jeudi 18 janvier 2018

Evaluer les motivations et les moyens pour faire

Le verbe "Faire" est un verbe qui prend beaucoup de place dans nos vies. Et probablement, de plus en plus, fort connecté avec le verbe "Avoir", le premier permettant d'avoir le 2ème; le mieux étant d'avoir le deuxième sans passer par le premier, ou de passer le moins de temps avec le premier pour obtenir le plus de deuxième.

Une alternative bien meilleure pour la construction du bien-être psychique et un bon niveau de connexion avec soi-même, autrui et la planète, étant de donner beaucoup de place aux verbes "Etre", "Apprécier", "Remercier" et "Donner".

Mais puisque, quoi qu'il en soit, le verbe "Faire" est tout de même sacrément présent, je vous présente un outil d'évaluation des motivations et des moyens quand on veut s'engager dans une action ou une activité ou quand on veut faire le point à un  moment donné par rapport à une action ou un événement.

C'est un graphique en étoile qui permet d'évaluer son niveau de motivation et de moyens par rapport à une série d'assertions. Il est inspiré de la théorie de l'autodétermination évoquée par mon amie Dominique Poisson dans son article sur laqvt.fr Les cycles de la motivation.

On peut le faire de manière quantitative en donnant une note à chaque branche de l'étoile.

On peut le faire aussi de manière qualitative en réfléchissant à chacune des assertions et en essayant d'y répondre verbalement, oralement ou par écrit, en ajoutant "parce que " à chaque assertion.

Cet outil est bien évidemment utile pour la sphère professionnellement. Mais pas seulement : il est utilisation aussi pour les autres sphères de vie, avec la motivation financière qui peut ne pas être pertinente pour certains cas de figure.

Si ce graphique vous parle et vous est utile, j'aurai intérêt et plaisir à recevoir votre feedback par un commentaire soit directement sur ce blog soit sur les réseaux sociaux sur lesquels je relaie cet outil.



13 facettes d'une vie au travail pouvant contribuer au bonheur - Edition 6

J'ai proposé en août 2015 13 facettes d'une vie au travail pouvant contribuer au bonheur.

J'ai présenté une image de la 6ème édition en octobre 2017 à l'occasion de la préparation de l'Université Ephémère sur la Qualité de Vie au Travail (QVT), l'Innovation managériale et la Coopération des 11 et 12 octobre 2017. Cette 6ème édition a fait partie de la matière première que j'ai proposée en amont de cet événement sur le wiki associé.

Avant de vous proposer un diaporama présentant chacune des facettes, j'explique en quelques mots les différences entre l'édition N° 4 et l'édition N°6 :

1/ J'ai modifié le texte en utilisant l'écriture inclusive

2/ J'ai apporté les modifications à la facette "Autonomie" suite à ma lecture du livre "Le paradoxe du choix" de Barry Schwartz.
L'intitulé précédent démarrait de la façon suivante "Je me sens autonome avec des responsabilités ...". La nouvelle formalisation est "Je me sens suffisamment autonome avec des responsabilités bien assumées ...".

J'introduis ici que l'autonomie et les responsabilités ne sont pas une fin en soi et qu'il faut ajouter d'autres conditions
Concernant l'autonomie : je mets en évidence que plus que "donner de l'autonomie" c'est bien "donner la possibilité de l'autonomie et l'accompagner" qui est importante. L'autonomie n'est pas à assimiler à liberté ni à bien-être psychologique. Dans la mesure où l'autonomie n'est pas binaire mais s'entend à plusieurs degrés, un degrés trop important d'autonomie par rapport à ce qu'une personne se sent en capacité de bien gérer peut créer du mal-être psychologique.

De la même façon, ce ne sont pas les responsabilités en soi qui créent du bien-être, mais le fait d'avoir des responsabilités, de sentir qu'on vous fait confiance et de pouvoir bien assumer ces responsabilités (parce qu'on est compétent, qu'on a les moyens, que le droit à l'erreur est cultivé, qu'on est bien entouré, ...).

Je vous donne c-dessous, l'image de ce modèle ainsi que le diaporama associé. Et après je redonne l'argumentaire que j'avais fourni pour expliquer la genèse de ce modèle.



Voici le diaporama présentant ces 13 facettes :

Licence Creative Commons
"13 facettes de la vie au travail pouvant contribuer au bonheur" de Olivier Hoeffel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à https://onedrive.live.com/redir?resid=50DE3EADEA2AE04E!712&authkey=!APKI6bXp8O7JqxE&ithint=file%2cpptx.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.lesverbesdubonheur.fr/.

En croisant les composantes et facteurs du bien-être mental, du bonheur, de la bonne santé mentale, de la santé mentale au travail, de la santé mentale positive, j'ai réalisé un travail de modélisation en 13 facettes (1) d'une vie au travail qui contribuent potentiellement (2) au bonheur.

