mercredi 16 août 2017

Bonheur et cible

Je continue la série "Schémas & Pensées" avec l'exploration de l'idée selon laquelle notre bien-être dépend aussi de la fixation d'objectifs et ensuite de ce en quoi on arrive à l'atteindre ou pas, plus ou moins vite, ...

Ce qui met en évidence que le niveau de bien-être ne tient pas que dans l'atteinte de l'objectif, mais qu'il est mis en jeu tout au long du chemin - éventuellement tortueux - en démarrant par la fixation de l'objectif lui-même. Je renvoie à mon article récent Le bonheur en destination ou en chemin ?

Il s'agit une nouvelle fois dans ce présent article d'un diaporama animé : le schéma se découvre au fil de vos clics sur l'espace d'affichage du schéma et se termine par l'énoncé de la pensée associée.
Pour la première fois de cette série, ce diaporama énonce plusieurs pensées qui sont reprises sur la dernière diapositive.

Ce diaporama utilise la métaphore de la cible. A l'instar de la plupart des métaphores, cette métaphore ne couvre pas l'ensemble des aspects de l'idée de la poursuite d'un objectif. C'est ici notamment le cas dans la mesure où le choix de la cible ne prend pas bien en compte l'idée d'un parcours pas à pas.

Bonne lecture et n'hésitez pas à exprimer vos réactions.

Licence Creative Commons
Schémas et Pensées : "Bonheur et cible" de Olivier Hoeffel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
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lundi 14 août 2017

Le bonheur en faisant appel aux sens

Voici le fruit d'un fil tiré. Le fil étant le mot "Goût" qui m'a fait élargir aux 5 sens et les liens que je pouvais y voir avec le bonheur et les différents sens figurés des verbes exprimant les 5 sens.



Redonnons du goût, le goût de l'authentique

Cela fait 4 ans que je cultive des tomates dans mon jardin. J'ai redécouvert le goût des tomates, car je constate, probablement comme vous, que les tomates achetées dans le commerce n'ont pas de goût, quelle que soit la saison.
En allant sur les marchés, on peut trouver des tomates ayant un peu plus de goût.

Mais je vous assure que ça n'a rien à voir avec les tomates de mon jardin et de toutes celles que j'ai pu manger issus de potagers d'amies et amis.

La tomate est un fruit et non un légume. Goûtez une tomate gorgée de soleil issue de mon jardin, les yeux fermés et vous aurez vraiment l'impression de manger un fruit. Nul besoin de vinaigrette, de sel, de poivre ou tout autre ingrédient. La tomate est un fruit qui se vaut à lui seul quand il a du goût.

Alors, bien sûr, il faut du temps entre le moment où la graine se met à germer et le moment où la tomate semble prête à être cueillie avec presque excitation. Il lui faut passer les épreuves des intempéries, des insectes, des maladies, des possibles maladresses ou moments d'inattention du jardinier. Il faut accepter que sa forme soit non conforme aux normes de la société de consommation.

Moi je vous dis que mon bonheur passe par le goût des tomates en été, par des produits toute l'année qui ont du goût, par le fruit du travail investi en conscience, par l'authenticité des produits, des personnes, des moments et des sentiments.



Bel été à vous ... avec le goût des vacances, de la vie, du bonheur, de la famille, des amis, des matins, des déjeuners, des soirées, des nuits ... et des tomates !

Un grand merci et un grand bravo à toutes les actrices et acteurs individuels et associatifs qui font circuler et valoriser les variétés anciennes de tomates, les considérant comme un bien commun de notre humanité.


lundi 7 août 2017

Le bonheur en destination ou en chemin ?

Voici un petit diaporama dans la série Schémas et pensées que j'ai lancée en 2015.

Il évoque deux façons d'envisager le bonheur : soit comme une destination (une fin, un objectif), soit comme le chemin que nous parcourons au jour le jour, un peu comme une route touristique que l'on parcourt avec des points d'arrêt pour apprécier particulièrement des points de vue, des architectures, des animations, ...



Le bonheur vu comme un chemin permet de le considérer ici et maintenant, tout en conservant l'idée de la dynamique et d'un cheminement où l'on découvre des choses et les autres progressivement, et où on se découvre aussi soi-même.
Une vision en contrepoint de celle qui fait conditionner le bonheur à venir à la réussite dans tel ou tel domaine (voire dans tous les domaines) et/ou à la réunion de conditions jugées nécessaires.

Ce qui facilite la pratique de cette vision : la culture de l'attention, de l'appréciation et de la gratitude.

mercredi 2 août 2017

Le 2 août 2017, focus sur les capacités de régénération

Ce mercredi 2 août 2017 représente pour notre planète le "jour du dépassement"

"A partir d'aujourd'hui, l'humanité aura consommé l'ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année", annoncent Global Footprint et le WWF dans un communiqué commun.

Global Footprint a fondé ses calculs en prenant en compte notamment l'empreinte carbone, les ressources consommées pour la pêche, l'élevage, les cultures, la construction et l'utilisation de l'eau.

Voici un graphique que j'ai composé à partir des données chiffrées de Global Footprint



Céline Bou Sejean (Novéquilibres et laqvt.fr, comme moi) a traité du sujet des impacts des activités économiques sur la planète et sur la santé des individus dans l'article QVT et impacts économiques

Elle y fait référence à l'intervention d'Alexandre Rambaud, chercheur en sciences de gestion associé à Paris Dauphine à propos de la prise en compte des externalités en comptabilité. Il fait un parallèle entre la capacité d'assimilation de la planète et la capacité d'assimilation d'un individu au travail. Ses capacités à récupérer et l'enjeu suivant : que la vie au travail n'épuise pas l'individu et ne détruise pas irrémédiablement sa santé.

Voici ci-dessous un diaporama qui explicite à la fois ce parallèle, et à la fois les risques à vouloir flirter de trop près avec les limites des capacités de récupération des individus au travail :


mercredi 28 juin 2017

Toute l'intensité d'un "Bonjour" inspiré par nos amis les chiens

Le 2ème des 10 gestes reconnaissance au quotidien que j'ai proposés sur ce blog est "Bonjour" qui peut se dire et/ou s'exprimer par des gestes corporels diverses.

Nos amis les chiens combinent généralement plusieurs gestes quand ils accueillent leur maîtresse ou maître : aboiement, la queue qui frétille, le corps qui se frotte aux jambes, éventuellement en position sur les deux pattes de derrière et les deux pattes de devant posées sur les cuisses ou la poitrine (en fonction de la taille du chien) quand la maîtresse ou le maître autorise ce geste. Beaucoup de chiens sont d'humeur assez égale et réserve cet accueil de manière inconditionnelle.



Imaginez-vous dire bonjour de la sorte à vos congénères ! Imaginez-vous recevoir un tel accueil !

Vous qui avez un chien dans votre vie, j'imagine que l'accueil que vous réserve votre chien vous procure beaucoup de bien-être, peut vous remonter le moral s'il est en berne, vous donne peut-être envie de jouer avec votre chien.

Je suis convaincu que mettre plus d'intention et plus d'intensité dans nos bonjours peut augmenter de manière significative notre bien-être, avec un effet contagieux sur les personnes avec qui on est en interaction. Des effets positifs aussi au niveau professionnel car cela installe des émotions positives propices à de bonnes relations, à une meilleure créativité et à l'utilisation à plein de nos capacités intellectuelles et cognitives.

samedi 24 juin 2017

Du "Ils" au "Nous" en verbes

Mardi dernier, le 20 juin 2017, j'ai publié sur laqvt.fr, site d'actualité sur la Qualité de Vie au Travail (dont je suis le responsable éditorial) l'article Se saisir du « nous » plutôt que rester bloqué sur le « ils ».
Il s'agissait de prendre conscience que dans le monde du travail, on est quelques fois figé sur une posture considérant l'autre ou les autres comme responsables (ou coupables) de problèmes auxquels on est confronté. Avec des émotions négatives à la clé, des impacts négatifs sur l'efficacité, la qualité et le relationnel. La personne ou la partie incriminée, pouvant elle aussi se figer sur une posture ne favorisant pas la résolution du problème, on tourne en rond dans un cercle vicieux.

J'invite dans cet article à reformuler les pensées et les discours, en chassant les "Ils" et en reformulant avec le "Nous" qui amène à la coopération, à résoudre les problèmes ensemble, à (ré)intégrer des parties prenantes dans la recherche de solutions, en se (re)donnant le pouvoir d'agir.

Sur ce blog dédié au bonheur, je propose aujourd'hui d'élargir le propos aux autres sphères de vie; et puisque j'ai intitulé mon blog "Les verbes du bonheur", j'ai conçu un schéma centré sur des verbes pour chacune des configurations "Ils" et "Nous".
Ces verbes sont "Penser", "Parler", "Faire", "Vivre" et "Reconnaître". J'ai ajouté le verbe "Apprécier" pour l'associer au verbe "Reconnaître" dans la 2ème configuration.

Le voici ci-dessous :


vendredi 23 juin 2017

Regard et Attention Réciproque

La regard constitue (avec le sourire) le premier de 10 gestes de reconnaissance au quotidien que je promeus depuis quelques mois.

La semaine dernière, j'ai publié sur www.laqvt.fr un diaporama et une vidéo animée sur le thème de l'Attention Réciproque (AR). Il s'agissait de prendre conscience des enjeux de l'Attention Réciproque dans le milieu du travail.

L'AR a aussi bien entendu tout son sens dans les autres sphères de vie pour se sentir mieux dans ses relations à autrui, pour faire circuler plus amplement et plus justement de la reconnaissance, pour amplifier les solidarités, les actes altruistes, pour donner plus de foi dans notre potentiel d'humanité, pour cultiver des cercles vertueux. Et tout cela peut partir d'un regard, le départ d'une communication qui va aider à comprendre la réalité d'autrui (y compris sa santé), la perception qu'il a de cette réalité et ses besoins, attentes et aspirations les plus profondes.

