dimanche 5 décembre 2021

5/12/2021 : Cadeau personnel et créatif ou immatériel

 



Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°5 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, dimanche 5 décembre 2021.


Prise de conscience

Je poursuis sur ma lancée d’hier samedi 4 décembre 2021 concernant les cadeaux (Cadeaux ... empoisonnés ?).

On moque souvent, plus ou moins gentiment, les cadeaux que l’on fait réaliser à l’école aux enfants pour la fête des mères et la fête des pères. Il n’empêche qu’ils ont plusieurs grands mérites :
  • ils ont fait l’objet d’une grande attention, de soin, d’adresse, d’esprit créatif, d’esprit artistique et avec beaucoup d’amour au bout des doigts, dans les yeux, dans la tête et dans le cœur ;
  • ils sont doublement personnels : personnel parce que pensés pour une personne donnée et personnel parce que fabriqué par soi-même. Et en cela, ils sont souvent uniques ;
  • ils revêtent bien entendu une valeur symbolique et sentimentale beaucoup plus forte ;
  • le bénéficiaire peut apprécier l’énergie et le temps qui auront été dépensés pour lui ;
  • réciproquement, il est satisfaisant pour soi-même d’avoir consacré du temps à fabriquer le cadeau pour le bénéficiaire et peut-être même de la fierté pour les qualités artistiques du cadeau fabriqué.
Si on considère ne pas avoir de talent artistique, on peut aussi faire appel à autrui pour fabriquer le cadeau. Le mérite ne sera pas le même, mais il reste tout de même le côté personnel et le fait de faire travailler un artisan ou un artiste et de le rémunérer.

Outre les cadeaux matériels, il est possible aussi d’envisager un cadeau immatériel.

Défi du jour

Un cadeau fait de tes mains

Si tu as un talent artistique, n’oublie pas d’en faire profiter autour de toi comme cadeau personnel et unique. La condition étant bien entendu que tu sois suffisamment sûr que le bénéficiaire l’appréciera. Il faut également trouver une juste posture entre :
  • le manque de confiance en toi qui te ferait penser que le fruit de ton activité artistique ne mérite pas d’en faire un cadeau
  • la surconfiance en toi qui te ferait penser que tout le monde serait ravi de recevoir le fruit de ton art comme cadeau

Un cadeau fait par d’autres mains que tu soutiens en l’occasion

Tu peux aussi conjuguer deux actes de bienveillance : faire un cadeau à quelqu’un, cadeau qui aura été fabriqué par un artiste ou un artisan que tu as décidé de soutenir de ce fait. Un acte d’autant plus opportun que suite au Covid, beaucoup d’artistes et d’artisans ont été privés de salons, marchés, expositions, … où ils peuvent vendre leurs productions.

Ce serait aussi une occasion pour toi de prendre de leurs nouvelles et de les promouvoir autour de toi, par différents canaux (de visu, au téléphone, par email, sur les réseaux sociaux, …).

Et pourquoi pas demander à l’artiste ou à l’artisan de mettre un petit mot personnalisé au bénéficiaire ?

Un cadeau immatériel pour faire du bien

Chacun de nous a l’occasion dans son quotidien de gestes altruistes, et notamment pour aider autrui. Pour Noël, pourquoi ne pas envisager une aide qui sortirait de l’ordinaire et qui pourrait être considérée par le bénéficiaire comme un cadeau de ta part ?

Et puis, il y a aussi quantité d’offres immatérielles (cours, coaching, séances de bien-être, …) que tu peux offrir, ou contribuer à offrir avec d’autres. Des offres visant à faire du bien au bénéficiaire.

En cela, tu pourrais aussi faire acte de bienveillance auprès d’un professionnel ou d’un collectif autour de toi qui aurait été impacté de manière importante par la situation générée par le Covid, et qui verrait son activité soutenue parce que tu as confiance en lui/elle et en son talent.

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samedi 4 décembre 2021

4/12/2021 : Cadeaux ... empoisonnés ?

 


Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°4 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, samedi 4 décembre 2021.


Prise de conscience

Faire un cadeau, surtout quand il s’agit de le donner à un enfant, mérite de l’envisager sous deux angles : celui du plaisir et celui du bienLa bienveillance est clairement centrée sur le bien et non sur le plaisir. Pour autant, il s’agit de ne pas opposer l’un à l’autre, car heureusement, on peut souvent allier bien et plaisir en matière de cadeau.

La bienveillance pour un cadeau s’intéresse bien entendu à l’impact que cela aura sur la personne bénéficiaire du cadeau. Mais ne nous arrêtons surtout pas à cet aspect là, aussi essentiel soit-il. 

