vendredi 24 novembre 2017

13 gestes de reconnaissance au quotidien

Dans le cadre de la préparation de l'Université Ephémère sur la Qualité de Vie au Travail, l'Innovation managériale et la Coopération des 11 et 12 octobre 2017 organisée par La Manufacture coopérativeNovéquilibreslaqvt.fr et le groupe Innovation managériale d'Oxalis - 4 collectifs dans lesquels je suis engagé - j'ai fait évoluer deux modèles phares qui sont nés sur ce blog lesverbesdubonheur.fr :

  • une vision de la vie au travail pouvant contribuer au bonheur
  • des gestes de reconnaissance au quotidien
Je détaille dans le présent article ces 13 gestes en reprenant de la matière que j'avais déjà proposée pour la version en 6 gestes du quotidien.

Pour celles et ceux qui se sont intéressées, ont relayé voire ont utilisé l'édition précédente en 10 gestes, voici les 3 nouveaux gestes :

  • acte altruiste
  • en accord
  • je t'aime


Avant de détailler les 13 gestes, voici successivement un diaporama animé et l'image de ces 13 gestes de reconnaissance au quotidien






2 Gestes pour vivre ensemble

Regard et sourire
Quand on voit une personne de loin qui s'approche et qu'elle nous fait un grand sourire, en voilà un beau signe de reconnaissance ! Soit elle nous a déjà vu, et on peut facilement l'interpréter comme "Je t'ai reconnu" et "je suis content de te voir".
Soit, c'est une personne qui nous est inconnue - et on a tendance à penser qu'on lui est aussi inconnu, sauf si on est une personnalité publique - et on peut l'interpréter comme "Elle me trouve sympathique".
La sourire est un atout formidable pour le bonheur. Dans notre cerveau, nous avons des neurones un peu particuliers, les neurones miroirs qui instinctivement nous conduisent à reproduire les gestes que l'on voit en face de nous. Donc si une personne nous sourit, nous allons avoir une tendance à lui répondre par un sourire, un peu comme un bâillement appelle à un bâillement.
Alors, maintenant, il y a sourire et sourire. Certains sont forcés et ça peut se voir.
Un sourire authentique se repère par la contraction du muscle orbiculaire de l’œil. Ca a été observé par le neurologiste Duchenne de Boulogne, d'où l'appellation de ce sourire "le sourire de Duchenne".
Pour ma part, je trouve qu'un sourire authentique est aussi observable par l'intensité du regard. 
Régulièrement, j'aborde un sourire engageant dans les files d'attente aux caisses de supermarché et je m'aperçoit très souvent que ça a un effet contagieux.
Maintenant, n'oublions pas un préalable : le sourire nécessite d'abord de se regarder. Une évidence pas tellement évidente quand on se trouve dans une rame de métro ou dans un ascenseur.

Bonjour !
"Bonjour !" est un  signe de reconnaissance en soi, et vraiment au sens premier. Certains commerçants utilisent malignement le bonjour en y accolant notre nom ou prénom pour clairement nous indiquer qu'ils nous ont reconnu.
Dans certaines circonstances, le fait que quelqu'un que l'on connait peu nous appelle par notre nom a un effet positif sur nous : "tiens, il m'a reconnu; je ne pensais pas qu'il se souviendrait de moi". Alors si en plus il nous demande des nouvelles de notre enfant qui était malade la seule fois où on l'a vu, on peut se dire "Au moins celui-là, il écoute vraiment ce qu'on lui dit !"
Le "bonjour" est un signe de reconnaissance à la fois si simple et si compliqué. Si simple car il tient en deux syllabes, car il fait partie des habitudes qu'on nous a inculquées.
Si compliqué, car dans un monde où tout un chacun va plus vite (y compris les retraités) et n'a pas le temps de s'arrêter, un "bonjour" fait prendre le risque d'être en dehors des clous du programme de la journée. ce qui fait que de plus en plus, on fait des impasses. Et puis essayez de dire bonjour quand vous êtes scotché sur votre smartphone en train de marcher dans la rue : on ne peut plus se donner l'opportunité de reconnaître les personnes que l'on croise.
Pour certaines personnes, "bonjour" est un acte difficile parce qu'elles sont timides. Ce qui peut nous faire interpréter de la timidité pour de l'impolitesse, voire un signe volontaire de refuser une interaction.