Plus précisément, je me suis inspiré des éléments suivants :


Le but de cette publication et  des 13 publications est de tordre le cou à l'idée que le bonheur au travail serait un oxymore.
Il s'agit aussi d'argumenter face aux partenaires sociaux qui ont tendance à considérer que ce n'est pas dans le rôle de l'employeur, ni dans celui de la fonction RH, ni dans celui des représentants des salariés de viser le bonheur des individus au travail. Face à une tendance très défensive de beaucoup de ces acteurs, j'ai publié en novembre 2017 sur laqvt.fr l'article 3 malentendus sur le bonheur au travail.

A travers chacune des 13 facettes, je cherche à montrer que le développement de facteurs contribuant au bonheur a aussi un impact positif sur le collectif, sur les conditions de travail et sur la performance durable (le qualificatif durable étant essentiel). En fait, c'est gagnant-gagnant.

C'est aussi une façon de montrer qu'il n'y a pas d'opposition sur le fond entre une vision qui part de l'amélioration des conditions de travail ou celle qui part de la construction du bonheur.
S'il me semble bien légitime que les partenaires sociaux ne veuillent ni ne puissent s'inscrire dans une obligation de résultats ou de moyens en terme de niveau de bonheur des salariés, ce n'est pas pour autant qu'ils ne pourraient pas se saisir des facteurs du bonheur dans leurs actions.

Il ne s'agit pas non plus de mettre le salarié dans une position d'attente passive en terme de bonheur au travail. Le bonheur au travail, comme la Qualité de Vie au Travail (QVT) relève d'une articulation judicieuse entre la responsabilité individuelle et les responsabilités collectives.

Les responsabilités collectives ne relèvent pas que des partenaires sociaux : plusieurs niveaux sont à interroger : l'équipe, le service, l'entité, les parties prenantes externes (clients, usagers, fournisseurs, partenaires, riverains, ...), la branche professionnelle, les organisations sur le même territoire, le département, la région, l'Etat, ... l'ONU. L'ONU qui s'intéresse de près au bonheur depuis quelques années, au même titre que l'OCDE.

Le bonheur n'a donc rien de folklorique, ni de fumeux, ni d'utopique. N'ayons pas peur de l'idée du bonheur au travail et prenons conscience que des conditions particulières de la vie au travail contribuent au bonheur au travail et au bonheur plus généralementChaque individu ayant bien entendu sa propre vision du bonheur (ou de son bien-être ou de tout concept approchant), ses propres attentes, ses propres stratégies et sa propre évaluation contrastée de son bonheur. Cette évaluation est en effet contrastée puisque le bonheur dépend de quantité de facteurs. Chacun de nous a sa propre pondération et sa perception unique.

Bien entendu, il n'est pas question de considérer qu'une personne ne saurait être heureuse que si elle se sent de répondre positivement à TOUTES ces assertionsLe bonheur, ce n'est définitivement pas du "tout ou rien". Par contre, ce qui me parait important c'est que la vie au travail peut contribuer de manière multiple au bonheur. En précisant que face à un même contexte de vie au travail, deux personnes peuvent évaluer et apprécier différemment ce contexte et ressentir leur bonheur influencé positivement et négativement, plus ou moins ou pas, à travers ces différentes facettes.
Par exemple, 2 personnes face au même poste de travail ne vont pas forcément éprouver le même intérêt pour le travail induit.
Autre exemple : une personne peut se plaindre d'un manque de reconnaissance pour le résultat de son travail et l'autre non; et ceci, alors qu'elles ont le même niveau d'efficacité et qu'elles reçoivent le même niveau de reconnaissance. La deuxième étant plus dans le plaisir et dans une motivation intrinsèque, elle est moins en attente de reconnaissance.

A l'instar de la QVT, réfléchir et évaluer sa vie au travail à travers des dimensions multiples permet de prendre conscience de ce en quoi le travail  apporte du bonheur, du bien-être, ... alors même que l'esprit peut être encombré par des difficultés dans le travail qui masquent les aspects positifs.

Si vous répondez OUI à une assertion, c'est que la facette concernée de votre vie au travail est un facteur protecteur/constructeur de votre bonheur, bien-être, ... indépendamment du fait que d'autres facettes peuvent l'impacter négativement.

Je consacrerai un article sur la façon dont chacune et chacun peut agir individuellement et collectivement après qu'elle.il se soit questionné relativement à chacune de ces assertions.
Là aussi, à l'instar de la QVT, la première façon d'agir sur son bonheur au travail me semble bien être l'auto questionnement. Les 13 assertions que je vous propose ici constituent un moyen d'entreprendre cet auto questionnement.

Que la vie au travail puisse contribuer au bonheur, c'est donc un vrai sujet de société sérieux selon moi. Ce qui mérite intérêt aussi en même temps, c'est en quoi le bonheur impacte la vie au travail. Et c'est bien cette double relation que je veux mettre en évidence.