Parce qu’il y a aussi la bienveillance que l’on doit à toutes les personnes qui ont contribué à la fabrication de l’objet (ou de la chose immatérielle) et de ses composants, au transport, à sa commercialisation, … Et en cela, il s’agit de s’intéresser aux conditions de travail et de rémunération des personnes et aux impacts environnementaux

Autrement dit, penser le cadeau en global, en responsabilité élargie, en humain porteur d’une bienveillance exigeante qui fait appel à la lucidité, à la conscience, à l’honnêteté intellectuelle, à la justice sociale, à la fraternité, à la justesse, ...

Pourquoi dis-je "exigeante" ? Il suffit de lire la liste de questions que je propose dans le défi du jour pour s'en convaincre. Car faire un cadeau en conscience de toutes les responsabilités de bienveillance envers le bénéficiaire, les humains qui ont été impliqués et l'environnement est bien entendu beaucoup plus exigeant que de sortir son chéquier ou de commander sur internet à la va-vite ce qui aura été demandé par le bénéficiaire, ou alors qu'on imagine vaguement pourrait faire plaisir ou être utile.

Et en passant, qui a dit que la bienveillance n'est que complaisance ? En réalité, et on le voit ici, la bienveillance est donc bien au contraire exigeante car elle nous met face à nos responsabilités.

Ajout du 5/12/2021 :
Une triste coïncidence fait que hier, le jour que j'ai consacré aux cadeaux empoisonnés, est décédé Pierre Rabhi, promoteur de l'idée de "Sobriété heureuse". Et il est sûr que les questionnements que j'ai proposés pour le défi sont inspirés de cette belle idée de sobriété heureuse que j'ai découverte grâce à lui qui recoupe ce que j'ai appris avec la psychologie positive, notamment sur ce qu'on appelle l'adaptation hédoniste dans son versant le plus triste : le fait de très rapidement perdre le goût d'une bonne chose qui nous arrive, notamment les cadeaux.



Et s'il l'on croise également avec les enseignements sur le cerveau, et précisément le striatum, évoqués dans l'excellent livre Le bug humain de Sébastien Bohler, on comprend en quoi les cadeaux peuvent devenir empoisonnés, enfermés dans une spirale négative comme le montre la carte mentale ci-dessous listant les dérives du striatum :


Le plus grave étant que la spirale négative conduit à perdre nos capacités à l'attention (aux bonnes choses), l'appréciation, la gratitude et le respect. Beaucoup d'enfants ou d'adultes trop gâtés par autrui perdent le respect envers leur bienfaiteur qui a plus essayé de leur faire plaisir que du bien, avec un résultat finalement contre-productif et clairement perdant-perdant pour le bénéficiaire et pour le donateur.
Fin de l'ajout du 5/12/2021

Défi du jour

Je reprends la liste que j’ai réalisée, accessible via l’image interactive de l’Avent 2021 de la Bienveillance. il s’agit de te suggérer quelques questions pour le choix des cadeaux :
  • Ça lui fera plaisir (je l’espère), mais est-ce que ça va lui faire du bien ?
  • Inversement, je suis centré sur son bien, mais cela va-t-il lui faire plaisir ? Si non, puis-je trouver une alternative qui allierait les deux ? Ou alors, envisager un double cadeau, un centré sur le bien et l’autre sur le plaisir ?
  • Le cadeau répond-il à une demande façon caprice ?
  • Quels impacts de la multiplication des cadeaux ?
  • Quelle sera la capacité du bénéficiaire à l’apprécier, à ressentir et à exprimer sa gratitude ?
  • Est-ce pour son plaisir, ou/et pour le mien ?
  • Quelles sont les conditions de travail et de rémunération de êtres humains qui ont fabriqué, transporté, commercialisé ce que j’envisage comme cadeau ? Et quels impacts sur l’environnement ?
  • Quels impacts sur l’environnement de l’usage du cadeau, de son recyclage ?
  • Quelle durabilité ? Ai-je envie de faire un cadeau qui reste ?
  • Objet, chose immatérielle ou argent ? Quels impacts selon la forme du cadeau ? Si je donne de l’argent, ne serait-ce pas une façon commode de minimiser mon temps et mon énergie ?

