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mercredi 23 avril 2025

Quelques mots sur la reconnaissance

 Quelques mots sur la reconnaissance

Nous avons toutes et tous besoin de reconnaissance, et ça commence dès la naissance par la présence bienveillante et réconfortante de celle qui nous a porté pendant 9 mois. En réalité, elle était déjà dans une dynamique de reconnaissance avant la naissance : elle a fait particulièrement attention à son hygiène de vie, à son rythme de vie, elle nous a parlé, elle a réfléchi à la façon de nous enfanter, elle a préparé notre arrivée dans le nid douillet, ... 

Une reconnaissance inconditionnelle qui nous dit "tu existes, tu m'es précieuse ou précieux, tu es la chair de ma chair". Une reconnaissance inconditionnelle partagée dans le meilleur des cas par les deux personnes qui ont eu le projet de notre naissance et qui peut s'étendre plus ou moins à d'autres personnes, d'autres sphères.

Pas besoin en revanche d'être reconnu de tout le monde, car un tel besoin ne peut que conduire à de la frustration et de l'amertume. La soif de reconnaissance ne peut jamais être étanchée et forme un cercle vicieux : plus on gesticule pour en recevoir, moins le retour est à la hauteur de la gesticulation.

Et il y a aussi la reconnaissance relative à nos actes, à l'énergie déployée et aux résultats. C'est une forme de carburant qui vient de l'extérieur.

Une autre reconnaissance fondamentale assied notre bien être : le fait de se reconnaître soi-même dans ce qu'on fait parce que nous sommes déterminés à nous relier à nos aspirations les plus profondes et que nous pouvons les satisfaire à travers nos pensées et nos actes, et la résonance entre les deux

Un carburant que nous générons nous-mêmes. Plus nous vivons cette auto reconnaissance, moins nous attendons, voire cherchons, la reconnaissance d'autrui ou de communautés. Moins celle des autres peut arriver à dicter nos actes, y compris dans des directions qui nous font nous contorsionner jusqu'à en perdre notre boussole.

Toute cette reconnaissance, c'est celle que nous recevons, que nous attendons. C'est celle dont on parle le plus.

Il y en a une autre qui nous fait du bien et dont on parle beaucoup moins : la reconnaissance que nous donnons, et notamment l'expression de notre gratitude, car la gratitude est une émotion positive. Je renvoie à ma modélisation de la gratitude.

Conclusion de ces quelques mots : donner de la reconnaissance et agir en se reliant à nos aspirations les plus profondes me semblent les meilleurs façons d'aborder la reconnaissance dans nos vies, tout en sachant aussi inviter si nécessaire à une forme de réciprocité non comptable.

vendredi 13 août 2021

6 responsabilités de bienveillance dans une relation - Chronique sur la Bienveillance - Episode 31

 




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Voici le 31ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.
La bienveillance au sein d'une relation mérite qu'on s'y arrête car pour qu'elle vive pleinement, elle recouvre plusieurs niveaux de responsabilité, et suppose une bonne dose de réciprocité. Elle a un fort risque d'être compliquée à mettre en œuvre dans les relations asymétriques (par exemple : parent - enfant, soignant - patient, ...) où l'une des deux parties a par essence un rôle de bienveillance (attention et/ou soin) envers l'autre, une bienveillance qui pourrait s'entendre à sens unique.

samedi 28 avril 2018

Vos activités sont-elles SUPAIR ?

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Cet article contient une (des) ressource(s) mise(s) en commun par Olivier Hoeffel
J'ai découvert la psychologie positive en 2012 avec le livre "L'apprentissage du bonheur" de Tal Ben Shahar.

Un des éléments de son livre qui m'a particulièrement marqué est l'analyse d'activité intitulé SPA, pour Sens, Plaisir et Aptitude. Cette analyse permet d'identifier dans ses propres activités actuelles ou que l'on pourrait pratiquer, celles qui allient ces 3 dimensions. L'idée étant de donner le plus de place possible aux activités qui ont du sens; des activités dans lesquelles on prend du plaisir et pour lesquelles on se trouve compétent (ou avec des dispositions).

L'analyse est une déclinaison de sa formule super concise du bonheur : Bonheur = Plaisir + Sens (ou autrement dit, du plaisir chargé de sens).

