ingénieurs et techniciens presque aucun de mes gestes quotidiens ne serait possible (électricité, transport, communications numériques, …)
La terre est la forêt qui m’abrite et qui ne m’appartient pas. J’en suis une partie : un arbre. Je suis la nature.
Je préserve la biodiversité et je prélève dans la nature le strict minimum dont j’ai vraiment besoin en prenant en compte les capacités de ressourcement. Une simplicité qui me donne la joie de vivre en harmonie avec les autres humains et autres qu’humains



Il y a une alternative au mâle dominant, qui peut être plus ou moins dominant, dominant variablement selon la sphère de vie ou la situation de vie. Cette alternative est l'homme masculin juste. Je reprends la formulation d'Ivan Jablonka et de son livre récent Des hommes justes que je vous conseille vivement.

Selon le type de posture de l'homme masculin, son comportement peut être schématiquement classifié en trois catégories en matière de bienveillance :

  • la bienveillance : l'homme masculin juste est attentif et prend soin des autres êtres humains et des êtres autres qu'humains. Il refuse les privilèges que culturellement il pourrait s'octroyer, notamment par rapport à la femme. Il chemine à la réduction de ses privilèges et coopère avec les femmes pour aller vers l'équité, la parité, l'égalité en respectant la singularité de chaque individu. Il résiste à la tentation de la facilité de l'immobilisme.
  • l'absence de bienveillance (allant de pair avec l'absence de malveillance) : l'homme masculin profite des privilèges de son genre et ne fait pas attention notamment au déséquilibre de la répartition des tâches dans la cellule familiale ; il peut vaguement participer, et chaque fois il fait remarquer ostensiblement qu'il "aide" sa femme et doit en être remercié particulièrement ; il ne prend pas la mesure non plus que beaucoup de femmes sont dans des situations de précarité, cantonnées dans des métiers au salaires et aux conditions de travail bas de gamme. Même si sur le principe, il peut être d'accord pour la parité et l'égalité, il n'apporte pas sa contribution à faire bouger le système et surtout pas si ça peut lui faire perdre ses propres privilèges. Il n'est pas malveillant avec les femmes et en cela il trouve qu'il est un homme "bien". Il y a une absence de bienveillance plus coupable et répréhensible : ne pas intervenir ou ne pas signaler quand il est témoin de violence commise par des mâles dominants (non assistance à personne en danger). 
  • la malveillance : le côté mâle dominant de l'homme masculin le conduit à être violent dans ses paroles et dans ses actes vis-à-vis des femmes, des enfants, des hommes masculins qu'il juge "sous-homme" ou pas assez homme. Les chiffres sont effrayants et insupportables : 35% des femmes dans le monde ont subi des violences physiques et/ou sexuelles à un moment de leur vie. Chaque année, 220 000 femmes sont victimes de violence de leur conjoint ou ex-conjoint en France. L'actualité du jour concerne les féminicides avec un rapport de mission sur les homicides conjugaux faisant 24 recommandations. Un enfant meurt de maltraitance en France tous les 5 jours. Il y a aussi des violences moins spectaculaires : les propos sexistes, les blagues salasses, les comportements inciviques, le management par la pression, le mépris, les insultes, ...
Ce qui m'amène à dresser un tableau qui pourra sembler caricatural mais qui a le mérite je l'espère de proposer une alternative au mâle dominant en m'appuyant sur l'idée originelle de ce blog, à savoir le bonheur à travers des verbes. Ci-dessous un tableau construit autour de verbes cardinaux. 