Voici un photomontage que j'ai réalisé pour mettre en avant l'importance du regard dans l'Attention Réciproque. C'est bien la profondeur du regard qui nous aide à comprendre au mieux autrui, à percevoir ses émotions, à lui montrer toute l'attention qu'on lui porte, à l'aider à s'exprimer avec authenticité, à faire émerger sa vraie réalité, sa vraie perception et ses aspirations les plus profondes.




Le tandem de l'Attention Réciproque : regard + écoute

Un regard qui n'est pas toujours facile à poser, à maintenir. En effet, et en particulier dans les grandes villes où les regards ont pris l'habitude de se fuir dans les transports en commun, les ascenseurs, la foule, ... peut-être que croiser un regard et stationner les yeux dans les yeux est devenu peu commun.

Voici une expérience menée avec des couples qui devaient maintenir leur regard mutuellement. Une expérience à la fois touchante et troublante :



Expérience : des couples se regardent dans les... par tuxboard

jeudi 8 juin 2017

Aujourd'hui, 8 juin 2017, fêtez vos meilleurs amis !

Aux USA, le « Best Friends Day » est une tradition chaque année le 8 juin. Cet événement annuel permet à chacun de manifester son amitié auprès de ses meilleurs amis. Cette tradition se répand dans les autres pays, et j'y vois une merveilleuse opportunité de se saisir des deux leviers les plus puissants du bonheur : la qualité des relations et la gratitude.

Le levier le plus puissant du bien-être psychique, tel qu'il a été étudié par la psychologie positive est la qualité des relations et surtout la culture de relation de proximité où chacune des personnes engagées dans le relation le fait avec authenticité, dans la confiance et le lâcher prise.
Il est à noter que, statistiquement et en moyenne, la relation amicale apporte plus de bien-être psychique que la relation conjugale (parce que statistiquement, on prend en compte les relations conjugales épanouissantes et celles qui ne le sont pas, voire qui créent de la souffrance). Par contre, une relation conjugale épanouie est au sommet de la pyramide de satisfaction des relations.

Le deuxième levier est celui de la gratitude. J'ai écrit de nombreux articles sur le sujet qui reprennent les enseignements de la psychologie positive. La gratitude, c'est vraiment gagnant-gagnant :

  • ça fait du bien pour celui qui exprimer la gratitude. Car avant de l'exprimer, il la ressent : c'est une émotion positive
  • ça fait (potentiellement) du bien à celui qui la reçoit; le "potentiellement" est le petit bémol qu'il faut prendre en compte : certaines personnes se sentent mal à l'aise à recevoir de la gratitude
Toujours d'après les études menées en psychologie positive, la pratique de gratitude la plus intense est d'écrire une lettre de gratitude et d'aller la lire et la remettre au bénéficiaire.

Donc, ce 8 juin est une opportunité d'activer ces deux leviers, par exemple en écrivant une lettre à votre meilleure amie ou meilleur ami (au pluriel aussi) et d'aller lui la lire.

 

jeudi 11 mai 2017

Un anniversaire, des mises en lumière

Une fois n'est pas coutume, voici un billet très personnel.
En ce matin un peu particulier me vient une succession de pensées.
La première est de raccrocher cette journée au mot de ma semaine "Lumière", tiré au hasard dans un sac de 52 galets qui accompagnent la vie de mon épouse et de moi-même pendant un an.
N'est-il pas singulier de tirer le mot "lumière" la semaine du jour de son anniversaire ? Voilà donc quelle fut ma première pensée du matin.

Et si indéniablement la lumière va être dirigée ce jour par plusieurs personnes à mon attention - à défaut de celle du soleil - je me suis fait la réflexion "Que fais-je de cette lumière ?".

Alors bien entendu, une partie de cette lumière, je vais l'absorber comme je le fais habituellement chaque année à la même date, un peu comme un objet de couleur sombre (qui n'est pas à l'image de mon humeur, fort heureusement) qui absorbe la lumière, une lumière qui chauffe, voire qui réchauffe.

Une autre partie de cette lumière est réfléchie façon miroir, en expression de gratitude en direction de celles et ceux qui m'apportent diversement leurs attentions en cette journée.

Et cette année, une lumière s'est éclairée dans mon esprit qui m'invite à rediriger une partie de la lumière dans une autre direction, et aussi en gratitude : vers celle et celui qui m'ont donné la vie ce même jour il y a 56 ans. Celle et celui qui m'ont donné ensuite 2 sœurs par la même opération qui n'est pas que du saint esprit. Celle et celui qui ont contribué à ma solidité, aussi à ma fragilité et ce faisant aussi en partie à ma solidité par les bienfaits de la résilience. Celle et celui qui ont donné de l'énergie et du cœur pour m'aider à construire une partie de ma vie, avec une pensée plus appuyée pour ma mère qui m'a accompagné plus longtemps à la construire.



La lumière particulière donc cette année à laquelle je n'avais jamais pensé en mon jour d'anniversaire : la gratitude envers mes parents. A 56 ans, il était temps d'y penser le jour de mon anniversaire, d'en faire une évidence de jour d'anniversaire ! Malheureusement trop tard pour le leur exprimer de leur vivant en mon jour d'anniversaire. Mais ce qui importe ... c'est que cette journée soit lumineuse, avec la lumière qui diffuse dans toutes ces directions.

lundi 8 mai 2017

La lumière est belle différemment quand elle rencontre des obstacles


"Lumière", tel est le mot avec lequel je vais faire équipe cette semaine.

Cette photo montage que j'ai rapidement construite fait suite à la réflexion que je me suis faite au moment où j'ai recensé ce que ce mot pouvait évoquer en moi : j'apprécie particulièrement les paysages où le soleil est là sans être tout à fait là. Le chemin qu'il essaye de se frayer selon les obstacles donnent souvent des images qui attirent mon œil et suscitent mon émerveillement.

J'aime le ciel azur et en même temps, j'aime ces ciels plus contrastés. J'aime les moments de calme, comme j'aime aussi les moments où les difficultés se mettent sur le chemin et où la conjugaison d'énergies permet de les mettre derrière soi et consolide les liens mis en action.

dimanche 7 mai 2017

A la recherche d'un juste équilibre entre ma responsabilité et celle des autres (1)

Poser la question de la responsabilité peut adresser trois types de situation :

  1. Examiner la cause d'un problème que je rencontre ou que j'ai rencontré
  2. Trouver qui peut/doit agir pour trouver une solution à un problème
  3. Adopter les comportements du quotidien qui ont un impact sur le présent et l'avenir d'autrui, directement ou indirectement (par exemple : quelles responsabilités en terme d'enjeu de préservation de la planète dans nos actes du quotidien).
Dans cet article, je vais m'intéresser aux deux premiers types de situation.

C'est la faute à qui ?

J'utilise la notion de "faute" volontairement dans le titre de cette partie pour de prime abord attirer l'attention sur le fait que quand on recherche la cause d'un problème, la tentation est forte à non pas comprendre les responsabilités et les causes, mais à chercher une faute et dès lors un ou des coupables.

Voilà un piège redoutable, surtout qu'il entraîne souvent une analyse sans nuances où on va charger la barque d'une personne ou d'un groupe de personnes.
Il peut s'agir d'une autre personne ou d'un groupe de personnes auquel on n'appartient pas. De ce fait on s'exclut de la moindre responsabilité et on met en cause (et non en recherche de cause) et en position de faute, en cherchant un ou des coupables en dehors de soi. On se considére comme étranger à la situation ou victime.

Il s'agit alors bien souvent d'une habitude, un trait de personnalité où le lieu de contrôle ("locus of control" en anglais) est externe. En d'autres mots, il s'agit de considérer que le problème est attribué à quelqu'un d'autre, à la malchance, à la fatalité, ...

En revanche, si le lieu de contrôle est interne, la causalité est plutôt recherchée en première intention en soi. Et quand ce trait est très ancré, la causalité est systématiquement recherchée et trouvée, exclusivement en soi. Auquel cas, bien évidemment il y a le risque de surcharger sa propre barque.

Pour en revenir au piège de rechercher une faute et un coupable en lieu et place d'une causalité et de responsabilité, on voit donc que dans le cas d'un lieu de contrôle interne, on se trouve dans une situation d'auto-culpabilité.
Donc en fonction de ce lieu de contrôle, et si le lieu de contrôle est très ancré (soit en externe, soi en interne), le coupable est soit autrui, soit soi-même.

A noter que ce lieu de contrôle a tendance à s'inverser selon que l'on recherche une causalité sur un problème ou sur une réussite. C'est ce que met en évidence Martin Seligman, fondateur de la psychologie positive dans son livre "La Force de l'optimisme".
Un optimiste a tendance à avoir un lieu de contrôle interne pour les réussites ("c'est grâce à moi") et un lieu de contrôle externe pour les échecs ("c'est de leur faute"); c'est l'inverse pour le pessimiste qui minimise sa responsabilité dans les réussites et s'attribue les échecs. Dans le tableau ci-dessous que j'ai adapté du livre, on voit qu'il y a aussi deux dimensions qui entrent en jeu : la permanence ("c'est toujours comme ça" ou "c'est exceptionnel") et la généralisation ("c'est pour tous les domaines" ou "c'est pour un seul domaine") :


Définitivement, prendre un problème par la question "C'est la faute à qui ?" est une très mauvaise idée, quelle que soit la sphère de vie, et constatons que malheureusement c'est un piège dans lequel on tombe facilement, d'autant plus dans les environnements où vitesse, précipitation, compétition, excellence, peur, défiance, ... sont présents. En tant que spécialiste de la Qualité de Vie au Travail, je considère l'enjeu de droit à l'erreur comme considérable, comme tout autant celui de savoir faire la part des choses entre analyser un problème et chercher un coupable.

