samedi 31 décembre 2016

Mes meilleurs vœux pour 2017

Je vous adresse mes meilleurs vœux pour 2017; peut-être une année charnière avec le démarrage du mandat de Donald Trump aux USA et les inquiétudes que cela peut susciter. Egalement en France, avec des élections majeures et l'opportunité de mettre le développement du bonheur dans le programme de candidats et surtout ensuite dans la pratique de leur pouvoir (et non DU pouvoir).

Le développement du bonheur que nous pouvons chacune et chacun déjà mettre à notre propre programme individuellement, en co-construction avec notre entourage familial et amical, dans notre vie de citoyen, au travail, ...


Bonne et joyeuse année à vous.


jeudi 29 décembre 2016

Des continuums

La première fois que j'ai pris conscience de l'idée de continuum, c'est peu après avoir découvert la définition lumineuse de la santé par l'OMS, définition qui date de 1946 :

"La santé est un état de complet bien-être physique,
mental et social,
qui ne consiste pas seulement en l'absence de maladies ou d'infirmité.



Cette définition de la santé, permet de bien mettre en évidence que le rôle de l'OMS, des Etats et des systèmes de santé, ne s'arrête pas au curatif mais s'inscrit bien dans une logique de promouvoir la bonne santé et le bien-être. Notons au passage, que cette définition de la santé ne se limite pas à la dimension physique mais qu'elle prend en compte aussi les dimensions psychologique et sociale.

La notion de continuum a aussi l'immense mérite de sortir d'une vision binaire (en noir et blanc).

Cette notion de continuum peut être appliquée pour beaucoup de choses dans la vie, y compris dans la vie professionnelle. Par exemple, on peut situer la logique des démarches de prévention des risques psychosociaux (RPS), comme étant du domaine de la partie gauche du continuum, et la logique de la promotion de la Qualité de Vie au Travail (QVT), plutôt en action sur la partie droite.

On peut appliquer cette idée de continuum pour le bonheur en le positionnant à droite, le malheur à gauche et l'absence de malheur au milieu. Cette position médiane peut aussi être considérée comme l'absence du bonheur. Cet état où on ne sent pas heureux, mais où quand on prend du recul et où on applique la relativité (pas celle d'Einstein), on se dit qu'on ne peut pas vraiment dire qu'on est malheureux.

J'ai présenté ce continuum pour la première fois à l'occasion de la conférence que j'ai animée au Salon Vivre autrement le 23 mars 2013 au Parc floral de Paris.

Cette idée de continuum est présente d'une autre manière dans la vidéo suivante. Elle témoigne de la pratique de Ben Falk designer en permaculture dans le Vermont aux USA.

Permaculture, auto-suffisance, climat nordique et chauffage au compost dans les collines du Vermont from Possible Media on Vimeo.

Ben Falk explique que sa motivation première était d'impacter négativement le moins possible sur l'environnement (partie gauche d'un continuum).  Maintenant il affirme être délibérément dans une démarche d'impacter positivement l'environnement (partie droite du continuum).

J'aurai l'occasion de revenir dans un prochain article sur les continuums.

Bonne fin d'année 2016.

samedi 24 décembre 2016

Fabriquons-nous de bons souvenirs en cette fin d'année 2016

Le programme que je vous propose pour cette fin d'année 2016:

Fabriquons-nous de bons souvenirs !

A la première personne du pluriel, si possible, avec une pensée pour toutes celles et tous ceux pour qui ce ne pourra pas être le cas.


"Fabriquons-nous de bons souvenirs" pour celles et ceux qui auront la chance d'être au pluriel, c'est un appel à une attitude favorable à construire ensemble des souvenirs qui seront bien entendu d'abord personnels, chacun-e avec ses propres émotions, mais c'est aussi la construction de souvenirs communs que l'on pourra partager par la suite.

C'est un appel à l'appréciation de l'avant, du pendant et de l'après. L'appréciation qui nécessite d'être dans la lâcher prise et dans l'attention aux autres et à tous les petits événements et plaisirs qui s'offrent à nous.
L'appréciation qui est la première étape d'un processus conduisant vers la gratitude ("Je ressens de la gratitude envers celles et ceux qui partagent ces bons moments avec moi") et l'expression de la reconnaissance aux dites personnes, par la parole, par des mots écrits, par un sourire, par un câlin, ...

Bonnes fêtes de fin d'année 2016 à vous qui me lisez et à toutes celles et ceux qui ne le font pas.

mardi 20 décembre 2016

Le #PFT - Putain de Facteur Temps ou Protecteur Facteur Temps

Je viens de publier sur laqvt.fr un article relatif au rapport au temps dans un contexte professionnel : PFT, QVT et temps sur la table.

Bien entendu, cela a des impacts sur les autres sphères de vie, pour lesquelles, par ailleurs, notre rapport au temps est aussi facteur de bien-être ou de mal-être en fonction de la façon dont on l'appréhende individuellement, dans ses relations, au sein des collectifs auxquels on appartient, et plus globalement en tant que phénomène de société.



Cet article vise à remettre à l'ordre du jour l'initiative le temps sur la table que nous avons lancée il y a 3 ans. Elle incite les collectifs professionnels à mettre le sujet du manque de temps sur la table et ne pas laisser les individus tous seuls face à leur sentiment d'impuissance voire de culpabilité alors qu'en réalité c'est une problématique largement partagée.

Le temps sur la table, c'est aussi quelque chose que l'on peut activer en famille, au sein d'un groupe d'amis, dans une association dans laquelle on est bénévole, ...

Faire du temps un allié pour répondre à ses aspirations profondes, pour apprécier le plus de moments possible dans sa journée, pour se donner du temps à cultiver les relations. C'est créateur de bien-être mental et de bonheur.

samedi 17 décembre 2016

Il y a enVIE et envie

Envie : le moins que l'on puisse dire, c'est que ces deux syllabes admettent deux acceptions qui renvoient à deux visions radicalement opposées de la vie, deux conceptions, deux modes actuels  de vie.



Je vais déjà me débarrasser de la plus lourde, de la plus pesante, de celle qui pèse le plus sur l'humanité et sur la nature : l'envie du toujours plus et de ce qu'on voudrait avoir, de ce qu'on voudrait être et de ce qu'on voudrait faire. Cette envie qui se décline en "envieux". Et dans "envieux", il y a ... "vieux" car l'envie nous rend vieux plus vite.

Cette envie qui est attachée à la société de consommation qui crée des besoins perpétuellement. Pub, médias, réseaux sociaux, bouche à oreille font monter l'envie d'acquérir le produit que les autres ont et que nous n'avons pas.

Celle qui est attachée à une tranche de la population dont l'objectif est d'amasser de plus en plus d'argent et de biens, quel qu'en soit le prix, pour les autres, pour la nature et pour leur propre nature profonde.

Celle de la culture de l'excellence où il faut encore gagner un cran de plus chaque fois qu'un cran a été obtenu, chaque fois plus difficilement. Ce qui fait qu'on finit par atteindre un stade où le jeu n'en vaut plus la chandelle, voire même, on s'épuise dans un mode contre-productif.

Cette envie qui est au centre du processus d'adaptation hédonique que j'ai décrit dans l'article Impacts de l’adaptation hédonique sur le bonheur et la QVT sur laqvt.fr. Un processus qui fait que, dès que l'envie a pu être réalisée, très rapidement le bénéfice en terme de bien-être et de satisfaction disparaît pour faire place à d'autres envies.

Cette conception de l'envie à laquelle Voltaire a répondu dans son conte moral "La bégueule" par cette expression qui reste tellement vraie et tellement d'actualité : "Le mieux est l'ennemi du bien".

A cette forme d'envie, on peut faire une contre-proposition avec l'idée suivante sur le bonheur : Le bonheur, c'est de continuer à désirer et à apprécier ce que l'on a, ce que l'on est et ce que l'on fait


Passons maintenant à la deuxième acception d'enVIE à laquelle je m'intéresse : celle qui a trait à l'énergie qui nous meut pour nous accomplir en nous connectant à notre nature profonde, aux autres et à la nature. Une enVIE qui fait que les yeux pétillent, qui nous met en joie, qui crée une intention qui va se transformer en action.

Une enVIE qui peut se cristalliser avec d'autres pour co-construire un futur émergent. C'est bien une des idées qu'Otto Scharmer met en avant dans la Théorie U.

Une enVIE qui se décline en plusieurs types de mouvement : sortir des habitudes en activant sa curiosité, s'ouvrir au monde et se confronter à d'autres réalités que la nôtre, le mouvement de l'empathie pour comprendre ce que les autres ressentent face à leur réalité, l'enVIE de se donner du temps pour lâcher prise et laisser venir le futur émergent, l'enVIE de faire ces mouvements à plusieurs, de cristalliser les énergies pour co construire ce futur par étapes. Une enVIE de commencer à le concrétiser très vite pour le toucher, l'explorer, le modeler, l'ajuster.