Pour terminer, j'indique que j'ai utilisé ce modèle pour construire un questionnaire que j'ai eu l'occasion de proposer à deux reprises pour des événements publics : l'Université Ephémère des 11 et 12 octobre 2017 et l'événement sur la QVT et l'Innovation managériale organisé le 9 novembre 2017 par Soho Solo et Kanopé à Auch.
Voici le lien vers la page du wiki de l'UE donnant accès à ce questionnaire.

(1) Je précise que je ne prétend pas que les facteurs de bonheur au travail se limitent à ces 13 facettes, ni qu'elles ont forcément à être organisées comme je le propose ici; c'est le fruit d'un travail d'analyse et de compilation personnelle des construits du bien-être hédoniste, du bien-être eudémonique, du bonheur (par le biais de la psychologie positive -en particulier Tal Ben Shahar, Martin Seligman, Mihaly Csikszentmihalyi et son concept de Flux, Sonja Lyubomirsky, par l'ONU), le bien-être psychologique au travail (Véronique Dagenais-Desmarais-chargée de cours à l’Université de Montréal), la santé mentale (OMS), de la santé mentale au travail (Québec), la santé mentale positive (Canada) et de mes compétences sur le  sujet de la Qualité de Vie au Travail



(2) J'écris "potentiellement" dans la mesure où il s'agit de la description de facettes incluant une partie contextuelle favorable dans la vie au travail. Or, en s'inspirant des enseignements de la psychologie positive, le contexte n'est pas la composante la plus importante au bonheur. En fait, elle représente 10%. Ce qui va être déterminant, au delà des aspects génétiques qui pèsent lourd (50%), c'est notre investissement et nos habitudes favorisant le bonheur (40%). Cependant, c'est bien la conjonction du contexte, des gènes, de nos habitudes et de notre investissement qu'il faut prendre en compte.

mercredi 3 janvier 2018

52 semaines de galets

Message d'importance à celles et ceux qui liraient un peu vite dans leur tête et seraient victimes d'un voisinage phonétique : il ne s'agit pas de 52 semaines de galère mais bien de 52 semaines de galets pour cultiver le bonheur.

Il y a plus d'un an, mon épouse et moi-même avons reçu d'un couple d'amis chers un cadeau qui nous a nourri spirituellement et intellectuellement pendant 52 semaines. Lui-même l'ayant reçu au moins 52 semaines avant qu'ils nous en fassent le cadeau ...  temporaire (et je reviendrai sur ce point en fin d'article).

Commençons par une photo de ce cadeau en plusieurs composantes :



Il comporte donc :

  • un sac qui a été fabriqué à la main
  • un grand bol en porcelaine
  • 52 galets, chacun avec une mention écrite manuellement avec des couleurs différentes
Autrement dit un cadeau fait main ... et fait tête. Le "fait main" ne nécessite pas d'autres précisions. Le "fait tête" mérite que je précise mon propos : il ne s'agit pas que de travail manuel. Chaque mot (substantif) écrit sur cette série de galets a été réfléchi pour constituer un parcours d'une année qui permet d'interroger le sens de la vie. Parcours qui se construit au hasard, puisque chaque semaine un galet est pioché au hasard dans le sac puis placé devant le grand bol. Une fois que son tour sera passé au bout d'une semaine, il finira sa trajectoire dans le bol.
Pour réaliser la photo, j'ai voulu prendre un galet au hasard pour le poser devant le bol. Mon œil s'est arrêté sur les galets visibles en surface et coïncidence, c'est le galet "Cadeau" qui m'a tendu les bras, et avouez que c'est fort opportunément.

La règle du jeu est donc de tirer un galet par semaine (plutôt le dimanche car on est plus tranquille, mais  rien empêche de choisir un autre jour). On pourrait aussi en tirer un par jour, mais je suis convaincu qu'on n'en tirerait pas toute la substantifique moëlle.

Le galet une fois sorti de son sac et le mot bien mis en évidence (il n'est écrit que sur une seule face), on peut donc savourer cet instant de découverte du mot. En me référant à notre pratique, cette découverte a suscité des réactions diverses chez nous selon le mot. Souvent, il nous a excité et tout de suite parlé. De rares fois, on s'est demandé mon épouse ou moi ce qu'on allait pouvoir en faire. Sentiment mitigé qui n'est jamais resté bien longtemps.

Vous allez peut-être penser : "Que fait-on après ?".

On peut imaginer des façons de procéder diverses :
  • façon "oracle" : le mot va me donner la tonalité de la semaine à venir; alors l'oracle sera de bon augure car tous les mots sont positifs
  • façon "observateur" : le mot va constituer une forme de filtre à travers lequel je vais observer les événements de ma semaine
  • façon "acteur" : je vais essayer d'agir dans ma semaine autour de ce mot
Pour celles et ceux qui me connaissent un peu, vous ne vous étonnerez pas que je me sois engagé dès le premier galet dans la troisième posture et j'en ai retiré beaucoup intellectuellement et à travers mes comportements.