C'est un piège aussi que l'on peut trouver dans certaines formes d'actions de psychothérapie où le travail consiste à un transfert de culpabilité : dans la bonne intention d'aider le patient à se débarrasser d'une auto-culpabilité, le psychothérapeute transfert "la faute" sur autrui (souvent sur les proches, et en particulier sur les parents). Alors qu'il me semble qu'un travail plus sain et plus écologique est celui déjà de faire la part des choses entre coupable et responsable, entre chercher une faute (et généralement on la trouve) et essayer de comprendre des liens de causalité (exercice qui peut ne pas  aboutir, ce qui peut interroger sur la pertinence de focaliser sur les liens de causalité).


La balle est dans quel camp ?


Je vais continuer à me référer à Martin Seligman qui explique dans le même livre :
"On réagit à l'adversité d'abord par la pensée. Celle-ci se solidifie et devient rapidement une disposition habituelle d'esprit, bref, une interprétation dont les ressorts n'apparaissent clairement que lorsque l'on s'attache à les analyser. Et cette interprétation a des conséquences puisqu'elle conditionne sentiments et comportements. C'est elle qui fait la différence entre abattement et renoncement d'un côté et bien-être et action positive de l'autre."

La stratégie pour faire face à un problème va donc dépendre beaucoup de notre disposition habituelle (schéma de pensée), de notre lieu de contrôle privilégié (qui peut s'inverser pour les réussites) qui nous fait souvent répéter le même comportement (éventuellement inadéquat).

Si le lieu de contrôle est particulièrement externe, on va avoir tendance à considérer que la solution doit venir des autres. Et quand la solution ne vient pas, cela peut conduire à de la colère, de l'impatience, de la frustration, de l'abattement. Quelques fois, elle s'accompagne d'un désir que la situation puisse se débloquer par un coup de baguette magique, un claquement de doigt, un déclic, une étincelle, ... 

Si le lieu de contrôle est particulièrement interne, le risque est de vouloir absolument chercher des solutions en soi et par soi, sans prendre en considération que la solution peut se construire avec d'autres. Si on manque de confiance, la tâche pourra sembler insurmontable.

En réalité, la balle peut se jouer à plusieurs et c'est ce que j'évoquerai dans la partie "Articulation des responsabilités".

Un juste équilibre (pour revenir au titre du présent article) consistant à trouver un juste milieu en matière de lieu de contrôle, à savoir explorer à la fois l'interne et à la fois l'externe. La conclusion étant souvent que la responsabilité est répartie et que l'action à mener pour trouver une solution peut être conjuguée et plurielle.

La stratégie de la réfutation

Martin Seligman propose une stratégie pour faire face à une adversité, un problème. Elle vise à analyser les éventuels comportements inadéquats liés à une interprétation biaisée de la situation. Puis à trouver des alternatives aux habitudes.

Elle se joue en 5 questions successives :
  1. Quel est le problème ?
  2. Quelle est mon interprétation ? Et quelles sont les émotions que je vis ?
  3. Quel comportement cela induit-il chez moi ? Et quelles sont les conséquences en terme d'efficacité, sur les relations interpersonnelles ?
  4. Comment puis-je réfuter (revisiter) mon interprétation ?
  5. Quelle serait alors l'issue avec cette réinterprétation ?
La deuxième question permet de poser clairement l'enjeu suivant : ce que je pense par rapport à la situation est une interprétation de la situation, une lecture de la situation par rapport à mes croyances, mes valeurs, mon vécu, ce qui me semble normal et anormal, juste ou injuste, ...

La façon de poser successivement les questions et en particulier de poser la 2ème puis la 3ème question met en évidence le lien entre la pensée et le comportement : mon comportement est induit par ma pensée et les émotions ressenties à cette pensée. Si j'ai une une pensée qui me met en colère, mon comportement sera dicté par la colère. Si j'ai une pensée qui me laisse dans le désarroi, mon comportement sera peut-être un renoncement.

Comment peut-on réfuter l'interprétation ? Comment peut-on réinterpréter la situation de manière plus positive, plus équilibrée, plus efficace ? Martin Seligman propose 4 méthodes :
  • les faits à l'appui : il s'agit de faire la part des choses entre factuel et interprétation, d'examiner si ce que je pense est une réalité objective. Si je donne un chiffre, est-il exact ? Ne suis-je pas en train de généraliser ?
  • les alternatives : n'ai-je pas d'autres façons de pouvoir interpréter la situation ? Puis-je me mettre à la place d'autres personnes qui sont concernées par la situation ? Puis-je me mettre en empathie avec elles pour comprendre leur point de vue ? Par exemple, et si ce que je vois comme une ingérence de la part d'une autre personne dans ma vie était la manifestation - peut-être maladroite - d'une attention à mon égard ?
  • la portée : même si mon interprétation est juste, quel est l'enjeu, la portée ? Ne suis-pas pas en train d'exagérer les conséquences ?
  • l'utilité : si j'appuie mon interprétation sur mon échelle de valeurs, celle-ci n'est-elle pas en  train de me jouer des tours ? Par exemple, si j'ai une conception très exigeante de la justice, ne suis-je pas en train de poser mon regard sur une situation avec une attente trop forte et peut-être irréaliste ?

Articulation des responsabilités


Le 29 janvier 2017, sur ce même blog, j'ai publié l'article Agir dans le sens de ce qui est à notre portée.

Je redonne un schéma créé pour l'occasion :


Face à une situation problématique, je vois 4 types d'actions à considérer successivement :

  1. Est-ce à ma portée, tout seul ? Auquel cas, j'agis, avec une intention juste (objectif réaliste) dans une action déterminée (éventuellement demandant courage, effort et patience) et durable. Je peux peut-être aussi demander un soutien moral autour de moi
  2. Si ce n'est pas à ma portée, serait-ce à la portée d'un groupe dans lequel je me trouve. Auquel cas, agissons ensemble et peut-être que j'aurai aussi à agir en parallèle tout seul
  3. Si ce n'est pas à notre portée. Peut-être que ce pourrait être à la portée de quelqu'un d'autre ou de plusieurs personnes. Peut-être puis-je en faire la demande ?
  4. Si c'est hors d'atteinte, alors, à moi de considérer si c'est une vérité du moment ou s'il se serait pas le moment d'entrer dans le désespoir, positivement, au sens du philosophe contemporain André Comte-Sponville; à savoir : arrêter d'espérer une chose qui n'est pas ma portée et me focaliser sur les aspects positifs de ma vie, désirer ce que j'ai déjà ici et maintenant
Je fais référence dans ce schéma à 2 principes de la Grèce antique qui étaient inscrits sur le fronton du temple de Delphes "Connais-toi toi-même" et "Rien de trop".

La plus grande partie de mon article s'inscrit dans l'idée du "Connais-toi toi-même".

L'idée du "Rien de trop" concerne la mise en action : il est important d'avancer par petit pas réalistes.
Elle fait référence aussi à la citation très voisine de Voltaire : "Le mieux est l'ennemi du bien".
Ce qui renvoie à la question initiale : le problème en est-il vraiment un ou alors la manifestation d'une insatisfaction due, soit à l'impatience soit à la recherche de la perfection ou de l'excellence, ou à la fuite en avant induite par la société de consommation où l'on veut toujours plus.

lundi 1 mai 2017

Pour donner plus de chances aux bonnes résolutions : mémorisation prospective, théorie du hamburger et règle des 20 secondes

Mettre en branle des bonnes pratiques et les maintenir pour cultiver son bonheur ou plus généralement pour inscrire des bonnes résolutions dans son quotidien n'est pas chose aisée et j'imagine que tout le monde se heurte plus ou moins à la réalisation des "bonnes" résolutions.

Je vous présente trois outils évoqués dans des livres de spécialistes de la psychologie positive.

Commençons par Rébecca Shankland, psychologue française, auteure du passionnant Les pouvoirs de la Gratitude qui, à la fin de son ouvrage, consacre quelques pages à des méthodes pour "s'en tenir à son plan" dont une dédiée à l'utilisation de la mémoire prospective ou mémorisation prospective.

La mémorisation prospective

Le mémoire prospective est "la capacité que nous avons à prévoir à l'avance une action à effectuer dans le but de ne pas oublier de nous rappeler de le faire au moment choisi".

Rébecca Shankland propose 2 prérequis pour assurer une bonne pratique ou la réalisation d'une bonne résolution :


  • être suffisamment motivé; ce qui renvoie aux bénéfices attendus pour soi-même et éventuellement aussi pour d'autres; j'ajoute qu'il est important que la motivation comporte bien une dimension personnelle car si la motivation n'est que tournée vers autrui, il y a un risque d'une mise en tension par autrui ou par soi-même ("après tout, pourquoi ferais-je cela pour lui faire plaisir, alors que ça ne me rapporte rien, et en plus ça me coûte beaucoup ?")
  • adhérer suffisamment à la méthode utilisée pour aller dans le sens recherché; par exemple, si je suis fumeur et que je veux arrêter de fumer, certaines méthodes me parleront plus que d'autres.
    Sur le sujet de la gratitude objet du livre de RS, on peut se sentir plus ou moins à l'aise avec chacune des pratiques proposées (journal de gratitude, lettre de gratitude, visite de gratitude, ...). Bien entendu, autant choisir la méthode qui nous semble la plus accessible et la plus plaisante
En quoi consiste la méthode de mémorisation prospective proposée par RS ? C'est une méthode en 4 questionnements successifs dont je reprend les grandes lignes en ajoutant mon grain de sel :

1/ L'INTENTION : Quelle est la pratique que je veux mettre en place ?
Il s'agit à la fois de formaliser l'intention et d'identifier la pratique qui me semblera la plus à ma portée et / ou la plus agréable. Mettre en place une bonne pratique nous fait souvent sortir de nos habitudes voire "sortir de notre zone de confort" (formulation très à la mode). Alors, tant qu'à faire, autant choisir la pratique qui apportera le plus de plaisir.

