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mardi 14 février 2017

Recharger ses batteries, un enjeu pour se sentir bien

Cet article contient une (des) ressource(s) mise(s) en commun par Olivier Hoeffel
On entend quelques fois dire « on n’a qu’une vie ». Et ça n’est pas toujours pour dire qu’il faut en prendre soin, mais plutôt qu’on veut la vivre à fond et vivre ses projets à fond.
Seulement, si on s’inspire des êtres vivants, en général, ils se ménagent des temps de récupération. Si on revient à l’humain, c’est l’adage « qui veut aller loin ménage sa monture »

Je vous propose le diaporama ci-dessous pour poser l’enjeu important de recharger ses batteries pour se sentir bien. Sachant que quelques fois l’enjeu devient plus crucial : celui d’éviter le burnout, un vieillissement accéléré et des maladies. En dessous du diaporama, dans la suite de l'article, vous trouverez la transcription.



Je vous propose d’utiliser une métaphore : celle d’une réserve d’eau. 
Il y a un robinet d’eau en bas de la réserve qui représente l’énergie qu’on puise tout au long de la journée, et en particulier au travail.
Et puis un robinet qui permet de reconstituer les réserves : à travers le sommeil, l’alimentation, les loisirs, le fait de pouvoir se décontracter.

Donc sur une journée de travail, on dépense nos réserves et on les reconstitue. Au final, le solde de la journée est plutôt négatif, et c’est pour cela qu’on a besoin des we pour reconstituer en bonne partie les réserves. Je dis presque, parce que ce n’est pas tout à fait le cas et c’est pour cela qu’on a besoin de vacances pour recharger totalement les batteries.
Ca, c’est en régime … normal.

Maintenant, il y a d’autres situations où ça se corse.
D’abord, ce que j’appelle la situation de vigilance. Dans cette situation, on a à peu près les mêmes conditions de ressourcement  que pour la situation normale, MAIS
On tire plus sur l’énergie consommée, sur la quantité d’eau qu’on prélève dans notre réserve. Et à long terme, on risque de vider le réservoir car de manière récurrente, on prélève plus qu’on réalimente.

Et puis il y a plus grave :  la situation d’alerte qui se caractérise par un double phénomène :
  •    d’une part, la dépense d’énergie va être beaucoup plus forte, on va passer beaucoup de temps au travail et on va ressentir un stress intense (même si on a l’impression qu’il est positif),
  •    d’autre part,  nos capacités de ressourcement vont être très amoindries : en terme de sommeil, d’alimentation, de relaxation, on n’a plus de temps pour s’activer physiquement.
En notant une relation directe de cause à effet : par exemple, c’est le fait que je travaille plus qui impacte ma sphère des loisirs. Et puis autre exemple : je suis stressé et ça peut impacter négativement mon sommeil car je vais ruminer et avoir du mal à m’endormir.

Quand on observe ces 3 situations, émerge un enjeu d’importance : contrairement à une batterie de téléphone, ou au réservoir de carburant de sa voiture, où il n’est pas gênant d’aller au bout de la réserve puisqu’il suffit de reconstituer la réserve en plusieurs minutes ou en plusieurs heures. Pour l’être humain, aller dans l’orange ou dans le rouge, c’est une prise de risque pour sa santé et pour son avenir.
Ici l’enjeu est bel et bien de prêter attention à ne pas se retrouver dans la zone orange, et encore moins dans la zone rouge.


Quels sont les risques quand on est dans la zone rouge ? L’épuisement professionnel (ce qu’on appelle le burnout), le vieillissement prématuré, des maladies.
Parlons d'ailleurs à cette occasion des télomères : ce sont des régions aux extrémités des chromosomes.


Des télomères courts sont associés à un risque plus élevé de maladies liées à l’âge.

Et les télomères raccourcissent avec l’âge, l’inflammation … et le stress. Et donc, le surengagement et le stress chronique diminuent l'activité télomérique, avec des impacts négatifs sur la santé.

A noter que la méditation a un effet de préservation des télomères, voire de régénération (Source Matthieu Ricard)

Donc finalement, par rapport à cet enjeu de recharger les batteries, on peut considérer qu’il y a 3 phénomènes de masquage :
  •    le premier est lié à l’observation du niveau de la batterie; jusqu’à maintenant, je vous ai schématisé une réserve transparente dont on pouvait voir le niveau d’eau. En fait les choses sont plus compliquées que cela car la réserve est en fait opaque. Et donc, on a beaucoup de mal à savoir dans quelles mesures on a puisé dans nos réserves. C’est le cas en particulier quand on est dans la zone rouge; on a quelques fois tendance à penser qu’il en reste toujours suffisamment pour faire face aux prochaines échéances.  Alors que ce n’est peut-être pas le cas et qu’on est en réalité au bord du burnout ou plus généralement d’un problème de santé grave
  •    Le 2ème niveau de masquage, c’est que lorsqu’on est engagé dans un stress chronique, il est possible qu’une maladie de développe de manière masquée. Et le jour où l’on commence voir observer des symptômes, c’est quelques fois un peu tard, voire trop tard pour réagir
  •    Et le 3ème niveau de masquage, c’est celui du déni. C’est-à-dire que quelques fois, les symptômes, ils existent bien, mais on ne veut pas les voir. Et même si nos proches nous alertent, on fait la sourde oreille. Ou alors, on écoute bien gentiment, on réagit en disant « tu as raison, je vais faire attention », généralement en ajoutant « de toutes façons, je te rassure, je n’ai plus que 2 ou 3 semaines à tenir et ensuite ça va se calmer ». Et 3 mois après, on y encore, avec des symptômes encore plus marqués, parce qu’on n’a pas bougé d’1 millimètre sur sa façon de gérer sa journée.
CONCLUSION


