dimanche 17 décembre 2017

L'empathie, ça ne doit pas être la cerise sur le gâteau du travail, c'est un de ses ingrédients

Dans son livre "Practical Wisdom" (pas de traduction française du livre), Barry Schwartz, psychologue américain (1) s'intéresse à la "sagesse pratique". Il y traite, entre autres, de l'équilibre à trouver dans certaines professions entre l'empathie et le détachement. Il prend l'exemple du métier de médecin.

Il y distingue deux approches de la médecine :
  • une approche "maladie" que l'on pourrait appeler aussi "symptôme" où le médecin se focalise sur les symptômes. Les échanges verbaux entre patient et malade étant centrés sur l'expression des symptômes par le patient
  • une approche systémique où le médecin va au-delà du symptôme et cherche à cerner le contexte et l'environnement présent et passé du patient.

Evoquer l'empathie dans la première approche est un "plus" que le médecin apporte au patient en lui posant des questions sur lui, sa famille, son travail pour lui montrer l'intérêt (réel ou factice) qu'il lui porte au-delà d'un objet porteur potentiel de maladie. Cette empathie dépend alors de la personnalité du médecin, de la conception de son métier, du temps qu'il pense pouvoir consacrer à ce niveau d'interaction avec le patient. Quand le médecin fait partie d'un établissement hospitalier, ce peut être lié à la culture de cet établissement.
L'empathie est ici une cerise sur le gâteau. Cerise sur laquelle le risque de faire l'impasse est grand face à la pression du temps et de la réduction des coûts.
A noter qu'avec cette approche, une étude a montré qu'en moyenne il se passe à peine 18 secondes pour que le médecin interrompt un patient qui commence à exprimer un symptôme (pour lui poser d'autres questions visant à préciser les symptômes).

Evoquer l'empathie dans la deuxième approche, c'est la mettre au cœur même du métier "technique". L'empathie est un outil incontournable pour poser correctement un diagnostic. Ne pas l'utiliser, c'est prendre le risque de rester plus ou moins partiellement au niveau du symptôme et de passer à côté de la cause réelle du problème de santé. L'enjeu est alors de trouver le judicieux équilibre entre empathie et détachement. Aller trop dans le sens de l'empathie peut conduire à la contagion émotionnelle (et en particulier dans le sens des émotions négatives) dont les enseignements de la psychologie positive montrent qu'elles dégradent la qualité du diagnostic.

Un autre enjeu d'importance est l'enjeu économique : comment comprendre que passer plus de temps avec un patient est une approche gagnant-gagnant dans une perspective moyen/long terme.
J'ai évoqué un enjeu assez voisin dans mon article sur laqvt.fr consacré à l'association Buurtzorg de soins à domicile aux Pays-Bas. Cette association a été créée avec l'objectif de donner plus de temps à la relation entre le soignant et le patient. L'analyse économique de cette nouvelle approche a montré que le bilan global est très positif pour le système de santé néerlandais malgré l'augmentation du temps passé par acte (le soignant passe plus de temps à chaque soin, mais le patient guérit plus vite).

Je trouve intéressant de prendre conscience que bien souvent l'empathie n'est pas seulement une façon de mettre de l'huile dans les rouages des interactions au travail et dans les autres sphères de vie.
L'empathie ne fait pas seulement du bien (bien-être psychique) aux personnes qui en bénéficient.
C'est aussi un gage d'efficacité de nos interactions quelles qu'elles soient :

  • pour mieux comprendre la réalité de la personne en face
  • pour mieux comprendre ce qu'elle pense et ce qu'elle ressent
  • pour mieux comprendre ces attentes
  • pour mieux comprendre ses problèmes et la conseiller, l'aider le plus utilement si c'est son attente


(1) il est aussi auteur de deux livres traduits en français Pourquoi on travaille et Le paradoxe du choix. Sur le sujet de la sagesse pratique, il est intervenu à deux conférences Ted en vidéo La perte de notre sagesse et De l'usage de notre sagesse pratique

vendredi 24 novembre 2017

13 gestes de reconnaissance au quotidien

Dans le cadre de la préparation de l'Université Ephémère sur la Qualité de Vie au Travail, l'Innovation managériale et la Coopération des 11 et 12 octobre 2017 organisée par La Manufacture coopérativeNovéquilibreslaqvt.fr et le groupe Innovation managériale d'Oxalis - 4 collectifs dans lesquels je suis engagé - j'ai fait évoluer deux modèles phares qui sont nés sur ce blog lesverbesdubonheur.fr :

  • une vision de la vie au travail pouvant contribuer au bonheur
  • des gestes de reconnaissance au quotidien
Je détaille dans le présent article ces 13 gestes en reprenant de la matière que j'avais déjà proposée pour la version en 6 gestes du quotidien.

Pour celles et ceux qui se sont intéressées, ont relayé voire ont utilisé l'édition précédente en 10 gestes, voici les 3 nouveaux gestes :

  • acte altruiste
  • en accord
  • je t'aime


Avant de détailler les 13 gestes, voici successivement un diaporama animé et l'image de ces 13 gestes de reconnaissance au quotidien






2 Gestes pour vivre ensemble

Regard et sourire
Quand on voit une personne de loin qui s'approche et qu'elle nous fait un grand sourire, en voilà un beau signe de reconnaissance ! Soit elle nous a déjà vu, et on peut facilement l'interpréter comme "Je t'ai reconnu" et "je suis content de te voir".
Soit, c'est une personne qui nous est inconnue - et on a tendance à penser qu'on lui est aussi inconnu, sauf si on est une personnalité publique - et on peut l'interpréter comme "Elle me trouve sympathique".
La sourire est un atout formidable pour le bonheur. Dans notre cerveau, nous avons des neurones un peu particuliers, les neurones miroirs qui instinctivement nous conduisent à reproduire les gestes que l'on voit en face de nous. Donc si une personne nous sourit, nous allons avoir une tendance à lui répondre par un sourire, un peu comme un bâillement appelle à un bâillement.
Alors, maintenant, il y a sourire et sourire. Certains sont forcés et ça peut se voir.
Un sourire authentique se repère par la contraction du muscle orbiculaire de l’œil. Ca a été observé par le neurologiste Duchenne de Boulogne, d'où l'appellation de ce sourire "le sourire de Duchenne".
Pour ma part, je trouve qu'un sourire authentique est aussi observable par l'intensité du regard. 
Régulièrement, j'aborde un sourire engageant dans les files d'attente aux caisses de supermarché et je m'aperçoit très souvent que ça a un effet contagieux.
Maintenant, n'oublions pas un préalable : le sourire nécessite d'abord de se regarder. Une évidence pas tellement évidente quand on se trouve dans une rame de métro ou dans un ascenseur.

Bonjour !
"Bonjour !" est un  signe de reconnaissance en soi, et vraiment au sens premier. Certains commerçants utilisent malignement le bonjour en y accolant notre nom ou prénom pour clairement nous indiquer qu'ils nous ont reconnu.
Dans certaines circonstances, le fait que quelqu'un que l'on connait peu nous appelle par notre nom a un effet positif sur nous : "tiens, il m'a reconnu; je ne pensais pas qu'il se souviendrait de moi". Alors si en plus il nous demande des nouvelles de notre enfant qui était malade la seule fois où on l'a vu, on peut se dire "Au moins celui-là, il écoute vraiment ce qu'on lui dit !"
Le "bonjour" est un signe de reconnaissance à la fois si simple et si compliqué. Si simple car il tient en deux syllabes, car il fait partie des habitudes qu'on nous a inculquées.
Si compliqué, car dans un monde où tout un chacun va plus vite (y compris les retraités) et n'a pas le temps de s'arrêter, un "bonjour" fait prendre le risque d'être en dehors des clous du programme de la journée. ce qui fait que de plus en plus, on fait des impasses. Et puis essayez de dire bonjour quand vous êtes scotché sur votre smartphone en train de marcher dans la rue : on ne peut plus se donner l'opportunité de reconnaître les personnes que l'on croise.
Pour certaines personnes, "bonjour" est un acte difficile parce qu'elles sont timides. Ce qui peut nous faire interpréter de la timidité pour de l'impolitesse, voire un signe volontaire de refuser une interaction.

4 Gestes pour coopérer

Bienvenue
"Bienvenue" s'exprime de manière très diverses et il est important qu'il y ait cohérence entre les différentes formes employées à un moment donné pour une personne donnée. Dire le mot "Bienvenue" et immédiatement après laisser la personne en plan, isolée dans son coin, fait partie des incohérences que l'on peut voir. Dans le milieu du travail, il y a aussi incohérence quand on dit "bienvenue" à un nouvel embauché et qu'en même temps son poste de travail physique n'a pas été réfléchi et qu'il va se trouver pendant quelques heures ou quelques jours sur le coin d'un bureau ou installé provisoirement dans une salle de réunion et dégagé plus ou moins gentiment chaque fois qu'une réunion a lieu.
Les bras ouverts est l'image qui me vient spontanément à l'esprit.
Si je dois retenir un seul mot pour symboliser un sujet qui m'est cher, à savoir la Qualité de Vie au Travail (QVT), c'est bien le mot "Bienvenue" que je choisis. Ce choix date depuis 4 à 5 ans, et il ne m'en est pas venu d'autres plus parlant depuis.
Un bienvenue qui comporte plusieurs dimensions :

  • bienvenue à toi en tant qu'individu,
  • à tes talents,
  • à ton savoir, ton savoir faire, ton savoir vivre,
  • à ton engagement,
  • ...

Je te fais confiance
A l'instar de "Bienvenue", la confiance s'exprime de manières très diverses. C'est un geste essentiel pour la santé mentale de la personne qui en bénéficie. C'est aussi facteur de bien-être psychologique pour la personne qui ressent et émet la confiance. A titre personnel, pendant mon parcours professionnel, j'ai été confronté à des contextes de confiance et de défiance. J'ai constaté en quoi le niveau de confiance a un impact énorme à la fois sur le bien-être psychique et sur l'efficacité interpersonnelle  et collective.
L'enjeu de la confiance va donc au-delà de celui de la reconnaissance.
Si la confiance peut s'exprimer diversement, j'insiste ici sur l'importance et l'intérêt de la verbaliser. Plus globalement, la verbalisation sincère de la reconnaissance est particulièrement impactante.