2/ LE MOMENT : Quand ou à quelle occasion je veux réaliser la pratique ?
Il y a deux cas de figures à prendre en compte :
  • le premier est relatif aux bonnes pratiques que je veux réaliser périodiquement; par exemple : aller à la piscine tous les samedis matin, faire des exercices de musculation du dos tous les matin au lever, écrire dans mon journal de gratitude tous les dimanches soir, ...
  • le deuxième est relatif à des pratiquse à réaliser lors de situations déterminées; par exemple : ne pas m'énerver quand ma fille n'a pas pris sa douche à 7h30 le matin, dire merci à mon collègue chaque fois qu'il me rend un service, ne pas changer de files d'attente toutes les 2 minutes quand je suis devant les caisses au supermarché, ... 
Pour le premier cas, plus on est précis, plus on se donne de chance de réaliser la pratique. Par exemple, il est plus efficace que je décide d'aller à la piscine tous les samedi matin à 10h00 que de me dire que j'irai à la piscine tous les weekends, sans plus de précision.
Pour me donner plus de chance, la mémorisation prospective m'invite à m'imaginer en train de réaliser la pratique au moment choisi ou à l'occasion de la situation déterminée.

3/ LE RAPPEL : Comment me rappeler plus facilement que je vais réaliser la pratique ?
Rébecca Shankland fait référence à deux types d'indice qui peuvent aider à se rappeler d'activer la pratique :
  • les indices spatiaux : c'est quelque chose dans mon environnement qui va me rappeler d'entrer en action; par exemple, pour la piscine le samedi matin, la veille au soir, je peux mettre mon maillot de bain en évidence pour le lendemain matin; si je décide de m'hydrater régulièrement toute la journée, je peux poser une bouteille d'eau sur mon bureau.
  • les indices événementiels : il s'agit de me définir des stratégies prédéfinies en fonction des caractéristiques de la situation; par exemple, si j'ai décidé de ne plus m'énerver face aux multiples sollicitations non désirées au téléphone, je peux me définir des réactions/phrases que je délivrerai sans y mettre de l'affect, en restant poli et en décourageant les interlocuteurs non désirés de se remanifester (je peux coupler avec un indice spatial, par exemple un émoticon joyeux collé sur la base de mon téléphone).

4/ LES BENEFICES : Quels sont les bénéfices attendus ?
Comme je l'ai évoqué dans les prérequis, il faut que j'y trouve des bénéfices pour moi et pas seulement pour autrui. 
Si je me trouve dans le cas particulier de vouloir substituer une mauvaise habitude par une bonne habitude (par exemple en matière d'hygiène de vie), il s'agit de considérer ce que je vais y gagner sans forcément me mentir à moi-même (le mensonge serait "j'ai tout à gagner et rien à perdre"). Je vais y gagner sur un plan et peut-être y perdre sur un autre plan.
En réalité, et en restant sur le plan rationnel, je m'aperçois que je m'accroche à une mauvaise habitude non pas parce qu'elle me fait particulièrement plaisir, mais tout simplement parce que l'habitude est bien ancrée et qu'en sortir me semble au-delà de ma portée, même si je veux bien convenir qu'un autre comportement serait plus profitable et potentiellement gagnant-gagnant.
Plus je serai en mesure de prendre conscience des bénéfices, de les imaginer, de les visualiser plus je me sentirai motivé à changer.
Et dès que je vais commencer à réaliser la bonne pratique ou la bonne résolution, il sera très important que je prenne conscience au fur et à mesure des bénéfices concrétisés pour renforcer ma motivation.

Les bénéfices vus à travers la théorie du hamburger

Sur le sujet des bénéfices, une façon de mettre en évidence les bénéfices est de s'inspirer d'une théorie proposée par un autre spécialiste de la psychologie positive : Tal Ben Shahar. Dans son livre L'apprentissage du bonheur, il s'intéresse aux bonnes pratiques en faisant notamment référence à Aristote : "Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée".
Et pour bien comprendre les enjeux des habitudes et des bénéfices qu'on peut attendre à mettre en place des bonnes pratiques, il évoque la "Théorie du hamburger".

Avec la théorie du hamburger, TBS met en évidence deux types de bénéfices : les bénéfices à court terme (le plaisir immédiat) et les bénéfices à moyen et long terme (en particulier, ce qui fait du bien à notre santé, à la santé d'autrui et à la préservation de la planète). Il promeut à travers cette théorie les pratiques et les stratégies de vie, créatrices de bonheur, conjuguant le plaisir immédiat ET la préservation du futur.

Quatre cas de figure ressortent de son modèle :
  • le comportement "bienheureux" : une personne qui allie plaisir du moment et préservation du futur (bénéfice présent et futur); imaginez un burger qui soit bon au goût et bon pour votre santé
  • le comportement "viveur" ou "hédoniste" : une personne qui se désintéresse des impacts négatifs sur le futur et se focalise sur son plaisir immédiat (en constatant que la société de consommation a tendance à privilégier ce type de comportement); imaginez un burger qui soit bon au goût mais qui à force d'en manger met en danger votre santé
  • le comportement "défaitiste" ou "nihiliste" : une personne qui ne cherche ni le plaisir, ni à préserver son avenir; imaginez un burger écœurant et mauvais pour la santé
  • et le comportement "fonceur" ou "arriviste" : une personne focalisée sur le bénéfice à venir et incapable de prendre du plaisir dans l'immédiat, imaginez un burger sain mais qui serait fade


La règle des 20 secondes

Pour revenir aux outils qui donnent plus de chances aux bonnes résolutions, je fais appel à Shawn Achor qui a été élève de Tal Ben Shahar. Shawn Achor évoque dans son livre Comment devenir un optimiste contagieux une règle qu'il a intitulée "La règle des 20 secondes".

En quoi consiste-t-elle ? Avant de la décrire, je reprends en quelques mots l'anecdote personnelle qu'il cite dans son livre : à une période de sa vie, il a pris le décision de se remettre à un instrument de musique qu'il avait délaissé depuis quelques années : la guitare. En parallèle, il avait pris conscience qu'il donnait un trop grande place à sa télévision. Se reposant sur une sagesse populaire selon laquelle il faut 21 jours pour inscrire une habitude dans son quotidien, c'est donc le temps qu'il se donne un bon matin pour une bonne résolution : se remettre à la guitare. Seulement, 21 jours plus tard, il fait le constat affligé que sa bonne résolution a duré exactement 4 jours. En tant que professionnel de la profession, il s'est trouvé vexé, chamboulé, déprimé d'être mis KO au bout de 4 rounds. Il décide alors de s'intéresser à ce qui avait pu casser son bel élan.
Est né de ce travail d'analyse la règle des 20 secondes qui met en évidence que nous avons besoin d'une énergie d'activation de l'action. C'est un peu comme pour le vélo : en terrain plat, le plus dur, ce sont les premiers coups de pédale.


L'idée principale de cette règle est de faire tout ce qui nous paraîtra le plus astucieux pour nous faciliter la réalisation de l'action. Si on n'est pas capable de passer à l'action en moins de 20 secondes, il est probable qu'on ne le fera pas. Par exemple, pour sa pratique de la guitare, SA s'est aperçu qu'il avait bloqué simplement parce que sa guitare se trouvait dans sa chambre alors que son lieu de vie était son salon. Il a donc installé un support de guitare dans son salon, mettant ainsi sa guitare à portée de main. Il a ainsi construit une forme de chemin de moindre résistance à sa guitare.
Inversement, sa télévision étant trop facilement activable, il a placé la télécommande de la télévision à l'endroit le plus éloigné de son salon.
En éliminant au maximum les obstacles à la pratique de la guitare et en ajoutant des obstacles à sa mauvaise habitude de regarder la télévision pendant des heures, il a réussi ainsi à se remettre à la guitare et à changer sa vie quotidienne en se désintoxiquant de la télévision qui lui prenait 3 heures par jour.

En conclusion, je veux citer ce même Shawn Achor qui résume de manière très pertinente en très peu de mots, l'enjeu des bonnes résolutions et du chemin qui mène de l'intention à l'action : "Le sens commun n'est pas l'action commune". On peut être nombreux à penser et à affirmer que tel ou tel comportement est bon et vertueux, MAIS ce n'est pas pour autant facile de le pratiquer dans la réalité.

Les outils et conseils proposés précédemment visent à nous faciliter l'activation et le maintien d'une bonne pratique dans le temps. L'enjeu étant bien d'atteindre le moment où la bonne pratique devient une habitude et peut alors se maintenir sans effort.

dimanche 30 avril 2017

La paix naît de la bienveillance, de la confiance et de la gratitude

La paix naît de la bienveillance, de la confiance et de la gratitude.

Pouvoir connaître des situations et des moments où la bienveillance est partagée, où la confiance mutuelle est présente et où on peut et sait dire merci à la vie, à celles et ceux qui y contribuent de près et de loin. Pouvoir connaître tout cela amène à la paix intérieure, la paix dans les relations interpersonnelles et la paix dans l'écosystème dans lequel on se trouve.
La paix est le plus grand des conforts et des cadeaux que l'on peut construire ensemble. Un cadeau qui se construit.

dimanche 9 avril 2017

Des verbes du bonheur autour du Repair café

Le dispositif de Repair Café, vous connaissez ? Une idée née aux Pays-Bas en 2009. C'est Martine Postma qui en est à l'origine.