4 Gestes pour coopérer

Bienvenue
"Bienvenue" s'exprime de manière très diverses et il est important qu'il y ait cohérence entre les différentes formes employées à un moment donné pour une personne donnée. Dire le mot "Bienvenue" et immédiatement après laisser la personne en plan, isolée dans son coin, fait partie des incohérences que l'on peut voir. Dans le milieu du travail, il y a aussi incohérence quand on dit "bienvenue" à un nouvel embauché et qu'en même temps son poste de travail physique n'a pas été réfléchi et qu'il va se trouver pendant quelques heures ou quelques jours sur le coin d'un bureau ou installé provisoirement dans une salle de réunion et dégagé plus ou moins gentiment chaque fois qu'une réunion a lieu.
Les bras ouverts est l'image qui me vient spontanément à l'esprit.
Si je dois retenir un seul mot pour symboliser un sujet qui m'est cher, à savoir la Qualité de Vie au Travail (QVT), c'est bien le mot "Bienvenue" que je choisis. Ce choix date depuis 4 à 5 ans, et il ne m'en est pas venu d'autres plus parlant depuis.
Un bienvenue qui comporte plusieurs dimensions :

  • bienvenue à toi en tant qu'individu,
  • à tes talents,
  • à ton savoir, ton savoir faire, ton savoir vivre,
  • à ton engagement,
  • ...

Je te fais confiance
A l'instar de "Bienvenue", la confiance s'exprime de manières très diverses. C'est un geste essentiel pour la santé mentale de la personne qui en bénéficie. C'est aussi facteur de bien-être psychologique pour la personne qui ressent et émet la confiance. A titre personnel, pendant mon parcours professionnel, j'ai été confronté à des contextes de confiance et de défiance. J'ai constaté en quoi le niveau de confiance a un impact énorme à la fois sur le bien-être psychique et sur l'efficacité interpersonnelle  et collective.
L'enjeu de la confiance va donc au-delà de celui de la reconnaissance.
Si la confiance peut s'exprimer diversement, j'insiste ici sur l'importance et l'intérêt de la verbaliser. Plus globalement, la verbalisation sincère de la reconnaissance est particulièrement impactante.

Je porte attention à toi
Porter attention à autrui n'est pas forcément considéré en première intention comme un geste de reconnaissance. On est dans une forme de reconnaissance qui ne porte pas ce nom, une forme de reconnaissance implicite. Etre à l'écoute de quelqu'un, veiller sur une personne constituent bien un geste de reconnaissance puisque c'est reconnaître que l'autre existe, qu'on s'intéresse à lui·elle voire même qu'on va prendre soin de lui·elle.
J'apporte un éclairage particulier sur ce point : l'importance de cultiver l'idée de l'Attention Réciproque, à savoir le fait qu'entre deux personnes ou deux collectifs on soit en capacité de comprendre la réalité de la vie de l'autre, de ses perceptions et de ses attentes. En ce qui concerne l'Attention Réciproque au travail, j'ai publié deux articles sur laqvt.fr Les enjeux de l'Attention réciproque et Concrétiser l'Attention réciproque.

Acte altruiste
A l'instar du geste précédent, c'est aussi un geste qui peut être vu comme de la reconnaissance implicite. Je signale que Mathieu Ricard a écrit un livre référence sur le sujet de l'altruisme : Plaidoyer sur l'altruisme. Il y distingue l'acte altruiste et l'intention altruiste. C'est bien l'acte altruiste qui constitue le geste de reconnaissance, acte qui possiblement n'est pas visible. C'est le cas d'une aide qu'on l'on va porter à une personne sans qu'elle en ait conscience. Dans ce cas précis, on est dans un cas de reconnaissance un peu particulier : un geste non visible mais qui est de fait un geste où l'on reconnaît l'existence de l'autre, ses attentes et où on se met en action pour l'aider.