D’autres questions peuvent venir à l’esprit, mais j’imagine que déjà piocher dans celles-là te donnera bien du plaisir ;)

Tu peux aussi partager tes questionnements avec la personne qui attend le cadeau, voire qui te l’a demandé. C’est notamment intéressant avec les enfants à qui l’on peut apprendre la consommation responsable (quand ce n’est pas eux qui l’apprennent aux adultes). En effet, je suis convaincu que c’est une mauvaise idée de faire passer le plaisir d’un enfant en excluant toute autre considération de bienveillance, et de vouloir absolument le “préserver” des réalités de la vie. Au contraire, son avenir passera déjà par la non-destruction de la planète, et le choix judicieux des cadeaux y contribue comme de le rendre partie prenante à cette préservation. N’est-ce pas le plus beau cadeau qu’on puisse lui faire ?


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vendredi 3 décembre 2021

3/12/2021 : Autour (au tour) de la gratitude

 


Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°3 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, vendredi 3 décembre 2021.


Prise de conscience

Les fêtes de Noël sont une excellente opportunité pour la gratitude. D’ailleurs, les cadeaux de Noël constituent pour partie une expression de la gratitude.

Je me suis particulièrement intéressé au sujet de la gratitude, notamment à travers des enseignements de la psychologie positive. J’ai construit une modélisation de la gratitude dont je partage ici deux idées qui me semblent centrales :
  1. la gratitude est une émotion positive. Donc bien loin de ce que notre société a appris aux enfants à l’époque de mon enfance et encore bien après : la gratitude ne se réduit pas ni à un geste de politesse, ni à une conception religieuse (“rendre grâce”). Elle est donc d’abord une émotion positive pour soi-même avant-même d’être exprimé à autrui. Et pour mieux le comprendre, voici en deuxième point un processus que j’ai modélisé mettant notamment en évidence qu’il s’agit en premier lieu de quelque chose qui se vit en soi ;
  2. le processus décrit ci-dessous met en évidence  - outre le point précédent - que la gratitude naît de l’attention. Sans attention, pas de gratitude. Si on ne se donne pas le temps de l’attention, mécaniquement la gratitude ne pourra pas être présente.



Et d’une manière plus générale, le temps est indéniablement une condition indispensable pour chaque étape de ce processus. L’enjeu est donc bien de se donner du temps pour l’attention, l’appréciation, le ressenti de la gratitude, l’attribution, l’expression de la gratitude et l’attention à la réaction du bénéficiaire de la gratitude. 
Tout manque de temps à l’une des étapes met fin inévitablement au processus qui ne peut plus se jouer jusqu’au bout. La question du temps est donc aussi cruciale pour la bienveillance que pour la gratitude.

Et donc transposé à la gratitude le slogan "Donnons-nous du temps pour la bienveillance !" devient :

"Donnons-nous du temps pour la gratitude
... et déjà, parce qu'on se fait du bien à soi !"

Défi du jour

Je t’invite à réaliser jusqu’à la fin des fêtes un journal de gratitude pour capitaliser chaque jour les raisons de ressentir de la gratitude et ensuite de l’exprimer.

Pour cela, je vais peut-être te faciliter les choses en te proposant un format que j’ai conçu en 2015, intitulé le journal AGIR (Appréciation, Gratitude, Inspiration, et expression de la Reconnaissance). Un guide d’utilisation est fourni en page 2, ainsi qu’un exemple concret en page 3 du pdf.

Des études dans le domaine de la psychologie positive ont montré que le journal de la gratitude est un outil extrêmement efficace pour améliorer le bien-être psychique et durablement (environ 6 mois après la fin de son usage), même s’il est réalisé pendant 3 ou 4 semaines, plusieurs fois par semaine (et pas forcément chaque jour).

Néanmoins, mon conseil est, autant que faire se peut, de le réaliser chaque jour car il est plus facile de se remémorer les événements qui se sont déroulés récemment. D’autant plus qu’il s’agit de l’Avent 2021 de la Bienveillance et que cela aurait du sens de clore chaque défi du jour par un petit bilan quotidien. 
Et comme bienveillance rime avec indulgence, si tu ne peux pas réaliser le journal sur une journée, ce n’est pas grave, et tu pourras inclure dans le journal du lendemain des événements du jour. Le piège étant d’abandonner l’écriture du journal parce que tu aurais loupé un jour.


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jeudi 2 décembre 2021

2/12/2021 : Tu es la prunelle de mes yeux ... et pourtant je te rabroue

 


Prendre des gants avec toi

Cet article détaille le défi proposé dans le cadre du jour n°2 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance, jeudi 2 décembre 2021.