Aujourd'hui, il y a 1 252 Repair Cafés dans le monde avec plus de 400 aux Pays-Bas.

Je vous rassure le Repair Café n'est pas un repaire mal famé où l'on prend des risques à mettre les pieds.

Au contraire, on peut espérer entrer avec un objet qui ne fonctionne plus et qu'on s'apprêtait à jeter et en ressortir :


  1. avec l'objet qui sera peut-être devenu fonctionnel, et pas par l'opération du saint-esprit (quoi que, certains entrent pour montrer leur objet qui ne fonctionne pas et quand ils veulent montrer en quoi il ne fonctionne pas, il revient à la vie; c'est l'inverse de l'effet démo bien connu des informaticien-ne-s qui, quand elles-ils veulent faire une présentation de leur logiciel devant un public, le logiciel plante)
  2. avec peut-être de la confiance en plus et des savoirs en plus pour être en capacité la fois prochaine de pouvoir soi-même le réparer. Parce que le principe du Repair café, c'est d'essayer de réparer avec des experts bénévoles; il s'agit que la personne qui amène son objet soit tant que faire se peut partie prenante de la réparation. Maintenant, bien entendu, les gestes techniques qui nécessitent de l'expérience ne sont pas forcément à la porté de main du propriétaire de l'objet
  3. avec le plaisir de faire partie du camp "pot de terre" qui veut offrir une alternative à la société de consommation, "pot de fer", où l'on jette sans même réfléchir; pire que cela, puisque bon nombre de fabricants organisent l'obsolescence programmée
  4. avec le plaisir et la fierté d'avoir pu peut-être contribuer à la réparation
  5. avec de la gratitude sur plusieurs aspects : la personne qui  a accompagné à la réparation, les bénévoles qui étaient à l'accueil, les personnes qui ont lancé et qui animent le Repair café, l'initiatrice de ce mouvement, ...
Un Repair café a été monté récemment au sein de le Cabane à projets (Créon, 33) le centre social et culturel du Créonnais.

Je me suis rendu au Repair café, 2ème séance de sa toute jeune existence, pour amener une multiprise parafoudre de marque APC. Vous allez peut-être me dire qu'il n'est pas forcément utile de faire de la publicité pour une marque sur ce blog. En réalité, il s'agit plutôt d'une contre publicité et vous allez vite comprendre pourquoi.

Mais commençons par le commencement, j'arrive dans la salle des 1000 clubs à Créon hier, samedi 8 avril 2017. Je vois de loin des personnes s'affairer juste à l'extérieur. Un rotofil qui donnait visiblement du fil à retordre.
A l'entrée, un accueil avec 3 bénévoles pour enregistrer les demandes et faire signer le papier, à l'instar de l'entrée des cliniques et hôpitaux pour une intervention : une décharge pour éviter les malentendus avec les mauvais coucheurs ou mauvaises coucheuses qui viendraient au Repair Café en consommateur d'un service et qui pourraient porter plainte parce que leur objet ne leur serait pas rendu en fonctionnement ou s'il sortait de l'opération dans un état encore pire qu'à son entrée dans les lieux.

Des bénévoles à l'accueil qui se sont mobilisés, non pas parce qu'ils sont doués en bricolage, mais parce qu'ils apprécient le projet et qu'ils ont envie de donner du temps pour remplir un rôle administratif. Dans un Repair café comme dans beaucoup de dispositifs, on  a besoin de compétences diverses et pas seulement de compétences techniques liées au cœur du projet.
Et c'est bien la conjugaison de tous ces rôles qui font la réussite du projet et non l'efficacité de tel ou tel. Chacune et chacun apporte sa pierre à l'édifice.

Dans "Repair Café" il y a "Café". Un coin était donc réservé pour prendre un café ou un thé avec un petit gâteau, et même quelques magazines pour celles et ceux qui trouveraient le temps long à attendre leur tour. Une autre solution pouvant être de faire la curieuse ou le curieux pour faire le tour des opérations à cœur ouvert en cours.

Au bout d'une dizaine de minutes, arrive mon tour. Je suis pris en charge avec ma multiprise, le câble pendant lamentablement à mon bras, à l'image de l'état de fonctionnement du boîtier.

Alors, c'est comme chez le médecin "Qu'est-ce qui vous arrive ?" Oui, parce que, qui irait au Repair Café pour présenter un objet en bon état ?

Et je raconte alors le son et lumière vécu quelques semaines plus tôt : des étincelles et des bruits de feu d'artifice qui sortent de la multiprise alors que j'étais en train d'actionner le bouton 0/1.

J'aurais pu mettre l'objet à la déchetterie, voire pire : la mettre dans ma poubelle. Que nenni ! J'ai tout de suite eu l'idée de l'amener à la prochaine séance du Repair Café et je n'ai même pas pris le temps de regarder si je pouvais éventuellement essayer de regarder l'intérieur de plus près.

Et c'est là que va démarrer la partie contre publicité de cet article. Quand nous jetons un coup d'oeil avec mon binôme de réparation sur l'objet malade, nous nous apercevons que le boitier est fermé avec 6 vis, dont 3 vicieuses fabriquées dans le même moule tordu.

Je ne vous ferai pas un dessin. En revanche, je peux vous montrer une photo, et aussitôt dit, aussitôt fait, voici une photo du vice incarné en vis :



Tous les experts de l'équipe technique ont beau faire le tour de leurs boites à embouts : pas le moindre bout d'embout à l'horizon qui correspond à la vis. En passant, je signale la solidarité de l'équipe technique auquel a fait appel mon binôme pour essayer de relever le défi d'ouverture du boitier.

Mon binôme s'empare à défaut d'un tournevis plat bien classique et commence à triturer une des 3 vis. Je ne vous cache pas que j'étais tout dans mes pensées qui me voyaient prendre le chemin du retour bredouille quand je le vois passer à une 2ème vis sans aucun signe particulier sur son visage.
Je l'interroge : "vous y êtes arrivé". Non seulement, il y est arrivé mais les 2 autres vis vicieuses ont droit au même sort, toujours avec la même placidité du déplombeur de vis APC. Je dois dire que si j'y étais moi-même arrivé, il est clair que je ne serai certainement pas resté dans la même placidité.

A votre avis : la vicieuseté d'APC s'arrête-t-elle à 3 vis ? Vous devinez que non. Car une fois les entrailles à l'air libre et 2 autres vis - pas vicieuses cette fois - enlevées pour retirer la carte électronique contenue, en fait, il s'est avéré impossible de l'enlever réellement car probablement des soudures devaient la maintenir au boitier, au-delà des 2 vis.

2ème pensée négative de ma part pour un retour bredouille, d'autant plus qu'un des experts qui passe par là fait l'hypothèse qu'un composant serait mort.

Seulement voilà, mon binôme est non seulement placide mais aussi tenace. Il m'entraîne à l'extérieur où successivement il projette de l'huile spéciale pour composants électroniques sur la carte électronique puis à l'aide d'un compresseur envoie de l'air sous pression à l'intérieur du boitier.

"Ca se tente" me dis-je, pas complètement convaincu.

Je vous passe la suite, pour arriver au résultat : la tentative était la bonne et la multiprise est à nouveau fonctionnelle, avec 3 vis vicieuses en moins que je remplacerai d'ici peu par 3 vis normales. Ce qui constituera, soit dit en passant, ma plus grande part à cette réparation dans laquelle finalement j'ai laissé faire le maître.

Quels sont les verbes du bonheur que j'évoque dans le titre de cet article à propos de ma première expérience au Repair Café de La cabane à projets ?

Apprendre : J'ai appris plusieurs choses et j'ai retenu une leçon : la prochaine fois, si cela devait se reproduire, je pense pouvoir être capable de faire la même opération, d'autant plus que je n'aurai plus les vis vicieuses sur mon chemin. Je me suis aussi fait la réflexion que dès lors que je fais une opération à cœur ouvert, j'ai intérêt à prendre des photos au fur et à mesure du démontage. Ca peut servir au remontage.

Partager : j'ai fortement senti le partage à plusieurs niveaux : celui des compétences, celui d'un projet commun entre les personnes engagées bénévolement dans le projet; mais aussi avec les bénéficiaires du dispositif qui partagent une vision alternative à la société de consommation

Interagir : contrairement à une autre possibilité qui serait de déposer son objet chez un réparateur qui ferait lui-même la réparation ou serait un point de dépôt pour une réparation dans un autre lieu, l'interaction n'a rien à voir avec la basique relation client-fournisseur. Nous avons interagi avec mon binôme, nous avons progressé en interaction dans le processus de diagnostic et de réparation, même si c'est essentiellement lui qui a mis la main à la pâte.


Inventer et réinventer : Le Repair Café est un dispositif qui réinvente ce que les générations précédentes faisaient naturellement : réparer les objets cassés tant qu'il était possible de le faire et jouer la solidarité et la gratuité.
Le Repair Café est donc à la fois une réinvention et une invention. Une invention parce que le dispositif est original et qu'il profite à plein de l'internet pour se propager dans le monde entier.