Je vais vous donner maintenant la méthode que j'ai ajustée en plusieurs fois tout au long de ces 52 semaines :

  • après avoir découvert le mot, ou peu après, j'allais m'installer devant mon ordinateur (j'aurais pu aussi prendre un cahier et écrire)
  • je créais une carte mentale (avec freemind) dédiée à ce mot (ce pourrait être une fiche, une page dans un cahier)
  • je réfléchissais à toutes les acceptions de ce mot et ce qu'il pouvait évoquer en moi et je le reportais
  • Après quelques galets tirés, j'ai ajouté à ce travail de réflexion la richesse que permet l'usage d'internet; quelques fois, je m'intéressais à l'étymologie, d'autres fois je recherchais des citations avec le mot, ce qui me permettait d'enrichir souvent les acceptions que j'avais notées précédemment
  • pour terminer ce travail du dimanche, je me demandais comment je pourrais investir ma semaine avec ce mot, à la fois dans mes pensées et dans mes comportements.
  • le dimanche suivant, je notais tout ce qui avait fait écho pendant la semaine avec ce mot (et dont je pouvais me souvenir)
Je vous donne le premier mot et le dernier mot de ce parcours : plaisir et simplicité.

D'ailleurs, je vais faire mieux : vous donner la liste des mots. Je le mets en lien ICI si jamais vous lisez cet article et que vous voulez vous engager dans un tel parcours en vous ménageant la surprise de la découverte des mots (dans l'hypothèse où une autre lectrice ou lecteur aurait lu ce billet et vous aurez fabriqué un tel cadeau en s'inspirant de la liste en question).

Ce magnifique cadeau qui nous a été fait va poursuivre sa route : nous allons le rendre à nos amis pour qu'un de leurs enfants prenne le relais ... et ainsi de suite. J'ai trouvé excellente cette idée de profiter de ce cadeau et qu'il puisse ensuite continuer à circuler et faire d'autres heureux.




lundi 1 janvier 2018

Des voeux en ce 1ier janvier 2018 pour nous libérer du diktat des chiffres

Je souhaite mes meilleurs vœux de bonheur à vous lectrice ou lecteur pour cette année 2018.

J'ai décidé de donner une tonalité sociétale à mes vœux suite à une maturation longue autour du constat de la prédominance des chiffres dans notre société depuis des dizaines d'années, avec une accélération favorisée par les nouvelles technologies de l'information et de la communication et l'émergence de l'économie collaborative.

Vous trouverez ci-dessous un diaporama et une version vidéo de ce diaporama mis en musique dont vous pourrez prendre connaissance selon votre préférence. Partagez-le si cela vous parle !




dimanche 17 décembre 2017

L'empathie, ça ne doit pas être la cerise sur le gâteau du travail, c'est un de ses ingrédients

Dans son livre "Practical Wisdom" (pas de traduction française du livre), Barry Schwartz, psychologue américain (1) s'intéresse à la "sagesse pratique". Il y traite, entre autres, de l'équilibre à trouver dans certaines professions entre l'empathie et le détachement. Il prend l'exemple du métier de médecin.

Il y distingue deux approches de la médecine :
  • une approche "maladie" que l'on pourrait appeler aussi "symptôme" où le médecin se focalise sur les symptômes. Les échanges verbaux entre patient et malade étant centrés sur l'expression des symptômes par le patient
  • une approche systémique où le médecin va au-delà du symptôme et cherche à cerner le contexte et l'environnement présent et passé du patient.

Evoquer l'empathie dans la première approche est un "plus" que le médecin apporte au patient en lui posant des questions sur lui, sa famille, son travail pour lui montrer l'intérêt (réel ou factice) qu'il lui porte au-delà d'un objet porteur potentiel de maladie. Cette empathie dépend alors de la personnalité du médecin, de la conception de son métier, du temps qu'il pense pouvoir consacrer à ce niveau d'interaction avec le patient. Quand le médecin fait partie d'un établissement hospitalier, ce peut être lié à la culture de cet établissement.
L'empathie est ici une cerise sur le gâteau. Cerise sur laquelle le risque de faire l'impasse est grand face à la pression du temps et de la réduction des coûts.
A noter qu'avec cette approche, une étude a montré qu'en moyenne il se passe à peine 18 secondes pour que le médecin interrompt un patient qui commence à exprimer un symptôme (pour lui poser d'autres questions visant à préciser les symptômes).

Evoquer l'empathie dans la deuxième approche, c'est la mettre au cœur même du métier "technique". L'empathie est un outil incontournable pour poser correctement un diagnostic. Ne pas l'utiliser, c'est prendre le risque de rester plus ou moins partiellement au niveau du symptôme et de passer à côté de la cause réelle du problème de santé. L'enjeu est alors de trouver le judicieux équilibre entre empathie et détachement. Aller trop dans le sens de l'empathie peut conduire à la contagion émotionnelle (et en particulier dans le sens des émotions négatives) dont les enseignements de la psychologie positive montrent qu'elles dégradent la qualité du diagnostic.