Moi, mâle dominant
Moi, homme masculin juste
Moi, mâle dominant, je suis au-dessus des autres (femmes, enfants, femmelettes, pédés, pauvres, étrangers, animaux, …). “Etre ou ne pas être” n’est pas ma question. “Etre encore plus” est mon affirmation
Les statuts les plus prestigieux me sont réservés
Moi, homme masculin juste, je suis un être vivant, un être humain de sexe masculin. La seule chose qui me sépare d’une femme est d’ordre anatomique. Ce n’est pas rien, mais ça ne justifie en aucune façon que je sois supérieur ou au-dessus d’elle.
Ce qui me différencie des êtres autres qu’humains est le fruit de l’évolution et nous fait appartenir à la même famille
Moi, mâle dominant, je m’octroie le droit d’avoir plus que les autres
Moi, homme masculin juste, je veux tendre à une répartition plus juste des richesses et surtout que chacun puisse être en situation d’accéder au bonheur parce que ses besoins vitaux auront été assurés. Le verbe “être” est plus central pour moi que le verbe “avoir”
Moi, mâle dominant, je m’octroie le droit de dire et m’exprimer de telle façon que mes attentes et mes insatisfaction soient entendues et qu’elles trouvent une réponse qui me satisfassent
Moi, homme masculin juste, je m’octroie le droit de m’exprimer dans la bienveillance et tout autant le devoir d’écouter. Il est important que j’exprime dans une affirmation de moi bienveillante mes attentes, mes insatisfactions et tout autant mes satisfactions et ma gratitude.
Moi, mâle dominant, je m’octroie le droit de pouvoir faire ce que je veux, quand je veux, sans entrave, selon le principe “la fin justifie les moyens”, y compris par la force pour éliminer les entraves. La technologie fruit de l’intelligence humain en général est à mon service pour faire encore plus et plus vite
Moi, homme masculin juste, je m’octroie le droit à la liberté de faire selon le principe fondamental “la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres”. Je recherche le gagnant-gagnant et je réfléchis aux impacts de mes actes.
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. La technologie doit être au service de l’ensemble de la planète et des futurs générations.
Moi, mâle dominant, je m’octroie le droit de penser que je suis tout-puissant et que tout m’est dû à l’instant
Moi, homme masculin juste, je m’octroie la liberté de penser et je suis conscient que mes paroles et mes actes sont reliés directement à mes pensées. Je suis vigilant aussi à mes pensées négatives qui peuvent me conduire à mal me comporter.
Penser avant et après l’agir me permet d’être bienveillant et de grandir.

Le cheminement vers l'homme juste n'est pas facile. Il est exigeant. Il nécessite de s'interroger sur les situations de vie du quotidien, notamment au sein de la cellule familiale et du couple. Il s'appuie sur la juste conscience, la confiance, la bienveillance, la reconnaissance et la coopération entre l'homme et la femme, le tout dans l'humilité (on avance pas par pas) et avec détermination et enthousiasme.

Ma conviction est qu'il faut amorcer ce cheminement au sein du couple et de la cellule familiale en interrogeant la répartition des décisions et des tâches et en remettant en cause tout ce qui est implicite et tout ce qui se justifierait par des arguments du type "c'est normal qu'une femme s'occupe de".

Il faut espérer que le Grenelle des violences conjugales permettra de s'attaquer collectivement de manière extrêmement déterminée à ce fléau insupportable et trop longtemps sous investi par notre société au même titre que pour la violence faite aux enfants. Concernant les enfants, le rapport annuel des droits de l'enfant 2019 fait 22 recommandations qui doivent ébranler le côté mâle dominant :


  • "... rappeler aux professionnels placés sous leur autorité que l’usage de la force ne peut être qu’une mesure de dernier recours" (recommandation 4)
  • La lutte contre le harcèlement scolaire (et notamment le cyberharcèlement) qui est souvent du fait de mâles dominants en culottes courtes (recommandation 5)
  • Donner les moyens à la plateforme 119 les moyens nécessaires pour qu'elle puisse répondre à l'intégralité des appels ; selon la directrice de la plateforme Madame Blain, actuellement, 90% des appels sont pris mais quand l'appel est pris, dans 60% des cas, il est demandé à l'appelant de rappeler car aucun écoutant n'est disponible. Une culture du juste signalement est à développer ; un signalement qui doit être écouté et pris en compte pour que cette culture soit efficace. Le mâle dominant violent se nourrissant de l'impunité, il faut transformer notre société pour qu'il sache que ses comportements seront systématiquement repérés et punis. (recommandation 9)
  • "Chaque enfant doit pouvoir s’exprimer sur toute question intéressant son environnement quotidien, participer à son évaluation et réfléchir à son amélioration" (recommandation 13)
  • Action de lutte contre les stéréotypes (recommandation 16)
Par ailleurs, j'appelle de mes vœux que les prochaines élections municipales puissent mettre en centralité le sujet de la remise en cause du patriarcat face à l'urgence des enjeux écologiques, sociaux et démocratiques.