Ma propre pratique de la culture du bonheur et mes rencontres au niveau professionnel, particulièrement avec des personnes développant une activité professionnelle en solo - soit en statut indépendant, soit dans une Coopérative d'Activité et d'Emploi (CAE) - m'a conduit à un sentiment d'incomplétude avec ces 3 dimensions. Je m'explique : une activité professionnelle combinant ces 3 dimensions SPA se suffit-elle de ces 3 dimensions pour apporter du bien-être ?

Il me semble que non. Pour le moins, d'autres dimensions me sont nécessaires à moi, et je pense ne pas être tout seul à le penser pour avoir interagi avec quelques personnes sur le sujet.

Mes réflexions, observations et interactions m'ont amené à enrichir le modèle SPA pour proposer le modèle SUPAIR qui comporte deux déclinaisons : une pour l'activité professionnelle et une pour les activités hors professionnel.

Version pour une activité professionnelle
Version pour les activités hors prof


J'ai voulu distinguer le Sens et l'Utilité car il y a des cas de figure où l'on trouve complètement du sens à ce que l'on fait mais où le effets de l'activité ne semblent pas à la hauteur du sens que l'on y met, posant ainsi potentiellement la question de l'utilité. Une autre dimension portant sur la capacité de l'activité professionnelle à assurer des revenus suffisantes pour vivre décemment avec sa famille.

Deux diaporamas au format pdf donnent quelques précisions sur chaque dimension du SUPAIR, un pour l'activité professionnelle et un pour les activités hors prof.

Ce modèle SUPAIR qui se décline pour les activités prof et hors professionnels est à relier avec le modèle de Réseau de Sphères que j'ai conçu il y a une dizaine d'années.

J'ai réalisé un outil d'autodiagnostic au format Excel pour chacune des déclinaisons. Une version expérimentale. Je les tiens à disposition à qui exprimera son intérêt et s'engagera à me faire un retour d'expérience de son utilisation.




dimanche 26 mars 2017

"Merci !" naît de l'attention, avec un feu d'artifice d'émotions positives


Je commence cet article par un vœux qui pourra sembler manquer d'humilité : que votre vision de la gratitude à vous lectrice ou lecteur soit aussi radicalement transformée (positivement) que la mienne après ma lecture du livre "Merci !" de Robert Emmons, mon appropriation de la gratitude et la conceptualisation et la pratique du processus que j'ai élaboré, objet du présent article.

Voici le schéma de ce processus que je vais détailler, point par point



1/ L'origine : l'attention

Le point de départ de la gratitude est l'attention. De mon point de vue, la gratitude ne se peut se concevoir sans un préalable d'attention. Quand notre esprit est occupé par des pensées (qu'elles soient négatives, neutres ou positives) ou quand on est pris par le temps, il n'y a pas de place pour la gratitude.
Il s'agit de l'attention que l'on porte au moment présent, à nos sensations, aux autres personnes, à ce qu'elles font pour nous personnellement, pour nos proches, pour le bénéfice de nos projets, de ce à quoi nous tenons. Une attention portée aussi à l'environnement tout autour de nous, à sa beauté, à son étrangeté, en utilisant tous nos sens.
Cette attention est facilitée quand on vit le moment en pleine conscience.
En notant que l'attention peut constituer elle-même un geste de reconnaissance. C'est le 5ème des 10 gestes de la reconnaissance au quotidien.

2/ L'appréciation

L'attention et tous nos sens activés nous donnent l'opportunité de vivre une émotion positive : l'appréciation. Une émotion que l'on vit dans son corps et qui peut se combiner avec une dimension cognitive : se dire à soi-même "c'est chouette !", "c'est trop bon", "ça me fait du bien", "oh temps, suspend ton vol !", ...
Pour apprécier, et comme pour l'attention, il ne s'agit pas d'être dans l'urgence. Cela nécessite de se faire le cadeau de se donner du temps et aussi de ne pas avoir autour de soi quelqu'un qui vous fasse une petite remarque du genre "tu ne penses pas que tu as autre chose à faire que de rester le nez en l'air ?"