Quel que soit notre projet professionnel, il devrait passer en terme de priorité derrière le projet premier de tout être humain :
gérer son capital santé, le considérer comme un cadeau dont on a conscience et envie de prendre soin
La bonne réalisation de ce projet premier donnant plus de réussite à nos autres projets.
C’est aussi apprécier les merveilles de ce que notre corps et notre mental nous permettent d’être et de faire.
Ceci en triple connexion avec nos aspirations profondes, avec les autres et avec la planète dont nous faisons partie intégrante.
Prendre soin à la fois de soi, des autres et de la planète, dans une logique gagnant-gagnant.

Ce n’est ni de la morale, ni de l’hygiénisme : c’est du bon sens allant dans le sens du bonheur, en faisant écho à deux maximes qui étaient inscrites sur le fronton du temple de Delphes : « Connais-toi toi-même » et « Rien de trop »





mercredi 2 décembre 2015

Co construction de WikiBAT, un wiki sur la bonheur au travail

La Fabrique Spinoza, think-tank dont la mission est de redonner au bonheur sa place au coeur de notre société a lancé une initiative pour la co construction d'un Wiki sur le bonheur au travail.
C'est la communauté Les Passeurs du bonheur au travail (communauté au sein de La Fabrique Spinoza) qui coordonne ce projet.



Une première soirée a eu lieu mardi 1er décembre 2015 à l'INSEEC Bachelor pour celles et ceux qui pouvaient être présents physiquement. Il était possible aussi de participer à distance en utilisant des outils collaboratifs. J'ai apporté ma contribution à distance.

Il s'agissait de construire des fiches de bonnes pratiques pour favoriser le bonheur au travail. La co construction continue jusqu'au 14 janvier 2015.
Je vous invite à participer à cette initiative. Pour cela, inscrivez-vous au groupe Facebook dédié. Vous y trouverez toutes les instructions pour participer à la construction de fiches et/ou à leur relecture.

Les fiches seront hébergées sur le site http://bonheurautravail.org/

mardi 18 août 2015

Une vie au travail pouvant contribuer au bonheur en 13 facettes


La dernière édition de cette modélisation est l'édition N°7

En croisant les composantes et facteurs du bien-être mental, du bonheur, de la bonne santé mentale, de la santé mentale au travail, de la santé mentale positive, je vous propose de mettre en exergue 13 facettes (1) d'une vie au travail qui contribuent potentiellement (2) au bonheur.

Le but de cette publication et  des 13 publications à suivre est de tordre le cou à l'idée que le bonheur au travail serait un oxymore.
Il s'agit aussi d'argumenter face aux partenaires sociaux qui ont tendance à considérer que ce n'est pas dans le rôle de l'employeur ni dans celui des représentants des salariés de viser le bonheur des individus au travail.

A travers chacune des 13 facettes que je développerai, je cherche à montrer que le développement de facteurs contribuant au bonheur a aussi un impact positif sur le collectif, sur les conditions de travail et sur la performance durable (le qualificatif durable étant essentiel). En fait, c'est gagnant-gagnant.

C'est aussi une façon de montrer qu'il n'y a pas d'opposition sur le fond entre une vision qui part de l'amélioration des conditions de travail ou celle qui part de la construction du bonheur.
S'il me semble bien légitime que les partenaires sociaux ne veuillent ni ne puissent s'inscrire dans une obligation de résultats ou de moyens en terme de niveau de bonheur des salariés, ce n'est pas pour autant qu'ils ne pourraient pas se saisir des facteurs du bonheur dans leurs actions.
Il ne s'agit pas non plus de mettre le salarié dans une position d'attente passive en terme de bonheur au travail. Le bonheur au travail, comme la Qualité de Vie au Travail (QVT) relève d'une articulation judicieuse entre la responsabilité individuelle et les responsabilités collectives.
Les responsabilités collectives ne relèvent pas que des partenaires sociaux : plusieurs niveaux sont à interroger : l'équipe, le service, l'entité, les parties prenantes externes (clients, usagers, fournisseurs, partenaires, riverains, ...), la branche professionnelle, les organisations sur le même territoire, le département, la région, l'Etat, ... l'ONU. L'ONU qui s'intéresse de près au bonheur depuis quelques années, au même titre que l'OCDE.