Fish250

Je retrouve cette acception de l'enVIE dans le livre "Fish" de Stephen C. Lundin, John Christensen, Harry Paul.

Ce livre promeut 4 actions :

  1. Choisir son attitude
  2. Jouer
  3. Illuminer leur journée
  4. Être présent 
L'enVIE y est prégnante, particulièrement dans les 3 premières actions.

"Choisir son attitude" invite à aborder sa journée de travail de manière positive et appréciative. Bref, de l'aborder avec enVIE, de vouloir la croquer à pleines dents (à ne pas confondre avec vouloir croquer les autres à pleines dents).

"Jouer", vise évidemment à créer plus d'enVIE à vivre le quotidien du travail. Intégrer du ludique est facteur de bien-être pour soi, pour les collègues avec qui on joue. On peut jouer avec les collègues, mais aussi aussi avec les clients. Et c'est ce à quoi invite, entre autres, la 4ème action :"Illuminer la journée des clients". Ce qui leur fera garder un bon souvenir de l'interaction et d'ancrer une enVIE d'une prochaine interaction.

La 4ème action "Être présent" comporte elle-aussi une dimension d'enVIE : elle renvoie à la notion de flux de Mihály Csíkszentmihályi. La présence à une tâche que l'on maîtrise, qui comporte un certain niveau de complexité, nécessitant toute notre attention, toute notre enVIE, toute notre énergie pour qu'elle soit menée à bien.

L'enVIE, c'est aussi celle de rechercher des modes gagnant-gagnant en tout. Ca n'est pas facile, et c'est bien l'enVIE qui nous fait ne pas aller à la facilité, au plus rapide : son propre intérêt, sans considérer la réalité aussi largement que possible et les interdépendances

Pour en revenir à la Théorie U, je nous invite, en commençant par moi-même, à nous délester de tout ce qui est lourd, qui nous éloigne de notre nature profonde, de toutes ces pseudo-occupations qui nous mobilisent du temps et pas notre énergie de vie, afin de nous libérer du temps pour faire naître des enVIEs d'occupations plus nourrissantes, et ce, sur chacune de nos sphères de vie.

Je proposerai prochainement quelques outils pour un tel travail d'introspection, qui peut se faire aussi au niveau collectif.



jeudi 15 décembre 2016

13 facettes édition 3

Je proposais en août 2015 13 facettes d'une vie au travail pouvant contribuer au bonheur.

Voici une troisième édition dans laquelle plusieurs dimensions ont été complétées.



Voici un diaporama présentant ces 13 facettes :

Licence Creative Commons
"13 facettes de la vie au travail pouvant contribuer au bonheur" de Olivier Hoeffel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à https://onedrive.live.com/redir?resid=50DE3EADEA2AE04E!712&authkey=!APKI6bXp8O7JqxE&ithint=file%2cpptx.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.lesverbesdubonheur.fr/.


vendredi 9 décembre 2016

La confiance en ingrédient central de la recette du bonheur au Danemark

Le journal télévisé de 20H de France 2 du jeudi 8 décembre 2016 a consacré un reportage au pays qui est au top des enquêtes mondiales sur le bonheur et le bien-être des citoyens : il s'agit du Danemark.



Le secret de ce bien-être serait celui d'une population et d'une culture baignant dans la confiance dans toutes les sphères de vie.

Certaines personnes, des mamans en particulier, pourront être choquées que l'on puisse laisser son bébé tout seul dans son landau - qui plus est dans le froid  - pendant que maman est devant une boisson chaude au café; le landau tout de même à portée de vue devant la vitrine. Des parents pourront être choqués que la cour de l'école soit la rue. Et c'est bien le risque à voir ce type de reportage : faire un transfert direct dans sa propre réalité et raisonner émotionnellement :"mais c'est irresponsable !". Probablement comme pourraient le faire certains dirigeants dans la culture de défiance  vis à vis de leurs salariés à qui on montrerait une entreprise sans pointeuse, sans horaires et sans indicateurs à remplir pour prouver qu'ils travaillent réellement.

La confiance est investie de manière symétrique : je fais confiance à autrui et je me comporte comme une personne de confiance.

Quels sont les leviers de la confiance évoqués dans le reportage ?Un effet tribu (les gens se connaissent et se reconnaissent) et une posture plus égalitaire.

Les bénéfices de cette culture sont plus de sérénité, les personnes dès leur plus jeune âge sont plus responsabilisés, plus autonomes, plus d'empathie et de gentillesse, moins de corruption, plus d'esprit civique (c'est pourtant le pays le plus imposé du monde), contrat de confiance avec l'Etat, moins de turnover dans les entreprises, meilleure fidélité des clients.

Prenons conscience que la confiance est un cercle vertueux alors que la défiance est un cercle vicieux qui sclérose et pourrit une société. La défiance ayant un coût immense en terme de contrôle, de dépense d'énergie inutile, en déresponsabilisation et en impacts négatifs sur la santé mentale, sur le morale et sur l'humeur.

Ci-dessous, la vidéo :

 
Danemark : le royaume de la confiance


dimanche 4 décembre 2016

Diviser son temps de travail par 2 en ajoutant un ingrédient à son travail : la confiance

C'est l'histoire de Daniel, un boulanger qui a réinventé son métier pour relaxer significativement les contraintes de son métier et créer une relation tout à fait particulière avec ses clients.

Daniel ne travaille plus dans sa boulangerie que deux jours par semaine et s'octroie de longues vacances. Comment est-ce possible ?

Il a fait deux démarches, une technique et une psychologique :

  1. la démarche technique a été de rechercher des savoir-faire anciens qui lui permettent de fabriquer des pains qui se tiennent dans la durée
  2. la démarche psychologique a été de faire confiance à ses clients : plus besoin de caisse à tenir; les clients viennent se servir, mettent le prix de leur achat dans un panier et le cas échéant font eux-mêmes l'appoint. Daniel ne veut pas vérifier sa caisse à la fin de la journée. Il a adopté résolument le modèle de la confiance et joue le jeu jusqu'au bout.
La conjugaison de ses deux démarches lui a permis de consacrer du temps à la musique et à la culture de son jardin.

Beaucoup d'organisations s'épuisent et épuisent leurs salariés dans des modèles de défiance. Dans notre vie personnelle, on passe aussi du temps et de l'énergie quand la confiance n'est pas là.

Et si la confiance était un des leviers importants face à cette plainte individuelle et collective qui monte de toute notre société : "on n'a pas le temps !" ?



La websérie SideWays, sont des films indépendants et libres de droit. Découvrez leur fonctionnement et leur modèle de financement alternatif et participez vous-même à l'enrichissement de la série : side-ways.net





jeudi 1 décembre 2016

Pierre Rabhi et la sobriété heureuse sur France Inter

Pierre Rabhi était l'invité de l'émission "Grand bien vous fasse !" sur France Inter le jeudi 26 octobre 2016.

Il évoque ses racines, la sobriété heureuse, la nature, l'agroécologie, la consommation, la compétition, la différence entre joie et plaisir, ...

jeudi 24 novembre 2016

Une transparence féconde en bonheur

Nous sommes toutes et tous confrontés dans notre vie de citoyen-ne, de consommatrice-eur, dans notre vie au travail et même quelques fois dans notre vie sociale et familiale aux méfaits de deux phénomènes qui s'entrecroisent : la triche et l'opacité. Deux phénomènes qui à première vue conduisent à des résultats gagnant-perdants et qui  en réalité et si on voit plus loin que le bout de son nez sont bel et bien perdant-perdants.



J'explique pourquoi je mets le premier au singulier (gagnant ou perdant) et le deuxième au pluriel (perdants). Dans nos interactions entre personnes et dans les activités des groupes qu'elles soient économiques ou non, il y a le singulier mettant en évidence le JE (moi pour moi-même ou moi en tant que groupe). Il y a le pluriel car même si on est engagé dans une interaction avec une seule autre personne, en réalité il y a souvent d'autres personnes ou d'autres groupes qui sont impliqués ou impactés indirectement.