7 Gestes pour valoriser

En accord
Exprimer à autrui qu'on est d'accord avec lui·elle est une première façon d'aborder ce geste de reconnaissance. On peut le dire verbalement. Ce peut être aussi une affaire de gestuelle. La plus classique étant d'opiner du chef. Dans certains collectifs de travail, une façon muette d'exprimer son accord avec un propos lors d'une réunion est de lever les deux pouces. En tant que conférencier, je ressens tout l'impact positif et stimulant des personnes qui opinent du chef quand j'expose des idées.
Une autre façon d'aborder ce geste est la synchronisation des émotions. Rire à une plaisanterie faite par quelqu'un est un signe de reconnaissance qui lui est envoyé. Vivre pleinement ses émotions à voir en direct et en public une pièce de théâtre donne de la reconnaissance aux comédien·ne·s, au metteur en scène et le cas échéant, à l'auteur s'il est présent.
A l'instar d'autres gestes de la reconnaissance, comme la confiance, ce geste sera d'autant plus efficace et plein qu'il est authentique. 

J'aime !
Le fait qu'on nous dise qu'on aime ce qu'on est, ce qu'on fait, ... est un signe de reconnaissance qui nous fait un bien fou. Pour ce geste aussi, sincérité mérite d'être au programme. S'il y a supercherie dans l'air (pour obtenir quelque chose) ou si le "j'aime" est dénaturé tellement il est utilisé, un peu comme une ponctuation dans les phrases, évidemment sa portée sera différente, voire contre-productive.
A noter que comme pour le "merci" et le "bravo", le "j'aime" peut être conditionnel ou inconditionnel.
Exemple de conditionnel : "j'aime ton dernier tableau"
Exemple d'inconditionnel : "de toutes façons, ça n'est pas compliqué, j'aime tout ce que tu fais".
On a besoin du "j'aime" inconditionnel, mais gare au piège : si je réalise quelque chose qui sort de mes habitudes, dont je suis particulièrement fier, que j'attends un retour sur ce que je viens de faire, et que la personne en face me dise la phrase précédente, je me sentirai probablement frustré.
Avec les réseaux sociaux, nous sommes appelés à exprimer des "j'aime". De ce point de vue, on peut considérer que les réseaux sociaux offrent de nombreuses opportunités de donner et recevoir de la reconnaissance avec la possibilité d'aimer des pages, des articles, des gens avec la prudence de bien considérer le quantitatif et le qualitatif et de ne pas surinterpréter le quantitatif (comme le nombre d'amis sur Facebook, par exemple).

Merci !
C'est un signe important que l'on peut attendre en réaction à nos actes. Un peu comme une balance qu'il s'agirait d'équilibrer. Effectivement  dans notre enfance nous avons été habitués à retourner un "merci" pour les choses qu'on nous donne, pour l'aide qu'on nous apporte. C'est aussi considéré comme une forme de politesse.
Comme pour "bonjour", "merci" est à la fois simple et compliqué.
Simple comme "bonjour" (d'où l'expression, si si je vous assure ça vient de là ! ;-)) avec aussi deux syllabes et le fait que cela peut être intégré dans nos habitudes.
Compliqué, car certaines personnes sont mal à l'aise avec le "merci". Et pas seulement celui qui dit merci. En effet, on a toutes et tous croisé à un moment de notre vie des personnes qui montrent une gêne voire même quelques fois de la mauvaise humeur à être remerciées et encore plus si on veut leur donner en retour.
La gratitude est considérée par la psychologie positive comme un levier puissant et facilement activable du bien-être psychique ... pour celui qui ressent et donne de la gratitude.