Le bonheur n'a donc rien de folklorique, ni de fumeux, ni d'utopique. N'ayons pas peur de l'idée du bonheur au travail et prenons conscience que des conditions particulières de la vie au travail contribuent au bonheur au travail et au bonheur plus généralement. Chaque individu ayant bien entendu sa propre vision du bonheur (ou de son bien-être ou de tout concept approchant), ses propres attentes, ses propres stratégies et sa propre évaluation contrastée de son bonheur. Cette évaluation est en effet contrastée puisque le bonheur dépend de quantité de facteurs. Chacun de nous a sa propre pondération et sa perception unique.

Voici sous forme de carte mentale les 13 facettes qui seront donc présentées plus précisément dans des publications à venir :



Ci-dessous également un diaporama présentant rapidement chacune des facettes :

Licence Creative Commons
"13 facettes de la vie au travail pouvant contribuer au bonheur" de Olivier Hoeffel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à https://onedrive.live.com/redir?resid=50DE3EADEA2AE04E!712&authkey=!APKI6bXp8O7JqxE&ithint=file%2cpptx.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.lesverbesdubonheur.fr/.

Bien entendu, il n'est pas question de considérer qu'une personne ne saurait être heureuse que si elle se sent de répondre positivement à TOUTES ces assertions. Le bonheur, ce n'est définitivement pas du "tout ou rien". Par contre, ce qui me parait important c'est que la vie au travail peut contribuer de manière multiple au bonheur. En précisant que face à un même contexte de vie au travail, deux personnes peuvent évaluer et apprécier différemment ce contexte et ressentir leur bonheur influencé positivement et négativement, plus ou moins ou pas, à travers ces différentes facettes.
Par exemple, 2 personnes face au même poste de travail ne vont pas forcément éprouver le même intérêt pour le travail induit.
Autre exemple : une personne peut se plaindre d'un manque de reconnaissance pour le résultat de son travail et l'autre non; et ceci, alors qu'elles ont le même niveau d'efficacité et qu'elles reçoivent le même niveau de reconnaissance. La deuxième étant plus dans le plaisir et dans une motivation intrinsèque, elle est moins en attente de reconnaissance.

A l'instar de la QVT, réfléchir et évaluer sa vie au travail à travers des dimensions multiples permet de prendre conscience de ce en quoi le travail  apporte du bonheur, du bien-être, ... alors même que l'esprit peut être encombré par des difficultés dans le travail qui masquent les aspects positifs.

Si vous répondez OUI à une assertion, c'est que la facette concernée de votre vie au travail est un facteur protecteur/constructeur de votre bonheur, bien-être, ... indépendamment du fait que d'autres facettes peuvent l'impacter négativement.

Je consacrerai un article sur la façon dont chacune et chacun peut agir individuellement et collectivement après qu'elle.il se soit questionné relativement à chacune de ces assertions.
Là aussi, à l'instar de la QVT, la première façon d'agir sur son bonheur au travail me semble bien être l'auto questionnement. Les 13 assertions que je vous propose ici constituent un moyen d'entreprendre cet auto questionnement.

Que la vie au travail puisse contribuer au bonheur, c'est donc un vrai sujet de société sérieux selon moi. Ce qui mérite intérêt aussi en même temps, c'est en quoi le bonheur impacte la vie au travail. Et c'est bien cette double relation que je vous propose d'interroger.

J'accueillerai avec plaisir vos réactions à la présente publication.

(1) Je précise que je ne prétend pas que les facteurs de bonheur au travail se limitent à ces 13 facettes, ni qu'elles ont forcément à être organisées comme je le propose ici; c'est le fruit d'un travail d'analyse et de compilation personnelle des construits du bien-être hédoniste, du bien-être eudémonique, du bonheur (par le biais de la psychologie positive -en particulier Tal Ben Shahar, Martin Seligman, Mihaly Csikszentmihalyi et son concept de Flux, Sonja Lyubomirsky, par l'ONU), le bien-être psychologique au travail (Véronique Dagenais-Desmarais-chargée de cours à l’Université de Montréal), la santé mentale (OMS), de la santé mentale au travail (Québec), la santé mentale positive (Canada) et de mes compétences sur le  sujet de la Qualité de Vie au Travail

(2) J'écris "potentiellement" dans la mesure où il s'agit de la description de facettes incluant une partie contextuelle favorable dans la vie au travail. Or, en s'inspirant des enseignements de la psychologie positive, le contexte n'est pas la composante la plus importante au bonheur. En fait, elle représente 10%. Ce qui va être déterminant, au delà des aspects génétiques qui pèsent lourd (50%), c'est notre investissement et nos habitudes favorisant le bonheur (40%). Cependant, c'est bien la conjonction du contexte, des gènes, de nos habitudes et de notre investissement qu'il faut prendre en compte.