Je vous donne quelques exemples, dont certains précis :

  • hier, le gendarme du nucléaire indiquait que des faux rapports ont été produits sur l'état de certains réacteurs nucléaires en France. Evidemment des rapports mentionnant que tout va bien dans le meilleur des mondes,
  • tout le monde a en mémoire le scandale Volkswagen avec la triche sur des dispositifs indiquant le niveau de pollution des moteurs de certains de ses modèles,
  • nous subissons l'obsolescence programmée avec de multiples objets de notre quotidien,
  • des entreprises florissantes tentent de démontrer par A+B qu'elles ne peuvent faire autrement que de baisser leurs effectifs,
  • les fameux subprimes,
  • des indicateurs de contrôle de gestion qui donnent bien souvent les résultats espérés et ne représentent pas grand chose de la réalité,
  • ...
Dans plusieurs des exemples cités au-dessus, je veux mettre en évidence un troisième phénomène perdant-perdants : celui qui consiste à chercher à gagner sur le dos des autres (éventuellement en leur faisant croire qu'ils vont gagner et donc en trichant et/ou en jouant l'opacité). Certaines organisations gagnent sur le dos des clients, d'autres sur le dos de leurs fournisseurs, d'autres sur le dos des salariés, d'autres sur le dos les habitants du voisinage, d'autres encore sur la nature, d'autres sur les Etats avec une optimisation fiscale qui flirte avec la triche au niveau légal et a carrément franchi la ligne, si on raisonne en terme de responsabilité sociétale et citoyenne. Sachant que certaines organisations jouent à la fois sur le dos des clients, des salariés, de l'Etat avec pour bénéficiaires les dirigeants, les (certains) actionnaires, et des acteurs des marchés spéculatifs.



Regardons un instant l'impact sur une personne au travail de la triche dont il lui est demandé d'être une actrice ou un acteur direct-e ou qui peut se retrouver complice malgré elle/lui :
  • ça te fait quoi de travailler sur un dispositif électronique qui va faire croire que les voitures polluent beaucoup moins qu'elles ne le font concrètement ?
  • ça te fait quoi de savoir que tu fais partie d'une organisation qui vend des plats cuisinés qui contiennent du cheval à la place de la vache ?
  • ça te fait quoi de proposer sur ta carte un rognon de veau à la moutarde alors qu'en fait, c'est un rognon de porc ? et toi qui sert ce rognon au client, et qui est au courant de la supercherie, ça te fait quoi ?
  • ça te fait quoi, toi chercheur, de travailler sur la conception de composants qui doivent ne pas durer plus de X cycles d'utilisation ?
  • ça te fait quoi de vendre des fonds d'investissement tout pourris que bien entendu jamais tu n'achèterais toi-même ?
  • ça te fait quoi toi de faire tomber un poulet cuit par terre, de le mettre de côté et quelques instants plus tard de le mettre sur l'étal ?
  • ça te fait quoi toi de devoir donner des chiffres faux sur ton activité parce qu'on te demande de le faire et que tout le monde fait la même chose ?
  • ça te fait quoi toi de vendre du soit-disant made in France, alors qu'en fait ça a été conçu en France mais fabriqué on ne sait où, dans on ne sait trop quelles conditions, voire on sait trop dans quelles conditions déplorables ?
  • ça te fait quoi de travailler sur une publicité montrant toutes les merveilles d'une chose que jamais tu n'achèterais tellement tu trouves que c'est exactement l'inverse de ce que tu mets en avant ?
  • ça te fait quoi de dire fréquemment à quelqu'un qu'il est nul, alors que ce n'est pas vrai, parce qu'on t'a incité à réduire les effectifs de ton service, de préférence en suscitant des démissions ? 
Comment peut-on être véritablement fier de son travail, de sa vie au travail et de l'organisation dans laquelle on travaille quand on vous demande de participer plus ou moins activement à de la triche et à de l'opacité ? Comment peut-on être véritablement fier quand l'activité à laquelle on participe se réalise sur le dos d'une ou plusieurs parties prenantes ?

Au contraire, je suis convaincu que le bonheur au travail ne nourrit d'un "jeu" où l'on recherche délibérément à porter attention et intérêt aux parties prenantes, à viser le gagnant-gagnant, à agir avec transparence, à accepter le droit à l'erreur, à se montrer bienveillant mutuellement et à se faire confiance; bref, à prendre les décisions justes. Un jeu où toutes les parties prenantes coopèrent et se considèrent comme des partenaires.



Comment collectivement et individuellement pourrions nous représenter concrètement ce que pourrait être ce jeu gagnant-gagnant, cette authenticité et cette transparence ? Je vais essayer de donner quelques illustrations, dont les premières sont déjà concrétisées :

  • un restaurant où il n'y a plus de mur entre la salle et la cuisine; ou, s'il y a séparation, elle est vitrée,
  • un atelier artisanal où des visiteurs voient les artisans travailler ... et peuvent éventuellement échanger avec eux
  • une coopérative qui fait travailler ensemble les producteurs et les consommateurs (par exemple Enercoop pour la fourniture d'électricité renouvelable)
  • pour un artisan mobilisé sur une partie de construction de maison, imaginer que le propriétaire serait à ses côtés (mais pas pour le surveiller (1) ) et qu'il serait du même métier que lui. Ou imaginer qu'il construit sa propre maison. 
  • En généralisant le précédent exemple : imaginer dans une organisation, quelle que soit sa fonction, qu'on est en train de concevoir, fabriquer, livrer ... un produit ou un service pour soi-même, et que soi-même en tant que client ne veut pas être trompé sur la marchandise. Qu'on aimerait que le client nous dise "Il est super votre produit/service. Merci et bravo ! Et merci de nous avoir demandé ce dont on avait vraiment besoin"
Si c'est déjà cela que vous vivez, je pense que vous saurez apprécier ce que cela vous apporte, en particulier au niveau du bien-être psychique.

Maintenant si ce n'est pas le cas, imaginez un scénario de ce type qui puisse s'appliquer à votre vie au travail, à votre organisation ? Un scénario où non seulement il y a transparence, mais où vous avez les moyens et le temps de bien faire faire votre travail. Essayez de ressentir les émotions qui pourraient vous envahir !

La responsabilité collective étant bien vis à vis de chacune des personnes qui travaillent dans l'organisation pour qu'elle puisse être fière du résultat de son travail ... et de la façon dont elle le réalise. On peut me rétorquer que cela est illusoire car le niveau d'atteinte du sentiment de fierté est variable. Pour un bon niveau objectif de résultat, la plupart des personnes se sentiront fières, mais il restera forcément des personnes perfectionnistes qui ne seront pas satisfaites.

En réalité, ce qui est important dans cet appel à la transparence, c'est avant tout que c'est une recherche, un processus d'ajustement que l'on met en place de manière délibérée et largement partagée, en remplacement du processus trop répandu du "toujours plus" teinté du principe "la fin justifie les moyens", voire "ma fin justifie les moyens".

Œuvrons toutes et tous, en tant que citoyenne et citoyen, en tant que travailleuse et travailleur, en tant qu'organisation, en tant que groupe pour que la transparence, l'authenticité, la confiance et l'approche gagnant-gagnant constituent le socle d'une société où le bonheur individuel et collectif est à cultiver ensemble.

(1) La transparence évoquée ici n'a nullement vocation à aller dans le sens de la surveillance, de la défiance; au contraire, elle rime avec confiance

dimanche 13 novembre 2016

L'après séisme Trump : 3 façons de l'aborder, en s'inspirant de la Théorie U

Otto Scharmer, le fondateur de la Théorie U (que j'ai évoquée à plusieurs reprises depuis septembre 2016) est l'auteur d'un article sur huffingtonpost.com publié le 11 novembre 2016.

Valeria Schiavone et moi avons traduit cet article en français car il nous a semblé intéressant que celles et ceux qui ne maîtrisent pas suffisamment l'anglais et l'américain puissent prendre connaissance de son analyse du résultats des élections présidentielles aux USA et des perspectives qui s'offre à nous, êtres humains sur cette terre.

Voici schématiquement comment il situe le positionnement de Trump et Clinton :


On peut reprendre ce même schéma pour nous interroger sur ce que nous pouvons faire individuellement et collectivement, en particulier nous en France dans la perspective des élections présidentielles ET législatives de 2017.

Nous pouvons :


  • reproduire des habitudes : voter pour le même parti parce qu'on a toujours voté pour lui, voter pour celle ou celui qui nous est annoncé-e comme le vainqueur, ne pas (plus) voter pour des raisons diverses (désintérêt, lassitude, blanc c'est pas blanc, y a plus d'espoir : "je veux voter blanc, mais ça ne sert à rien car les votes blancs ne sont pas comptabilisés dans les suffrages exprimés", ...)
  • aller dans le sens de candidats qui véhiculent des préjugés, de la haine et des peurs, qui annoncent à la fois qu'ils vont tous casser et ériger des murs entre nous et la source dirigée des peurs; c'est la trajectoire haute du schéma passant par l'état d'Absencing
  • entreprendre un voyage du U pour faire émerger à la fois une vraie décision personnelle et un futur émergent collectif
Ce voyage du U en plusieurs étapes. La première étant de sortir des stéréotypes et d'ouvrir notre esprit. Par exemple, connaissez-vous l'initiative Laprimaire.org ? C'est un processus de primaire organisé en dehors des partis politiques qui permet de faire émerger une française ou un français en utilisant l'outil internet. A ce jour, il y a 5 finalistes. L'esprit ouvert et la curiosité, c'est ce qui nous permet ici de ne pas penser que les élections présidentielles, ça se passe toujours de la même façon et qu'on ne s'y retrouve pas. L'esprit ouvert, ça n'est pas facile avec Internet dès lors qu'on utilise les réseaux sociaux et les moteurs de recherche. Otto Scharmer fait référence dans son article à la bulle de filtres. Cet instrument redoutable utilisé par Facebook et Google nous fait tourner en rond dans notre vision du monde : on ne nous présente que les informations et les personnes qui iront dans le sens de nos opinions, de nos croyances. D'où l'utilisation du mot "bulle" : on nous enferme ou nous nous enfermons dans notre bulle avec l'illusion que notre monde est le monde.