Je porte attention à toi
Porter attention à autrui n'est pas forcément considéré en première intention comme un geste de reconnaissance. On est dans une forme de reconnaissance qui ne porte pas ce nom, une forme de reconnaissance implicite. Etre à l'écoute de quelqu'un, veiller sur une personne constituent bien un geste de reconnaissance puisque c'est reconnaître que l'autre existe, qu'on s'intéresse à lui·elle voire même qu'on va prendre soin de lui·elle.
J'apporte un éclairage particulier sur ce point : l'importance de cultiver l'idée de l'Attention Réciproque, à savoir le fait qu'entre deux personnes ou deux collectifs on soit en capacité de comprendre la réalité de la vie de l'autre, de ses perceptions et de ses attentes. En ce qui concerne l'Attention Réciproque au travail, j'ai publié deux articles sur laqvt.fr Les enjeux de l'Attention réciproque et Concrétiser l'Attention réciproque.

Acte altruiste
A l'instar du geste précédent, c'est aussi un geste qui peut être vu comme de la reconnaissance implicite. Je signale que Mathieu Ricard a écrit un livre référence sur le sujet de l'altruisme : Plaidoyer sur l'altruisme. Il y distingue l'acte altruiste et l'intention altruiste. C'est bien l'acte altruiste qui constitue le geste de reconnaissance, acte qui possiblement n'est pas visible. C'est le cas d'une aide qu'on l'on va porter à une personne sans qu'elle en ait conscience. Dans ce cas précis, on est dans un cas de reconnaissance un peu particulier : un geste non visible mais qui est de fait un geste où l'on reconnaît l'existence de l'autre, ses attentes et où on se met en action pour l'aider.

7 Gestes pour valoriser

En accord
Exprimer à autrui qu'on est d'accord avec lui·elle est une première façon d'aborder ce geste de reconnaissance. On peut le dire verbalement. Ce peut être aussi une affaire de gestuelle. La plus classique étant d'opiner du chef. Dans certains collectifs de travail, une façon muette d'exprimer son accord avec un propos lors d'une réunion est de lever les deux pouces. En tant que conférencier, je ressens tout l'impact positif et stimulant des personnes qui opinent du chef quand j'expose des idées.
Une autre façon d'aborder ce geste est la synchronisation des émotions. Rire à une plaisanterie faite par quelqu'un est un signe de reconnaissance qui lui est envoyé. Vivre pleinement ses émotions à voir en direct et en public une pièce de théâtre donne de la reconnaissance aux comédien·ne·s, au metteur en scène et le cas échéant, à l'auteur s'il est présent.
A l'instar d'autres gestes de la reconnaissance, comme la confiance, ce geste sera d'autant plus efficace et plein qu'il est authentique. 

J'aime !
Le fait qu'on nous dise qu'on aime ce qu'on est, ce qu'on fait, ... est un signe de reconnaissance qui nous fait un bien fou. Pour ce geste aussi, sincérité mérite d'être au programme. S'il y a supercherie dans l'air (pour obtenir quelque chose) ou si le "j'aime" est dénaturé tellement il est utilisé, un peu comme une ponctuation dans les phrases, évidemment sa portée sera différente, voire contre-productive.
A noter que comme pour le "merci" et le "bravo", le "j'aime" peut être conditionnel ou inconditionnel.
Exemple de conditionnel : "j'aime ton dernier tableau"
Exemple d'inconditionnel : "de toutes façons, ça n'est pas compliqué, j'aime tout ce que tu fais".
On a besoin du "j'aime" inconditionnel, mais gare au piège : si je réalise quelque chose qui sort de mes habitudes, dont je suis particulièrement fier, que j'attends un retour sur ce que je viens de faire, et que la personne en face me dise la phrase précédente, je me sentirai probablement frustré.
Avec les réseaux sociaux, nous sommes appelés à exprimer des "j'aime". De ce point de vue, on peut considérer que les réseaux sociaux offrent de nombreuses opportunités de donner et recevoir de la reconnaissance avec la possibilité d'aimer des pages, des articles, des gens avec la prudence de bien considérer le quantitatif et le qualitatif et de ne pas surinterpréter le quantitatif (comme le nombre d'amis sur Facebook, par exemple).

Merci !
C'est un signe important que l'on peut attendre en réaction à nos actes. Un peu comme une balance qu'il s'agirait d'équilibrer. Effectivement  dans notre enfance nous avons été habitués à retourner un "merci" pour les choses qu'on nous donne, pour l'aide qu'on nous apporte. C'est aussi considéré comme une forme de politesse.
Comme pour "bonjour", "merci" est à la fois simple et compliqué.
Simple comme "bonjour" (d'où l'expression, si si je vous assure ça vient de là ! ;-)) avec aussi deux syllabes et le fait que cela peut être intégré dans nos habitudes.
Compliqué, car certaines personnes sont mal à l'aise avec le "merci". Et pas seulement celui qui dit merci. En effet, on a toutes et tous croisé à un moment de notre vie des personnes qui montrent une gêne voire même quelques fois de la mauvaise humeur à être remerciées et encore plus si on veut leur donner en retour.
La gratitude est considérée par la psychologie positive comme un levier puissant et facilement activable du bien-être psychique ... pour celui qui ressent et donne de la gratitude.

Bravo !
S'il est vrai que "Bravo" a une proximité avec le "j'aime" dans certaines circonstances, il a tout de même la spécificité de reconnaître un effort, l'atteinte d'un résultat difficile. Il peut s'exprimer de manière bruyante (applaudissements) et donner lieu à un processus de contagion aboutissant à une expression d'un ensemble d'individus. Cela pouvant donner un impact émotionnel de forte intensité.
"Bravo", le superlatif de la reconnaissance ?

Je t'aime
Ce "Je t'aime" va au-delà de sentiments exprimés à l'attention d'une personne dont on est amoureus·e. Il exprime une affection inconditionnelle qui peut aller aussi à ses enfants, à ses parents, à ses sœurs et/ou frères, à ses amis. Une façon d'exprimer à autrui qu'il est important à nos yeux.


Mon point de vue constructif
A l'occasion de la première publication de mon travail sur les gestes de reconnaissance (6 gestes), Patrick Rosez, coach, a réagi en me suggérant d'ajouter un geste : le point de vue constructif. Sa suggestion relevant elle-même de ce type de reconnaissance. Monique Pierson, conférencière, a réagi par un commentaire mettant en évidence la vertu du "Oui ET" en lieu et place du "Oui MAIS".
Je trouve ce geste de reconnaissance très puissant. C'est un geste qui requiert une certaine habilité relationnelle, de la bienveillance et de la confiance de part et d'autre pour ne pas froisser la susceptibilité de celle·celui qui reçoit le point de vue constructif.

Propagation
Il me semble que s'il y a un signe de reconnaissance que l'on évoquera le moins facilement si on interroge quelqu'un sur la reconnaissance, c'est celui de la propagation. Ce sont tous les gestes dont on va bénéficier d'autrui qui va parler de nous, de nos actes, de nos réussites. Avec Internet et en particulier avec les réseaux sociaux, cette forme de reconnaissance prend une ampleur considérable : chaque fois qu'on va relayer un de nos contenus, y compris un contenu que nous-mêmes on a relayé, c'est un signe qu'on s'intéresse à ce qu'on fait et aussi à nos sujets d'intérêts.
Evidemment un simple clic pour relayer n'aura pas le même impact que relayer une information en explicitant la raison pour laquelle on la relaie.

Pour finir ... une cerise sur le gâteau
On mérite certainement plus de reconnaissance qu’on en reçoit et quelques fois on se met dans une posture d'attente de cette reconnaissance. Certaines personnes sont entraînées dans une fuite en avant infernale quand elles redoublent d'efforts pour obtenir une reconnaissance qui n'est jamais à la hauteur de ce qu'elles attendent avec une inexorable conséquence : un bain d'amertume.

MAIS la bonne nouvelle, ce qui est super plus efficace, motivant et bénéfique, c’est de faire ce qui est totalement à notre portée et presque sans limite …
… DONNER DE LA RECONNAISSANCE
Parce qu’en donnant de la reconnaissance, on se fait un cadeau à soi-même  !
"Comment donc ?" me direz-vous !

Je m'explique : pour donner de la reconnaissance, il faut déjà être en capacité d'apprécier un geste d'autrui. Dès lors qu'on apprécie, on ressent une émotion positive (joie, amusement, émerveillement, ...). Premier cadeau.
Puisqu'on a attribué le geste à une personne ou à un groupe de personne, on va ressentir de la gratitude, autre émotion positive. Deuxième cadeau.

Donc donner de la reconnaissance, c’est bon pour soi, c’est bon pour le bénéficiaire !

Je rappelle les deux articles centrés sur des schémas que j'ai réalisés au sujet de la gratitude :


Je rappelle aussi que l'équipe éditoriale de laqvt.fr a décliné pour la sphère professionnelle l'édition des 10 gestes de reconnaissance au quotidien. Lien vers l'article de synthèse des différents articles publiés sur laqvt.fr
J'en profite pour remercier Caroline Rome, Dominique Poisson et Céline Bou Sejean des belles déclinaisons qu'elles ont réalisées.



jeudi 16 novembre 2017

Prendre soin des collectifs et des individus qui ont un impact positif sur leur écosystème

Cela fait plusieurs années que je constate que bon nombre de professionnels de la relation d'aide et du soin sont en sous-attention de la part des bénéficiaires, des collectifs auxquels ils font partie le cas échéant, de leur autorité de tutelle et de manière plus globale par la société toute entière.

Formulé différemment : les professionnels de la relation d'aide et du soin portent attention et soin aux malades, plus globalement aux bénéficiaires, mais qui s'intéresse à ces professionnels ? Encore plus inquiétant, le professionnel a-t-il conscience de l'importance de porter attention à lui-même (par lui-même et par autrui) ?