Bravo !
S'il est vrai que "Bravo" a une proximité avec le "j'aime" dans certaines circonstances, il a tout de même la spécificité de reconnaître un effort, l'atteinte d'un résultat difficile. Il peut s'exprimer de manière bruyante (applaudissements) et donner lieu à un processus de contagion aboutissant à une expression d'un ensemble d'individus. Cela pouvant donner un impact émotionnel de forte intensité.
"Bravo", le superlatif de la reconnaissance ?

Je t'aime
Ce "Je t'aime" va au-delà de sentiments exprimés à l'attention d'une personne dont on est amoureus·e. Il exprime une affection inconditionnelle qui peut aller aussi à ses enfants, à ses parents, à ses sœurs et/ou frères, à ses amis. Une façon d'exprimer à autrui qu'il est important à nos yeux.


Mon point de vue constructif
A l'occasion de la première publication de mon travail sur les gestes de reconnaissance (6 gestes), Patrick Rosez, coach, a réagi en me suggérant d'ajouter un geste : le point de vue constructif. Sa suggestion relevant elle-même de ce type de reconnaissance. Monique Pierson, conférencière, a réagi par un commentaire mettant en évidence la vertu du "Oui ET" en lieu et place du "Oui MAIS".
Je trouve ce geste de reconnaissance très puissant. C'est un geste qui requiert une certaine habilité relationnelle, de la bienveillance et de la confiance de part et d'autre pour ne pas froisser la susceptibilité de celle·celui qui reçoit le point de vue constructif.

Propagation
Il me semble que s'il y a un signe de reconnaissance que l'on évoquera le moins facilement si on interroge quelqu'un sur la reconnaissance, c'est celui de la propagation. Ce sont tous les gestes dont on va bénéficier d'autrui qui va parler de nous, de nos actes, de nos réussites. Avec Internet et en particulier avec les réseaux sociaux, cette forme de reconnaissance prend une ampleur considérable : chaque fois qu'on va relayer un de nos contenus, y compris un contenu que nous-mêmes on a relayé, c'est un signe qu'on s'intéresse à ce qu'on fait et aussi à nos sujets d'intérêts.
Evidemment un simple clic pour relayer n'aura pas le même impact que relayer une information en explicitant la raison pour laquelle on la relaie.

Pour finir ... une cerise sur le gâteau
On mérite certainement plus de reconnaissance qu’on en reçoit et quelques fois on se met dans une posture d'attente de cette reconnaissance. Certaines personnes sont entraînées dans une fuite en avant infernale quand elles redoublent d'efforts pour obtenir une reconnaissance qui n'est jamais à la hauteur de ce qu'elles attendent avec une inexorable conséquence : un bain d'amertume.

MAIS la bonne nouvelle, ce qui est super plus efficace, motivant et bénéfique, c’est de faire ce qui est totalement à notre portée et presque sans limite …
… DONNER DE LA RECONNAISSANCE
Parce qu’en donnant de la reconnaissance, on se fait un cadeau à soi-même  !
"Comment donc ?" me direz-vous !

Je m'explique : pour donner de la reconnaissance, il faut déjà être en capacité d'apprécier un geste d'autrui. Dès lors qu'on apprécie, on ressent une émotion positive (joie, amusement, émerveillement, ...). Premier cadeau.
Puisqu'on a attribué le geste à une personne ou à un groupe de personne, on va ressentir de la gratitude, autre émotion positive. Deuxième cadeau.

Donc donner de la reconnaissance, c’est bon pour soi, c’est bon pour le bénéficiaire !