Ressentir : Pour peu qu'on utilise ses capacités à ressentir des émotions, elles sont bien présentes : l'espoir de réparer un objet (d'autant plus s'il peut y avoir un rapport sentimental avec cet objet - ce qui n'était pas le cas pour mon objet), l'intérêt porté à la façon dont les experts diagnostiquent et réparent, la joie des uns et des autres (voire l'émerveillement) quand un objet est réparé, la fierté de la réparation et de participer à ce modèle alternatif, l'inspiration qui nous est donnée pour faire face aux prochaines pannes d'objets, 

Apprécier : Il s'agit ici à la fois du lien qu'il y a avec le fait de ressentir des émotions parce qu'on est dans la conscience de tout ce qui se passe dans ce cadre. Apprécier, c'est aussi dans le sens "donner de la valeur". Implicitement, venir au Repair Café, c'est donner de la valeur à l'objet qu'on amène. Sinon, il aurait été jeté. C'est donner de la valeur à ce que chacun apporte au projet Repair Café et pas seulement aux experts bénévoles (il y a  les bénévoles jouant un rôle administratif, les salariés de La cabane à projet qui soutiennent ce projet - avec un coucou à Fred en passant -, ...).

Gratifier et reconnaître : L'appréciation est un préalable à la gratitude (je renvoie à mon article récent "Merci !" naît de l'attention, avec un feu d'artifice d'émotions positives). L'appréciation conduit à une émotion : la gratitude. Le ressenti de la gratitude fait du bien, mais elle mérite d'être complétée par l'expression de la gratitude. Puisque le Repair Café est gratuit, c'est bien la moindre des choses  - et pas seulement en terme de politesse comme on nous l'a appris enfant) de remercier, que la réparation ait pu être réalisée ou pas. Et si elle ne l'a pas été, évitons cette expression tout faite qui a tendance à sortir à l'insu de notre plein gré : "Merci ... quand même".

Et donc à travers cet article, j'exprime ma gratitude à l'initiatrice des Repair Café, à celles et ceux qui ont monté et soutenu le Repair Café à La cabane à projets, celles et ceux qui y participent en tant que bénévoles, aux salariés de la Cabanes à projets qui soutiennent le projet, aux personnes qui m'ont accueilli, à Jean Loup qui m'a expliqué avec enthousiasme ce qui s'était joué avant ma venue, aux experts bénévoles qui ont contribué de près ou de loin à la réparation de ma multiprise et évidemment à mon binôme qui en toute placidité et humilité a mené son action avec efficacité et convivialité.

Longue vie aux Repair Cafés, et en particulier à celui de la Cabane à projets !








Le sens de l'essentiel pour les échéances électorales qui se rapprochent

Le 23 février dernier, je publiais sur ce blog l'article Et si tout ce dont j'ai réellement besoin était déjà là ? dans lequel je faisais référence aux 14 besoins fondamentaux du modèle proposé par Virginia Henderson en 1947. Elle était infirmière, enseignante et chercheuse américaine.

Je les redonne ci-dessous :
L'élection présidentielle est dans deux  semaines, puis viendront les élections législatives.

J'ai décidé de partager avec vous ma réflexion par rapport à ce que nous pourrions attendre des programmes et des candidats.

D'abord en une phrase "Centrer nos réflexions et nos actions par rapport aux besoins fondamentaux des êtres humains".

Je dis bien des êtres humains et pas seulement des françaises et des français. Car le bonheur des uns ne devrait pas se construire dans l'ignorance ou sur le dos des personnes qui n'ont pas le même modèle de Carte Nationale  d'Identité ou de passeport.

Quels sont ces besoins fondamentaux ?

Je vais m'arrêter sur les deux premiers du modèle de Virginia Henderson qui en réalité fait référence à trois besoins : respirer, boire et manger. Je pourrais aussi en prendre d'autres dans la liste, mais ces trois premiers suffiront dans un premier temps pour évoquer l'idée de fond.

Respirer

Respirer nous semble tellement évident, facile, implicite, dû qu'on oublie facilement des évidences et quelques constats :

  • il ne peut pas survivre à plus de 3 minutes sans respirer (variable selon ses capacités pulmonaires)
  • la pollution dans le villes accroît les allergies et les crises d'asthme
  • dans certaines vallées alpines, le taux de pollution est inquiétant et récurrent; je vous engage à utiliser votre moteur de recherche préféré sur internet pour voir l'abondante matière sur le sujet
  • pour sortir de l'hexagone, nous avons probablement tous vu des images montrant la pollution dans les grandes métropoles chinoises et la population qui doit circuler avec des masques sur le visage.
La priorité N° 1 devrait être d'assurer à toutes et à tous de pouvoir respirer dans de bonnes conditions et de ne pas prendre de risque pour sa santé dans ce geste basique : la respiration

Boire

Avez-vous conscience que personne ne peut survivre sans boire au-delà de 3 jours (là aussi ,c'est une moyenne qui dépend de l'individu et de l'environnement où l'on se trouve) ?

L'eau comme l'air sont des biens communs dont nous sommes collectivement dépositaires vis-à-vis des générations futures.

Une autre priorité N°1 devrait être de faire de l'eau un bien commun, gestion à partager avec toutes les autres personnes de la planètes, avec tous les Etats de la planète. L'eau ne devrait pas être une marchandise et ne devrait pas donner lieu à profits.

Se nourrir

Pour la nourriture, on a un peu plus de marge : environ 30 jours en moyenne.
Les 3 chiffres que j'ai évoqué reprennent ce que certains appellent "la règle des 3" : la vie s'arrête au bout de 3 minutes sans respirer ou 3 jours sans boire ou 30 jours sans manger.

A l'instar de l'air et de l'eau, il faut considérer ce besoin, comme celui de la survie.
Mais pas seulement : l'air, l'eau et les aliments que nous consommons ne doivent pas créer  à court, moyen ou long terme des dégâts pour notre santé. Et l'enjeu essentiel est donc sur deux dimensions : survie et préservation de la santé.

Une autre priorité N°1 est donc que chacune et chacun puisse manger pour survivre et préserver sa santé.

Quelques mots sur le "comment"

Dans la plupart des pays démocratiques, nous procédons à travers notre vote à une délégation de pouvoirs. C'est la cas en France : nous élisons un-e Président-e, des député-e-s, (indirectement des sénatrices et sénateurs), des conseillères et conseillers régionaux, des conseillères et conseillers départementaux, des conseillères et conseillers municipaux.

Dans le monde du travail, où la démocratie est assez balbutiante, nous élisons des délégué-e-s du personnel, des membres du CE. Dans les coopératives, on élit des administratrices et administrateurs.

A tous les niveaux, par notre vote, et d'une certaine manière, nous donnons notre pouvoir à une personne ou un groupe de personnes qui pendant une période donnée vont prendre des décisions et mener des actions. Et ce, bien souvent, sans concertation.

En simplifiant, par notre vote, non seulement nous donnons notre pouvoir, mais en quelque sorte nous abandonnons notre pouvoir. Nous le récupérons le temps de nous trouver dans un bureau de vote pour l'élection suivante et quelques heures après nous l'avons abandonné une nouvelle fois.

De mon point de vue, ce système, qui se reproduit depuis des années, a deux gros inconvénients :
  • donner un pouvoir à des personnes qui deviennent des professionnels de ce pouvoir et qui pour certains les déconnectent des réalités et leur font prendre la grosse tête; pouvoir qu'ils ne peuvent plus quitter dans une logique de "la fin justifie les moyens"
  • mettre l'électeur et citoyen dans un rôle de consommateur : je veux dire par là que la responsabilité est transférée au politique et il est attendu de lui qu'il fasse tout; et quand ça n'est pas à la hauteur des attentes et des promesses (souvent légères), il se plaint et se dit, au mieux qu'il va voter la prochaine fois pour quelqu'un d'autres, au pire se dire que les politiques sont tous pourris et basculer dans l'indifférence, le cynisme, le fatalisme ou l'amertume.
Je trouve qu'il est  temps de passer à une démocratie carrément participative qui mette chacune et chacun dans la co-responsabilité, et par exemple déjà sur l'essentiel : sur la gestion de l'air, de l'eau et de notre nourriture.

Vous allez peut-être me dire : "Quel lien avec le bonheur, puisque c'est le sujet de votre blog ?".

Pour moi, il est clair : le bonheur se nourrit de petits riens ... à partir du moment où nous pouvons nous donner collectivement et individuellement l'essentiel. 
Plusieurs études ont confirmé l'adage "l'argent ne fait pas le bonheur" ... avec la précision suivante : au-delà d'un seuil plancher, celui qui nous fait avoir l'essentiel pour vivre en bonne santé (respirer, boire, manger) et aussi avoir un toit sur la tête.

Et pour rebondir sur le titre de mon article du 23 février : et si l'enjeu essentiel des prochaines élections était que la démocratie à laquelle on aspire devrait nous permettre de co-gérer ce dont nous avons réellement besoin, en tant que communs, et de cultiver l'appréciation et la gratitude par rapport à cette sobriété que Pierre Rahbi appelle la "sobriété heureuse".

Sur le sujet politique et bonheur, je rappelle que la Fabrique Spinoza a interpellé les candidations à l'élection présidentielle à travers 14 propositions.

dimanche 2 avril 2017

La gratitude vue comme une rencontre et une succession d'attentions

Dimanche dernier 27 mars 2017, je vous proposais l'article "Merci !" naît de l'attention, avec un feu d'artifice d'émotions positives centré sur un schéma pour le processus de gratitude; avec la prise de conscience que c'est un chemin avec des obstacles, mais aussi avec de belles émotions à vivre, avec un effet gagnant-gagnant et un cercle vertueux indéniables.

Je continue ce dimanche 2 avril 2017 sur le sujet de la gratitude et toujours autour du processus de gratitude en mettant en évidence en quoi ce processus met en jeu la rencontre d'attentions entre le donneur et le bénéficiaire d'un acte altruiste, que ce soit un cadeau ou une aide apportée.