Ce que j'exprime par un impératif dans la pensée illustrée ci-dessous est triplement motivé :


  • c'est une question de fraternité et d'humanité
  • c'est une question de justice et de reconnaissance
  • il y a aussi une logique d'efficacité : par exemple, un professionnel de santé sera d'autant plus efficace si sa santé physique, psychique et social est assurée et cultivée





Cet impératif mérité d'être décliné très largement :


  • dans les établissements hospitaliers pour tous les personnels
  • chez les professionnels de santé indépendants
  • dans les associations pour les salariés, les élus, les bénévoles; particulièrement pour les associations humanitaires où souvent les individus qui portent le projet social se mettent et sont mis en retrait voire se sacrifient pour le projet et ses bénéficiaires
  • dans les écoles pour tous les personnels
  • dans les familles pour les parents
  • dans les établissements publics pour tous les personnels qui font service public
  • dans le monde agricole pour celles et ceux qui contribuent à notre alimentation
  • dans le milieu de la culture pour celles et ceux qui mettent la culture à notre portée
C'est une co responsabilité à mettre en musique :
  • la responsabilité individuelle de l'individu
  • le collectif de travail auquel il appartient (s'il existe)
  • les bénéficiaires du travail réalisé par l'individu
  • plus globalement, toutes les parties prenantes de l'éco système et la société


dimanche 5 novembre 2017

Des comparaison à l'origine et à l'amplification de fuites en avant

Le psychologue américain Barry Schwartz dans son livre Le paradoxe du choix évoque la comparaison qui pousse l'individu à devenir Monsieur ou Madame Plus, avec une montée sans fin des attentes et un niveau de satisfaction qui a plutôt tendance paradoxalement à plafonner voire à diminuer.
Une comparaison avec ce qu'on a pu avoir, être ou faire avant et surtout par rapport à ce qu'ont les autres, ce qu'ils sont, ce qu'ils font.

Voici ci-dessous la conférence Ted à laquelle il a participé en 2005 que je vous conseille de visionner. C'est cette vidéo qui m'a donné l'envie d'acquérir son livre extraordinairement riche et nourrissant qui n'a pas pris une ride; pourtant en plus de 10 ans le monde a bien changé.


Dans leur livre publié récemment L'entraide, l'autre loi de la jungle, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle évoquent la croyance limitante selon laquelle la seule loi de la jungle serait celle du plus fort et de la compétition. "Le grand mangeait le petit, le plus rapide mangeait le plus lent, le plus fort mangeait le plus faible". Avec la logique de gagner, de réussir, de grimper dans la hiérarchie, de conquérir du pouvoir.

Cela m'a inspiré une liste non exhaustive de fuites en avant en terme d'attentes et de comportements ... :


  • être ou avoir plus grand
  • être ou avoir plus rapide
  • devenir plus fort
  • devenir plus puissant
  • aller plus haut
  • réussir plus
  • avoir des gains plus élevés
  • être plus performant
  • être plus efficace
  • être plus agile
  • devenir plus beau
  • devenir plus sexy
  • paraître plus jeune
  • devenir plus musclé
  • être mieux habillé
  • être à la mode
  • être équipé d'objets communiquant plus sophistiqués
  • devenir plus intelligent
  • devenir plus endurant
  • devenir meilleur gestionnaire
  • devenir meilleur communiquant
  • devenir meilleur acheteur
  • payer (encore) moins cher
  • être plus malin
  • devenir plus drôle
  • devenir plus insolent et impertinent
  • être de plus en plus mince
  • avoir plus de notoriété (en particulier sur les réseaux sociaux)
  • recevoir plus de reconnaissance
  • prendre encore plus de plaisir et plus souvent
  • devenir (encore plus) riche


Autant d'attentes, d'aspirations, de comportements qui créent de la tension intérieure et éventuellement de la tension sur autrui.


A noter qu'il s'agit bien ici pour moi de mettre en évidence l'excès et la fuite en avant dans ces attentes et ces comportements et non les attentes et les comportements en eux-mêmes/



mardi 10 octobre 2017

13 & 13 en avant-première à J-1 de l'Université Ephémère sur la QVT, l'Innovation managériale et la Coopération

Dans le cadre de la préparation de l'Université Ephémère sur la Qualité de Vie au Travail, l'Innovation managériale et la Coopération des 11 et 12 octobre 2017 (demain et après-demain) organisée par La Manufacture coopérative, Novéquilibres, laqvt.fr et le groupe Innovation managériale d'Oxalis - 4 collectifs dans lesquels je suis engagé - j'ai fait évoluer deux modèles phares qui sont nés sur ce blog lesverbesdubonheur.fr :

  • une vision de la vie au travail pouvant contribuer au bonheur
  • des gestes de reconnaissance au quotidien

En deux mots avant de développer un peu plus : j'ai apporté des modifications à la facette Autonomie dans le premier, et j'ai réalisé des modifications plus substantielles dans le deuxième puisque je l'ai enrichi carrément de 3 gestes; il s'agit maintenant de 13 gestes de reconnaissance au quotidien

Une vision de la vie au travail en 13 facettes

J'ai apporté les modifications à la facette Autonomie suite à ma lecture du livre "Le paradoxe du choix" de Barry Schwartz.
L'intitulé précédent démarrait de la façon suivante "Je me sens autonome avec des responsabilités ...". La nouvelle formalisation est "Je me sens suffisamment autonome avec des responsabilités bien assumées ...".

J'introduis ici que l'autonomie et les responsabilités ne sont pas une fin en soi.
Concernant l'autonomie, il s'agit de mettre en évidence que plus que "donner de l'autonomie" c'est bien "donner la possibilité de l'autonomie et l'accompagner" qui est importante. L'autonomie n'est pas à assimiler à liberté ni à bien-être psychologique. Dans la mesure où l'autonomie n'est pas binaire mais s'entend à plusieurs degrés, un degrés trop important d'autonomie par rapport à ce qu'une personne se sent en capacité de bien gérer peut créer du mal-être psychologique.

De la même façon, ce ne sont pas les responsabilités en soi qui créent du bien-être, mais le fait d'avoir des responsabilités et de pouvoir bien les assumer (parce qu'on est compétent, qu'on a les moyens, que le droit à l'erreur est cultivé, qu'on est bien entouré, ...).

13 gestes de la reconnaissance au quotidien



Je reviendrai prochainement plus précisément sur cette nouvelle mouture, mais je présente ici rapidement les 3 nouvelles facettes :


  • L'acte altruiste qui peut être une aide, un don. Un acte altruiste est de fait un geste de reconnaissance puisqu'il induit qu'on s'intéresse au bénéficiaire et qu'on décide de lui consacrer de l'attention, de l'énergie, peut-être de le supporter matériellement. Quand je te donne, quand je t'aide, implicitement je te reconnais.
  • En accord; c'est par une parole, un geste, une manifestation d'émotion que j'entre en sympathie avec l'autre. De ce fait, je lui exprime que je porte attention à ce qu'il vit, à ce qu'il me dit, je reconnais les difficultés qu'il rencontre, je suis en accord avec ce qu'il dit, ce qu'il fait, ... Un exemple personnel : quand quelques personnes opinent du chef quand je fais une présentation publique, c'est à la fois un signe de reconnaissance puissant et stimulant pour le reste de ma présentation
  • Je t'aime; il y avait déjà le geste "J'aime" qui se rapporte plutôt à un acte. Le "Je t'aime" est inconditionnel et s'adresse à mon amoureuse ou amoureux, à ma famille, à mes ami·e·s


samedi 30 septembre 2017

Y a pas que l'argent qui compte !

De nombreuses études ont montré que ce n'est pas l'argent qui rend heureux ... du moment qu'on dépasse un seuil plancher qui permette de vivre en sécurité et décemment avec sa famille.

Cependant, à la fois en tant que consommateur et que travailleur tout notre environnement et dans beaucoup d'organisation, on ramène tout à l'argent et la plupart des incitations sont financières :

  • gagner plus (soit parce qu'on n'a pas le choix pour vivre décemment, soit parce que ça devient une fuite en avant)
  • acheter le moins cher possible (soit parce qu'on n'a pas le choix, soit parce que ça devient un jeu)


Je vous propose ci-dessous un diaporama inspiré de ma lecture du livre "Pourquoi on travaille" de Barry Schwartz (que je vous conseille vivement) pour prendre conscience qu'il se joue beaucoup plus dans nos actes d'achats et dans le travail. Pour trouver des alternatives aux incitations et motivations centrées sur l'argent. Je prévois un jour prochain d'en faire également une version sous forme de vidéo commentée.



mardi 26 septembre 2017

L'humilité en 3 verbes cardinaux

L'humilité n'est pas forcément bien comprise. L'humilité, ce n'est pas se cacher sous la table, considérer qu'on est peu de choses par rapport aux autres, que ce serait flagornerie d'accepter les compliments.

En réalité, l'humilité est compatible avec une l'assertivité, l'affirmation de soi. Un soi authentique qui apprécie à la fois les qualités et les contributions d'autrui, et à la fois ses propres qualités et contributions : sur ce que je suis, sur ce que j'ai et sur ce que j'ai fait et les résultats.
L'humilité, c'est se voir soi-même de manière réaliste.



Quelques fois, on la confond avec la modestie. L'humilité est d'abord un état intérieur. C'est ne pas se mentir, être honnête avec soi-même, dans l'acceptation bienveillante, dans une conscience juste de l'écart entre ce qu'on est et ses aspirations. La modestie étant l'expression de l'humilité. On peut donc être modeste en reconnaissant à la fois les contributions d'autrui et sa propre contribution. La modestie c'est bel et bien d'accepter des compliments justes à son égard en manifestant sa reconnaissance pour les autres contributeurs.

Humilité et modestie sont équilibre. En parlant de modestie, les deux excès opposés par rapport à cet équilibre sont d'une part la fausse modestie qui relève en réalité d'un ego surdimensionné et d'autre part la modestie excessive qui fait montre d'un ego sous-dimensionné.