L'appréciation est donc une émotion positive; mais ce serait dommage de s'arrêter en si bon chemin, car il y a d'autres émotions positives qui nous attendent si on le poursuit. Ou alors, si on en fait le but final systématiquement, on serait dans une vision nombriliste du monde.
Pourquoi ? Parce que beaucoup des choses que nous pouvons apprécier sont attribuables à autrui.

3/ L'attribution

Imaginez que quelqu'un vous rende service. Vous appréciez ce geste et bien évidemment l'action d'attribution est immédiate : vous savez bien à qui vous le "devez" : celle ou celui qui vous a rendu service.
Pour d'autres occasions, ce peut être un peu plus compliqué. Par exemple, vous arrivez le matin au bureau. Il y a une cafetière à votre bureau et quelqu'un a préparé le café, vous vous en êtes servi et vous le dégustez  tranquillement et en plus il est particulièrement bon.
Bien sûr, vous pourriez en rester là. Mais vous pourriez aussi rechercher qui a préparé le café pour le collectif. Peut-être découvrirez vous que celui (celle) qui l'a préparé est particulièrement désintéressée parce que lui (elle) boit du thé qu'il (elle) a préparé le café en parallèle dans un élan altruiste.
J'appelle cela "la petite enquête". Celle que l'on peut mener aussi le matin en été quand quelqu'un a eu l'heureuse idée d'ouvrir les fenêtres le matin pour rafraîchir les bureaux.

Maintenant que vous savez qui a préparé le café ou qui a ouvert les fenêtres, non seulement vous avez vécu une émotion positive en dégustant le café ou en ressenti avec délice le courant d'air frais, mais vous allez pouvoir entrer de plain pied dans le champ de la gratitude.

Avant donc d'aborder franchement la gratitude, je veux préciser que dans certains cas, l'attribution ne semble pas une étape pertinente : par exemple, si j'admire un paysage, en première intention, je ne vois pas à qui attribuer ce moment. Si je crois en un dieu, je peux l'attribuer à ce dieu. Mais je peux aussi l'attribuer à toutes et celles et tous ceux qui ont participé à la préservation de ce paysage, connus ou inconnus. Et donc en réalité, cette action d'attribution a le mérite quelques fois de nous faire prendre conscience de l'interdépendance entre nous et quantité d'êtres présents ou passés sur cette planète. En dernier ressort, on peut aussi penser "Merci la vie !".

4/ Le ressenti de la gratitude

Quand on évoque la gratitude, on va souvent un peu trop vite en l'assimilant à l'expression de la gratitude, ce qui nous renvoie probablement à notre éducation pendant l'enfance "dis merci à la dame qui vient de te donner un bonbon !", "et on dit quoi ? Merci !" Quand je me remémore les messages parentaux que j'ai pu recevoir et que j'ai vu administrer à des générations qui se sont succédé et avec la vision panoramique que j'ai acquise sur la gratitude, je me dis qu'on ne nous a vraiment pas cultivé les vertus de la gratitude par le bon fil. On a utilisé avec nous les leviers du devoir et de la politesse alors que celui des émotions positives eut été plus pertinent et plus plaisant.

En effet, la gratitude est en premier lieu et en premier temps une émotion positive. Quelque chose que l'on peut ressentir dans son corps. Je me souviens avoir ressenti un jour une émotion positive tellement puissante que mon corps a été traversé d'un frisson qui a circulé du haut de ma nuque jusqu'au bas de mon dos. En notant en passant, que la gratitude ressenti à cette occasion ne se rapportait pas à un événement du présent mais au cours d'une pensée de gratitude envers quelqu'un qui avait donné beaucoup d'énergie et de ses compétences pour un projet que nous avions en commun.

5/ L'expression de la gratitude

Alors franchement, je vous le dis : ce serait tout de même dommage de ressentir de la gratitude pour quelqu'un et ne pas la lui exprimer.
Sauf que bien entendu, il y a des freins : on n'a pas le temps, on n'a pas eu le réflexe de l'exprimer au moment du geste qu'autrui a fait pour nous, on n'ose pas le remercier car on sait que c'est une personne qui a du mal à recevoir les remerciements et les compliments, ...