Voici un nouveau schéma, décliné du précédent :


Sont indiqués en couleur verte toutes les attentions qui sont mises en jeu, que ce soit du côté du donneur que du côté du bénéficiaire.

Dans le schéma de la semaine dernière, je mettais en évidence que du côté du bénéficiaire, la gratitude naît de l'attention.
Du côté du donneur, c'est aussi l'attention qui est à l'origine de son acte altruiste. Sans attention portée au futur bénéficiaire, il n'y a pas d'acte altruiste.

En passant, je signale le processus au niveau du donneur attention --> intention altruiste --> action altruiste.

En matière de reconnaissance, il est très important de prendre conscience que l'acte altruiste est en soi une attention et un signe de reconnaissance envers le bénéficiaire.

L'acte altruiste est un geste qui réclame de l'attention à la fois du donneur et du bénéficiaire. Pourquoi ?

  • parce que le bénéficiaire n'est pas forcément demandeur
  • parce que le donneur, même si son geste est désintéressé, peut être en attente d'un signe de reconnaissance, ou ou moins d'un feedback; par exemple, il n'attend pas forcément un "merci", mais s'il voit que le bénéficiaire est content et/ou que son geste a été utile, cela peut lui suffire
  • parce que si le bénéficiaire se trouve trop en position basse (ex : il a peut-être l'impression de ne plus avoir son mot à dire, ou le cadeau qu'il reçoit est démesuré) et le donneur trop en position haute (ex : il prend le pouvoir ou son geste est trop ostentatoire) , l'acte altruiste peut avoir un effet contre-productif : créer de la distance entre les deux protagonistes alors que l'acte devrait avoir comme bénéfice secondaire de les rapprocher ou de solidifier la relation.
C'est la raison pour laquelle, toutes les indications en vert sont importantes car pour peu que l'attention soit insuffisante, de part ou d'autre, les effets de l'acte altruiste peuvent être amoindris, voire négatifs.

Par contre, quand l'attention est présente chez le donneur et le bénéficiaire, que le donneur réalise son acte altruiste avec respect, bienveillance et humilité, alors les émotions positives sont au rendez-vous, et pour l'un et pour l'autre, et de manière multiple, comme je l'ai indiqué dans le schéma précédent.



dimanche 26 mars 2017

"Merci !" naît de l'attention, avec un feu d'artifice d'émotions positives


Je commence cet article par un vœux qui pourra sembler manquer d'humilité : que votre vision de la gratitude à vous lectrice ou lecteur soit aussi radicalement transformée (positivement) que la mienne après ma lecture du livre "Merci !" de Robert Emmons, mon appropriation de la gratitude et la conceptualisation et la pratique du processus que j'ai élaboré, objet du présent article.

Voici le schéma de ce processus que je vais détailler, point par point



1/ L'origine : l'attention

Le point de départ de la gratitude est l'attention. De mon point de vue, la gratitude ne se peut se concevoir sans un préalable d'attention. Quand notre esprit est occupé par des pensées (qu'elles soient négatives, neutres ou positives) ou quand on est pris par le temps, il n'y a pas de place pour la gratitude.
Il s'agit de l'attention que l'on porte au moment présent, à nos sensations, aux autres personnes, à ce qu'elles font pour nous personnellement, pour nos proches, pour le bénéfice de nos projets, de ce à quoi nous tenons. Une attention portée aussi à l'environnement tout autour de nous, à sa beauté, à son étrangeté, en utilisant tous nos sens.
Cette attention est facilitée quand on vit le moment en pleine conscience.
En notant que l'attention peut constituer elle-même un geste de reconnaissance. C'est le 5ème des 10 gestes de la reconnaissance au quotidien.

2/ L'appréciation

L'attention et tous nos sens activés nous donnent l'opportunité de vivre une émotion positive : l'appréciation. Une émotion que l'on vit dans son corps et qui peut se combiner avec une dimension cognitive : se dire à soi-même "c'est chouette !", "c'est trop bon", "ça me fait du bien", "oh temps, suspend ton vol !", ...
Pour apprécier, et comme pour l'attention, il ne s'agit pas d'être dans l'urgence. Cela nécessite de se faire le cadeau de se donner du temps et aussi de ne pas avoir autour de soi quelqu'un qui vous fasse une petite remarque du genre "tu ne penses pas que tu as autre chose à faire que de rester le nez en l'air ?"

L'appréciation est donc une émotion positive; mais ce serait dommage de s'arrêter en si bon chemin, car il y a d'autres émotions positives qui nous attendent si on le poursuit. Ou alors, si on en fait le but final systématiquement, on serait dans une vision nombriliste du monde.
Pourquoi ? Parce que beaucoup des choses que nous pouvons apprécier sont attribuables à autrui.

3/ L'attribution

Imaginez que quelqu'un vous rende service. Vous appréciez ce geste et bien évidemment l'action d'attribution est immédiate : vous savez bien à qui vous le "devez" : celle ou celui qui vous a rendu service.
Pour d'autres occasions, ce peut être un peu plus compliqué. Par exemple, vous arrivez le matin au bureau. Il y a une cafetière à votre bureau et quelqu'un a préparé le café, vous vous en êtes servi et vous le dégustez  tranquillement et en plus il est particulièrement bon.
Bien sûr, vous pourriez en rester là. Mais vous pourriez aussi rechercher qui a préparé le café pour le collectif. Peut-être découvrirez vous que celui (celle) qui l'a préparé est particulièrement désintéressée parce que lui (elle) boit du thé qu'il (elle) a préparé le café en parallèle dans un élan altruiste.
J'appelle cela "la petite enquête". Celle que l'on peut mener aussi le matin en été quand quelqu'un a eu l'heureuse idée d'ouvrir les fenêtres le matin pour rafraîchir les bureaux.

Maintenant que vous savez qui a préparé le café ou qui a ouvert les fenêtres, non seulement vous avez vécu une émotion positive en dégustant le café ou en ressenti avec délice le courant d'air frais, mais vous allez pouvoir entrer de plain pied dans le champ de la gratitude.

Avant donc d'aborder franchement la gratitude, je veux préciser que dans certains cas, l'attribution ne semble pas une étape pertinente : par exemple, si j'admire un paysage, en première intention, je ne vois pas à qui attribuer ce moment. Si je crois en un dieu, je peux l'attribuer à ce dieu. Mais je peux aussi l'attribuer à toutes et celles et tous ceux qui ont participé à la préservation de ce paysage, connus ou inconnus. Et donc en réalité, cette action d'attribution a le mérite quelques fois de nous faire prendre conscience de l'interdépendance entre nous et quantité d'êtres présents ou passés sur cette planète. En dernier ressort, on peut aussi penser "Merci la vie !".

4/ Le ressenti de la gratitude

Quand on évoque la gratitude, on va souvent un peu trop vite en l'assimilant à l'expression de la gratitude, ce qui nous renvoie probablement à notre éducation pendant l'enfance "dis merci à la dame qui vient de te donner un bonbon !", "et on dit quoi ? Merci !" Quand je me remémore les messages parentaux que j'ai pu recevoir et que j'ai vu administrer à des générations qui se sont succédé et avec la vision panoramique que j'ai acquise sur la gratitude, je me dis qu'on ne nous a vraiment pas cultivé les vertus de la gratitude par le bon fil. On a utilisé avec nous les leviers du devoir et de la politesse alors que celui des émotions positives eut été plus pertinent et plus plaisant.

En effet, la gratitude est en premier lieu et en premier temps une émotion positive. Quelque chose que l'on peut ressentir dans son corps. Je me souviens avoir ressenti un jour une émotion positive tellement puissante que mon corps a été traversé d'un frisson qui a circulé du haut de ma nuque jusqu'au bas de mon dos. En notant en passant, que la gratitude ressenti à cette occasion ne se rapportait pas à un événement du présent mais au cours d'une pensée de gratitude envers quelqu'un qui avait donné beaucoup d'énergie et de ses compétences pour un projet que nous avions en commun.

5/ L'expression de la gratitude

Alors franchement, je vous le dis : ce serait tout de même dommage de ressentir de la gratitude pour quelqu'un et ne pas la lui exprimer.
Sauf que bien entendu, il y a des freins : on n'a pas le temps, on n'a pas eu le réflexe de l'exprimer au moment du geste qu'autrui a fait pour nous, on n'ose pas le remercier car on sait que c'est une personne qui a du mal à recevoir les remerciements et les compliments, ...

Et c'est d'ailleurs le moment de prendre conscience d'un effet miroir très important : en tant que spécialiste de la Qualité de Vie au Travail, je sais encore plus que d'autres en quoi la reconnaissance est en moyenne une attente non assouvie des individus au travail. Quand on visualise le processus décrit dans le schéma donné dans cet article, on voit le nombre d'étapes et de conditions préalables pour atteindre cette étape 5. Et donc, il est possible que nous soyons autant frustrés de ne pas recevoir de la reconnaissance d'autrui, qu'autrui est frustré de ne pas recevoir de reconnaissance de notre part. Ce qui, entre parenthèses, fait alors considérer le sujet de la reconnaissance au travail avec un angle très nouveau : celui de la culture de l'appréciation et des émotions positives; une autre façon de voir ce nouvel angle : aborder la reconnaissance non pas par celle qu'on attend mais par la gratitude qu'on ressent et qu'on exprime. Je ne vais pas plus loin dans cet argumentaire que je reprendrai probablement prochainement sur laqvt.fr

6/ L'attention portée au feedback

Exprimer sa gratitude pourrait être considéré comme le bout du chemin de gratitude.