Reconnaître à soi-même justement sa propre contribution à un résultat collectif est humilité si par ailleurs, elle s'accompagne de la conscience, de l'appréciation et de l'expression de la reconnaissance des contributions des autres personnes impliquées.

Je vous propose ci-dessous un diaporama exprimant ce en quoi l'humilité peut se décliner à travers 3 verbes cardinaux : être, avoir et faire.

mercredi 20 septembre 2017

Se recentrer sur l'ici et maintenant

Quand nous sommes engagés dans une activité qui nécessite de la concentration et qu'on la mobilise pleinement, notre cerveau n'a pas trop la place ni le temps de se fixer sur autre chose, en particulier sur des pensées négatives. D'ailleurs, il peut être tellement mobilisé, qu'on peut perdre conscience des signaux de faim, de soif, de température, de luminosité, ...

C'est un état que Mihály Csíkszentmihályi, un des fondateurs de la psychologie positive nomme "flow" ("flux" en français ou expérience optimale).

Quand nous ne sommes pas dans une activité, ou alors engagés partiellement mentalement, nous avons souvent des pensées qui s'enchaînent. Parmi ces pensées, il y a bien évidemment des pensées négatives qui créent tension, stress sur nous et potentiellement aussi sur nos proches par contamination ou du fait de l'impact de nos pensées sur nos émotions puis sur nos comportements.

Nous avons besoin de moments où on peut lâcher prise avec nos pensées. C'est un des objectifs de la méditation en pleine conscience.

Voici ci-dessous un schéma sur la façon dont je vois l'enjeu et l'idée du lâcher prise par rapport aux pensées négatives :


Quand on est dans la confusion, le doute, la rumination notre cerveau à tendance automatiquement à embrayer et à faire défiler des pensées négatives, voire de boucler sur les mêmes pensées.
J'ai choisi la métaphore d'une coupe qui serait retournée (partie convexe dessus). Si vous placez une bille au sommet de cette coupe, invariablement elle va être entraînée vers l'extérieur. J'ai positionné 4 grandes tendances de pensées positives, mais on pourrait certainement en voir d'autres. Les 4 que j'ai retenues ici sont les pensées vers l'avenir, celles vers le passée, celles sur soi et celles sur les autres.

Quand on fait l'effort de vouloir lâcher prise et qu'on n'est pas expérimenté pour le faire, on replace la bille au centre; on veut se débarrasser de ses pensées négatives, mais bien vite, voire bien trop vite, les pensées reviennent, la bille dégringole du haut de la coupe renversée.

La méditation en pleine conscience consiste à se centrer sur l'ici et maintenant. Il ne s'agit pas de chasser les pensées, de s'interdire de les avoir. Il s'agit de se concentrer sur sa respiration, sur le moment présent, et si une pensée traverse l'esprit, on ramène tranquillement son attention au centre. Dans mon esprit, quand on est expérimenté en méditation en pleine conscience, le recentrage est beaucoup plus efficace, un peu comme si la coupe était cette fois ouverte (partie concave dessus). La bille placée sur le bord de la coupe va rejoindre sans effort le centre de la coupe.

Vous allez peut-être me dire : "Et pour les pensées positives ?". On a aussi besoin de lâcher prise par rapport à ses pensées, même quand elles sont positives. En particulier si elles défilent de manière incessantes, par exemple si on est engagé dans un projet excitant. Certaines personnes ont du mal à trouver le sommeil. Ce n'est pas forcément du fait de pensées négatives. Il peut y avoir aussi l'excitation du lendemain ou des jours à venir qui peut venir altérer le sommeil et on a toutes et tous besoin de sommeil. Quand le sommeil est altéré une ou deux nuits par ci par là, ce n'est pas un problème. Par contre, ce n'est pas le cas si cela devient chronique.

Ce qui me permet de dire que les risques à la santé psychique et physique, s'ils sont bien évidemment le plus souvent liés aux pensées et émotions négatives, peuvent aussi se trouver quand les pensées positives créent de la surchauffe parce que le cerveau n'a plus de répit. Et dans ce cas de figure, c'est souvent associé à des situations de sur-engagement, où on ne prend plus (ou moins) attention à son alimentation, à recharger les batteries, à son activité physique. Il y a donc en quelque sorte une conjugaison de facteurs qui accélèrent la dégradation de l'état de santé.

Se ménager des temps pour être ici et maintenant, pour apprécier, pour ressentir de la gratitude, pour l'exprimer. C'est à la fois un ingrédient du bonheur et c'est le bonheur; parce qu'il est là le bonheur.



jeudi 7 septembre 2017

Le cercle vertueux Attention-Conscience-Responsabilité

Cette été, je me suis donné l'intention de présenter à la rentrée sur ce blog l'idée d'un cercle vertueux (ou spirale ascendante) Attention-Conscience-Responsabilité.
Hier soir, j'ai vu une bonne partie de l'émission "SOS cantine : les chefs contre-attaquent" sur M6.


J'y ai vu de quoi illustrer ce cercle vertueux et l'occasion m'est donc donnée de concrétiser mon intention.

Je vous résume en quelques mots le contenu de l'émission. 4 chefs médiatiques se rendent dans deux cantines du Nord de la France décidés à contre-attaquer face à la qualité médiocre des aliments servis aux enfants. La première partie de l'émission met en évidence que la responsabilité de cette médiocrité avérée est diluée entre plusieurs acteurs, chacun regrettant qu'on en soit arrivé là, mais dans l'impuissance et la fatalité par rapport à d'hypothétiques alternatives. Je liste rapidement les actrices et acteurs : le médecin nutritionniste (dont le rôle s'arrête à l'examen d'un menu sur papier), les cantinières (non professionnelles de la cuisine, en charge de réchauffer les plats et s'assurer de la bonne température des plats), les personnels de la cuisine centrale qui préparent 3200 repas par jour (en fait il s'agit essentiellement d'assemblage et non de cuisine), le responsable de la cuisine centrale (en intendant à la recherche du moins disant pour ne pas dépasser 1,49€ de matière première par repas), les maires des deux communes concernées (avec une logique très comptable des choses).

Je liste maintenant la multitude et la diversité des conséquences néfastes d'un modèle clairement perdant-perdant :

  • les enfants mangent des aliments dont la qualité nutritionnelle est insuffisante
  • les enfants ne sont pas satisfaits
  • par voie de conséquence, 70% des aliments servis sont ensuite jetés
  • les personnels (cantinières, professionnels de la cuisine dans la cuisine centrale) ne sont pas fiers de ce qu'ils font. Pour les cuisiniers professionnels, il y a le sentiment de ne plus faire le métier qu'ils ont appris
  • on constate que les intitulés de plats dans les menus sont mensongers par rapport au contenu réel (ex : des tomates farcies "pur bœuf" dont en réalité le bœuf est en queue de peloton des ingrédients, après notamment de la peau de dinde)
  • certains parents pensent pouvoir se permettre de ne pas donner de légumes à leurs enfants aux repas hors scolarité puisque leurs enfants en mangent à la cantine ... ce qui n'est pas le cas. D'ailleurs, au grand même en mangeraient-ils, vue la pauvreté nutritionnelle de ces aliments en conserve ou congelés, cela ne ne changerait pas grand chose au problème
  • A noter aussi le dommage collatéral suivant : les légumes servis sont tellement insipides que les enfants s'en détournent nettement, sachant que l'on sait bien la difficulté qu'il y a à leur en faire manger même quand ils sont frais (je me demande en passant, si cette "vérité" qui existe depuis quelques générations n'est tout simplement pas liée au fait que cela fait un sacré moment que les légumes servis en cantine sont insipides, et j'en parle d'expérience puisque moi-même j'ai souvenir de la qualité médiocre des repas des cantines dans ma jeunesse).
  • Je n'imagine pas bien que les élus puissent être satisfaits une fois qu'ils sont sortis de la logique comptable
  • Le médecin nutritionniste étant appelé à jouer un rôle minimaliste, je n'imagine pas non plus qu'il puisse se satisfaire d'être un garant aussi peu actif dans ce modèle.
  • Le gigantisme de la fabrication tire la qualité des repas vers le bas
On arrive à un paradoxe : les enfants sont assurés de manger des aliments à la bonne température qui ne les feront pas tomber malade (du fait des normes draconienne en matière d'hygiène). Seulement ces aliments sont des ANINN (Aliments Non Identifiés et Non Nourrissants) voire même plus crûment : de la merde.

Les 4 chefs sont donc partis en exploration pour comprendre les processus et les responsabilités. Ils ont été dans l'ATTENTION. Ils ont pris CONSCIENCE de ce qui se joue, ont cherché à comprendre les RESPONSABILITES, puis ont mis face à leurs responsabilités ceux qui pouvaient initier et décider le changement : les maires. Nous retrouvons les 3 dimensions du cercle vertueux.


Le point de départ de ce cercle est l'ATTENTION. L'attention me tient à cœur car non seulement elle est le point de départ de ce cercle, mais elle est aussi le point de départ du processus de gratitude que j'ai présenté dans l'article "Merci !" naît de l'attention, avec un feu d'artifice d'émotions positives.

Continuons l'analyse de cette émission. En réalité, l'attention portée par les 4 chefs dans un premier temps a été insuffisante, et on s'en aperçoit quand ils obtiennent le feu vert des deux maires pour expérimenter un modèle plus vertueux. Leur première tentative est un semi échec dans la mesure où ils n'ont pas suffisamment porté attention à 3 aspects :

  • l'enjeu que représente la quantité de repas (ils s'attaquent au départ à la moitié des repas de la cantine centrale, à savoir 1 600)
  • le coût des matières premières
  • la difficulté à faire apprécier aux enfants des produits qu'ils ne connaissent pas
Mais c'est bien l'attention aux conséquences de leurs actions qui leur ont permis de prendre conscience de ces dimensions puis de se responsabiliser sur des dimensions qu'ils avaient sous-estimées (dont l'enjeu financier). C'est ce qui leur a permis ensuite de rectifier le tir, en passant par une phase d'attention plus profonde (le cercle qui se referme responsabilité ==> attention), en particulier sur les savoir-faire des personnels de cuisine, en particulier pour la cuisine de grandes quantités.