Un autre enjeu d'importance est l'enjeu économique : comment comprendre que passer plus de temps avec un patient est une approche gagnant-gagnant dans une perspective moyen/long terme.
J'ai évoqué un enjeu assez voisin dans mon article sur laqvt.fr consacré à l'association Buurtzorg de soins à domicile aux Pays-Bas. Cette association a été créée avec l'objectif de donner plus de temps à la relation entre le soignant et le patient. L'analyse économique de cette nouvelle approche a montré que le bilan global est très positif pour le système de santé néerlandais malgré l'augmentation du temps passé par acte (le soignant passe plus de temps à chaque soin, mais le patient guérit plus vite).

Je trouve intéressant de prendre conscience que bien souvent l'empathie n'est pas seulement une façon de mettre de l'huile dans les rouages des interactions au travail et dans les autres sphères de vie.
L'empathie ne fait pas seulement du bien (bien-être psychique) aux personnes qui en bénéficient.
C'est aussi un gage d'efficacité de nos interactions quelles qu'elles soient :

  • pour mieux comprendre la réalité de la personne en face
  • pour mieux comprendre ce qu'elle pense et ce qu'elle ressent
  • pour mieux comprendre ces attentes
  • pour mieux comprendre ses problèmes et la conseiller, l'aider le plus utilement si c'est son attente


(1) il est aussi auteur de deux livres traduits en français Pourquoi on travaille et Le paradoxe du choix. Sur le sujet de la sagesse pratique, il est intervenu à deux conférences Ted en vidéo La perte de notre sagesse et De l'usage de notre sagesse pratique

vendredi 24 novembre 2017

13 gestes de reconnaissance au quotidien

Dans le cadre de la préparation de l'Université Ephémère sur la Qualité de Vie au Travail, l'Innovation managériale et la Coopération des 11 et 12 octobre 2017 organisée par La Manufacture coopérativeNovéquilibreslaqvt.fr et le groupe Innovation managériale d'Oxalis - 4 collectifs dans lesquels je suis engagé - j'ai fait évoluer deux modèles phares qui sont nés sur ce blog lesverbesdubonheur.fr :

  • une vision de la vie au travail pouvant contribuer au bonheur
  • des gestes de reconnaissance au quotidien
Je détaille dans le présent article ces 13 gestes en reprenant de la matière que j'avais déjà proposée pour la version en 6 gestes du quotidien.

Pour celles et ceux qui se sont intéressées, ont relayé voire ont utilisé l'édition précédente en 10 gestes, voici les 3 nouveaux gestes :

  • acte altruiste
  • en accord
  • je t'aime


Avant de détailler les 13 gestes, voici successivement un diaporama animé et l'image de ces 13 gestes de reconnaissance au quotidien






2 Gestes pour vivre ensemble

Regard et sourire
Quand on voit une personne de loin qui s'approche et qu'elle nous fait un grand sourire, en voilà un beau signe de reconnaissance ! Soit elle nous a déjà vu, et on peut facilement l'interpréter comme "Je t'ai reconnu" et "je suis content de te voir".
Soit, c'est une personne qui nous est inconnue - et on a tendance à penser qu'on lui est aussi inconnu, sauf si on est une personnalité publique - et on peut l'interpréter comme "Elle me trouve sympathique".
La sourire est un atout formidable pour le bonheur. Dans notre cerveau, nous avons des neurones un peu particuliers, les neurones miroirs qui instinctivement nous conduisent à reproduire les gestes que l'on voit en face de nous. Donc si une personne nous sourit, nous allons avoir une tendance à lui répondre par un sourire, un peu comme un bâillement appelle à un bâillement.
Alors, maintenant, il y a sourire et sourire. Certains sont forcés et ça peut se voir.
Un sourire authentique se repère par la contraction du muscle orbiculaire de l’œil. Ca a été observé par le neurologiste Duchenne de Boulogne, d'où l'appellation de ce sourire "le sourire de Duchenne".
Pour ma part, je trouve qu'un sourire authentique est aussi observable par l'intensité du regard. 
Régulièrement, j'aborde un sourire engageant dans les files d'attente aux caisses de supermarché et je m'aperçoit très souvent que ça a un effet contagieux.
Maintenant, n'oublions pas un préalable : le sourire nécessite d'abord de se regarder. Une évidence pas tellement évidente quand on se trouve dans une rame de métro ou dans un ascenseur.