La deuxième étape est de nous intéresser à la réalité de la situation de toutes celles et tous ceux qui ne sont pas dans notre situation. Se mettre à la place des autres. En prêtant attention à ne pas confondre avec le mouvement intellectuel "je pense à la place des autres". Ce n'est pas un mouvement intellectuel mais bien si possible une immersion dans cette réalité. Ce qui nous permet de voir cette situation de manière plus indulgente et avec compassion quand celle-ci est plus lourde à porter que ce qu'on pouvait le voir de loin. C'est l'ouverture du cœur qui nous permet de faire cela.

Avoir l'esprit ouvert et le cœur ouvert ne suffisent pas car l'étape suivante est tout aussi délicate et difficile : celle de ne pas faire machine arrière car on peut se sentir dans l'impuissance ("oui, mais que puis-je y faire moi tout seul ?") ou/et dans la peur de sortir des chemins battus, de s'engager vers quelque chose qui peut nous sembler à la fois inconnu et inconfortable. L'inconfort à cette étape peut ramener au point de départ, pour revenir aux habitudes plus confortables même si elles ne sont pas satisfaisantes, voire destructrices sur certains plans. Et c'est bien à la fois, le courage, la volonté et la patience qui vont nous donner la capacité à lâcher vraiment prise et à entrevoir dans cette étape un futur émergent à co construire. Ce futur émergent qui s'annonce dans l'état de Presencing, un état de grande connexion entre soi, la nature, les autres et sa propre nature.
Ici, pour le sujet qui nous occupe, le projet de société que l'on veut co construire et la part, aussi modeste soit-elle que l'on peut apporter.

Un futur émergent qui pourra se traduire dans les étapes de remontée du U par des actes qui nous changeront de nos habitudes, des petits pas, peut-être maladroits, qui n'iront pas forcément dans la bonne direction, mais il sera possible d'ajuster les suivants.

Tout l'enjeu de ce voyage du U étant de conserver cette présence qui nous permet d'avoir l'esprit, le cœur et la volonté ouverts et un fort niveau de connexion avec la nature, les autres et notre vraie nature.

Tout l'enjeu pour les élections qui se profilent étant que chacun-e de nous puisse se considérer comme actrice et acteur d'un futur émergent qui nous enthousiasme, qui soit réaliste et qui nous engage. Un futur qui mette le bien-être physique, psychique et social et le bonheur délibérément dans l'ADN de notre société.

dimanche 23 octobre 2016

10 gestes de la reconnaissance au quotidien (Edition 2)

Le 19 novembre 2015, je vous proposais un schéma et un diaporama sur la reconnaissance au quotidien en 10 gestes. Auparavant, j'avais édité une première version où 6 gestes étaient mis en avant. Je remercie toutes celles et tous qui ont porté intérêt à mes deux articles.

Voici la 2ème édition de ces 10 gestes de la reconnaissance au quotidien avec une nouvelle forme et dans laquelle j'ai ajouté un astérisque pour les gestes de valorisation. Il s'agit de mettre en évidence que la reconnaissance est amplifiée quand elle va au delà du style télégraphique "merci" ou "bravo" ou "j'aime".

J'en ai fait l'expérience récemment avec Isabelle Sentkar que je remercie publiquement ici pour l'inspiration qu'elle m'a donnée : elle m'a fait un retour argumenté et valorisant d'une action sociétale que nous venons de lancer avec mes compères du comité éditorial de laqvt.fr et de Novéquilibres. Quand j'ai lu le feedback écrit qu'elle m'a fait, je me suis fait la réflexion suivante "Elle a parfaitement compris et retranscrit l'essence de cette initiative. Elle a compris et nous valorise sur le pourquoi, le comment et le quoi de cette initiative". J'ai ressenti une émotion beaucoup forte que si elle m'avait exprimé : "super, bravo pour votre initiative" comme d'autres ont pu le faire par ailleurs. Indéniablement, je me suis senti très intensément reconnu pour le travail réalisé. Et cette intensité en terme de reconnaissance m'a conduit encore plus à ressentir de la gratitude pour son geste et à exprimer à mon tour ma reconnaissance.
Je renvoie à un article précédent mettant en évidence le jeu de ping pong de la reconnaissance.

Voici donc 10 gestes de la reconnaissance au quotidien, sous la forme d'un schéma et d'un diaporama.








Accès au pense-pas-bête sur la reconnaissance en 10 gestes du quotidien (pdf)

lundi 17 octobre 2016

Coopération, reconnaissance, gratitude ... et miel

Dans la conférence TEDxNante intitulée "La monnaie Eutopique", Massimo AMATO, économiste, historien, philosophe a tenu les propos présentés dans l'illustration suivante :



La coopération, telle qu'il l'évoque ici n'est pas celle sur laquelle je travaille fréquemment à savoir celle qui nous fait travailler ensemble sur un même objet dans un même but. Il parle de la coopération qui nous fait travailler les uns pour les autres, dans le respect et l'attention mutuelle.

Celle qui fait par exemple que je vais acheter du miel à un apiculteur. Apiculteur qui, en passant, lui-même coopère avec des abeilles qui elles-mêmes coopèrent entre elles.

En achetant du miel, j'achète le fruit du travail de l'apiculteur et des abeilles. Je reconnais son travail en lui payant le prix juste de son travail. Je peux aussi le féliciter pour la qualité de son miel, pour son amabilité.

Je peux lui apporter encore plus de reconnaissance en lui posant des questions sur son métier, en me donnant du temps pour comprendre la réalité de son travail et en prenant conscience encore plus du juste prix de tout le travail qu'il fournit pour la production de son miel et pour sa commercialisation, y compris en me redonnant la monnaie de ma pièce (billet en l'occurrence). Et j'aurai envie probablement de lui donner plus que ma reconnaissance financière : le remercier pour tout son travail qui me permet de déguster du miel, avec un métier qui devient de plus en plus dur et de plus en plus aléatoire avec les impacts de la pollution.

Et peut-être que l'apiculteur aura de la reconnaissance pour moi de m'être intéressé à son travail, la reconnaissance devenant symétrique.

Je ne prends pas cet exemple au hasard : c'est bien le fruit - voire le nectar - d'une amitié avec un couple d'apiculteurs.

dimanche 16 octobre 2016

Carnet de voyage en Théorie U - Episode 3

Voici le troisième épisode de mon carnet de voyage en Théorie U que j'ai entrepris à l'occasion du MOOC u.lab: Leading From the Emerging Future qui a démarré le 8 septembre dernier.

La Théorie U est une méthode qui aide à la transformation des organisations, de la société et des individus pour créer une connexion plus forte au niveau écologique (entre soi et la nature), social (entre soi et les autres) et spirituel (entre soi et soi). J'ai mis mon grain de sel en ajoutant une référence au corps (santé physique et mentale) dans une animation commentée qui fait l'objet de ce 3ème épisode.

Voici ci-dessous un diaporama pour le troisième épisode de ce voyage.





Pour celles et ceux qui seraient intéressés pour partager ce MOOC sur la région de Bordeaux, j'ai créé un Hub qui se réunira pour la première fois le jeudi 27 octobre 2016 apm à l'écosystème Darwin.

lundi 3 octobre 2016

Quelle surprise ?

Et si le mot de votre semaine était "surprise" ?

Bon, mais quelle surprise ? Bonne ou mauvaise ? Ce qui est sûr, c'est que la surprise n'admet pas de milieu entre excellente surprise et épouvantable surprise.

Selon le caractère, si je vous annonce une surprise pour cette semaine, peut-être que certaines personnes feront le dos rond, d'autres vont avoir les yeux qui vont pétiller.

Probablement que peu de personnes comprendront à mon annonce que la surprise, en fait c'est à elle de la construire pour d'autres ou tout simplement de voir elles-mêmes leur quotidien avec plus d’acuité et d'y découvrir des choses inattendues.

Mettre plus de surprises dans notre quotidien permet de voir la vie plus belle, plus remplie.

Par ailleurs, ça cultive les liens avec autrui. Pourquoi  ?

Si nous décidons de faire des petites ou grandes (bonnes) surprises à d'autres personnes, cela va probablement leur procurer de la joie et de la gratitude.

