jeudi 2 décembre 2021

2/12/2021 : Tu es la prunelle de mes yeux ... et pourtant je te rabroue

 


Prendre des gants avec toi

Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°2 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, jeudi 2 décembre 2021.

Prise de conscience

La bienveillance ne devrait s'entendre qu'associé avec la bientraitance. Or, je constate trop souvent en côtoyant des familles et des couples que ce n’est pas le cas, malgré les déclarations faites sur l’importance que revêt l’entourage aimé. Le quotidien avec les proches fait le yoyo entre l’amour, la tendresse d’une part et les coups de griffes d’autre part. S’ajoute une conception de l’amour, notamment envers les enfants, inspirée par le proverbe "Qui aime bien, châtie bien", entendu comme “puisque je t’aime, il est normal que je te châtie”.

Dans les couples, il y a aussi un processus bien commun qui démarre par une phase de séduction dans laquelle d’infinies précautions sont prises pour ne pas heurter l’autre. Processus qui ensuite, plus ou moins lentement, fait le naturel chassé revenir au galop, et laisse les “bonnes manières” et la délicatesse faire place à des “manières de laisser-aller” voire pire, de piétinement.



"Tu es la prunelle de mes yeux ... “ mais il n’empêche que je n'arrête pas de te rabrouer, de te parler mal. Finalement, les personnes les plus proches sont paradoxalement celles à qui on parle le plus mal et avec qui on ne porte pas de gants. Tel est le comportement que je constate trop souvent en côtoyant des familles et des couples. C’est une forme de violence ordinaire qui peut dévier vers des formes de violence plus graves, et quoi qu’il en soit pourrit l’écosystème familial et son ambiance. Se parler mal est un poison du quotidien en intraveineuse à plus ou moins forte dose.

Or, je suis absolument convaincu que la qualité de nos interactions avec nos proches devrait être alignée avec le niveau élevé de l'amour que l'on ressent et que l'on exprime par ailleurs ; aligné aussi avec l’amour que l’on reçoit.

La conception de la bienveillance que je porte, met en lien la bienveillance avec la bientraitance et la gentillesse (et notamment, se parler gentiment). La bienveillance doit être à la fois dans l'intention et dans l'acte, dans les paroles et dans les actes, dans le pourquoi et dans le comment.

Ce qui ne veut pas dire qu'il puisse y avoir de tensions, des sujets de désaccord, et d'autant plus quand on passe beaucoup de temps ensemble, mais auquel cas, on pratique l'affirmation de soi bienveillante (ou assertivité), par exemple en s'appuyant sur la Communication Non Violente (CNV) et on gère avec bienveillance les tensions (cf ma modélisation sur la gestion des tensions).

Défi du jour

Je te propose un défi en plusieurs temps :

1/ Tu prends conscience des moments, des situations où tu as tendance à rabrouer au quotidien dans ton couple, avec ton/tes enfants, avec ton/tes parents. Tu peux aussi sonder les personnes concernées afin d’avoir leur sentiment sur ta façon de les traiter par tes paroles et tes gestes. Tu y découvriras peut-être un impact plus fort que tu l’imaginais des petits écarts que tu t’autorises dans ta façon de communiquer au quotidien. Il est même possible que cela puisse être une forme de révélation sur l’importance de l’accumulation de banals laisser-allers sur les relations.

2/ Prendre conscience, c’est bien, mais il ne faut bien entendu pas en rester là et laisser ce constat tomber dans l’oubli ou rester en vœux pieux ou en transfert de responsabilité sur les personnes concernées (“c’est elle/lui/eux qui ont commencé”). Le deuxième temps consiste à décider avec détermination de changer ta façon de t’exprimer, en commençant par une situation type en essayant d’anticiper tes mots, ton ton, tes mimiques, tes gestes ; puis de vérifier que la/les personnes impliquées remarquent, apprécient (ou non) le changement.

3/ Comme il est fréquent que le rabrouement s’installe dans la relation, de part et d’autre, et si c’est le cas avec les personnes concernées, dans un troisième temps, il sera … temps … de les faire entrer dans la danse. Puisque tu auras joué en premier une nouvelle musique, tu pourras leur proposer de la jouer à deux ou à plusieurs. Ce faisant, ce défi au départ individuel devient un défi interpersonnel ou collectif porté ensemble, où chacun fait sa part, ou chacun se soutient, se stimule pour changer cette triste et dangereuse habitude de vous rabrouer. Avec une prise de conscience que l’éventuel prétexte de l’efficacité (“on n’a pas le temps de prendre des gants”) est en réalité carrément contre-productif car il crée inévitablement des tensions qui prennent beaucoup de temps à être dénouées quand elles ne mettent pas à mal voire à néant la relation.