Cette forme d'attention a permis de fluidifier les relations car, pendant la première phase, les 4 chefs sont en réalité intervenus comme des jugeants et des donneurs de leçons; ce qui a figé des postures, en particulier avec les maires et le responsable de la cuisine centrale.

J'arrête là mon analyse qui pourraient être poussée plus en avant car cette émission m'a fourni un certain nombre de fils à tirer, à tel point que m'est venue la pensée suivante : 



Pour en revenir à mon cercle vertueux, j'explicite maintenant l'enchaînement de ces trois phases.

une ATTENTION que l'on porte à une situation, à une ou plusieurs personnes permet de prendre CONSCIENCE d'aspects, de mécanismes non vus, invisibles ou sur lesquels on ne s'était jamais arrêté. Cette prise de conscience permet souvent alors d'activer sa propre RESPONSABILITE et éventuellement engage à aller inciter autrui ou un groupe à prendre ses RESPONSABILITES par ailleurs.
Dès lors qu'on engage plus sa responsabilité, on a une ATTENTION plus forte, plus fréquente, plus aiguisée aux situations et à autrui. C'est ainsi que la spirale ascendante se développe.

Une spirale ascendante au service de modèles gagnant-gagnant, car les modèles gagnant-gagnant nécessitent de porter attention mutuellement les uns aux autres, ce qui renvoie à l'idée d'Attention Réciproque que j'ai développée sur laqvt.fr dans les articles Les enjeux de l’Attention Réciproque et Concrétiser l’Attention Réciproque.


dimanche 3 septembre 2017

mercredi 16 août 2017

Bonheur et cible

Je continue la série "Schémas & Pensées" avec l'exploration de l'idée selon laquelle notre bien-être dépend aussi de la fixation d'objectifs et ensuite de ce en quoi on arrive à l'atteindre ou pas, plus ou moins vite, ...

Ce qui met en évidence que le niveau de bien-être ne tient pas que dans l'atteinte de l'objectif, mais qu'il est mis en jeu tout au long du chemin - éventuellement tortueux - en démarrant par la fixation de l'objectif lui-même. Je renvoie à mon article récent Le bonheur en destination ou en chemin ?

Il s'agit une nouvelle fois dans ce présent article d'un diaporama animé : le schéma se découvre au fil de vos clics sur l'espace d'affichage du schéma et se termine par l'énoncé de la pensée associée.
Pour la première fois de cette série, ce diaporama énonce plusieurs pensées qui sont reprises sur la dernière diapositive.

Ce diaporama utilise la métaphore de la cible. A l'instar de la plupart des métaphores, cette métaphore ne couvre pas l'ensemble des aspects de l'idée de la poursuite d'un objectif. C'est ici notamment le cas dans la mesure où le choix de la cible ne prend pas bien en compte l'idée d'un parcours pas à pas.

Bonne lecture et n'hésitez pas à exprimer vos réactions.

Licence Creative Commons
Schémas et Pensées : "Bonheur et cible" de Olivier Hoeffel est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à https://1drv.ms/p/s!Ak7gKuqtPt5QxlCR1leHuZVmdj8k.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://www.lesverbesdubonheur.fr/.

lundi 14 août 2017

Le bonheur en faisant appel aux sens

Voici le fruit d'un fil tiré. Le fil étant le mot "Goût" qui m'a fait élargir aux 5 sens et les liens que je pouvais y voir avec le bonheur et les différents sens figurés des verbes exprimant les 5 sens.



Redonnons du goût, le goût de l'authentique

Cela fait 4 ans que je cultive des tomates dans mon jardin. J'ai redécouvert le goût des tomates, car je constate, probablement comme vous, que les tomates achetées dans le commerce n'ont pas de goût, quelle que soit la saison.
En allant sur les marchés, on peut trouver des tomates ayant un peu plus de goût.

Mais je vous assure que ça n'a rien à voir avec les tomates de mon jardin et de toutes celles que j'ai pu manger issus de potagers d'amies et amis.

La tomate est un fruit et non un légume. Goûtez une tomate gorgée de soleil issue de mon jardin, les yeux fermés et vous aurez vraiment l'impression de manger un fruit. Nul besoin de vinaigrette, de sel, de poivre ou tout autre ingrédient. La tomate est un fruit qui se vaut à lui seul quand il a du goût.

Alors, bien sûr, il faut du temps entre le moment où la graine se met à germer et le moment où la tomate semble prête à être cueillie avec presque excitation. Il lui faut passer les épreuves des intempéries, des insectes, des maladies, des possibles maladresses ou moments d'inattention du jardinier. Il faut accepter que sa forme soit non conforme aux normes de la société de consommation.

Moi je vous dis que mon bonheur passe par le goût des tomates en été, par des produits toute l'année qui ont du goût, par le fruit du travail investi en conscience, par l'authenticité des produits, des personnes, des moments et des sentiments.



Bel été à vous ... avec le goût des vacances, de la vie, du bonheur, de la famille, des amis, des matins, des déjeuners, des soirées, des nuits ... et des tomates !

Un grand merci et un grand bravo à toutes les actrices et acteurs individuels et associatifs qui font circuler et valoriser les variétés anciennes de tomates, les considérant comme un bien commun de notre humanité.


lundi 7 août 2017

Le bonheur en destination ou en chemin ?

Voici un petit diaporama dans la série Schémas et pensées que j'ai lancée en 2015.

Il évoque deux façons d'envisager le bonheur : soit comme une destination (une fin, un objectif), soit comme le chemin que nous parcourons au jour le jour, un peu comme une route touristique que l'on parcourt avec des points d'arrêt pour apprécier particulièrement des points de vue, des architectures, des animations, ...



Le bonheur vu comme un chemin permet de le considérer ici et maintenant, tout en conservant l'idée de la dynamique et d'un cheminement où l'on découvre des choses et les autres progressivement, et où on se découvre aussi soi-même.
Une vision en contrepoint de celle qui fait conditionner le bonheur à venir à la réussite dans tel ou tel domaine (voire dans tous les domaines) et/ou à la réunion de conditions jugées nécessaires.

Ce qui facilite la pratique de cette vision : la culture de l'attention, de l'appréciation et de la gratitude.

mercredi 2 août 2017

Le 2 août 2017, focus sur les capacités de régénération

Ce mercredi 2 août 2017 représente pour notre planète le "jour du dépassement"

"A partir d'aujourd'hui, l'humanité aura consommé l'ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année", annoncent Global Footprint et le WWF dans un communiqué commun.

Global Footprint a fondé ses calculs en prenant en compte notamment l'empreinte carbone, les ressources consommées pour la pêche, l'élevage, les cultures, la construction et l'utilisation de l'eau.

Voici un graphique que j'ai composé à partir des données chiffrées de Global Footprint



Céline Bou Sejean (Novéquilibres et laqvt.fr, comme moi) a traité du sujet des impacts des activités économiques sur la planète et sur la santé des individus dans l'article QVT et impacts économiques

Elle y fait référence à l'intervention d'Alexandre Rambaud, chercheur en sciences de gestion associé à Paris Dauphine à propos de la prise en compte des externalités en comptabilité. Il fait un parallèle entre la capacité d'assimilation de la planète et la capacité d'assimilation d'un individu au travail. Ses capacités à récupérer et l'enjeu suivant : que la vie au travail n'épuise pas l'individu et ne détruise pas irrémédiablement sa santé.

Voici ci-dessous un diaporama qui explicite à la fois ce parallèle, et à la fois les risques à vouloir flirter de trop près avec les limites des capacités de récupération des individus au travail :


mercredi 28 juin 2017

Toute l'intensité d'un "Bonjour" inspiré par nos amis les chiens

Le 2ème des 10 gestes reconnaissance au quotidien que j'ai proposés sur ce blog est "Bonjour" qui peut se dire et/ou s'exprimer par des gestes corporels diverses.

Nos amis les chiens combinent généralement plusieurs gestes quand ils accueillent leur maîtresse ou maître : aboiement, la queue qui frétille, le corps qui se frotte aux jambes, éventuellement en position sur les deux pattes de derrière et les deux pattes de devant posées sur les cuisses ou la poitrine (en fonction de la taille du chien) quand la maîtresse ou le maître autorise ce geste. Beaucoup de chiens sont d'humeur assez égale et réserve cet accueil de manière inconditionnelle.



Imaginez-vous dire bonjour de la sorte à vos congénères ! Imaginez-vous recevoir un tel accueil !

Vous qui avez un chien dans votre vie, j'imagine que l'accueil que vous réserve votre chien vous procure beaucoup de bien-être, peut vous remonter le moral s'il est en berne, vous donne peut-être envie de jouer avec votre chien.

Je suis convaincu que mettre plus d'intention et plus d'intensité dans nos bonjours peut augmenter de manière significative notre bien-être, avec un effet contagieux sur les personnes avec qui on est en interaction. Des effets positifs aussi au niveau professionnel car cela installe des émotions positives propices à de bonnes relations, à une meilleure créativité et à l'utilisation à plein de nos capacités intellectuelles et cognitives.

samedi 24 juin 2017

Du "Ils" au "Nous" en verbes

Mardi dernier, le 20 juin 2017, j'ai publié sur laqvt.fr, site d'actualité sur la Qualité de Vie au Travail (dont je suis le responsable éditorial) l'article Se saisir du « nous » plutôt que rester bloqué sur le « ils ».
Il s'agissait de prendre conscience que dans le monde du travail, on est quelques fois figé sur une posture considérant l'autre ou les autres comme responsables (ou coupables) de problèmes auxquels on est confronté. Avec des émotions négatives à la clé, des impacts négatifs sur l'efficacité, la qualité et le relationnel. La personne ou la partie incriminée, pouvant elle aussi se figer sur une posture ne favorisant pas la résolution du problème, on tourne en rond dans un cercle vicieux.