Si nous décidons de prendre le temps de vivre le quotidien avec un œil neuf, alors nous décèlerons probablement plusieurs choses surprenantes qui nous feront voir des personnes différemment, qui vous feront ressentir de la gratitude envers elles et leur exprimer de la reconnaissance.

Bref, (se) créer des surprises, c'est gagnant-gagnant : des émotions positives pour soi et pour autrui.

Alors, plutôt que d'attendre des surprises d'autres personnes ou de la providence, c'est encore mieux d'être actif en la matière, car c'est à notre portée.

Ci-dessous une petite surprise qui m'a été faite par la nature (et que je me suis faite en l'observant) au cours d'une promenade


En passant, il est vrai que les téléphones portables, qui font aussi appareil à photo, nous permettent de saisir très facilement et quand on le veut les choses qui nous surprennent et de pouvoir les revoir après. C'est ce qui s'est passé hier avec ces espèces de trèfles avec la rosée du matin concentrée en petites gouttes aux extrémités des feuilles.

dimanche 18 septembre 2016

Carnet de voyage en Théorie U - Episode 2

Voici le deuxième épisode de mon carnet de voyage en Théorie U que j'ai entrepris à l'occasion du MOOC u.lab: Leading From the Emerging Future qui a démarré le 8 septembre dernier.

La Théorie U est une méthode qui aide à la transformation des organisations, de la société et des individus pour créer une connexion plus forte au niveau écologique (entre soi et la nature), social (entre soi et les autres) et spirituel (entre soi et soi).

Cette méthode participe à l'amélioration du bien-être psychologique et des relations interpersonnelles. C'est donc bien naturellement que j'ai décidé d'héberger ce carnet sur mon blog sur le bonheur.

Voici ci-dessous un diaporama pour le deuxième épisode de ce voyage.





Pour celles et ceux qui seraient intéressées pour partager ce MOOC sur la région de Bordeaux, j'ai créé un Hub cette semaine. Plus avoir plus d'informations. A voir comment on pourra lui donner vie, en coopération, bien sûr !

lundi 12 septembre 2016

Carnet de voyage en Théorie U - Partie 1

Otto Scharmer le concepteur de la Théorie U dit dans une de ses vidéos :
"Nous créons collectivement des résultats que personne ne veut, mais la question est, pourquoi ?
Personne, ni vous, ni moi, ne se lève le matin et en se regardant dans le miroir dit : OK, aujourd’hui, une fois de plus, je vais détruire la nature, causer un préjudice et/ou de la violence sur d'autres personnes, et augmenter mon propre degré de malheur.
Personne ne fait cela. Pourtant, collectivement, c’est exactement ce que nous faisons aujourd'hui."
(Traduction française).

Je vous propose de partager avec vous le voyage que j'entreprends avec la Théorie U à l'occasion du MOOC u.lab: Leading From the Emerging Future qui a démarré le 8 septembre dernier.

La Théorie U est une méthode qui aide à la transformation des organisations, de la société et des individus pour créer une connexion plus forte au niveau écologique (entre soi et la nature), social (entre soi et les autres) et spirituel (entre soi et soi).

Cette méthode participe à l'amélioration du bien-être psychologique et des relations interpersonnelles. C'est donc bien naturellement que j'ai décidé d'héberger ce carnet sur mon blog sur le bonheur.

Voici ci-dessous un diaporama pour le premier épisode de ce voyage.





samedi 3 septembre 2016

Déconnecter (19)

Alors que le droit à la déconnexion devrait se concrétiser dans le monde du travail à partir de 2017, voici une illustration que j'ai composée pour le déconnexion du travail et des outils connectés :


Pour la petite histoire, j'ai pris cette photo dans le parc Monceau à Paris en mai 2010. Comme quoi la nature existe même à Paris.

Il ne faut pas nous y tromper, le droit à la déconnexion n'est pas tout car il renvoie à la responsabilité des employeurs, à la responsabilité collective de ne pas être sollicité en dehors des horaires habituels du travail et de ne pas continuer à développer la culture du présentéisme en France (présentéisme dans le sens : plus longtemps on est présent au travail, plus on est reconnu, et inversement moins on joue ce jeu, plus on risque des remarques acerbes).

C'est aussi sa propre responsabilité individuelle quand il n'y a pas de pression particulière de :

  • prendre des moments de récupération dans sa journée (pause, micro-pause, s'étirer, ...)
  • limiter la durée de la journée de travail, prendre effectivement le temps de récupération hebdomadaire et les congés, le tout pour investir ses autres sphères de vie (cf concept du réseau de sphères)
  • ne pas interroger sa boite email professionnelle en dehors du travail
  • (ré)interroger le cas échéant la façon dont on occupe son temps de trajet (si on l'utilise pour travailler)
Le droit à la déconnexion n'est donc pas tout : il est couplé au devoir de déconnexion, sans quoi je suis persuadé qu'on sous-estime les enjeux, en particulier celui de la psychologie, du pouvoir magnétique des objets connectés et du pouvoir addictif du travail.

J'ai traité du sujet de la déconnexion à plusieurs reprises sur laqvt.fr avec en fil rouge une initiative intitulée la déconnect attitude.

mardi 30 août 2016

Les titres accrocheurs/racoleurs sur le bonheur


Dans ma veille sur le bonheur et la psychologie positive, je suis confronté régulièrement à des titres d'articles conçus pour attirer l'attention, mon attention en l'occurrence. A force de réaliser cette activité, c'est devenu pour moi un jeu de deviner quels sont ceux qui annoncent un article creux, convenu ou façon minimum syndical. Certains types de titres reviennent très souvent, conseillés par certains experts de la toile utilisant eux-mêmes leurs propres conseils dans des articles intitulés "10 recettes pour trouver des articles qui cartonnent", "comment écrire un bon titre  ?", "les secrets d'un titre accrocheur", ...



Je suis quelques fois surpris par le peu de lien entre le titre de l'article et son contenu. Je me demande si le bonheur n'est pas un mot à l'effet magnétique utilisé quelques fois pour piéger les visiteurs.

Je me suis amusé à imaginer quelques titres avec le mot bonheur en reprenant les conseils que l'on peut trouver afin de rendre un titre accrocheur. Un autre moyen aurait été d'utiliser un moteur de recherche et de vous épingler ici les plus beaux spécimens de titres. Mais ça aurait été moins amusant pour moi. Alors voici le fruit de ce petit exercice :


  • Les 8 conseils pour être heureux
  • La fin annoncée du malheur sur terre
  • Le bonheur au travail : ce qui va changer pour la rentrée 2016
  • Comment devenir heureux grâce à ma grand-mère
  • Comment j'ai réussi à devenir heureux malgré mon handicap
  • Méditation Vs Sophrologie : quelle est la technique la plus efficace pour conduire au bonheur ? 
  • Le top 10 des proverbes les plus appréciés sur le bonheur
  • Tout ce que vous n'avez jamais osé demander sur le bonheur
  • Les secrets du bonheur de Laurent Outtant
  • Les secrets du bonheur assuré
  • LA méthode infaillible pour être heureux
  • Le bonheur : demain, c'est pour vous !
  • Où trouver le bonheur près de chez vous ?
  • Soyez malin : le bonheur est à votre portée
  • La découverte du siècle des scientifiques sur le bonheur
  • Pour réussir votre rentrée 2016 avec bonheur
  • Le témoignage exclusif de Laurent Outtant sur son nouveau bonheur
  • Comment se débarrasser en 7 jours de tous mes obstacles au bonheur
  • Soyez heureux comme Laurent Outtant
  • Le guide 2016 GRATUIT du bonheur
  • Le bonheur devient une priorité du quinquennat
  • Une nouvelle molécule pour favoriser le bonheur : le Vatican réagit
  • Faut-il interdire le bonheur en prison ? Les partis de la majorité s'affrontent
  • Pourquoi le bonheur ne sera décidément pas dans notre quotidien en 2017
  • Gougueule annonce un moteur de recherche dédié au bonheur
  • Des mathématiciens équatoriens viennent de poser le bonheur en équation

Un bon exercice pour le choix de titre pour mes prochains articles ? Que nenni !

jeudi 25 août 2016

Echanger des savoirs (18) ... grâce aux RERS

Parmi les ingrédients pour développer le bien-être psychologique, quatre trouvent une magnifique opportunité d'être couplés grâce aux Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs (RERS).


Je commence par donner la liste de ces 4 ingrédients, puis je vous en dirai plus sur les RERS.

Les 4 ingrédients concernés sont :
  1. créer et cultiver des liens : le relationnel constitue le levier le plus puissant d'après de nombreuses études menées en psychologie positive
  2. apprendre, se développer
  3. donner, faire acte d'altruisme
  4. apprécier, ressentir de la gratitude pour ce que l'on reçoit et exprimer de la reconnaissance à qui nous donne
Avec la rentrée qui approche, voilà une bonne idée d'activité à laquelle on peut participer quel que soit son niveau de disponibilité et qui permet de mettre en jeu ces 4 ingrédients : le Réseau d'Echange Réciproque de Savoirs. 