En réalité, et bien souvent, le chemin continue parce que l'expression de la gratitude est une interaction (exprimée en face à face ou par écrit via une lettre ou peut-être aussi via les réseaux sociaux). Et la personne bénéficiaire peut réagir, avec diverses formes de retours. Par exemple :


  • "tu le mérites bien"
  • "ce n'est qu'un juste retour des choses"
  • "en fait, je n'ai fait que t'écouter et c'est toi qui a trouvé la solution à ton problème"
  • "c'est super gentil de me remercier, je n'ai tellement pas l'habitude de ça. Alors, à mon tour, je te remercie. Tu n'imagines pas le bien que tu viens de me faire"
  • un "j'aime" sur un commentaire "merci" posté sur Facebook
L'attention portée au feedback donne donc l'opportunité de ressentir de nouvelles émotions positives. Elle permet de construire ou de cultiver des liens.

Elle boucle la boucle et consacre le cercle vertueux de la gratitude qui nous fait voir la vie plus belle, les autres aidant, le monde plus beau et le lendemain plus attirant.

J'évoque le mot "lendemain" car si la gratitude peut se vivre en direct live, elle peut aussi se cultiver par l'intermédiaire de rituels en différé; c'est le cas par exemple pour l'utilisation du journal de gratitude que j'ai présenté sur ce blog (le journal AGIR).

Je signale pour terminer le livre de Rebecca Shankland, chercheuse en psychologie positive, spécialiste de la gratitude. Il est intitulé "Les pouvoirs de la gratitude"







dimanche 12 mars 2017

15 propositions pour inciter les candidats à la présidentielle à s'intéresser au bonheur

La Fabrique Spinoza, thinktank du bonheur citoyen, vient de publier 15 propositions présidentielles pour le bonheur citoyen.

Ces propositions sont articulées autour de 3 axes :



  • Réenchanter la démocratie
  • Améliorer la qualité de vie au travail 
  • Favoriser la confiance et l’épanouissement dans le monde éducatif




  • Gageons que tout ce qui pourrait être mis en oeuvre dans le monde éducatif engendrerait aussi des impacts positifs à terme dans le monde du travail. C'est un des grands principes de prévention : plus on agit en amont, plus on est efficace.

    "Favoriser la confiance et l'épanouissement" ... pourraient aussi être de beaux enjeux pour la démocratie et la vie au travail.

    Cette initiative sur les réseaux sociaux a son hashtag : #bonheur2017

    dimanche 26 février 2017

    Fabriquons-nous de bons souvenirs !

    En octobre 2015, j'ai rédigé un article intitulé "Fabriquons-nous de bons souvenirs au travail !" sur un blog pour l'instant en sommeil.

    Mon mot d'actualité de la semaine à venir étant "Souvenir", je me suis souvenu de cet article et je vous propose ici d'en reprendre quelques idées et de l'étendre à l'ensemble des sphères de vie.

    J'ai aussi fait remonter dans ma mémoire ma lecture du livre Le cerveau de Boudha de Rick Hanson et du Dr Richard Mendius et j'ai relu le chapitre intitulé "S'imprégner de ce qui est bon".



    Pourquoi ce slogan "Fabriquons-nous de bons souvenirs !" ?

    Plusieurs raisons se combinent :

    • Parce qu'il a été étudié que le cerveau a tendance à plus facilement mémoriser les situations négatives que les situations positives et donc que nous avons tout intérêt à agir explicitement pour rééquilibrer
    • Du fait de la neuroplasticité du cerveau, nous pouvons par cette fabrication de bons souvenirs modeler différemment notre cerveau, créer de nouveaux circuits et affaiblir voire remplacer des circuits qui nous amènent des pensées et des émotions négatives, ainsi que des comportements qui nous déconnectent de notre nature profonde, des autres et de la planète.


    A quoi ce slogan invite-t-il ?

    Il y a plusieurs invitations derrière ce slogan :

    • une invitation à une posture positive et appréciative des situations de la vie, dans les différentes sphères de vie
    • une invitation à entrer en action pour produire des actions qui pourront entrer dans nos souvenirs
    • une invitation à le faire avec d'autres pour construire à la fois ses propres souvenirs, contribuer aux souvenirs des autres et aux souvenirs collectifs (familial, amical, professionnel, événement culturel, sportif, pourquoi pas politique, ...)
    • une invitation - moins directe - à évoquer les bons souvenirs

    La fabrication en 3 étapes

    Je m'inspire ici du chapitre "S'imprégner de ce qui est bon" du livre "Le cerveau de Boudha"
    1. Transformer les faits positifs en expériences positives : il s'agit d'une attention portée aux choses de la vie et d'une prise de conscience des faits positifs, petits ou grands sur lesquels nous pouvons glisser car nous sommes pris dans le fleuve de la vie. Je renvoie à mon article Où il est question de Velcro et Teflon sur la tendance à notre cerveau à s'arrêter sur le négatif et à glisser sur le positif. Il s'agit de s'ouvrir, d'ouvrir tous ses sens au présent. La mobilisation derrière ce slogan permet à chacune et chacun dans un groupe de faire partager les fruits de son attention car chaque individu a son propre filtre et tout le monde ne s'arrêtera pas forcément sur les mêmes choses. Mais par contre, il est fort possible que même si notre attention ne s'est pas arrêté sur une chose, le fait qu'une autre personne s'y soit arrêté peut donner l'envie de l'y rejoindre
    2. Savourer l'expérience : une fois que l'expérience est là, que toute l'attention est mobilisée sur cette expérience, alors on peut s'y arrêter, l'apprécier. Plus on maintient l'expérience dans la conscience, plus l'intensité émotionnelle sera grande et plus le processus de mémorisation sera efficace. Plus longue sera cet "arrêt sur image" plus profonde sera la trace laissée dans la mémoire
    3. Sentir l'expérience pénétrer dans l'esprit et dans le corps : imaginez ressentir une chaleur qui vous enveloppe et irradie profondément votre corps.
    Il est intéressant de noter que le processus de fabrication de souvenirs a quelque chose de particulier : chaque fois que nous nous remémorons un souvenir, nous lui redonnons de la force, nous renforçons son empreinte dans notre mémoire.



    Quelques réflexions personnelles à propos de ce slogan
    • Parmi les différents niveaux d'invitation du slogan, il y a le fait de susciter de l'envie avec un effet de contagion pour soi-même : si j'inscris un bon souvenir dans ma tête par rapport à ma journée, j'aborderai la perspective du lendemain de manière positive, au moins pour le même type de situation rencontrée
    • Le slogan invite à une posture positive et appréciative, ce que j'essaye de promouvoir et pratiquer dans mes différentes sphères de vie
    • C'est aussi une invitation à ressentir de la gratitude avec en perspective l'opportunité d'exprimer cette gratitude
    • Fabriquer un souvenir peut relever de l'ancrage positif. Quand on se sent un peu moins bien, on peut se référer alors au souvenir, ce qui nous fait naturellement ressentir des émotions semblables à celles qu'on a vécues pendant la situation initiale (notion de sentiment élastique). Le phénomène peut aussi se produire de manière automatique : en abordant à l'avenir une situation approchante à la situation initiale, je vais ressentir automatiquement les mêmes émotions positives ressenties initialement.
    • C'est en lien avec l'idée de contagion du bonheur : quand on est déterminé à fabriquer de bons souvenirs, on peut avoir un impact positif en terme de bonheur directement à travers ses interactions avec les autres, mais aussi indirectement pour celles et ceux qui seraient observateurs externes. Ce qui me fait penser à une citation de Jacques Prévert "Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple"
    •  Dans le livre Fish, que j'avais particulièrement apprécié, sont développées 4 clés pour s'épanouir dans son travail dans une approche gagnant-gagnant avec l'organisation et les clients : choisir son attitude, rendre l'interaction inoubliable au client, jouer, être présent à ce qu'on fait. Il me semble que ce slogan colle très bien avec les 2 premières clés, invitant ainsi à fabriquer des bons souvenirs pour soi, pour les collègues de travail mais aussi pour les clients. 
    • Je m'intéresse depuis plus d'un an à la stigmergie, et le processus de fabrication de souvenirs est particulièrement "stigmergeant" : une action laisse une trace dans la mémoire qui pourra se traduire par une autre action, ... Trace pouvant être laissée dans d'autres mémoires, et dans la mémoire collective
    • Avec ce slogan, on touche à deux dimensions : l'attitude et l'action délibérée. Ce qui constitue un investissement à notre bonheur.
    • J'ai évoqué le mécanisme d'adaptation hédonique sur laqvt.fr. L'attitude appréciative inhérente à ce slogan permet de prendre conscience des plaisirs petits ou grands, des aspects positifs de sa vie au travail et donc d'éviter à une fuite en avant de recherche de plaisirs conduisant inévitablement à de la frustration
    • Se fabriquer des bons souvenirs contribue à une vision moins pesante de la vie quand on peut trouver qu'elle l'est
    • Le slogan est aussi une invitation au plaisir. Dans un contexte de travail (quel que soi l'âge), en substituant le "travaille bien !" par "Enjoy !" et plus globalement en appelant à la culture des émotions positives au travail
    • La fabrique des souvenirs, c'est aussi la création de communs : des souvenirs communs, une histoire commune qui peut être exprimée par écrit, audio et vidéo.
    • Le slogan invite à ce que nous avons appelé sur laqvt.fr et chez Novéquilibres la "juste conscience". Ici la juste conscience des bonnes choses qui nous arrivent dans la journée.
    • Je termine par une initiative qui se couple bien avec ce slogan : les petits bonheurs. Elle a été lancée par Céline Bou Séjean (Novéquilibres et laqvt.fr) sur laqvt.fr en avril 2013, invitant des personnes à partager des bons moments de vie au travail