mardi 14 février 2017

Recharger ses batteries, un enjeu pour se sentir bien

On entend quelques fois dire « on n’a qu’une vie ». Et ça n’est pas toujours pour dire qu’il faut en prendre soin, mais plutôt qu’on veut la vivre à fond et vivre ses projets à fond.
Seulement, si on s’inspire des êtres vivants, en général, ils se ménagent des temps de récupération. Si on revient à l’humain, c’est l’adage « qui veut aller loin ménage sa monture »

Je vous propose le diaporama ci-dessous pour poser l’enjeu important de recharger ses batteries pour se sentir bien. Sachant que quelques fois l’enjeu devient plus crucial : celui d’éviter le burnout, un vieillissement accéléré et des maladies. En dessous du diaporama, dans la suite de l'article, vous trouverez la transcription.



Je vous propose d’utiliser une métaphore : celle d’une réserve d’eau. 
Il y a un robinet d’eau en bas de la réserve qui représente l’énergie qu’on puise tout au long de la journée, et en particulier au travail.
Et puis un robinet qui permet de reconstituer les réserves : à travers le sommeil, l’alimentation, les loisirs, le fait de pouvoir se décontracter.

Donc sur une journée de travail, on dépense nos réserves et on les reconstitue. Au final, le solde de la journée est plutôt négatif, et c’est pour cela qu’on a besoin des we pour reconstituer en bonne partie les réserves. Je dis presque, parce que ce n’est pas tout à fait le cas et c’est pour cela qu’on a besoin de vacances pour recharger totalement les batteries.
Ca, c’est en régime … normal.

Maintenant, il y a d’autres situations où ça se corse.
D’abord, ce que j’appelle la situation de vigilance. Dans cette situation, on a à peu près les mêmes conditions de ressourcement  que pour la situation normale, MAIS
On tire plus sur l’énergie consommée, sur la quantité d’eau qu’on prélève dans notre réserve. Et à long terme, on risque de vider le réservoir car de manière récurrente, on prélève plus qu’on réalimente.

Et puis il y a plus grave :  la situation d’alerte qui se caractérise par un double phénomène :
  •    d’une part, la dépense d’énergie va être beaucoup plus forte, on va passer beaucoup de temps au travail et on va ressentir un stress intense (même si on a l’impression qu’il est positif),
  •    d’autre part,  nos capacités de ressourcement vont être très amoindries : en terme de sommeil, d’alimentation, de relaxation, on n’a plus de temps pour s’activer physiquement.
En notant une relation directe de cause à effet : par exemple, c’est le fait que je travaille plus qui impacte ma sphère des loisirs. Et puis autre exemple : je suis stressé et ça peut impacter négativement mon sommeil car je vais ruminer et avoir du mal à m’endormir.

Quand on observe ces 3 situations, émerge un enjeu d’importance : contrairement à une batterie de téléphone, ou au réservoir de carburant de sa voiture, où il n’est pas gênant d’aller au bout de la réserve puisqu’il suffit de reconstituer la réserve en plusieurs minutes ou en plusieurs heures. Pour l’être humain, aller dans l’orange ou dans le rouge, c’est une prise de risque pour sa santé et pour son avenir.
Ici l’enjeu est bel et bien de prêter attention à ne pas se retrouver dans la zone orange, et encore moins dans la zone rouge.


Quels sont les risques quand on est dans la zone rouge ? L’épuisement professionnel (ce qu’on appelle le burnout), le vieillissement prématuré, des maladies.
Parlons d'ailleurs à cette occasion des télomères : ce sont des régions aux extrémités des chromosomes.


Des télomères courts sont associés à un risque plus élevé de maladies liées à l’âge.

Et les télomères raccourcissent avec l’âge, l’inflammation … et le stress. Et donc, le surengagement et le stress chronique diminuent l'activité télomérique, avec des impacts négatifs sur la santé.

A noter que la méditation a un effet de préservation des télomères, voire de régénération (Source Matthieu Ricard)