Un troisième temps qui s’achève par l’appréciation et la gratitude partagée donnant du carburant pour persévérer et cheminer dans un changement d’habitude faisant cercle vertueux.

Pour aller plus loin avec des éléments de modélisation ou des chroniques de lesverbesdubonheur.fr


Tu as joué le jeu ?

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mercredi 1 décembre 2021

1/12/2021 : Salut, ça va ?



Cet article détaille les deux défis proposés dans le cadre du jour n°1 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance.

Prise de conscience


Salut, ça va ?” ou toute autre formulation voisine mérite qu’on s’y arrête car selon la façon dont elle est exprimée, le ton employé, l’intention et l’attention qu’on y met, on peut distinguer 3 niveaux de bienveillance :
 
  • la bienveillance, quand il s’agit vraiment de s’intéresser à l’autre, d’attendre une vraie réponse et de l’écouter ; particulièrement si justement, ça ne va pas pour l’autre ;
  • l’absence de bienveillance, quand cette phrase est jetée sous le sceau de l’habitude et qu’on ne s’intéresse pas du tout à la réponse. Une forme de convivialité minimaliste, flirtant avec la formule de politesse ;
  • la malveillance, quand il s’agit d’une phrase pleine de sous-entendus, notamment pour exprimer que ça irait un peu trop bien pour l’autre dont on pense qu’il aurait tendance à ne pas assez se fouler.
Tu auras probablement constaté, pour toi-même et pour les autres, qu’un “Salut, ça va ?” minimaliste est souvent provoqué par un manque de temps, la pression du temps, un quotidien rythmé par les urgences. Et peut-être même qu’il n’y a même pas le temps de cette convivialité minimaliste et qu’un simili-sourire ou un petit hochement de tête font une version ultra-minimaliste, voire l’absence totale d’interaction, façon speedy Gonzalès ou en mode apnée (je ferme les écoutilles le temps d’arriver à destination).

Et auquel cas, il n'est pas facile de savoir si l'absence de "Salut, ça va ?" est un signe de malveillance ou d'absence de bienveillance. Situation dans laquelle il est facile de tomber dans le piège d'une lecture de pensée qui attribuerait l'absence d'interaction comme intentionnelle alors qu'elle serait due au manque de temps. Exemple : "il/elle ne m'a pas dit bonjour ; qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire ?".

Défis du jour

1/ S’il t’arrive de lancer des “Salut, ça va ?” qui ne sont pas des questions et qui n’attendent pas vraiment de réponse (et peut-être surtout pas une réponse négative), peut-être peux-tu anticiper une situation où vous allez vous donner le temps (c’est plus motivant que “prendre du temps”) de te planter dans le sol, attendre une réponse, répéter la question si la personne ne répond pas vraiment, entamer un dialogue pour en savoir plus sur :
  • sa situation (et notamment sa santé),
  • sa perception de la situation,
  • ses attentes, ses besoins, potentiellement en quoi vous pourriez l’aider, la soutenir, …
Dans la mesure où il me semble important d’envisager la bienveillance dans la réciprocité, je te suggère un exercice pas forcément facile : inviter l’autre avec doigté à s’enquérir aussi auprès de toi si tu vas bien. Ce qui peut nécessiter un travail personnel : accepter de parler de soi. 


2/ Ce qui me donne une transition pour la situation inversée : il t’arrive peut-être de répondre un “Et toi ?” sans vraiment répondre aux “Salut, ça va ?”, qu’ils soient sous l’empreinte de bienveillance ou d’absence de bienveillance. 
Alors, le défi pour toi serait de répondre vraiment à la question, de dire ce qui va, ce qui ne va pas, … et ensuite de porter ton attention sur l’autre

Et puis, pour les deux défis, de prendre conscience et d’apprécier ce moment de partage et ses impacts sur toi, sur l’autre personne et sur votre relation. Et pour clore l’échange, je t’invite à ressentir et à exprimer de la gratitude (cf processus de gratitude) envers l’autre (le moment partagé, la confiance, l’écoute, l’aide, le soutien, …). 

Et pourquoi ne pas renouveler le défi le jour de Noël en présence de personnes de ta famille à qui tu joues le service minimum (par habitude ou par déficit de sympathie qui pourraient peut-être bien provenir de méconnaissance ou de malentendu) ?

Pour aller plus loin avec des éléments de modélisation ou des chroniques de lesverbesdubonheur.fr


Tu as joué le jeu ?