Et c'est d'ailleurs le moment de prendre conscience d'un effet miroir très important : en tant que spécialiste de la Qualité de Vie au Travail, je sais encore plus que d'autres en quoi la reconnaissance est en moyenne une attente non assouvie des individus au travail. Quand on visualise le processus décrit dans le schéma donné dans cet article, on voit le nombre d'étapes et de conditions préalables pour atteindre cette étape 5. Et donc, il est possible que nous soyons autant frustrés de ne pas recevoir de la reconnaissance d'autrui, qu'autrui est frustré de ne pas recevoir de reconnaissance de notre part. Ce qui, entre parenthèses, fait alors considérer le sujet de la reconnaissance au travail avec un angle très nouveau : celui de la culture de l'appréciation et des émotions positives; une autre façon de voir ce nouvel angle : aborder la reconnaissance non pas par celle qu'on attend mais par la gratitude qu'on ressent et qu'on exprime. Je ne vais pas plus loin dans cet argumentaire que je reprendrai probablement prochainement sur laqvt.fr

6/ L'attention portée au feedback

Exprimer sa gratitude pourrait être considéré comme le bout du chemin de gratitude.

En réalité, et bien souvent, le chemin continue parce que l'expression de la gratitude est une interaction (exprimée en face à face ou par écrit via une lettre ou peut-être aussi via les réseaux sociaux). Et la personne bénéficiaire peut réagir, avec diverses formes de retours. Par exemple :


  • "tu le mérites bien"
  • "ce n'est qu'un juste retour des choses"
  • "en fait, je n'ai fait que t'écouter et c'est toi qui a trouvé la solution à ton problème"
  • "c'est super gentil de me remercier, je n'ai tellement pas l'habitude de ça. Alors, à mon tour, je te remercie. Tu n'imagines pas le bien que tu viens de me faire"
  • un "j'aime" sur un commentaire "merci" posté sur Facebook
L'attention portée au feedback donne donc l'opportunité de ressentir de nouvelles émotions positives. Elle permet de construire ou de cultiver des liens.

Elle boucle la boucle et consacre le cercle vertueux de la gratitude qui nous fait voir la vie plus belle, les autres aidant, le monde plus beau et le lendemain plus attirant.

J'évoque le mot "lendemain" car si la gratitude peut se vivre en direct live, elle peut aussi se cultiver par l'intermédiaire de rituels en différé; c'est le cas par exemple pour l'utilisation du journal de gratitude que j'ai présenté sur ce blog (le journal AGIR).

Je signale pour terminer le livre de Rebecca Shankland, chercheuse en psychologie positive, spécialiste de la gratitude. Il est intitulé "Les pouvoirs de la gratitude"







dimanche 23 octobre 2016

10 gestes de la reconnaissance au quotidien (Edition 2)

Actualisation : la dernière version des gestes de reconnaissances au quotidien propose 15 gestes. Accès à l'article présentant ces 15 gestes de reconnaissance.

Le 19 novembre 2015, je vous proposais un schéma et un diaporama sur la reconnaissance au quotidien en 10 gestes. Auparavant, j'avais édité une première version où 6 gestes étaient mis en avant. Je remercie toutes celles et tous qui ont porté intérêt à mes deux articles.

Voici la 2ème édition de ces 10 gestes de la reconnaissance au quotidien avec une nouvelle forme et dans laquelle j'ai ajouté un astérisque pour les gestes de valorisation. Il s'agit de mettre en évidence que la reconnaissance est amplifiée quand elle va au delà du style télégraphique "merci" ou "bravo" ou "j'aime".

J'en ai fait l'expérience récemment avec Isabelle Sentkar que je remercie publiquement ici pour l'inspiration qu'elle m'a donnée : elle m'a fait un retour argumenté et valorisant d'une action sociétale que nous venons de lancer avec mes compères du comité éditorial de laqvt.fr et de Novéquilibres. Quand j'ai lu le feedback écrit qu'elle m'a fait, je me suis fait la réflexion suivante "Elle a parfaitement compris et retranscrit l'essence de cette initiative. Elle a compris et nous valorise sur le pourquoi, le comment et le quoi de cette initiative". J'ai ressenti une émotion beaucoup forte que si elle m'avait exprimé : "super, bravo pour votre initiative" comme d'autres ont pu le faire par ailleurs. Indéniablement, je me suis senti très intensément reconnu pour le travail réalisé. Et cette intensité en terme de reconnaissance m'a conduit encore plus à ressentir de la gratitude pour son geste et à exprimer à mon tour ma reconnaissance.
Je renvoie à un article précédent mettant en évidence le jeu de ping pong de la reconnaissance.