Donc finalement, par rapport à cet enjeu de recharger les batteries, on peut considérer qu’il y a 3 phénomènes de masquage :
  •    le premier est lié à l’observation du niveau de la batterie; jusqu’à maintenant, je vous ai schématisé une réserve transparente dont on pouvait voir le niveau d’eau. En fait les choses sont plus compliquées que cela car la réserve est en fait opaque. Et donc, on a beaucoup de mal à savoir dans quelles mesures on a puisé dans nos réserves. C’est le cas en particulier quand on est dans la zone rouge; on a quelques fois tendance à penser qu’il en reste toujours suffisamment pour faire face aux prochaines échéances.  Alors que ce n’est peut-être pas le cas et qu’on est en réalité au bord du burnout ou plus généralement d’un problème de santé grave
  •    Le 2ème niveau de masquage, c’est que lorsqu’on est engagé dans un stress chronique, il est possible qu’une maladie de développe de manière masquée. Et le jour où l’on commence voir observer des symptômes, c’est quelques fois un peu tard, voire trop tard pour réagir
  •    Et le 3ème niveau de masquage, c’est celui du déni. C’est-à-dire que quelques fois, les symptômes, ils existent bien, mais on ne veut pas les voir. Et même si nos proches nous alertent, on fait la sourde oreille. Ou alors, on écoute bien gentiment, on réagit en disant « tu as raison, je vais faire attention », généralement en ajoutant « de toutes façons, je te rassure, je n’ai plus que 2 ou 3 semaines à tenir et ensuite ça va se calmer ». Et 3 mois après, on y encore, avec des symptômes encore plus marqués, parce qu’on n’a pas bougé d’1 millimètre sur sa façon de gérer sa journée.
CONCLUSION

Quel que soit notre projet professionnel, il devrait passer en terme de priorité derrière le projet premier de tout être humain :
gérer son capital santé, le considérer comme un cadeau dont on a conscience et envie de prendre soin
La bonne réalisation de ce projet premier donnant plus de réussite à nos autres projets.
C’est aussi apprécier les merveilles de ce que notre corps et notre mental nous permettent d’être et de faire.
Ceci en triple connexion avec nos aspirations profondes, avec les autres et avec la planète dont nous faisons partie intégrante.
Prendre soin à la fois de soi, des autres et de la planète, dans une logique gagnant-gagnant.

Ce n’est ni de la morale, ni de l’hygiénisme : c’est du bon sens allant dans le sens du bonheur, en faisant écho à deux maximes qui étaient inscrites sur le fronton du temple de Delphes : « Connais-toi toi-même » et « Rien de trop »





dimanche 12 février 2017

Entrer dans des zones de confort ou les créer et les cultiver

Je ne sais pas si vous avez la même impression que moi : entendre souvent l'expression "sortir de sa zone de confort". En particulier pour ce qui concerne le monde du travail : les individus au travail seraient trop plan-plan et il faudrait qu'ils sortent de leurs habitudes, qu'ils s'adaptent à un monde qui bouge.

Autant je comprend bien les vertus  de savoir sortir d'une zone de confort, de se débarrasser d'habitudes qui nous éloignent de nos vraies aspirations, des autres et de la nature (cf mes articles sur la théorie U), autant je trouve qu'on abuse de ce terme alors même qu'il me semble que bon nombre de personnes au travail sont dans des contextes très exactement opposés : dans des zones d'inconfort. Des zone où elles se trouvent enfermées, embourbées, prisonnières, asphyxiées, frustrées, impuissantes, dans le sentiment de ne faire que subir.

Par quoi peut se caractériser l'inconfort au travail ? Des objectifs irréalistes, une pression permanente du supérieur hiérarchique ou d'un programme informatique qui affecte le travail, des outils de travail inadaptés, le sentiment de ne pas pouvoir bien faire son travail, des injonctions contradictoires ou paradoxales, aucune marge de manœuvre, ...


Alors si la priorité de certains est de vous pousser hors de votre zone de confort ... alors même que peut-être vous êtes majoritairement dans une zone d'inconfort, je promeus les vertus de la zone de confort qui permet de se sentir bien, de faire les choses bien, d'être dans la sobriété heureuse, avec la maxime de Voltaire imprimée sur votre tee-shirt "Le mieux est l'ennemi du bien".

Que ce soit dans notre sphère professionnelle ou dans nos autres sphères de vie, nous avons besoin de zones de confort. Je ne dis pas qu'il faut forcément qu'elles le soient toutes, mais il me semble très important d'avoir des activités et des espaces où on puisse se sentir dans la fluidité, dans l'authenticité, dans la maîtrise des situations. Des zones où nos talents et nos forces sont sollicitées et participent à créer et conforter ce confort.


dimanche 29 janvier 2017

Agir dans le sens de ce qui est à notre portée

J'ai été interpellé aujourd'hui par un schéma trouvé sur Internet représentant un cercle inclus dans un deuxième. Le premier relatif à ce que l'on peut contrôler et le deuxième indiquant les choses qu'on ne peut pas contrôler.

  • Dans le premier, il y avait  : ce que je mange, ce que je dis, mon attitude, les livres que je lis, ...
  • Dans le deuxième, il y avait : la météo, des places assises au café, l'attitude des autres, les mauvaises nouvelles dans les journaux, ...
Cela m'a inspiré pour faire le schéma suivant :



Quelques fois, on peut être amené à focaliser notre attention, notre intention et notre action à ce qui, en réalité n'est pas à notre portée. Et on peut s'épuiser. Ce qui n'est pas à notre portée tout seul, peut en revanche le devenir en coopérant avec d'autres. Et certaines autres choses, ne sont que chimères.