Prise de conscience

La bienveillance ne devrait s'entendre qu'associé avec la bientraitance. Or, je constate trop souvent en côtoyant des familles et des couples que ce n’est pas le cas, malgré les déclarations faites sur l’importance que revêt l’entourage aimé. Le quotidien avec les proches fait le yoyo entre l’amour, la tendresse d’une part et les coups de griffes d’autre part. S’ajoute une conception de l’amour, notamment envers les enfants, inspirée par le proverbe "Qui aime bien, châtie bien", entendu comme “puisque je t’aime, il est normal que je te châtie”.

Dans les couples, il y a aussi un processus bien commun qui démarre par une phase de séduction dans laquelle d’infinies précautions sont prises pour ne pas heurter l’autre. Processus qui ensuite, plus ou moins lentement, fait le naturel chassé revenir au galop, et laisse les “bonnes manières” et la délicatesse faire place à des “manières de laisser-aller” voire pire, de piétinement.



"Tu es la prunelle de mes yeux ... “ mais il n’empêche que je n'arrête pas de te rabrouer, de te parler mal. Finalement, les personnes les plus proches sont paradoxalement celles à qui on parle le plus mal et avec qui on ne porte pas de gants. Tel est le comportement que je constate trop souvent en côtoyant des familles et des couples. C’est une forme de violence ordinaire qui peut dévier vers des formes de violence plus graves, et quoi qu’il en soit pourrit l’écosystème familial et son ambiance. Se parler mal est un poison du quotidien en intraveineuse à plus ou moins forte dose.

Or, je suis absolument convaincu que la qualité de nos interactions avec nos proches devrait être alignée avec le niveau élevé de l'amour que l'on ressent et que l'on exprime par ailleurs ; aligné aussi avec l’amour que l’on reçoit.

La conception de la bienveillance que je porte, met en lien la bienveillance avec la bientraitance et la gentillesse (et notamment, se parler gentiment). La bienveillance doit être à la fois dans l'intention et dans l'acte, dans les paroles et dans les actes, dans le pourquoi et dans le comment.

Ce qui ne veut pas dire qu'il puisse y avoir de tensions, des sujets de désaccord, et d'autant plus quand on passe beaucoup de temps ensemble, mais auquel cas, on pratique l'affirmation de soi bienveillante (ou assertivité), par exemple en s'appuyant sur la Communication Non Violente (CNV) et on gère avec bienveillance les tensions (cf ma modélisation sur la gestion des tensions).

Défi du jour

Je te propose un défi en plusieurs temps :

1/ Tu prends conscience des moments, des situations où tu as tendance à rabrouer au quotidien dans ton couple, avec ton/tes enfants, avec ton/tes parents. Tu peux aussi sonder les personnes concernées afin d’avoir leur sentiment sur ta façon de les traiter par tes paroles et tes gestes. Tu y découvriras peut-être un impact plus fort que tu l’imaginais des petits écarts que tu t’autorises dans ta façon de communiquer au quotidien. Il est même possible que cela puisse être une forme de révélation sur l’importance de l’accumulation de banals laisser-allers sur les relations.

2/ Prendre conscience, c’est bien, mais il ne faut bien entendu pas en rester là et laisser ce constat tomber dans l’oubli ou rester en vœux pieux ou en transfert de responsabilité sur les personnes concernées (“c’est elle/lui/eux qui ont commencé”). Le deuxième temps consiste à décider avec détermination de changer ta façon de t’exprimer, en commençant par une situation type en essayant d’anticiper tes mots, ton ton, tes mimiques, tes gestes ; puis de vérifier que la/les personnes impliquées remarquent, apprécient (ou non) le changement.

3/ Comme il est fréquent que le rabrouement s’installe dans la relation, de part et d’autre, et si c’est le cas avec les personnes concernées, dans un troisième temps, il sera … temps … de les faire entrer dans la danse. Puisque tu auras joué en premier une nouvelle musique, tu pourras leur proposer de la jouer à deux ou à plusieurs. Ce faisant, ce défi au départ individuel devient un défi interpersonnel ou collectif porté ensemble, où chacun fait sa part, ou chacun se soutient, se stimule pour changer cette triste et dangereuse habitude de vous rabrouer. Avec une prise de conscience que l’éventuel prétexte de l’efficacité (“on n’a pas le temps de prendre des gants”) est en réalité carrément contre-productif car il crée inévitablement des tensions qui prennent beaucoup de temps à être dénouées quand elles ne mettent pas à mal voire à néant la relation.

Un troisième temps qui s’achève par l’appréciation et la gratitude partagée donnant du carburant pour persévérer et cheminer dans un changement d’habitude faisant cercle vertueux.

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mercredi 1 décembre 2021

1/12/2021 : Salut, ça va ?



Cet article détaille les deux défis proposés dans le cadre du jour n°1 de l'Avent de 2021 sur la Bienveillance.