Voici donc 10 gestes de la reconnaissance au quotidien, sous la forme d'un schéma et d'un diaporama.








Accès au pense-pas-bête sur la reconnaissance en 10 gestes du quotidien (pdf)

lundi 17 octobre 2016

Coopération, reconnaissance, gratitude ... et miel

Dans la conférence TEDxNante intitulée "La monnaie Eutopique", Massimo AMATO, économiste, historien, philosophe a tenu les propos présentés dans l'illustration suivante :



La coopération, telle qu'il l'évoque ici n'est pas celle sur laquelle je travaille fréquemment à savoir celle qui nous fait travailler ensemble sur un même objet dans un même but. Il parle de la coopération qui nous fait travailler les uns pour les autres, dans le respect et l'attention mutuelle.

Celle qui fait par exemple que je vais acheter du miel à un apiculteur. Apiculteur qui, en passant, lui-même coopère avec des abeilles qui elles-mêmes coopèrent entre elles.

En achetant du miel, j'achète le fruit du travail de l'apiculteur et des abeilles. Je reconnais son travail en lui payant le prix juste de son travail. Je peux aussi le féliciter pour la qualité de son miel, pour son amabilité.

Je peux lui apporter encore plus de reconnaissance en lui posant des questions sur son métier, en me donnant du temps pour comprendre la réalité de son travail et en prenant conscience encore plus du juste prix de tout le travail qu'il fournit pour la production de son miel et pour sa commercialisation, y compris en me redonnant la monnaie de ma pièce (billet en l'occurrence). Et j'aurai envie probablement de lui donner plus que ma reconnaissance financière : le remercier pour tout son travail qui me permet de déguster du miel, avec un métier qui devient de plus en plus dur et de plus en plus aléatoire avec les impacts de la pollution.

Et peut-être que l'apiculteur aura de la reconnaissance pour moi de m'être intéressé à son travail, la reconnaissance devenant symétrique.

Je ne prends pas cet exemple au hasard : c'est bien le fruit - voire le nectar - d'une amitié avec un couple d'apiculteurs.

jeudi 19 novembre 2015

10 gestes de la reconnaissance au quotidien

Actualisation : la dernière version des gestes de reconnaissances au quotidien propose 15 gestes. Accès à l'article présentant ces 15 gestes de reconnaissance.

Le 18 octobre dernier, je vous proposais un schéma et un diaporama sur la reconnaissance au quotidien. 6 gestes étaient mis en avant. Je remercie toutes celles et tous qui ont porté intérêt à mon article.

Au risque de produire un schéma plus compliqué et de dépasser le fameux seuil de 7 qu'il est préférable de ne pas dépasser pour la mémorisation, j'ai voulu ajouter 4 gestes qui m'ont semblé tout aussi importants en terme de reconnaissance.

Voici donc 10 gestes de la reconnaissance au quotidien, sous la forme d'un schéma et d'un diaporama.






Un merci en particulier à Patrick Rosez et sa critique constructive qui m'a amené à ajouter le geste n°9 qui met justement la critique constructive en geste de reconnaissance.

Accès au pense-pas-bête sur la reconnaissance en 10 gestes du quotidien (pdf)

dimanche 18 octobre 2015

6 gestes de la reconnaissance au quotidien

Actualisation : la dernière version des gestes de reconnaissances au quotidien propose 15 gestes. Accès à l'article présentant ces 15 gestes de reconnaissance.

A combien d’enfants a-t-on seriné depuis des générations : "Dis bonjour !" et "Dis merci !" ?

Si on doit prendre la reconnaissance par ce bout là, ça ne va pas être engageant.

Alors, sur le sujet de la reconnaissance, il s'agit de trouver d'autres modalités et motivations pour adopter des gestes de  reconnaissance au quotidien ...
… au travail, en famille, avec les amis, avec les connaissances, dans la rue.