En psychologie positive, on évoque souvent la technique des petits pas qui permet de renforcer sa confiance en soi. Cette technique nécessite justement de savoir bien évaluer ce qui est à notre portée.

Les lectrices et lecteurs qui suivent régulièrement ce blog savent que j'y évoque souvent la gratitude et la reconnaissance. Je veux faire un focus sur ce sujet par rapport à ce schéma pour la prise de conscience suivante et dont je suis convaincu qu'elle peut changer la donne dans le vie, y compris au travail : il est important de focaliser sur la reconnaissance qu'on donne plutôt que sur la reconnaissance qu'on reçoit et qu'on attend.

Pourquoi ? Parce que la reconnaissance qu'on attend ne dépend pas de nous. Quelques fois, certaines personnes s'épuisent à agir dans l'espoir qu'elles obtiendront de la reconnaissance ... d'autres personnes qui n'ont pas le temps ou qui n'ont pas la culture de la reconnaissance voire dans le refus de reconnaître (pour des raisons diverses).

Par contre, ressentir de la gratitude et donner de la reconnaissance est à notre portée avec un bonus déterminant : donner de la reconnaissance de manière authentique implique d'avoir apprécié un geste et d'avoir ressenti de la gratitude. Deux émotions positives au programme.
Franchement, entre nous, cela n'est-il pas fabuleux quand on y réfléchit bien ? Je ne me lasse pas de ce constat et je vous assure que je pratique la gratitude avec délectation. Et je vous invite à faire de même et à partager ce qui pourrait paraître un constat sous le sceau du bon sens, mais qui bizarrement n'est absolument pas ancré dans notre culture.

samedi 28 janvier 2017

Le journal AGIR pour pratiquer l'appréciation, la gratitude, l'inspiration et l'expression de la reconnaissance

Je vous propose aujourd'hui le fruit d'une expérimentation que j'ai faite de l'utilisation d'un outil issu de la psychologie positive : le journal de gratitude.

J'ai utilisé le journal de gratitude de plusieurs façons pendant de nombreux mois, presque chaque jour, puis de manière moins fréquente, en le faisant évoluer dans sa forme, pour aboutir à la version que je vous propose ici.

Habituellement, il est convenu que la gratitude ne se conçoit pas vis-à-vis de soi-même : "je me dis merci à moi-même pour ...". La gratitude est en première intention une émotion source d'une expression potentielle de reconnaissance vis-à-vis d'autrui. C'est un acte nécessaire pour activer l'humilité, le réalisme et le juste en nous, celui qui nous fait prendre conscience de l'interdépendance. Beaucoup des bonnes choses qui nous arrivent sont attribuables à d'autres, connus ou inconnus.
J'ai voulu mettre en fin du journal un espace pour exprimer aussi (en complément) les motifs de satisfaction par rapport à soi-même. Je suis convaincu que l'un peut aller avec l'autre, sous condition que cette part de l'ego reste au second plan. C'est aussi mettre en conscience que les processus de coopération s'épanouissent quand le Je est équilibré avec le Tu et le Nous, qu'il ne s'efface pas.

Si vous décidez d'expérimenter le format que je vous propose, j'aurai intérêt et plaisir à ce que vous partagiez vos feedbacks relatif à l'utilisation de chacune des rubriques.

samedi 14 janvier 2017

Le verbe avant le métier

Quel plaisir est le mien de vous relayer la lettre de Sarah Roubato publiée sur lareleveetlapeste.fr intitulée «Trouve le verbe de ta vie, pas le métier mais le verbe.»


Vous comprendrez facilement en quoi ce titre a fait écho chez l'auteur d'un blog intitulé lesverbesdubonheur.fr

Cette lettre est adressée à tous les adolescents, mais je suis convaincu que beaucoup de personnes dont l'adolescence est loin voire très loin trouveront plaisir, sens et inspiration à la lecture de ces mots, d'autant plus qu'un certain nombre d'entre nous réalisent des changements de vie, y compris à des âges avancés.

Et c'est vrai que le désir de changement de vie passe souvent par l'interrogation d'un nouveau métier.

Choisir le verbe avant le métier, c'est mettre les bœufs avant la charrue, interroger ses vraies aspirations, le sens et l'utilité d'être et de faire.

Cette (re)connexion à sa nature profonde, d'autant plus quand elle est couplée à une (re)connexion avec les autres et la planète, sont contributrices du bien-être, du bonheur avec un effet de contamination sur les proches et plus généralement sur les personnes côtoyées au quotidien, ne serait-ce que par le bonheur serein, la joie de vivre qui se dégage de la présence à la vie.