Je rappelle les deux articles centrés sur des schémas que j'ai réalisés au sujet de la gratitude :


Je rappelle aussi que l'équipe éditoriale de laqvt.fr a décliné pour la sphère professionnelle l'édition des 10 gestes de reconnaissance au quotidien. Lien vers l'article de synthèse des différents articles publiés sur laqvt.fr
J'en profite pour remercier Caroline Rome, Dominique Poisson et Céline Bou Sejean des belles déclinaisons qu'elles ont réalisées.



jeudi 16 novembre 2017

Prendre soin des collectifs et des individus qui ont un impact positif sur leur écosystème

Cela fait plusieurs années que je constate que bon nombre de professionnels de la relation d'aide et du soin sont en sous-attention de la part des bénéficiaires, des collectifs auxquels ils font partie le cas échéant, de leur autorité de tutelle et de manière plus globale par la société toute entière.

Formulé différemment : les professionnels de la relation d'aide et du soin portent attention et soin aux malades, plus globalement aux bénéficiaires, mais qui s'intéresse à ces professionnels ? Encore plus inquiétant, le professionnel a-t-il conscience de l'importance de porter attention à lui-même (par lui-même et par autrui) ?

Ce que j'exprime par un impératif dans la pensée illustrée ci-dessous est triplement motivé :


  • c'est une question de fraternité et d'humanité
  • c'est une question de justice et de reconnaissance
  • il y a aussi une logique d'efficacité : par exemple, un professionnel de santé sera d'autant plus efficace si sa santé physique, psychique et social est assurée et cultivée





Cet impératif mérité d'être décliné très largement :


  • dans les établissements hospitaliers pour tous les personnels
  • chez les professionnels de santé indépendants
  • dans les associations pour les salariés, les élus, les bénévoles; particulièrement pour les associations humanitaires où souvent les individus qui portent le projet social se mettent et sont mis en retrait voire se sacrifient pour le projet et ses bénéficiaires
  • dans les écoles pour tous les personnels
  • dans les familles pour les parents
  • dans les établissements publics pour tous les personnels qui font service public
  • dans le monde agricole pour celles et ceux qui contribuent à notre alimentation
  • dans le milieu de la culture pour celles et ceux qui mettent la culture à notre portée
C'est une co responsabilité à mettre en musique :
  • la responsabilité individuelle de l'individu
  • le collectif de travail auquel il appartient (s'il existe)
  • les bénéficiaires du travail réalisé par l'individu
  • plus globalement, toutes les parties prenantes de l'éco système et la société


dimanche 5 novembre 2017

Des comparaison à l'origine et à l'amplification de fuites en avant

Le psychologue américain Barry Schwartz dans son livre Le paradoxe du choix évoque la comparaison qui pousse l'individu à devenir Monsieur ou Madame Plus, avec une montée sans fin des attentes et un niveau de satisfaction qui a plutôt tendance paradoxalement à plafonner voire à diminuer.
Une comparaison avec ce qu'on a pu avoir, être ou faire avant et surtout par rapport à ce qu'ont les autres, ce qu'ils sont, ce qu'ils font.

Voici ci-dessous la conférence Ted à laquelle il a participé en 2005 que je vous conseille de visionner. C'est cette vidéo qui m'a donné l'envie d'acquérir son livre extraordinairement riche et nourrissant qui n'a pas pris une ride; pourtant en plus de 10 ans le monde a bien changé.


Dans leur livre publié récemment L'entraide, l'autre loi de la jungle, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle évoquent la croyance limitante selon laquelle la seule loi de la jungle serait celle du plus fort et de la compétition. "Le grand mangeait le petit, le plus rapide mangeait le plus lent, le plus fort mangeait le plus faible". Avec la logique de gagner, de réussir, de grimper dans la hiérarchie, de conquérir du pouvoir.