J'invite dans cet article à reformuler les pensées et les discours, en chassant les "Ils" et en reformulant avec le "Nous" qui amène à la coopération, à résoudre les problèmes ensemble, à (ré)intégrer des parties prenantes dans la recherche de solutions, en se (re)donnant le pouvoir d'agir.

Sur ce blog dédié au bonheur, je propose aujourd'hui d'élargir le propos aux autres sphères de vie; et puisque j'ai intitulé mon blog "Les verbes du bonheur", j'ai conçu un schéma centré sur des verbes pour chacune des configurations "Ils" et "Nous".
Ces verbes sont "Penser", "Parler", "Faire", "Vivre" et "Reconnaître". J'ai ajouté le verbe "Apprécier" pour l'associer au verbe "Reconnaître" dans la 2ème configuration.

Le voici ci-dessous :


vendredi 23 juin 2017

Regard et Attention Réciproque

La regard constitue (avec le sourire) le premier de 10 gestes de reconnaissance au quotidien que je promeus depuis quelques mois.

La semaine dernière, j'ai publié sur www.laqvt.fr un diaporama et une vidéo animée sur le thème de l'Attention Réciproque (AR). Il s'agissait de prendre conscience des enjeux de l'Attention Réciproque dans le milieu du travail.

L'AR a aussi bien entendu tout son sens dans les autres sphères de vie pour se sentir mieux dans ses relations à autrui, pour faire circuler plus amplement et plus justement de la reconnaissance, pour amplifier les solidarités, les actes altruistes, pour donner plus de foi dans notre potentiel d'humanité, pour cultiver des cercles vertueux. Et tout cela peut partir d'un regard, le départ d'une communication qui va aider à comprendre la réalité d'autrui (y compris sa santé), la perception qu'il a de cette réalité et ses besoins, attentes et aspirations les plus profondes.

Voici un photomontage que j'ai réalisé pour mettre en avant l'importance du regard dans l'Attention Réciproque. C'est bien la profondeur du regard qui nous aide à comprendre au mieux autrui, à percevoir ses émotions, à lui montrer toute l'attention qu'on lui porte, à l'aider à s'exprimer avec authenticité, à faire émerger sa vraie réalité, sa vraie perception et ses aspirations les plus profondes.




Le tandem de l'Attention Réciproque : regard + écoute

Un regard qui n'est pas toujours facile à poser, à maintenir. En effet, et en particulier dans les grandes villes où les regards ont pris l'habitude de se fuir dans les transports en commun, les ascenseurs, la foule, ... peut-être que croiser un regard et stationner les yeux dans les yeux est devenu peu commun.

Voici une expérience menée avec des couples qui devaient maintenir leur regard mutuellement. Une expérience à la fois touchante et troublante :



Expérience : des couples se regardent dans les... par tuxboard

jeudi 8 juin 2017

Aujourd'hui, 8 juin 2017, fêtez vos meilleurs amis !

Aux USA, le « Best Friends Day » est une tradition chaque année le 8 juin. Cet événement annuel permet à chacun de manifester son amitié auprès de ses meilleurs amis. Cette tradition se répand dans les autres pays, et j'y vois une merveilleuse opportunité de se saisir des deux leviers les plus puissants du bonheur : la qualité des relations et la gratitude.

Le levier le plus puissant du bien-être psychique, tel qu'il a été étudié par la psychologie positive est la qualité des relations et surtout la culture de relation de proximité où chacune des personnes engagées dans le relation le fait avec authenticité, dans la confiance et le lâcher prise.
Il est à noter que, statistiquement et en moyenne, la relation amicale apporte plus de bien-être psychique que la relation conjugale (parce que statistiquement, on prend en compte les relations conjugales épanouissantes et celles qui ne le sont pas, voire qui créent de la souffrance). Par contre, une relation conjugale épanouie est au sommet de la pyramide de satisfaction des relations.

Le deuxième levier est celui de la gratitude. J'ai écrit de nombreux articles sur le sujet qui reprennent les enseignements de la psychologie positive. La gratitude, c'est vraiment gagnant-gagnant :

  • ça fait du bien pour celui qui exprimer la gratitude. Car avant de l'exprimer, il la ressent : c'est une émotion positive
  • ça fait (potentiellement) du bien à celui qui la reçoit; le "potentiellement" est le petit bémol qu'il faut prendre en compte : certaines personnes se sentent mal à l'aise à recevoir de la gratitude
Toujours d'après les études menées en psychologie positive, la pratique de gratitude la plus intense est d'écrire une lettre de gratitude et d'aller la lire et la remettre au bénéficiaire.

Donc, ce 8 juin est une opportunité d'activer ces deux leviers, par exemple en écrivant une lettre à votre meilleure amie ou meilleur ami (au pluriel aussi) et d'aller lui la lire.

 

jeudi 11 mai 2017

Un anniversaire, des mises en lumière

Une fois n'est pas coutume, voici un billet très personnel.
En ce matin un peu particulier me vient une succession de pensées.
La première est de raccrocher cette journée au mot de ma semaine "Lumière", tiré au hasard dans un sac de 52 galets qui accompagnent la vie de mon épouse et de moi-même pendant un an.
N'est-il pas singulier de tirer le mot "lumière" la semaine du jour de son anniversaire ? Voilà donc quelle fut ma première pensée du matin.

Et si indéniablement la lumière va être dirigée ce jour par plusieurs personnes à mon attention - à défaut de celle du soleil - je me suis fait la réflexion "Que fais-je de cette lumière ?".

Alors bien entendu, une partie de cette lumière, je vais l'absorber comme je le fais habituellement chaque année à la même date, un peu comme un objet de couleur sombre (qui n'est pas à l'image de mon humeur, fort heureusement) qui absorbe la lumière, une lumière qui chauffe, voire qui réchauffe.

Une autre partie de cette lumière est réfléchie façon miroir, en expression de gratitude en direction de celles et ceux qui m'apportent diversement leurs attentions en cette journée.

Et cette année, une lumière s'est éclairée dans mon esprit qui m'invite à rediriger une partie de la lumière dans une autre direction, et aussi en gratitude : vers celle et celui qui m'ont donné la vie ce même jour il y a 56 ans. Celle et celui qui m'ont donné ensuite 2 sœurs par la même opération qui n'est pas que du saint esprit. Celle et celui qui ont contribué à ma solidité, aussi à ma fragilité et ce faisant aussi en partie à ma solidité par les bienfaits de la résilience. Celle et celui qui ont donné de l'énergie et du cœur pour m'aider à construire une partie de ma vie, avec une pensée plus appuyée pour ma mère qui m'a accompagné plus longtemps à la construire.



La lumière particulière donc cette année à laquelle je n'avais jamais pensé en mon jour d'anniversaire : la gratitude envers mes parents. A 56 ans, il était temps d'y penser le jour de mon anniversaire, d'en faire une évidence de jour d'anniversaire ! Malheureusement trop tard pour le leur exprimer de leur vivant en mon jour d'anniversaire. Mais ce qui importe ... c'est que cette journée soit lumineuse, avec la lumière qui diffuse dans toutes ces directions.

lundi 8 mai 2017

La lumière est belle différemment quand elle rencontre des obstacles


"Lumière", tel est le mot avec lequel je vais faire équipe cette semaine.

Cette photo montage que j'ai rapidement construite fait suite à la réflexion que je me suis faite au moment où j'ai recensé ce que ce mot pouvait évoquer en moi : j'apprécie particulièrement les paysages où le soleil est là sans être tout à fait là. Le chemin qu'il essaye de se frayer selon les obstacles donnent souvent des images qui attirent mon œil et suscitent mon émerveillement.

J'aime le ciel azur et en même temps, j'aime ces ciels plus contrastés. J'aime les moments de calme, comme j'aime aussi les moments où les difficultés se mettent sur le chemin et où la conjugaison d'énergies permet de les mettre derrière soi et consolide les liens mis en action.

dimanche 7 mai 2017

A la recherche d'un juste équilibre entre ma responsabilité et celle des autres (1)

Poser la question de la responsabilité peut adresser trois types de situation :

  1. Examiner la cause d'un problème que je rencontre ou que j'ai rencontré
  2. Trouver qui peut/doit agir pour trouver une solution à un problème
  3. Adopter les comportements du quotidien qui ont un impact sur le présent et l'avenir d'autrui, directement ou indirectement (par exemple : quelles responsabilités en terme d'enjeu de préservation de la planète dans nos actes du quotidien).
Dans cet article, je vais m'intéresser aux deux premiers types de situation.

C'est la faute à qui ?

J'utilise la notion de "faute" volontairement dans le titre de cette partie pour de prime abord attirer l'attention sur le fait que quand on recherche la cause d'un problème, la tentation est forte à non pas comprendre les responsabilités et les causes, mais à chercher une faute et dès lors un ou des coupables.

Voilà un piège redoutable, surtout qu'il entraîne souvent une analyse sans nuances où on va charger la barque d'une personne ou d'un groupe de personnes.
Il peut s'agir d'une autre personne ou d'un groupe de personnes auquel on n'appartient pas. De ce fait on s'exclut de la moindre responsabilité et on met en cause (et non en recherche de cause) et en position de faute, en cherchant un ou des coupables en dehors de soi. On se considére comme étranger à la situation ou victime.

Il s'agit alors bien souvent d'une habitude, un trait de personnalité où le lieu de contrôle ("locus of control" en anglais) est externe. En d'autres mots, il s'agit de considérer que le problème est attribué à quelqu'un d'autre, à la malchance, à la fatalité, ...

En revanche, si le lieu de contrôle est interne, la causalité est plutôt recherchée en première intention en soi. Et quand ce trait est très ancré, la causalité est systématiquement recherchée et trouvée, exclusivement en soi. Auquel cas, bien évidemment il y a le risque de surcharger sa propre barque.