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lundi 29 novembre 2021

L'avent 2021 de la Bienveillance


 

A partir du mercredi 1ier décembre 2021, je proposerai chaque jour jusqu'au 24 décembre une invitation du jour à aborder la bienveillance sous un angle particulier.

Chaque invitation du jour comportera une dose de prise de conscience et une dose de petit défi que vous pourriez réaliser le jour même et/ou pendant cette période de l'avent 2021. Un défi pour mettre de la bienveillance dans vos façons d'observer, de penser, de ressentir, de vous exprimer, de prendre des décisions, de conduire vos actions et de réagir face aux tensions et aux difficultés.

Mon objectif est de proposer à l'approche de Noël et dans le contexte d'une période qui recèle des opportunités multiples de bienveillance, des angles pratico-pratiques de la bienveillance. Des angles qui sont issus de mon travail de mon modélisation que je réalise depuis fin 2019 sur le sujet de la bienveillance et que je promeus à travers l'idée de Société et de Territoires de la Bienveillance.

L'Avent 2021 de la Bienveillance se présente sous la forme de l'image interactive ci-dessous qui sera mise à jour chaque jour à partir du 1ier décembre et jusqu'au 24. L'icone du jour sera rendue interactive et présentera le contenu que j'ai élaboré spécifiquement pour le jour.

Vous pouvez donc revenir chaque jour sur cet article (ou réactualiser la page si elle est conservée dans un navigateur depuis la veille ou un précédent jour) et cliquer sur l'icone du jour pour découvrir le nouveau contenu associé au jour.


 

A mercredi !

jeudi 11 novembre 2021

COP26 et besoins essentiels - Chronique sur la Bienveillance - Episode 36

 



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Voici le 36ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.
Cette chronique m'a été inspirée par la tenue depuis dimanche 31/10/2021 et jusqu'au 12 novembre 2021 de la COP26 à Glasgow. Cet événement est présenté comme "la dernière chance" de parvenir à faire face efficacement à un emballement climatique créé et amplifié par les humains en une toute petite poignée de dizaines d'années (depuis environ 1970).

mardi 28 septembre 2021

Santé mentale et bienveillance - Chronique sur la Bienveillance et la rentrée - Episode 35

 



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Voici le 35ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.
Cette chronique m'a été inspirée par la tenue depuis hier lundi 27/09/2021 jusqu'à aujourd'hui mardi 28/09 des Assises de la santé mentale voulues par le Président de la République en 2019, prévues en 2020 et reportées pour cause de confinement.

Santé et santé mentale

Je reprends une nouvelle fois dans mes articles la définition de la santé par l'OMS :

"La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité".

La santé mentale est donc une composante indissociable des deux autres composantes de la santé (physique et sociale). 

mardi 21 septembre 2021

Le "Je-Tu-Nous" pour arrêter de mettre le vivant à genoux - Chronique sur la Bienveillance et la rentrée - Episode 34

 


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Voici le 34ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.
Cette chronique m'a été inspirée par une interview au journal de 20H de France 2 dimanche dernier 19 septembre de Flore Vasseur et Marion Cotillard, respectivement réalisatrice/productrice et coproductrice du documentaire Bigger than us qui sort en salles ce mercredi 22 septembre 2021.




Un documentaire qui suit Melati jeune femme de 18 ans à la rencontre d'autres jeunes comme elle sur la planète qui ont pris l'initiative de créer leur propre projet pour répondre à un enjeu de société criant là où ils habitent. Justice environnementale, pouvoir de la jeunesse, droit des femmes, accueil et éducation des réfugiés, sécurité alimentaire, liberté d'expression sont les enjeux saisis par ces jeunes autour de la planète, acteurs et inspirateurs de bienveillance.

Partir du "Je"

Dans "Bigger than us", des jeunes, chacun dans son environnement, prennent l'initiative d'être et de faire le changement. Ils ne demandent pas la permission. Un élan, une audace les fait entrer en action à leur échelle. 

jeudi 2 septembre 2021

Du "faire" au "vivre pleinement" - Chronique sur la Bienveillance et la rentrée - Episode 33

 


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Voici le 33ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.
Cette chronique m'a été inspirée par la rentrée où un sacré enjeu pour beaucoup de monde est de faire entrer le maximum de choses dans son agenda et dans sa vie à la mode frénésie, y compris chez celles et ceux pour qui la chose pourrait sembler plus simple : les retraité·es.

Faire, et y croire dur comme fer

Je reviens dans cette chronique sur la genèse de ce blog : aborder le bonheur à travers des verbes.
Et il est vrai que le "faire" occupe une place énorme dans notre société. Un "faire" qui prend presque toute la place et même de plus en plus de place du fait de la conjugaison de deux phénomènes :