Je vous propose de considérer la reconnaissance avec 6 gestes du quotidien et dont certains ne nous renvoient pas forcément à notre conception de la reconnaissance.



Regard et sourire
Quand on voit une personne de loin qui s'approche et qu'elle nous fait un grand sourire, en voilà un beau signe de reconnaissance ! Soit elle nous a déjà vu, et on peut facilement l'interpréter comme "Je t'ai reconnu" et "je suis content de te voir".
Soit, c'est une personne qui nous est inconnue - et on a tendance à penser qu'on lui est aussi inconnu, sauf si on est une personnalité publique - et on peut l'interpréter comme "Elle me trouve sympathique".
La sourire est un atout formidable pour le bonheur. Dans notre cerveau, nous avons des neurones un peu particuliers, les neurones miroirs qui instinctivement nous conduisent à reproduire les gestes que l'on voit en face de nous. Donc si une personne nous sourit, nous allons avoir une tendance à lui répondre par un sourire, un peu comme un bâillement appelle à un bâillement.
Alors, maintenant, il y a sourire et sourire. Certains sont forcés et ça peut se voir.
Un sourire authentique se repère par la contraction du muscle orbiculaire de l’œil. Ca a été observé par le neurologiste Duchenne de Boulogne, d'où l'appellation de ce sourire "le sourire de Duchenne".
Pour ma part, je trouve qu'un sourire authentique est aussi observable par l'intensité du regard. 
Régulièrement, j'aborde un sourire engageant dans les files d'attente aux caisses de supermarché et je m'aperçoit très souvent que ça a un effet contagieux.
Maintenant, n'oublions pas un préalable : le sourire nécessite d'abord de se regarder. Une évidence pas tellement évidente quand on se trouve dans une rame de métro ou dans un ascenseur.

Bonjour !
"Bonjour !" est un  signe de reconnaissance en soi, et vraiment au sens premier. Certains commerçants utilisent malignement le bonjour en y accolant notre nom ou prénom pour clairement nous indiquer qu'ils nous ont reconnu.
Dans certaines circonstances, le fait que quelqu'un que l'on connait peu nous appelle par notre nom a un effet positif sur nous : "tiens, il m'a reconnu; je ne pensais pas qu'il se souviendrait de moi". Alors si en plus il nous demande des nouvelles de notre enfant qui était malade la seule fois où on l'a vu, on peut se dire "Au moins celui-là, il écoute vraiment ce qu'on lui dit !"
Le "bonjour" est un signe de reconnaissance à la fois si simple et si compliqué. Si simple car il tient en deux syllabes, car il fait partie des habitudes qu'on nous a inculquées.
Si compliqué, car dans un monde où tout un chacun va plus vite (y compris les retraités) et n'a pas le temps de s'arrêter, un "bonjour" fait prendre le risque d'être en dehors des clous du programme de la journée. ce qui fait que de plus en plus, on fait des impasses. Et puis essayez de dire bonjour quand vous êtes scotché sur votre smartphone en train de marcher dans la rue : on ne peut plus se donner l'opportunité de reconnaître les personnes que l'on croise.
Pour certaines personnes, "bonjour" est un acte difficile parce qu'elles sont timides. Ce qui peut nous faire interpréter de la timidité pour de l'impolitesse, voire un signe volontaire de refuser une interaction.

J'aime !
Le fait qu'on nous dise qu'on aime ce qu'on est, ce qu'on fait, ... est un signe de reconnaissance qui nous fait un bien fou. Comme pour le sourire, il s'agit tout de même que ce soit sincère. S'il y a supercherie dans l'air (pour obtenir quelque chose) ou si le "j'aime" est dénaturé tellement il est utilisé, un peu comme une ponctuation dans les phrases, évidemment sa portée sera différente, voire contre-productive.
A noter que comme pour le "merci" et le "bravo", le "j'aime" peut être conditionnel ou inconditionnel.
Exemple de conditionnel : "j'aime ton dernier tableau"
Exemple d'inconditionnel : "de toutes façons, ça n'est pas compliqué, j'aime tout ce que tu fais".
On a besoin du "j'aime" inconditionnel, mais gare au piège : si je réalise quelque chose qui sort de mes habitudes, dont je suis particulièrement fier, que j'attends un retour sur ce que je viens de faire, et que la personne en face me dise la phrase précédente, je me sentirai probablement frustré.
Avec les réseaux sociaux, nous sommes appelés à exprimer des "j'aime". De ce point de vue, on peut considérer que les réseaux sociaux offrent de nombreuses opportunités de donner et recevoir de la reconnaissance avec la possibilité d'aimer des pages, des articles, des gens avec la prudence de bien considérer le quantitatif et le qualitatif et de ne pas surinterpréter le quantitatif (comme le nombre d'amis sur Facebook, par exemple).