Pour en revenir au piège de rechercher une faute et un coupable en lieu et place d'une causalité et de responsabilité, on voit donc que dans le cas d'un lieu de contrôle interne, on se trouve dans une situation d'auto-culpabilité.
Donc en fonction de ce lieu de contrôle, et si le lieu de contrôle est très ancré (soit en externe, soi en interne), le coupable est soit autrui, soit soi-même.

A noter que ce lieu de contrôle a tendance à s'inverser selon que l'on recherche une causalité sur un problème ou sur une réussite. C'est ce que met en évidence Martin Seligman, fondateur de la psychologie positive dans son livre "La Force de l'optimisme".
Un optimiste a tendance à avoir un lieu de contrôle interne pour les réussites ("c'est grâce à moi") et un lieu de contrôle externe pour les échecs ("c'est de leur faute"); c'est l'inverse pour le pessimiste qui minimise sa responsabilité dans les réussites et s'attribue les échecs. Dans le tableau ci-dessous que j'ai adapté du livre, on voit qu'il y a aussi deux dimensions qui entrent en jeu : la permanence ("c'est toujours comme ça" ou "c'est exceptionnel") et la généralisation ("c'est pour tous les domaines" ou "c'est pour un seul domaine") :


Définitivement, prendre un problème par la question "C'est la faute à qui ?" est une très mauvaise idée, quelle que soit la sphère de vie, et constatons que malheureusement c'est un piège dans lequel on tombe facilement, d'autant plus dans les environnements où vitesse, précipitation, compétition, excellence, peur, défiance, ... sont présents. En tant que spécialiste de la Qualité de Vie au Travail, je considère l'enjeu de droit à l'erreur comme considérable, comme tout autant celui de savoir faire la part des choses entre analyser un problème et chercher un coupable.

C'est un piège aussi que l'on peut trouver dans certaines formes d'actions de psychothérapie où le travail consiste à un transfert de culpabilité : dans la bonne intention d'aider le patient à se débarrasser d'une auto-culpabilité, le psychothérapeute transfert "la faute" sur autrui (souvent sur les proches, et en particulier sur les parents). Alors qu'il me semble qu'un travail plus sain et plus écologique est celui déjà de faire la part des choses entre coupable et responsable, entre chercher une faute (et généralement on la trouve) et essayer de comprendre des liens de causalité (exercice qui peut ne pas  aboutir, ce qui peut interroger sur la pertinence de focaliser sur les liens de causalité).


La balle est dans quel camp ?


Je vais continuer à me référer à Martin Seligman qui explique dans le même livre :
"On réagit à l'adversité d'abord par la pensée. Celle-ci se solidifie et devient rapidement une disposition habituelle d'esprit, bref, une interprétation dont les ressorts n'apparaissent clairement que lorsque l'on s'attache à les analyser. Et cette interprétation a des conséquences puisqu'elle conditionne sentiments et comportements. C'est elle qui fait la différence entre abattement et renoncement d'un côté et bien-être et action positive de l'autre."

La stratégie pour faire face à un problème va donc dépendre beaucoup de notre disposition habituelle (schéma de pensée), de notre lieu de contrôle privilégié (qui peut s'inverser pour les réussites) qui nous fait souvent répéter le même comportement (éventuellement inadéquat).

Si le lieu de contrôle est particulièrement externe, on va avoir tendance à considérer que la solution doit venir des autres. Et quand la solution ne vient pas, cela peut conduire à de la colère, de l'impatience, de la frustration, de l'abattement. Quelques fois, elle s'accompagne d'un désir que la situation puisse se débloquer par un coup de baguette magique, un claquement de doigt, un déclic, une étincelle, ... 

Si le lieu de contrôle est particulièrement interne, le risque est de vouloir absolument chercher des solutions en soi et par soi, sans prendre en considération que la solution peut se construire avec d'autres. Si on manque de confiance, la tâche pourra sembler insurmontable.

En réalité, la balle peut se jouer à plusieurs et c'est ce que j'évoquerai dans la partie "Articulation des responsabilités".

Un juste équilibre (pour revenir au titre du présent article) consistant à trouver un juste milieu en matière de lieu de contrôle, à savoir explorer à la fois l'interne et à la fois l'externe. La conclusion étant souvent que la responsabilité est répartie et que l'action à mener pour trouver une solution peut être conjuguée et plurielle.

La stratégie de la réfutation

Martin Seligman propose une stratégie pour faire face à une adversité, un problème. Elle vise à analyser les éventuels comportements inadéquats liés à une interprétation biaisée de la situation. Puis à trouver des alternatives aux habitudes.

Elle se joue en 5 questions successives :
  1. Quel est le problème ?
  2. Quelle est mon interprétation ? Et quelles sont les émotions que je vis ?
  3. Quel comportement cela induit-il chez moi ? Et quelles sont les conséquences en terme d'efficacité, sur les relations interpersonnelles ?
  4. Comment puis-je réfuter (revisiter) mon interprétation ?
  5. Quelle serait alors l'issue avec cette réinterprétation ?
La deuxième question permet de poser clairement l'enjeu suivant : ce que je pense par rapport à la situation est une interprétation de la situation, une lecture de la situation par rapport à mes croyances, mes valeurs, mon vécu, ce qui me semble normal et anormal, juste ou injuste, ...

La façon de poser successivement les questions et en particulier de poser la 2ème puis la 3ème question met en évidence le lien entre la pensée et le comportement : mon comportement est induit par ma pensée et les émotions ressenties à cette pensée. Si j'ai une une pensée qui me met en colère, mon comportement sera dicté par la colère. Si j'ai une pensée qui me laisse dans le désarroi, mon comportement sera peut-être un renoncement.

Comment peut-on réfuter l'interprétation ? Comment peut-on réinterpréter la situation de manière plus positive, plus équilibrée, plus efficace ? Martin Seligman propose 4 méthodes :
  • les faits à l'appui : il s'agit de faire la part des choses entre factuel et interprétation, d'examiner si ce que je pense est une réalité objective. Si je donne un chiffre, est-il exact ? Ne suis-je pas en train de généraliser ?
  • les alternatives : n'ai-je pas d'autres façons de pouvoir interpréter la situation ? Puis-je me mettre à la place d'autres personnes qui sont concernées par la situation ? Puis-je me mettre en empathie avec elles pour comprendre leur point de vue ? Par exemple, et si ce que je vois comme une ingérence de la part d'une autre personne dans ma vie était la manifestation - peut-être maladroite - d'une attention à mon égard ?
  • la portée : même si mon interprétation est juste, quel est l'enjeu, la portée ? Ne suis-pas pas en train d'exagérer les conséquences ?
  • l'utilité : si j'appuie mon interprétation sur mon échelle de valeurs, celle-ci n'est-elle pas en  train de me jouer des tours ? Par exemple, si j'ai une conception très exigeante de la justice, ne suis-je pas en train de poser mon regard sur une situation avec une attente trop forte et peut-être irréaliste ?

Articulation des responsabilités


Le 29 janvier 2017, sur ce même blog, j'ai publié l'article Agir dans le sens de ce qui est à notre portée.

Je redonne un schéma créé pour l'occasion :


Face à une situation problématique, je vois 4 types d'actions à considérer successivement :

  1. Est-ce à ma portée, tout seul ? Auquel cas, j'agis, avec une intention juste (objectif réaliste) dans une action déterminée (éventuellement demandant courage, effort et patience) et durable. Je peux peut-être aussi demander un soutien moral autour de moi
  2. Si ce n'est pas à ma portée, serait-ce à la portée d'un groupe dans lequel je me trouve. Auquel cas, agissons ensemble et peut-être que j'aurai aussi à agir en parallèle tout seul
  3. Si ce n'est pas à notre portée. Peut-être que ce pourrait être à la portée de quelqu'un d'autre ou de plusieurs personnes. Peut-être puis-je en faire la demande ?
  4. Si c'est hors d'atteinte, alors, à moi de considérer si c'est une vérité du moment ou s'il se serait pas le moment d'entrer dans le désespoir, positivement, au sens du philosophe contemporain André Comte-Sponville; à savoir : arrêter d'espérer une chose qui n'est pas ma portée et me focaliser sur les aspects positifs de ma vie, désirer ce que j'ai déjà ici et maintenant
Je fais référence dans ce schéma à 2 principes de la Grèce antique qui étaient inscrits sur le fronton du temple de Delphes "Connais-toi toi-même" et "Rien de trop".

La plus grande partie de mon article s'inscrit dans l'idée du "Connais-toi toi-même".

L'idée du "Rien de trop" concerne la mise en action : il est important d'avancer par petit pas réalistes.
Elle fait référence aussi à la citation très voisine de Voltaire : "Le mieux est l'ennemi du bien".
Ce qui renvoie à la question initiale : le problème en est-il vraiment un ou alors la manifestation d'une insatisfaction due, soit à l'impatience soit à la recherche de la perfection ou de l'excellence, ou à la fuite en avant induite par la société de consommation où l'on veut toujours plus.

lundi 1 mai 2017

Pour donner plus de chances aux bonnes résolutions : mémorisation prospective, théorie du hamburger et règle des 20 secondes

Mettre en branle des bonnes pratiques et les maintenir pour cultiver son bonheur ou plus généralement pour inscrire des bonnes résolutions dans son quotidien n'est pas chose aisée et j'imagine que tout le monde se heurte plus ou moins à la réalisation des "bonnes" résolutions.

Je vous présente trois outils évoqués dans des livres de spécialistes de la psychologie positive.

Commençons par Rébecca Shankland, psychologue française, auteure du passionnant Les pouvoirs de la Gratitude qui, à la fin de son ouvrage, consacre quelques pages à des méthodes pour "s'en tenir à son plan" dont une dédiée à l'utilisation de la mémoire prospective ou mémorisation prospective.

La mémorisation prospective

Le mémoire prospective est "la capacité que nous avons à prévoir à l'avance une action à effectuer dans le but de ne pas oublier de nous rappeler de le faire au moment choisi".