Chacune et chacun dans le réseau (il en existe un peut-être près de chez vous) est à la fois demandeur et offreur de savoirs. Il n'y a pas celles et ceux qui donnent (des professeurs) et celles et ceux qui reçoivent (des élèves). Chacune et chacun tour à tour peut transmettre un savoir à quelqu'un et recevoir un savoir d'une autre personne. 
Souvent quand on rentre dans un RERS, on est invité à exprimer au moins une offre et au moins une demande, car chaque personne est engagée à se questionner sur ce qu'elle aimerait savoir et sur ce qu'elle sait et qu'elle pourrait transmettre, et nul besoin d'être professeur diplômé pour transmettre son savoir.
La double casquette offreur/demandeur

On échange les savoirs gratuitement. Pas de hiérarchie entre les savoirs et surtout on a toutes et tous des savoirs, des savoirs faire, des astuces, des recettes, ... sur quantité de sujets : l'informatique, les langues, le jardinage, le bricolage, les arts, la cuisine, le maquillage, l'écriture, l'utilisation d'un smartphone, l'histoire des monuments de la région, le chant des oiseaux, ... le champs des possibles est infini. Nous avons tellement de choses à apprendre les uns des autres, en particulier avec les anciens et des savoirs ancestraux qui pourraient se perdre.

Il s'agit de réciprocité ouverte : par exemple : j'apprends une technique de jardinage auprès de Nicole; je n'ai pas de "dette" ou d'obligation à rendre à Nicole; quelques semaines plus tard, je vais expliquer à Luc comment créer un compte facebook, le paramétrer et le faire vivre. C'est un échange de savoirs, donc, je ne vais pas le faire à la place de Luc. C'est bien d'un apprentissage qu'il s'agit et non d'un service que je lui rends. Luc, amateur émérite de photographie depuis de nombreuses années va donner un cours collectif d'initiation à la photo, ... 

Un échange peut être individuel ou collectif, en fonction du sujet, du type de besoin d'apprentissage, du nombre de personnes intéressées par le savoir, ... Il y a même des configurations où plusieurs personnes forment un groupe sur un sujet qui se réunit régulièrement et en fonction de l'activité du moment, c'est telle(s) ou telle(s) personnes qui apporte(nt) son (leur) savoir. Je donne deux exemples : un groupe qui se réunit sur le sujet de la danse. En fonction du type de danse, ce peut être une ou plusieurs personnes qui "mènent la danse". Un autre exemple : un groupe qui apprend à requinquer des objets que l'on aurait tendance à mettre trop vite à la casse; la personne ou les personnes compétentes en électricité vont transmettre leurs savoirs pour dépanner un objet électrique; pour réparer une table, ce sont plutôt les savoirs en menuiserie qui seront sollicités, ...

Votre réaction sera peut-être "Je n'ai pas le temps de m'investir dans une nouvelle activité". 



En fait, appartenir à un RERS, ce n'est pas comme se lancer dans une activité récurrente chaque semaine ou chaque mois.
Chacune et chacun échange à son rythme en fonction des demandes et offres et de ses disponibilités. Peut-être ferez-vous 1, 2, ... 10 échanges par an. C'est vous qui voyez; faites selon vos envies, vos aspirations, vos disponibilités et les disponibilités des personnes avec qui vous voulez échanger.

Si on a plus de disponibilité, on peut aussi participer à l'animation du réseau; par exemple pour mettre en relation les demandeurs et les offreurs (la mise en relation permet de s'assurer que le demandeur et l'offreur sont sur la même longueur d'onde par rapport à l'échange potentiel). Parce qu'un réseau nécessite bien que quelqu'unes et quelqu'uns s'investissent un peu plus que les autres pour animer le réseau. En étant astucieux, on peut se mobiliser en fonction des disponibilités, être plus présent à une période et moins à une autre, répartir l'animation et les rôles sur suffisamment de personnes pour que l'animation ne repose pas que sur peu de personnes qui risquent de s'épuiser à la longue.

Je fais partie personnellement du Troc savoirs de la cabane http://www.lacabaneaprojets.fr/…/reseau-dechanges-de-savoir…


Vous voulez en savoir plus ?
Le site de l'association Foresco 

NB1 : Le dispositif de RERS a été créé par Claire et Marc Héber-Suffrin dans les années 1970. Ils sont toujours très actifs dans la vie du mouvement animé par l'association Foresco
NB2 : J'ai évoqué le dispositif de RERS en milieu professionnel sur laqvt.fr en 2014 dans l'article Le RERS de La Poste, un dispositif très QVT

mercredi 20 juillet 2016

Faire l'effort de toucher la vérité et la réalité des choses



Suite à l’attentat de Nice, merci aux politiques en plein préparatif des prochaines échéances électorales et à chacune et chacun de nous de faire cet effort gagnant-gagnant qui nous permettra de co construire une société meilleure dans la diversité et de faire face unis à tout ce qui veut
atteindre la vie, petitement, insidieusement ou grandement et spectaculairement.

Un effort qui doit laisser le temps au temps pour ne pas sur-réagir dans la précipitation.

Faisons de cet événement l’opportunité de cultiver les valeurs de la République, allant bien au-delà des frontières de l’hexagone : Liberté, Egalité et Fraternité.

Ne tombons pas dans le piège qui nous fera dégrader chacune de ces 3 valeurs.

mardi 5 juillet 2016

Le présent, un cadeau

Voici une animation de nombreuses fois primées mettant en scène le présent et un cadeau qui fait reconsidérer le présent.


The Present from Jacob Frey on Vimeo.

Quelle partie de notre présent fait-elle notre présent ?


samedi 25 juin 2016

Victoire du Brexit : déficit d'appréciation et comparaison biaisée ?

"Yes ! Mon NON l'a emporté ! Bon, maintenant, euh ... on en fait quoi !"

Voilà comment je résume la position de certains anglais rapportée par le journal de 20 heure de France 2 le jour de la proclamation des résultats.

Je vous livre deux travers qui m'ont semblé prégnants dans cette campagne; deux travers qu'on retrouve selon moi dans beaucoup de campagnes politiques.

Déficit d'appréciation
Il est forcément facile de trouver des choses négatives à dire sur qui que ce soit et  quoi que ce soit. Quitte à forcer le trait, voir à carrément à mentir. Et après, c'est le téléphone arabe, largement dépassé maintenant par les réseaux sociaux. Pour certaines personnes, à partir du moment où une information est véhiculée par Facebook, Twitter and co, ... elle est forcément juste.


S'il est forcément facile de voir le rouge, il y a aussi forcément du vert à voir. Des côtés positifs à apprécier.
Quelles sont les raisons qui nous font ne pas apprécier ce qui pourrait l'être ? Je vous propose quelques raisons :

  • pour apprécier, encore faut-il avoir le temps de prendre conscience de ces choses; et quelques fois, il faut un peu gratter pour ne pas rester à la surface, en restant à la merci des jugements radicaux; quelques fois, il faudrait même plus que gratter pour évaluer toute l'étendue d'un champs très vaste auquel on vous demande de répondre par OUI ou par NON
  • pour apprécier, il faut "combattre" notre tendance humaine plus ou moins prononcée selon chacun.e à focaliser sur le négatif
  • la société de consommation nous entraîne dans une fuite en avant des désirs, des attentes. Dès lors qu'un désir est réalisé, on en crée un suivant, en n'appréciant pas ce que l'on vient d'obtenir. La maxime suivante décrit bien l'enjeu : "Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède".
  • on apprécie plus facilement ce qui nous est destiné particulièrement, que ce qui est donné collectivement, et dont on bénéficie au même titre que d'autres.
  • apprécier une partie d'une chose pour laquelle on est engagé dans un processus de rejet peut créer de la confusion dans les esprits. C'est tellement plus confortable de rejeter en bloc. C'est comme pour un divorce : c'est souvent une solution à un calvaire où rien dans le tableau n'est à mettre à l'actif du conjoint. Pour reprendre le cas du Brexit : c'est tellement plus simple de dire que l'Europe n'apporte que des problèmes à la Grande-Bretagne. Jetez moi l'eau du bain, le bébé et même la baignoire tant qu'on y est, voire le système d'alimentation et de traitement de l'eau !
Peut-on donner plus de place à l'appréciation ? Oui : en cultivant la gratitude. Le journal des gratitudes est un bon moyen de muscler notre capacité à la gratitude. Je proposerai prochainement une adaptation que j'ai faite du journal de gratitude tel qu'il est souvent présenté dans les livres de psychologie positive.

Comparaison biaisée ? De quoi s'agit-il ?