Bonjour !
"Bonjour !" est un  signe de reconnaissance en soi, et vraiment au sens premier. Certains commerçants utilisent malignement le bonjour en y accolant notre nom ou prénom pour clairement nous indiquer qu'ils nous ont reconnu.
Dans certaines circonstances, le fait que quelqu'un que l'on connait peu nous appelle par notre nom a un effet positif sur nous : "tiens, il m'a reconnu; je ne pensais pas qu'il se souviendrait de moi". Alors si en plus il nous demande des nouvelles de notre enfant qui était malade la seule fois où on l'a vu, on peut se dire "Au moins celui-là, il écoute vraiment ce qu'on lui dit !"
Le "bonjour" est un signe de reconnaissance à la fois si simple et si compliqué. Si simple car il tient en deux syllabes, car il fait partie des habitudes qu'on nous a inculquées.
Si compliqué, car dans un monde où tout un chacun va plus vite (y compris les retraités) et n'a pas le temps de s'arrêter, un "bonjour" fait prendre le risque d'être en dehors des clous du programme de la journée. ce qui fait que de plus en plus, on fait des impasses. Et puis essayez de dire bonjour quand vous êtes scotché sur votre smartphone en train de marcher dans la rue : on ne peut plus se donner l'opportunité de reconnaître les personnes que l'on croise.
Pour certaines personnes, "bonjour" est un acte difficile parce qu'elles sont timides. Ce qui peut nous faire interpréter de la timidité pour de l'impolitesse, voire un signe volontaire de refuser une interaction.

4 Gestes pour coopérer

Bienvenue
"Bienvenue" s'exprime de manière très diverses et il est important qu'il y ait cohérence entre les différentes formes employées à un moment donné pour une personne donnée. Dire le mot "Bienvenue" et immédiatement après laisser la personne en plan, isolée dans son coin, fait partie des incohérences que l'on peut voir. Dans le milieu du travail, il y a aussi incohérence quand on dit "bienvenue" à un nouvel embauché et qu'en même temps son poste de travail physique n'a pas été réfléchi et qu'il va se trouver pendant quelques heures ou quelques jours sur le coin d'un bureau ou installé provisoirement dans une salle de réunion et dégagé plus ou moins gentiment chaque fois qu'une réunion a lieu.
Les bras ouverts est l'image qui me vient spontanément à l'esprit.
Si je dois retenir un seul mot pour symboliser un sujet qui m'est cher, à savoir la Qualité de Vie au Travail (QVT), c'est bien le mot "Bienvenue" que je choisis. Ce choix date depuis 4 à 5 ans, et il ne m'en est pas venu d'autres plus parlant depuis.
Un bienvenue qui comporte plusieurs dimensions :

  • bienvenue à toi en tant qu'individu,
  • à tes talents,
  • à ton savoir, ton savoir faire, ton savoir vivre,
  • à ton engagement,
  • ...

Je te fais confiance
A l'instar de "Bienvenue", la confiance s'exprime de manières très diverses. C'est un geste essentiel pour la santé mentale de la personne qui en bénéficie. C'est aussi facteur de bien-être psychologique pour la personne qui ressent et émet la confiance. A titre personnel, pendant mon parcours professionnel, j'ai été confronté à des contextes de confiance et de défiance. J'ai constaté en quoi le niveau de confiance a un impact énorme à la fois sur le bien-être psychique et sur l'efficacité interpersonnelle  et collective.
L'enjeu de la confiance va donc au-delà de celui de la reconnaissance.
Si la confiance peut s'exprimer diversement, j'insiste ici sur l'importance et l'intérêt de la verbaliser. Plus globalement, la verbalisation sincère de la reconnaissance est particulièrement impactante.

Je porte attention à toi
Porter attention à autrui n'est pas forcément considéré en première intention comme un geste de reconnaissance. On est dans une forme de reconnaissance qui ne porte pas ce nom, une forme de reconnaissance implicite. Etre à l'écoute de quelqu'un, veiller sur une personne constituent bien un geste de reconnaissance puisque c'est reconnaître que l'autre existe, qu'on s'intéresse à lui·elle voire même qu'on va prendre soin de lui·elle.
J'apporte un éclairage particulier sur ce point : l'importance de cultiver l'idée de l'Attention Réciproque, à savoir le fait qu'entre deux personnes ou deux collectifs on soit en capacité de comprendre la réalité de la vie de l'autre, de ses perceptions et de ses attentes. En ce qui concerne l'Attention Réciproque au travail, j'ai publié deux articles sur laqvt.fr Les enjeux de l'Attention réciproque et Concrétiser l'Attention réciproque.

Acte altruiste
A l'instar du geste précédent, c'est aussi un geste qui peut être vu comme de la reconnaissance implicite. Je signale que Mathieu Ricard a écrit un livre référence sur le sujet de l'altruisme : Plaidoyer sur l'altruisme. Il y distingue l'acte altruiste et l'intention altruiste. C'est bien l'acte altruiste qui constitue le geste de reconnaissance, acte qui possiblement n'est pas visible. C'est le cas d'une aide qu'on l'on va porter à une personne sans qu'elle en ait conscience. Dans ce cas précis, on est dans un cas de reconnaissance un peu particulier : un geste non visible mais qui est de fait un geste où l'on reconnaît l'existence de l'autre, ses attentes et où on se met en action pour l'aider.