Merci !
C'est un signe important que l'on peut attendre en réaction à nos actes. Un peu comme une balance qu'il s'agirait d'équilibrer. Effectivement  dans notre enfance nous avons été habitués à retourner un "merci" pour les choses qu'on nous donne, pour l'aide qu'on nous apporte. C'est aussi considéré comme une forme de politesse.
Comme pour "bonjour", "merci" est à la fois simple et compliqué.
Simple comme "bonjour" (d'où l'expression, si si je vous assure ça vient de là ! ;-)) avec aussi deux syllabes et le fait que cela peut être intégré dans nos habitudes.
Compliqué, car certaines personnes sont mal à l'aise avec le "merci". Et pas seulement celui qui dit merci. En effet, on a toutes et tous croisé à un moment de notre vie des personnes qui montrent une gêne voire même quelques fois de la mauvaise humeur à être remerciées et encore plus si on veut leur donner en retour.

Bravo !
S'il est vrai que "Bravo" a une proximité avec le "j'aime" dans certaines circonstances, il a tout de même la spécificité de reconnaître un effort, l'atteinte d'un résultat difficile. Il peut s'exprimer de manière bruyante (applaudissements) et donner lieu à un processus de contagion aboutissant à une expression d'un ensemble d'individus. Cela pouvant donner un impact émotionnel de forte intensité.
"Bravo", le superlatif de la reconnaissance ?

Propagation
Il me semble que s'il y a un signe de reconnaissance que l'on évoquera le moins facilement si on interroge quelqu'un sur la reconnaissance, c'est celui de la propagation. Ce sont tous les gestes dont on va bénéficier d'autrui qui va parler de nous, de nos actes, de nos réussites. Avec Internet et en particulier avec les réseaux sociaux, cette forme de reconnaissance prend une ampleur considérable : chaque fois qu'on va relayer un de nos contenus, y compris un contenu que nous-mêmes on a relayé, c'est un signe qu'on s'intéresse à ce qu'on fait et aussi à nos sujets d'intérêts.

Pour finir ... une cerise sur le gâteau
On mérite certainement plus de reconnaissance qu’on en reçoit et quelques fois on se met dans une posture d'attente de cette reconnaissance. Certaines personnes sont entraînées dans une fuite en avant infernale quand elles redoublent d'efforts pour obtenir une reconnaissance qui n'est jamais à la hauteur de ce qu'elles attendent avec une inexorable conséquence : un bain d'amertume.

MAIS la bonne nouvelle, ce qui est super plus efficace, motivant et bénéfique, c’est de faire ce qui est totalement à notre portée et presque sans limite …
DONNER DE LA RECONNAISSANCE
Parce qu’en donnant de la reconnaissance, on se fait un cadeau à soi-même  !
"Comment donc ?" me direz-vous !

Je m'explique : pour donner de la reconnaissance, il faut déjà être en capacité d'apprécier un geste d'autrui. Dès lors qu'on apprécie, on ressent une émotion positive (joie, amusement, émerveillement, ...). Premier cadeau.
Puisqu'on a attribué le geste à une personne ou à un groupe de personne, on va ressentir de la gratitude, autre émotion positive. Deuxième cadeau.

Donc donner de la reconnaissance, c’est bon pour soi, c’est bon pour le bénéficiaire !


Ajout du 19 novembre 2015 : j'ai produit une nouvelle version en ajoutant 4 gestes, portant le tout à 10 gestes de la reconnaissance au quotidien