Relayez l'article de Sarah Roubato, découvrez cette artiste et soutenez le journal-livre atypique "La relève et la peste"

dimanche 8 janvier 2017

Se donner du temps pour échanger mutuellement des feedbacks positifs

J'ai évoqué dans mon article du 20 décembre 2016 le Putain de Facteur Humain (#PFT). J'ai fait référence à l'article que j'ai écrit sur le sujet sur laqvt.fr.

J'ai particulièrement apprécié un article publié le 6 janvier 2017 sur le site kaizen-magazine.com intitulé les compliments contagieux.

Cet article est sous forme de bande dessinée proposant de se complimenter mutuellement dans un binôme (qui peut être un couple, mais qui pourrait aussi être un binôme de travail).
Je vous invite fortement à vous donner le temps de la découvrir.

L'article fait référence à une vidéo que je vous donne ci-dessous.



Un professeur complimente ses élèves par positivr

J'avais déjà vu cette vidéo et c'est vrai qu'en la regardant une nouvelle fois, autant j'ai été épaté par cette initiative de cet enseignant, autant la réaction des élèves bénéficiaires et celle des autres avoisinant m'ont renvoyé au fait que les formes d'actions de reconnaissance méritent d'être renouvelées pour ne pas tomber dans des habitudes qui peuvent diminuer voire annihiler les effets positifs.

Ma deuxième observation est que l'efficacité d'une action de reconnaissance mutuelle nécessite plusieurs conditions :

  • une condition préalable qui renvoie au début de mon article : se donner le temps de se poser pour réaliser cette action
  • l'authenticité
  • l'activation de 2 modes : la reconnaissance conditionnelle (j'ai apprécié ce fait précis) et la reconnaissance inconditionnelle (je t'apprécie, voire je t'aime, quoi qu'il arrive)
  • la présence à cette action : avoir l'esprit à cet échange, être totalement mentalement, émotionnellement et corporellement dans le moment
  • l'accueil : accepter de ressentir des émotions, en particulier quand on reçoit les compliments de la personne en face
  • ne pas intégrer dans les compliments des bémols : "tu as réussi à faire ... MAIS ..." sauf si c'est clairement défini dans le protocole entre les 2 personnes et que la formulation est plutôt "tu as réussi à faire ... ET ..."
J'en profite pour redonner ci-dessous la carte de 10 gestes de reconnaissance au quotidien que j'ai élaborée. Les types de gestes que l'on peut distribuer dans ce type d'action sont nombreux et portent principalement sur la partie gauche du schéma.



lundi 2 janvier 2017

2017 : Humer la vie et l'humain (20)

Dans la série des verbes du bonheur voici aujourd'hui un verbe faisant tronc commun avec nous humaines et humains : "humer"

Celles et ceux qui suivent régulièrement ce blog et/ou qui ont l'habitude de me côtoyer connaissent mon intérêt et ma pratique à l'appréciation. "Apprécier" un verbe central dans la liste des verbes du bonheur.

Une des techniques qui permet de cultiver les bonheurs est la méditation en pleine conscience. Celle-ci met la respiration en première intention et attention. Quoi finalement de plus normal puisque parmi nos besoins les plus vitaux, c'est bien la respiration qui vient en première position.

Ce qui est frappant avec la respiration, c'est qu'elle fait partie des activités les plus anodines, les plus automatiques à laquelle on pourrait ne pas s'intéresser tant qu'elle ne nous pose pas de problèmes.

Pourtant, pour peu qu'on l'active en pleine conscience, elle peut créer du bien-être, du plaisir; elle peut aussi faire baisser le niveau de tension nerveuse en cas de stress.



Dans les registres "plaisir" et "appréciation", le verbe "humer" nous invite à inspirer les bonnes odeurs, les parfums qui se dégagent autour de nous. Certaines viennent à nous sans qu'on les ait cherchées. Par exemple : je passe devant une boulangerie et je sens l'odeur du pain chaud.

D'autres nécessitent d'aller à leur rencontre : une promenade dans la nature, sentir un met avant de le mettre à la bouche, sentir la peau de la personne qu'on aime, ...

Je vous propose aussi d'envisager le verbe "humer" dans un sens plus large : celui de se remplir des moments que l'on peut apprécier, de s'en créer des souvenirs, de se demander si on peut les attribuer à quelqu'un, de ressentir alors de la gratitude (émotion positive) et enfin d'exprimer de la reconnaissance à celles et ceux qui ont contribué à ces bons moments.

Humer pour se remplir encore plus de vie et partager ce bonheur avec autrui.

Bonne année 2017 à humer la vie et les humains qui vous entourent.