7 Gestes pour valoriser

En accord
Exprimer à autrui qu'on est d'accord avec lui·elle est une première façon d'aborder ce geste de reconnaissance. On peut le dire verbalement. Ce peut être aussi une affaire de gestuelle. La plus classique étant d'opiner du chef. Dans certains collectifs de travail, une façon muette d'exprimer son accord avec un propos lors d'une réunion est de lever les deux pouces. En tant que conférencier, je ressens tout l'impact positif et stimulant des personnes qui opinent du chef quand j'expose des idées.
Une autre façon d'aborder ce geste est la synchronisation des émotions. Rire à une plaisanterie faite par quelqu'un est un signe de reconnaissance qui lui est envoyé. Vivre pleinement ses émotions à voir en direct et en public une pièce de théâtre donne de la reconnaissance aux comédien·ne·s, au metteur en scène et le cas échéant, à l'auteur s'il est présent.
A l'instar d'autres gestes de la reconnaissance, comme la confiance, ce geste sera d'autant plus efficace et plein qu'il est authentique. 

J'aime !
Le fait qu'on nous dise qu'on aime ce qu'on est, ce qu'on fait, ... est un signe de reconnaissance qui nous fait un bien fou. Pour ce geste aussi, sincérité mérite d'être au programme. S'il y a supercherie dans l'air (pour obtenir quelque chose) ou si le "j'aime" est dénaturé tellement il est utilisé, un peu comme une ponctuation dans les phrases, évidemment sa portée sera différente, voire contre-productive.
A noter que comme pour le "merci" et le "bravo", le "j'aime" peut être conditionnel ou inconditionnel.
Exemple de conditionnel : "j'aime ton dernier tableau"
Exemple d'inconditionnel : "de toutes façons, ça n'est pas compliqué, j'aime tout ce que tu fais".
On a besoin du "j'aime" inconditionnel, mais gare au piège : si je réalise quelque chose qui sort de mes habitudes, dont je suis particulièrement fier, que j'attends un retour sur ce que je viens de faire, et que la personne en face me dise la phrase précédente, je me sentirai probablement frustré.
Avec les réseaux sociaux, nous sommes appelés à exprimer des "j'aime". De ce point de vue, on peut considérer que les réseaux sociaux offrent de nombreuses opportunités de donner et recevoir de la reconnaissance avec la possibilité d'aimer des pages, des articles, des gens avec la prudence de bien considérer le quantitatif et le qualitatif et de ne pas surinterpréter le quantitatif (comme le nombre d'amis sur Facebook, par exemple).

Merci !
C'est un signe important que l'on peut attendre en réaction à nos actes. Un peu comme une balance qu'il s'agirait d'équilibrer. Effectivement  dans notre enfance nous avons été habitués à retourner un "merci" pour les choses qu'on nous donne, pour l'aide qu'on nous apporte. C'est aussi considéré comme une forme de politesse.
Comme pour "bonjour", "merci" est à la fois simple et compliqué.
Simple comme "bonjour" (d'où l'expression, si si je vous assure ça vient de là ! ;-)) avec aussi deux syllabes et le fait que cela peut être intégré dans nos habitudes.
Compliqué, car certaines personnes sont mal à l'aise avec le "merci". Et pas seulement celui qui dit merci. En effet, on a toutes et tous croisé à un moment de notre vie des personnes qui montrent une gêne voire même quelques fois de la mauvaise humeur à être remerciées et encore plus si on veut leur donner en retour.
La gratitude est considérée par la psychologie positive comme un levier puissant et facilement activable du bien-être psychique ... pour celui qui ressent et donne de la gratitude.

Bravo !
S'il est vrai que "Bravo" a une proximité avec le "j'aime" dans certaines circonstances, il a tout de même la spécificité de reconnaître un effort, l'atteinte d'un résultat difficile. Il peut s'exprimer de manière bruyante (applaudissements) et donner lieu à un processus de contagion aboutissant à une expression d'un ensemble d'individus. Cela pouvant donner un impact émotionnel de forte intensité.
"Bravo", le superlatif de la reconnaissance ?

Je t'aime
Ce "Je t'aime" va au-delà de sentiments exprimés à l'attention d'une personne dont on est amoureus·e. Il exprime une affection inconditionnelle qui peut aller aussi à ses enfants, à ses parents, à ses sœurs et/ou frères, à ses amis. Une façon d'exprimer à autrui qu'il est important à nos yeux.