Rébecca Shankland propose 2 prérequis pour assurer une bonne pratique ou la réalisation d'une bonne résolution :


  • être suffisamment motivé; ce qui renvoie aux bénéfices attendus pour soi-même et éventuellement aussi pour d'autres; j'ajoute qu'il est important que la motivation comporte bien une dimension personnelle car si la motivation n'est que tournée vers autrui, il y a un risque d'une mise en tension par autrui ou par soi-même ("après tout, pourquoi ferais-je cela pour lui faire plaisir, alors que ça ne me rapporte rien, et en plus ça me coûte beaucoup ?")
  • adhérer suffisamment à la méthode utilisée pour aller dans le sens recherché; par exemple, si je suis fumeur et que je veux arrêter de fumer, certaines méthodes me parleront plus que d'autres.
    Sur le sujet de la gratitude objet du livre de RS, on peut se sentir plus ou moins à l'aise avec chacune des pratiques proposées (journal de gratitude, lettre de gratitude, visite de gratitude, ...). Bien entendu, autant choisir la méthode qui nous semble la plus accessible et la plus plaisante
En quoi consiste la méthode de mémorisation prospective proposée par RS ? C'est une méthode en 4 questionnements successifs dont je reprend les grandes lignes en ajoutant mon grain de sel :

1/ L'INTENTION : Quelle est la pratique que je veux mettre en place ?
Il s'agit à la fois de formaliser l'intention et d'identifier la pratique qui me semblera la plus à ma portée et / ou la plus agréable. Mettre en place une bonne pratique nous fait souvent sortir de nos habitudes voire "sortir de notre zone de confort" (formulation très à la mode). Alors, tant qu'à faire, autant choisir la pratique qui apportera le plus de plaisir.

2/ LE MOMENT : Quand ou à quelle occasion je veux réaliser la pratique ?
Il y a deux cas de figures à prendre en compte :
  • le premier est relatif aux bonnes pratiques que je veux réaliser périodiquement; par exemple : aller à la piscine tous les samedis matin, faire des exercices de musculation du dos tous les matin au lever, écrire dans mon journal de gratitude tous les dimanches soir, ...
  • le deuxième est relatif à des pratiquse à réaliser lors de situations déterminées; par exemple : ne pas m'énerver quand ma fille n'a pas pris sa douche à 7h30 le matin, dire merci à mon collègue chaque fois qu'il me rend un service, ne pas changer de files d'attente toutes les 2 minutes quand je suis devant les caisses au supermarché, ... 
Pour le premier cas, plus on est précis, plus on se donne de chance de réaliser la pratique. Par exemple, il est plus efficace que je décide d'aller à la piscine tous les samedi matin à 10h00 que de me dire que j'irai à la piscine tous les weekends, sans plus de précision.
Pour me donner plus de chance, la mémorisation prospective m'invite à m'imaginer en train de réaliser la pratique au moment choisi ou à l'occasion de la situation déterminée.

3/ LE RAPPEL : Comment me rappeler plus facilement que je vais réaliser la pratique ?
Rébecca Shankland fait référence à deux types d'indice qui peuvent aider à se rappeler d'activer la pratique :
  • les indices spatiaux : c'est quelque chose dans mon environnement qui va me rappeler d'entrer en action; par exemple, pour la piscine le samedi matin, la veille au soir, je peux mettre mon maillot de bain en évidence pour le lendemain matin; si je décide de m'hydrater régulièrement toute la journée, je peux poser une bouteille d'eau sur mon bureau.
  • les indices événementiels : il s'agit de me définir des stratégies prédéfinies en fonction des caractéristiques de la situation; par exemple, si j'ai décidé de ne plus m'énerver face aux multiples sollicitations non désirées au téléphone, je peux me définir des réactions/phrases que je délivrerai sans y mettre de l'affect, en restant poli et en décourageant les interlocuteurs non désirés de se remanifester (je peux coupler avec un indice spatial, par exemple un émoticon joyeux collé sur la base de mon téléphone).

4/ LES BENEFICES : Quels sont les bénéfices attendus ?
Comme je l'ai évoqué dans les prérequis, il faut que j'y trouve des bénéfices pour moi et pas seulement pour autrui. 
Si je me trouve dans le cas particulier de vouloir substituer une mauvaise habitude par une bonne habitude (par exemple en matière d'hygiène de vie), il s'agit de considérer ce que je vais y gagner sans forcément me mentir à moi-même (le mensonge serait "j'ai tout à gagner et rien à perdre"). Je vais y gagner sur un plan et peut-être y perdre sur un autre plan.
En réalité, et en restant sur le plan rationnel, je m'aperçois que je m'accroche à une mauvaise habitude non pas parce qu'elle me fait particulièrement plaisir, mais tout simplement parce que l'habitude est bien ancrée et qu'en sortir me semble au-delà de ma portée, même si je veux bien convenir qu'un autre comportement serait plus profitable et potentiellement gagnant-gagnant.
Plus je serai en mesure de prendre conscience des bénéfices, de les imaginer, de les visualiser plus je me sentirai motivé à changer.
Et dès que je vais commencer à réaliser la bonne pratique ou la bonne résolution, il sera très important que je prenne conscience au fur et à mesure des bénéfices concrétisés pour renforcer ma motivation.

Les bénéfices vus à travers la théorie du hamburger

Sur le sujet des bénéfices, une façon de mettre en évidence les bénéfices est de s'inspirer d'une théorie proposée par un autre spécialiste de la psychologie positive : Tal Ben Shahar. Dans son livre L'apprentissage du bonheur, il s'intéresse aux bonnes pratiques en faisant notamment référence à Aristote : "Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée".
Et pour bien comprendre les enjeux des habitudes et des bénéfices qu'on peut attendre à mettre en place des bonnes pratiques, il évoque la "Théorie du hamburger".

Avec la théorie du hamburger, TBS met en évidence deux types de bénéfices : les bénéfices à court terme (le plaisir immédiat) et les bénéfices à moyen et long terme (en particulier, ce qui fait du bien à notre santé, à la santé d'autrui et à la préservation de la planète). Il promeut à travers cette théorie les pratiques et les stratégies de vie, créatrices de bonheur, conjuguant le plaisir immédiat ET la préservation du futur.

Quatre cas de figure ressortent de son modèle :
  • le comportement "bienheureux" : une personne qui allie plaisir du moment et préservation du futur (bénéfice présent et futur); imaginez un burger qui soit bon au goût et bon pour votre santé
  • le comportement "viveur" ou "hédoniste" : une personne qui se désintéresse des impacts négatifs sur le futur et se focalise sur son plaisir immédiat (en constatant que la société de consommation a tendance à privilégier ce type de comportement); imaginez un burger qui soit bon au goût mais qui à force d'en manger met en danger votre santé
  • le comportement "défaitiste" ou "nihiliste" : une personne qui ne cherche ni le plaisir, ni à préserver son avenir; imaginez un burger écœurant et mauvais pour la santé
  • et le comportement "fonceur" ou "arriviste" : une personne focalisée sur le bénéfice à venir et incapable de prendre du plaisir dans l'immédiat, imaginez un burger sain mais qui serait fade


La règle des 20 secondes

Pour revenir aux outils qui donnent plus de chances aux bonnes résolutions, je fais appel à Shawn Achor qui a été élève de Tal Ben Shahar. Shawn Achor évoque dans son livre Comment devenir un optimiste contagieux une règle qu'il a intitulée "La règle des 20 secondes".

En quoi consiste-t-elle ? Avant de la décrire, je reprends en quelques mots l'anecdote personnelle qu'il cite dans son livre : à une période de sa vie, il a pris le décision de se remettre à un instrument de musique qu'il avait délaissé depuis quelques années : la guitare. En parallèle, il avait pris conscience qu'il donnait un trop grande place à sa télévision. Se reposant sur une sagesse populaire selon laquelle il faut 21 jours pour inscrire une habitude dans son quotidien, c'est donc le temps qu'il se donne un bon matin pour une bonne résolution : se remettre à la guitare. Seulement, 21 jours plus tard, il fait le constat affligé que sa bonne résolution a duré exactement 4 jours. En tant que professionnel de la profession, il s'est trouvé vexé, chamboulé, déprimé d'être mis KO au bout de 4 rounds. Il décide alors de s'intéresser à ce qui avait pu casser son bel élan.
Est né de ce travail d'analyse la règle des 20 secondes qui met en évidence que nous avons besoin d'une énergie d'activation de l'action. C'est un peu comme pour le vélo : en terrain plat, le plus dur, ce sont les premiers coups de pédale.


L'idée principale de cette règle est de faire tout ce qui nous paraîtra le plus astucieux pour nous faciliter la réalisation de l'action. Si on n'est pas capable de passer à l'action en moins de 20 secondes, il est probable qu'on ne le fera pas. Par exemple, pour sa pratique de la guitare, SA s'est aperçu qu'il avait bloqué simplement parce que sa guitare se trouvait dans sa chambre alors que son lieu de vie était son salon. Il a donc installé un support de guitare dans son salon, mettant ainsi sa guitare à portée de main. Il a ainsi construit une forme de chemin de moindre résistance à sa guitare.
Inversement, sa télévision étant trop facilement activable, il a placé la télécommande de la télévision à l'endroit le plus éloigné de son salon.
En éliminant au maximum les obstacles à la pratique de la guitare et en ajoutant des obstacles à sa mauvaise habitude de regarder la télévision pendant des heures, il a réussi ainsi à se remettre à la guitare et à changer sa vie quotidienne en se désintoxiquant de la télévision qui lui prenait 3 heures par jour.

En conclusion, je veux citer ce même Shawn Achor qui résume de manière très pertinente en très peu de mots, l'enjeu des bonnes résolutions et du chemin qui mène de l'intention à l'action : "Le sens commun n'est pas l'action commune". On peut être nombreux à penser et à affirmer que tel ou tel comportement est bon et vertueux, MAIS ce n'est pas pour autant facile de le pratiquer dans la réalité.

Les outils et conseils proposés précédemment visent à nous faciliter l'activation et le maintien d'une bonne pratique dans le temps. L'enjeu étant bien d'atteindre le moment où la bonne pratique devient une habitude et peut alors se maintenir sans effort.