Cela m'a inspiré une liste non exhaustive de fuites en avant en terme d'attentes et de comportements ... :


  • être ou avoir plus grand
  • être ou avoir plus rapide
  • devenir plus fort
  • devenir plus puissant
  • aller plus haut
  • réussir plus
  • avoir des gains plus élevés
  • être plus performant
  • être plus efficace
  • être plus agile
  • devenir plus beau
  • devenir plus sexy
  • paraître plus jeune
  • devenir plus musclé
  • être mieux habillé
  • être à la mode
  • être équipé d'objets communiquant plus sophistiqués
  • devenir plus intelligent
  • devenir plus endurant
  • devenir meilleur gestionnaire
  • devenir meilleur communiquant
  • devenir meilleur acheteur
  • payer (encore) moins cher
  • être plus malin
  • devenir plus drôle
  • devenir plus insolent et impertinent
  • être de plus en plus mince
  • avoir plus de notoriété (en particulier sur les réseaux sociaux)
  • recevoir plus de reconnaissance
  • prendre encore plus de plaisir et plus souvent
  • devenir (encore plus) riche


Autant d'attentes, d'aspirations, de comportements qui créent de la tension intérieure et éventuellement de la tension sur autrui.


A noter qu'il s'agit bien ici pour moi de mettre en évidence l'excès et la fuite en avant dans ces attentes et ces comportements et non les attentes et les comportements en eux-mêmes/



mardi 10 octobre 2017

13 & 13 en avant-première à J-1 de l'Université Ephémère sur la QVT, l'Innovation managériale et la Coopération

Dans le cadre de la préparation de l'Université Ephémère sur la Qualité de Vie au Travail, l'Innovation managériale et la Coopération des 11 et 12 octobre 2017 (demain et après-demain) organisée par La Manufacture coopérative, Novéquilibres, laqvt.fr et le groupe Innovation managériale d'Oxalis - 4 collectifs dans lesquels je suis engagé - j'ai fait évoluer deux modèles phares qui sont nés sur ce blog lesverbesdubonheur.fr :

  • une vision de la vie au travail pouvant contribuer au bonheur
  • des gestes de reconnaissance au quotidien

En deux mots avant de développer un peu plus : j'ai apporté des modifications à la facette Autonomie dans le premier, et j'ai réalisé des modifications plus substantielles dans le deuxième puisque je l'ai enrichi carrément de 3 gestes; il s'agit maintenant de 13 gestes de reconnaissance au quotidien

Une vision de la vie au travail en 13 facettes

J'ai apporté les modifications à la facette Autonomie suite à ma lecture du livre "Le paradoxe du choix" de Barry Schwartz.
L'intitulé précédent démarrait de la façon suivante "Je me sens autonome avec des responsabilités ...". La nouvelle formalisation est "Je me sens suffisamment autonome avec des responsabilités bien assumées ...".

J'introduis ici que l'autonomie et les responsabilités ne sont pas une fin en soi.
Concernant l'autonomie, il s'agit de mettre en évidence que plus que "donner de l'autonomie" c'est bien "donner la possibilité de l'autonomie et l'accompagner" qui est importante. L'autonomie n'est pas à assimiler à liberté ni à bien-être psychologique. Dans la mesure où l'autonomie n'est pas binaire mais s'entend à plusieurs degrés, un degrés trop important d'autonomie par rapport à ce qu'une personne se sent en capacité de bien gérer peut créer du mal-être psychologique.

De la même façon, ce ne sont pas les responsabilités en soi qui créent du bien-être, mais le fait d'avoir des responsabilités et de pouvoir bien les assumer (parce qu'on est compétent, qu'on a les moyens, que le droit à l'erreur est cultivé, qu'on est bien entouré, ...).