Mon point de vue constructif
A l'occasion de la première publication de mon travail sur les gestes de reconnaissance (6 gestes), Patrick Rosez, coach, a réagi en me suggérant d'ajouter un geste : le point de vue constructif. Sa suggestion relevant elle-même de ce type de reconnaissance. Monique Pierson, conférencière, a réagi par un commentaire mettant en évidence la vertu du "Oui ET" en lieu et place du "Oui MAIS".
Je trouve ce geste de reconnaissance très puissant. C'est un geste qui requiert une certaine habilité relationnelle, de la bienveillance et de la confiance de part et d'autre pour ne pas froisser la susceptibilité de celle·celui qui reçoit le point de vue constructif.

Propagation
Il me semble que s'il y a un signe de reconnaissance que l'on évoquera le moins facilement si on interroge quelqu'un sur la reconnaissance, c'est celui de la propagation. Ce sont tous les gestes dont on va bénéficier d'autrui qui va parler de nous, de nos actes, de nos réussites. Avec Internet et en particulier avec les réseaux sociaux, cette forme de reconnaissance prend une ampleur considérable : chaque fois qu'on va relayer un de nos contenus, y compris un contenu que nous-mêmes on a relayé, c'est un signe qu'on s'intéresse à ce qu'on fait et aussi à nos sujets d'intérêts.
Evidemment un simple clic pour relayer n'aura pas le même impact que relayer une information en explicitant la raison pour laquelle on la relaie.

Pour finir ... une cerise sur le gâteau
On mérite certainement plus de reconnaissance qu’on en reçoit et quelques fois on se met dans une posture d'attente de cette reconnaissance. Certaines personnes sont entraînées dans une fuite en avant infernale quand elles redoublent d'efforts pour obtenir une reconnaissance qui n'est jamais à la hauteur de ce qu'elles attendent avec une inexorable conséquence : un bain d'amertume.

MAIS la bonne nouvelle, ce qui est super plus efficace, motivant et bénéfique, c’est de faire ce qui est totalement à notre portée et presque sans limite …
… DONNER DE LA RECONNAISSANCE
Parce qu’en donnant de la reconnaissance, on se fait un cadeau à soi-même  !
"Comment donc ?" me direz-vous !

Je m'explique : pour donner de la reconnaissance, il faut déjà être en capacité d'apprécier un geste d'autrui. Dès lors qu'on apprécie, on ressent une émotion positive (joie, amusement, émerveillement, ...). Premier cadeau.
Puisqu'on a attribué le geste à une personne ou à un groupe de personne, on va ressentir de la gratitude, autre émotion positive. Deuxième cadeau.

Donc donner de la reconnaissance, c’est bon pour soi, c’est bon pour le bénéficiaire !

Je rappelle les deux articles centrés sur des schémas que j'ai réalisés au sujet de la gratitude :


Je rappelle aussi que l'équipe éditoriale de laqvt.fr a décliné pour la sphère professionnelle l'édition des 10 gestes de reconnaissance au quotidien. Lien vers l'article de synthèse des différents articles publiés sur laqvt.fr
J'en profite pour remercier Caroline Rome, Dominique Poisson et Céline Bou Sejean des belles déclinaisons qu'elles ont réalisées.



jeudi 16 novembre 2017

Prendre soin des collectifs et des individus qui ont un impact positif sur leur écosystème

Cela fait plusieurs années que je constate que bon nombre de professionnels de la relation d'aide et du soin sont en sous-attention de la part des bénéficiaires, des collectifs auxquels ils font partie le cas échéant, de leur autorité de tutelle et de manière plus globale par la société toute entière.

Formulé différemment : les professionnels de la relation d'aide et du soin portent attention et soin aux malades, plus globalement aux bénéficiaires, mais qui s'intéresse à ces professionnels ? Encore plus inquiétant, le professionnel a-t-il conscience de l'importance de porter attention à lui-même (par lui-même et par autrui) ?

Ce que j'exprime par un impératif dans la pensée illustrée ci-dessous est triplement motivé :


  • c'est une question de fraternité et d'humanité
  • c'est une question de justice et de reconnaissance
  • il y a aussi une logique d'efficacité : par exemple, un professionnel de santé sera d'autant plus efficace si sa santé physique, psychique et social est assurée et cultivée





Cet impératif mérité d'être décliné très largement :


  • dans les établissements hospitaliers pour tous les personnels
  • chez les professionnels de santé indépendants
  • dans les associations pour les salariés, les élus, les bénévoles; particulièrement pour les associations humanitaires où souvent les individus qui portent le projet social se mettent et sont mis en retrait voire se sacrifient pour le projet et ses bénéficiaires
  • dans les écoles pour tous les personnels
  • dans les familles pour les parents
  • dans les établissements publics pour tous les personnels qui font service public
  • dans le monde agricole pour celles et ceux qui contribuent à notre alimentation
  • dans le milieu de la culture pour celles et ceux qui mettent la culture à notre portée
C'est une co responsabilité à mettre en musique :
  • la responsabilité individuelle de l'individu
  • le collectif de travail auquel il appartient (s'il existe)
  • les bénéficiaires du travail réalisé par l'individu
  • plus globalement, toutes les parties prenantes de l'éco système et la société