Il est classique dans les campagnes politiques de procéder à de la comparaison biaisée : on compare les avantages du programme proposé, contre les inconvénients du (des) programmes considéré(s) comme opposé(s).
"Rendez-vous compte de toutes les bonnes choses que vous aurez (sûr, de sûr) avec nous, par rapport à tous les malheurs qui vous attendraient avec ce qu'eux vous proposent ! Y a pas photo ! Vous préférez le paradis avec nous ou l'enfer avec eux ?".


Sachant que pour renforcer le côté déséquilibré de cette comparaison, les avantages sont gonflés et on distille plus ou moins de mensonges et d'exagération concernant les inconvénients du (des) autre(s) programmes.

Dans la campagne du Brexit, les médias ont rapporté des mensonges que ce soit sur la courbure des bananes, l'age minimum pour gonfler des ballons qui seraient imposés par l'Europe, ... autant de choses qui sont facilement mémorisables (car incongrues) et quelques chiffres énormes à la fois au sens propre au sens figuré.

Imaginons une campagne - non politique - sur célibat / vie en couple. Quels pourraient être les arguments - simplistes - de chaque camp, chacun usant des stratagèmes évoqués précédemment :

"La vie en couple : c'est le rêve; le célibat conduit à la dépression et le suicide.
Chacune et chacun de nous vit, a déjà vécu ou voit vivre autour de soi une vie en couple et en famille épanouie avec de la complicité, de la solidarité, de la stimulation mutuelle. Ne dit-on pas 1+1=3
A deux, on ferait bouger des montagnes.
Et puis quand on passe à trois, quatre, cinq, ... c'est chaque fois la multiplication des lumières dans le foyer avec des rires, des joies, des petites peines mais qui disparaissent tellement vite.

Le célibat, la solitude ? Mais quand on y pense, c'est horrible. Jean-Jacques Goldman n'a-t-il pas écrit "la solitude se multiplie dans la multitude" ?
Les personnes seules âgées sont beaucoup plus touchées par le suicide que la population moyenne : 28% des suicides alors qu'elles ne représentent que 20% de la population. 100% de ces suicides sont liées à la dépression et touchent surtout des personnes seules. Sans compter tous les suicides de personnes âgées qui n'ont pas été considérés en tant que tel. Le taux de sous-estimation serait de 20% !
Vivre seul mène à la dépression, c'est bien la conclusion qu'il faut retenir !
Mais surtout la vie en couple, c'est assurer la joie de vivre et des cellules familiales qui constituent le socle de notre société."

"Le célibat : c'est formidable; la vie en couple : un enfer.
Rien n'est plus important pour un être humain que de vivre sa liberté, de s'épanouir professionnellement, amicalement, dans ses loisirs, dans sa vie sociale sans être bridé.
Rien n'est plus important que de pouvoir dire ce qu'on pense, de pouvoir faire ce qu'on a envie de faire, de ne pas faire ce qu'on n'a pas envie de faire et de ne pas avoir à demander à l'autorisation ou l'avis de quelqu'un pour faire quelque chose. Déjà que c'est difficile de vivre ça au travail, alors au moins qu'on puisse le vivre dans sa vie personnelle !
Si on a coupé le cordon ombilical, ce n'est pas pour le reconstituer avec quelqu'un d'autre !

Ah, la vie en couple, c'est formidable la vie en couple. Ca l'est tellement que 50% des couples divorcent, la première cause étant l'infidélité et l'égoïsme du conjoint.
L'être humain n'est tout simplement pas fait pour la fidélité. Et on finit toujours par être déçu par son conjoint, qui, fondamentalement, n'est jamais à la hauteur.
Et il y a pire : la violence conjugale, vous en avez forcément entendu parler de la violence conjugale ! Parlons chiffre : 1 million de femmes sont en victimes.
Donc pour résumer : la vie en couple : non seulement on finit - de plus en plus vite - à en être déçu, et en plus c'est le risque pour une femme d'être victime de violence. Et c'est même le cas pour certains hommes !
Rien ne vaut la liberté, la joie d'organiser son temps et de voir ses amies et amis quand on le veut."

A noter qu'on connait bien aussi la comparaison biaisée dans le monde du travail, mais utilisée de manière un peu différente : il s'agit de comparer les inconvénients de ses propres conditions de travail par rapport aux avantages - indécents - des conditions de travail des autres.
Ce qui fige chacun.e et chacun sur des postures et délégitime les difficultés que peuvent rencontrer les autres dans leur travail.
Ce qui explique en partie la difficulté en France à coopérer sur les conditions de travail.

En passant, je signale qu'il y a une voie pour sortir de ce travers quelque peu tragique pour le bien-vivre ensemble : la symétrie des attentions que j'évoquée à plusieurs reprises sur le site laqvt.fr


dimanche 19 juin 2016

Bonheur et pragmatisme

Dans l'article Brest : les Laboratoires Boiron misent sur le bien être au travail sur http://france3-regions.francetvinfo.fr/, on y lit la phrase suivante prononcée par Christian Boiron le directeur général du groupe de même nom (le numéro un mondial de l'homéopathie) :

"Je ne veux pas le bonheur des gens, je veux l'efficacité de l'entreprise et il se trouve que c'est souvent en allant dans le sens du bonheur des gens que j'optimise l'efficacité de l'entreprise"

Comme quoi, l'intérêt à créer le bonheur des collaborateurs ne s'arrête pas qu'aux dirigeants particulièrement humanistes. Il concerne aussi les dirigeants qui ont compris que l'épanouissement des collaborateurs contribue à l'efficacité de l'organisation.

Et si ces deux types de dirigeants se donnaient la main et œuvraient pour mettre en évidence ce lien entre bien-être et efficacité :


  • les pragmatiques se multiplieraient
  • et celles et ceux qui restent finiraient pas suivre car se serait devenu une exigence des salariés et elles/ils n'auraient plus le choix que de s'y intéresser au risque de voir s'évaporer leurs effectifs.

Si on ajoute un éventuel retournement de la tendance du marché de l'emploi au profit des demandeurs, croyez-moi que le bonheur aurait plus sa place dans les organisations.

A noter que ce que je viens d'écrire pour le bonheur est valable aussi pour la Qualité de Vie au Travail (QVT) : il n'y a pas que les dirigeants humanistes qui œuvrent pour la QVT, il y a aussi les pragmatiques qui ont compris que c'est gagnant-gagnant.

mardi 31 mai 2016

Buurtzorg, une conception du travail qui fait envie

Une fois n'est pas coutume, je relaie ici un article que je viens de publier sur laqvt.fr (site d'actualité sur la Qualité de Vie au Travail). Il s'intitule Organisations opales par l'exemple : l'association néerlandaise Buurtzorg



Cet article présente l'association néerlandaise Buurtzorg spécialisée dans les soins à domicile.

A contre-courant de la tendance à la rationalisation et aux logiques du toujours plus, avec toujours moins et pour toujours plus de profits (pour le secteur privé sur cette dernière attente), Buurtzorg repose sur un modèle vertueux dont l'intention première est de rendre les patients autonomes le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions compte tenu de leur maladie ou handicap.

Sortir de la course au temps pour redonner du temps à la relation. Avec une approche gagnant-gagnant très plurielle : les patients, leur famille, les soignants, la société tout entière et même les acteurs du même secteur qui sont incités par la force du mouvement à rapprocher leurs pratiques de ce mouvement en ras de marée positif.

J'ai découvert cette association dans le livre "Reinventing organizations" de Frédéric Laloux (dont il existe une version française conservant le titre en anglais).

J'ai trouvé ce livre très inspirant et plein d'espoir car il présente plusieurs organisations dans le monde entier, de statuts et de secteurs très divers qui ont suffisamment de recul et de résultats pour démontrer qu'il ne s'agit pas seulement d'une utopie mais réellement de contre-propositions efficaces en terme de bien-être des individus et d'efficacité économique. Elles ont fait leurs preuves.

Buurtzorg m'a particulièrement interpellé par le côté contagieux qu'elle a pu initier et faire vivre, à la fois en terme de développement national, de son impact sur le secteur et de l'intérêt qu'elle suscite dans d'autres pays.

J'espère que vous ressentirez autant d'émotions positives à lire cet article que moi j'ai pu en avoir en découvrant cette association à travers les différentes ressources que j'ai pu trouver à son sujet.

dimanche 22 mai 2016

13 facettes Edition 2

Je proposais en août 2015 13 facettes d'une vie au travail pouvant contribuer au bonheur.

Voici une deuxième édition dans laquelle la principale modification est l'ajout d'un mot clé pour chacune des facettes afin de les mémoriser plus facilement.



Voici un diaporama présentant ces 13 facettes :

Licence Creative Commons
"13 facettes de la vie au travail pouvant contribuer au bonheur" de Olivier Hoeffel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à https://onedrive.live.com/redir?resid=50DE3EADEA2AE04E!712&authkey=!APKI6bXp8O7JqxE&ithint=file%2cpptx.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.lesverbesdubonheur.fr/.