13 gestes de la reconnaissance au quotidien



Je reviendrai prochainement plus précisément sur cette nouvelle mouture, mais je présente ici rapidement les 3 nouvelles facettes :


  • L'acte altruiste qui peut être une aide, un don. Un acte altruiste est de fait un geste de reconnaissance puisqu'il induit qu'on s'intéresse au bénéficiaire et qu'on décide de lui consacrer de l'attention, de l'énergie, peut-être de le supporter matériellement. Quand je te donne, quand je t'aide, implicitement je te reconnais.
  • En accord; c'est par une parole, un geste, une manifestation d'émotion que j'entre en sympathie avec l'autre. De ce fait, je lui exprime que je porte attention à ce qu'il vit, à ce qu'il me dit, je reconnais les difficultés qu'il rencontre, je suis en accord avec ce qu'il dit, ce qu'il fait, ... Un exemple personnel : quand quelques personnes opinent du chef quand je fais une présentation publique, c'est à la fois un signe de reconnaissance puissant et stimulant pour le reste de ma présentation
  • Je t'aime; il y avait déjà le geste "J'aime" qui se rapporte plutôt à un acte. Le "Je t'aime" est inconditionnel et s'adresse à mon amoureuse ou amoureux, à ma famille, à mes ami·e·s


samedi 30 septembre 2017

Y a pas que l'argent qui compte !

De nombreuses études ont montré que ce n'est pas l'argent qui rend heureux ... du moment qu'on dépasse un seuil plancher qui permette de vivre en sécurité et décemment avec sa famille.

Cependant, à la fois en tant que consommateur et que travailleur tout notre environnement et dans beaucoup d'organisation, on ramène tout à l'argent et la plupart des incitations sont financières :

  • gagner plus (soit parce qu'on n'a pas le choix pour vivre décemment, soit parce que ça devient une fuite en avant)
  • acheter le moins cher possible (soit parce qu'on n'a pas le choix, soit parce que ça devient un jeu)


Je vous propose ci-dessous un diaporama inspiré de ma lecture du livre "Pourquoi on travaille" de Barry Schwartz (que je vous conseille vivement) pour prendre conscience qu'il se joue beaucoup plus dans nos actes d'achats et dans le travail. Pour trouver des alternatives aux incitations et motivations centrées sur l'argent. Je prévois un jour prochain d'en faire également une version sous forme de vidéo commentée.



mardi 26 septembre 2017

L'humilité en 3 verbes cardinaux

L'humilité n'est pas forcément bien comprise. L'humilité, ce n'est pas se cacher sous la table, considérer qu'on est peu de choses par rapport aux autres, que ce serait flagornerie d'accepter les compliments.

En réalité, l'humilité est compatible avec une l'assertivité, l'affirmation de soi. Un soi authentique qui apprécie à la fois les qualités et les contributions d'autrui, et à la fois ses propres qualités et contributions : sur ce que je suis, sur ce que j'ai et sur ce que j'ai fait et les résultats.
L'humilité, c'est se voir soi-même de manière réaliste.



Quelques fois, on la confond avec la modestie. L'humilité est d'abord un état intérieur. C'est ne pas se mentir, être honnête avec soi-même, dans l'acceptation bienveillante, dans une conscience juste de l'écart entre ce qu'on est et ses aspirations. La modestie étant l'expression de l'humilité. On peut donc être modeste en reconnaissant à la fois les contributions d'autrui et sa propre contribution. La modestie c'est bel et bien d'accepter des compliments justes à son égard en manifestant sa reconnaissance pour les autres contributeurs.

Humilité et modestie sont équilibre. En parlant de modestie, les deux excès opposés par rapport à cet équilibre sont d'une part la fausse modestie qui relève en réalité d'un ego surdimensionné et d'autre part la modestie excessive qui fait montre d'un ego sous-dimensionné.

Reconnaître à soi-même justement sa propre contribution à un résultat collectif est humilité si par ailleurs, elle s'accompagne de la conscience, de l'appréciation et de l'expression de la reconnaissance des contributions des autres personnes impliquées.

Je vous propose ci-dessous un diaporama exprimant ce en quoi l'humilité peut se décliner à travers 3 verbes cardinaux : être, avoir et faire.

mercredi 20 septembre 2017

Se recentrer sur l'ici et maintenant

Quand nous sommes engagés dans une activité qui nécessite de la concentration et qu'on la mobilise pleinement, notre cerveau n'a pas trop la place ni le temps de se fixer sur autre chose, en particulier sur des pensées négatives. D'ailleurs, il peut être tellement mobilisé, qu'on peut perdre conscience des signaux de faim, de soif, de température, de luminosité, ...

C'est un état que Mihály Csíkszentmihályi, un des fondateurs de la psychologie positive nomme "flow" ("flux" en français ou expérience optimale).

Quand nous ne sommes pas dans une activité, ou alors engagés partiellement mentalement, nous avons souvent des pensées qui s'enchaînent. Parmi ces pensées, il y a bien évidemment des pensées négatives qui créent tension, stress sur nous et potentiellement aussi sur nos proches par contamination ou du fait de l'impact de nos pensées sur nos émotions puis sur nos comportements.

Nous avons besoin de moments où on peut lâcher prise avec nos pensées. C'est un des objectifs de la méditation en pleine conscience.

Voici ci-dessous un schéma sur la façon dont je vois l'enjeu et l'idée du lâcher prise par rapport aux pensées négatives :


Quand on est dans la confusion, le doute, la rumination notre cerveau à tendance automatiquement à embrayer et à faire défiler des pensées négatives, voire de boucler sur les mêmes pensées.
J'ai choisi la métaphore d'une coupe qui serait retournée (partie convexe dessus). Si vous placez une bille au sommet de cette coupe, invariablement elle va être entraînée vers l'extérieur. J'ai positionné 4 grandes tendances de pensées positives, mais on pourrait certainement en voir d'autres. Les 4 que j'ai retenues ici sont les pensées vers l'avenir, celles vers le passée, celles sur soi et celles sur les autres.

Quand on fait l'effort de vouloir lâcher prise et qu'on n'est pas expérimenté pour le faire, on replace la bille au centre; on veut se débarrasser de ses pensées négatives, mais bien vite, voire bien trop vite, les pensées reviennent, la bille dégringole du haut de la coupe renversée.

La méditation en pleine conscience consiste à se centrer sur l'ici et maintenant. Il ne s'agit pas de chasser les pensées, de s'interdire de les avoir. Il s'agit de se concentrer sur sa respiration, sur le moment présent, et si une pensée traverse l'esprit, on ramène tranquillement son attention au centre. Dans mon esprit, quand on est expérimenté en méditation en pleine conscience, le recentrage est beaucoup plus efficace, un peu comme si la coupe était cette fois ouverte (partie concave dessus). La bille placée sur le bord de la coupe va rejoindre sans effort le centre de la coupe.

Vous allez peut-être me dire : "Et pour les pensées positives ?". On a aussi besoin de lâcher prise par rapport à ses pensées, même quand elles sont positives. En particulier si elles défilent de manière incessantes, par exemple si on est engagé dans un projet excitant. Certaines personnes ont du mal à trouver le sommeil. Ce n'est pas forcément du fait de pensées négatives. Il peut y avoir aussi l'excitation du lendemain ou des jours à venir qui peut venir altérer le sommeil et on a toutes et tous besoin de sommeil. Quand le sommeil est altéré une ou deux nuits par ci par là, ce n'est pas un problème. Par contre, ce n'est pas le cas si cela devient chronique.

Ce qui me permet de dire que les risques à la santé psychique et physique, s'ils sont bien évidemment le plus souvent liés aux pensées et émotions négatives, peuvent aussi se trouver quand les pensées positives créent de la surchauffe parce que le cerveau n'a plus de répit. Et dans ce cas de figure, c'est souvent associé à des situations de sur-engagement, où on ne prend plus (ou moins) attention à son alimentation, à recharger les batteries, à son activité physique. Il y a donc en quelque sorte une conjugaison de facteurs qui accélèrent la dégradation de l'état de santé.

Se ménager des temps pour être ici et maintenant, pour apprécier, pour ressentir de la gratitude, pour l'exprimer. C'est à la fois un ingrédient du bonheur et c'est le bonheur; parce qu'il est là le bonheur.