Fin

dimanche 1 mai 2016

Mon climat ... selon Jacques Gamblin

Je vous souhaite de ressentir les mêmes émotions que celles que j'ai ressenties à la vision de ce discours de Jacques Gamblin acteur ... et auteur.

Dans le cadre du Parlement sensible des écrivains, lors de la journée "Autrement le monde ? Poésies & écologies", le 28 novembre 2015, Lieu unique, Nantes


vendredi 22 avril 2016

Une étude unique liant la vie relationnelle avec le bonheur et la santé

Une étude longitudinale et unique sur le développement adulte a été lancée en 1938 pour suivre deux populations d'hommes : des étudiants d'Harvard et des jeunes hommes du quartier le plus pauvre de Boston.
Pendant plus de 75 ans la vie de ces hommes, puis pour certains de leur femme et leur famille a été étudiée et continue à être étudiée.
Sur les 724 hommes sélectionnés, 60 sont encore en vie, dépassant les 90 ans.

Robert Waldinger est le 4ème directeur de cette étude exceptionnelle.

Voici une conférence Tedx où il donne les conclusions de cette étude ;



Les 3 enseignements concernent la prégnance des relations humaines sur le bonheur et la bonne santé :

  1. bienfaits d'avoir une vie relationnelle active et ne pas être frustré dans la solitude 
  2. bienfaits d'avoir une vie relationnelle riche (qualitativement Vs quantitativement)
  3. l'impact positif est non seulement sur la santé physique mais aussi sur la mémoire

Ce qui ne change pas depuis 1938 : argent, célébrité restent souvent le moteur du jeune adulte. La réussite devant conduire au bonheur.

Or un des enseignements de la psychologie positive montre la relation inverse : en quoi le bonheur influence la réussite.

dimanche 27 mars 2016

Le jour où je me suis aimé pour vrai

Voici le texte lu par Charlie Chaplin à l'occasion de son 70ème anniversaire.


Il est attribué par Kim McMillen, femme écrivain américaine.

Que du bonheur !

jeudi 24 mars 2016

Le positif dans les zones de turbulence



"Oui, mais ...", on la connait bien cette expression qui bien souvent se poursuit par "... ça ne va pas marcher" ou "... ça n'était pas top" ou "... on pourrait faire (encore) mieux" ou "... ça n'est pas si grave" quand l'auteur de cette objection exprime face à une suggestion d'action que l'objet de sa plainte est à relativiser; par exemple :
" - Je me sens très fatigué
  - Va chez le médecin !
  - Oui, mais bon, ce n'est qu'un petit coup de fatigue, ça ira mieux demain"

Oui, mais, il y a un "Oui, mais" plus positif, celui utilisé quand on est confronté à des zones de turbulence, qu'on en prend acte et que par ailleurs, on arrive à être en conscience que des événements positifs  sont aussi présents, voire constater que ça aurait pu être pire. Et ceci, sans pour autant que cela relève de la méthode Coué.

Je donne quelques exemples qui me sont arrivés :

  • On a cambriolé notre domicile. Oui, mais ... on a eu la chance de ne pas le retrouver vandalisé
  • Mon avion a été annulé avec la grève des contrôleurs. Oui, mais ... j'ai eu de la chance de pouvoir trouver un billet pas trop cher pour revenir le lendemain en train
  • Mon train allait partir quand une annonce du conducteur nous prévient que la tractrice connaît un problème de frein. Oui, mais ... le problème a finalement pu être réglé et au bout du compte je ne suis arrivé qu'avec une heure de retard, ce qui n'a pas été préjudiciable par  rapport à mon agenda du jour
J'ai partagé d'autres turbulences ces temps ci, plus intimes, plus chargées émotionnellement, carrément selon la fameuse loi des séries. Ce n'est pas le lieu ici pour moi de les évoquer, mais à chaque moment de turbulence, j'ai pu apprécier qu'il y avait toujours une situation, un événement, une personne pour me faciliter la confrontation à la turbulence et d'une certaine façon à l'amortir.

C'est aussi une question d'interprétation des situations auxquelles on est confronté. J'ai vécu une autre forme de turbulence il y a quelques semaines, cette fois en avion. J'imagine que la plupart d'entre-nous trouvent cela inconfortable. Moi, aussi. Je me suis fait une réflexion qui ne m'avait jamais traversé l'esprit : les secousses vécues désagréablement en avion, certaines personnes vont en chercher des plus violentes dans les manèges de fêtes foraines ou autres parcs d'attraction. Et pourquoi ne pas fermer les yeux en avion en cas de turbulence et s'imaginer dans un grand huit ?
Bon, j'avoue que pour moi, ça ne m'aiderait pas à grande chose car je n'aime pas ces sensations.
Et pourtant, le fait de m'être fait cette réflexion m'a mis dans un état d'esprit qui m'a permis de vivre moins inconfortablement les turbulences qu'auparavant.


samedi 16 janvier 2016

Une citation, un ancien soldat, une fillette et 1 000€

En regardant le JT de France 2 de 20H vendredi 15 janvier 2016, j'ai été frappé par l'interview de Rob Lawrie, ancien soldat britannique jugé jeudi 24 janvier 2016 pour avoir tenté de faire entrer clandestinement en Angleterre Bahar Ahmadi, une fillette Afghane (à partir de 20mn39sec).


Rob Lawrie, qui menait une action humanitaire dans la jungle de Calais, avait plusieurs fois dû refuser au père qui lui demandait d'emmener sa fille dont il s'était pris d'affection. Elle devait être accueillie en Angleterre par de la famille de la fillette déjà installée en Angleterre.

Et c'est impulsivement, sans prévenir sa femme, qu'il a franchis le pas de ce geste à la fois altruiste et illégal selon les lois françaises et anglaises. C'est sa propre enfance dans un foyer d'accueil où il aurait bien aimé être secouru qui est remonté à la surface et a contribué à son geste impulsif.

Rob Lawrie, interviewé, exprime ses regrets d'un geste qu'il paye fort cher et qu'il aurait pu payer encore plus cher puisqu'il était menacé de passer par la case Prison. Tout en exprimant sa gratitude à la justice française pour le verdict clément de 1 000€ avec sursis.
Des regrets, non seulement parce qu'il considère avoir fait quelque chose de "mal et illégal", mais parce qu'il considère avoir ruiné sa vie et il appelle celles et ceux qui l'écoutent à ne pas suivre son exemple.

"Vous ne pouvez pas aider tout le monde, mais tout le monde peut aider quelqu'un".

Telle est la phrase qui m'interpelle particulièrement en l'écoutant. Vous savez, une forme d’uppercut qui sonne comme une évidence et une direction. Je me suis fait immédiatement la réflexion qu'il me fallait noter cette phrase et en faire quelque chose.

Ce matin, par curiosité, j'ai utilisé un moteur de recherche sur Internet pour voir s'il pouvait s'agir d'une citation, proverbe ou autre. Et effet, oui, il s'agit d'une citation attribuée à Ronald Reagan.

Certaines personnes aiment bien relayer des proverbes, citations, métaphores, verbalement ou par écrit, quelques fois illustrées par une belle photo. On en voit souvent circuler sur les réseaux sociaux. Elles peuvent faire du bien et nous rappeler à des évidences et influencer nos attitudes et nos comportements. Quelques fois, certaines peuvent nous interpellent particulièrement, voire font effet de révélation.

Rob Lawrie, lui a fait plus que citer, il est l'incarnation de ce proverbe. Et c'est à la fois avec tristesse et admiration que je l'ai vu exprimer des regrets alors même qu'un tribunal par sa clémence lui avait envoyé un message explicite de reconnaissance (oui c'était illégal, mais oui c'était aussi un geste humanitaire).

Rob Lawrie a payé cher cette période à Calais et son geste illégal : 30 000€ (une bonne partie de ses économies), il a perdu sa famille, sa femme qui l'a quitté (il ne lui en veut pas car il ne lui avait pas demandé son avis). Il se trouve a posteriori stupide mais sans pour autant renier son combat humanitaire. Il refuse ostensiblement le statut de héros ce qui me le rend d'autant plus sympathique.

Si le tribunal a eu un verdict clément, peut-être peut-on l'attribuer en partie au soutien dont Rob Lawrie a été lui-même bénéficiaire à travers des pétitions (dont une sur change.org ayant rallié 125 000 signatures) qui ont circulé de chaque côté de la Manche.

Puissent les soutiens perdurer permettant à Rob Lawrie de sortir de son sentiment actuel selon lequel il a ruiné sa vie.

En remarquant que d'autres lieux, d'autres lois, d'autres temps, d'autres mises en perspective en feraient/font un tableau où les regrets ne devraient pas avoir leur place.