Prise de conscience


Salut, ça va ?” ou toute autre formulation voisine mérite qu’on s’y arrête car selon la façon dont elle est exprimée, le ton employé, l’intention et l’attention qu’on y met, on peut distinguer 3 niveaux de bienveillance :
 
  • la bienveillance, quand il s’agit vraiment de s’intéresser à l’autre, d’attendre une vraie réponse et de l’écouter ; particulièrement si justement, ça ne va pas pour l’autre ;
  • l’absence de bienveillance, quand cette phrase est jetée sous le sceau de l’habitude et qu’on ne s’intéresse pas du tout à la réponse. Une forme de convivialité minimaliste, flirtant avec la formule de politesse ;
  • la malveillance, quand il s’agit d’une phrase pleine de sous-entendus, notamment pour exprimer que ça irait un peu trop bien pour l’autre dont on pense qu’il aurait tendance à ne pas assez se fouler.
Tu auras probablement constaté, pour toi-même et pour les autres, qu’un “Salut, ça va ?” minimaliste est souvent provoqué par un manque de temps, la pression du temps, un quotidien rythmé par les urgences. Et peut-être même qu’il n’y a même pas le temps de cette convivialité minimaliste et qu’un simili-sourire ou un petit hochement de tête font une version ultra-minimaliste, voire l’absence totale d’interaction, façon speedy Gonzalès ou en mode apnée (je ferme les écoutilles le temps d’arriver à destination).

Et auquel cas, il n'est pas facile de savoir si l'absence de "Salut, ça va ?" est un signe de malveillance ou d'absence de bienveillance. Situation dans laquelle il est facile de tomber dans le piège d'une lecture de pensée qui attribuerait l'absence d'interaction comme intentionnelle alors qu'elle serait due au manque de temps. Exemple : "il/elle ne m'a pas dit bonjour ; qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire ?".

Défis du jour

1/ S’il t’arrive de lancer des “Salut, ça va ?” qui ne sont pas des questions et qui n’attendent pas vraiment de réponse (et peut-être surtout pas une réponse négative), peut-être peux-tu anticiper une situation où vous allez vous donner le temps (c’est plus motivant que “prendre du temps”) de te planter dans le sol, attendre une réponse, répéter la question si la personne ne répond pas vraiment, entamer un dialogue pour en savoir plus sur :
  • sa situation (et notamment sa santé),
  • sa perception de la situation,
  • ses attentes, ses besoins, potentiellement en quoi vous pourriez l’aider, la soutenir, …
Dans la mesure où il me semble important d’envisager la bienveillance dans la réciprocité, je te suggère un exercice pas forcément facile : inviter l’autre avec doigté à s’enquérir aussi auprès de toi si tu vas bien. Ce qui peut nécessiter un travail personnel : accepter de parler de soi. 


2/ Ce qui me donne une transition pour la situation inversée : il t’arrive peut-être de répondre un “Et toi ?” sans vraiment répondre aux “Salut, ça va ?”, qu’ils soient sous l’empreinte de bienveillance ou d’absence de bienveillance. 
Alors, le défi pour toi serait de répondre vraiment à la question, de dire ce qui va, ce qui ne va pas, … et ensuite de porter ton attention sur l’autre

Et puis, pour les deux défis, de prendre conscience et d’apprécier ce moment de partage et ses impacts sur toi, sur l’autre personne et sur votre relation. Et pour clore l’échange, je t’invite à ressentir et à exprimer de la gratitude (cf processus de gratitude) envers l’autre (le moment partagé, la confiance, l’écoute, l’aide, le soutien, …). 

Et pourquoi ne pas renouveler le défi le jour de Noël en présence de personnes de ta famille à qui tu joues le service minimum (par habitude ou par déficit de sympathie qui pourraient peut-être bien provenir de méconnaissance ou de malentendu) ?

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lundi 29 novembre 2021

L'avent 2021 de la Bienveillance


 

A partir du mercredi 1ier décembre 2021, je proposerai chaque jour jusqu'au 24 décembre une invitation du jour à aborder la bienveillance sous un angle particulier.

Chaque invitation du jour comportera une dose de prise de conscience et une dose de petit défi que vous pourriez réaliser le jour même et/ou pendant cette période de l'avent 2021. Un défi pour mettre de la bienveillance dans vos façons d'observer, de penser, de ressentir, de vous exprimer, de prendre des décisions, de conduire vos actions et de réagir face aux tensions et aux difficultés.

Mon objectif est de proposer à l'approche de Noël et dans le contexte d'une période qui recèle des opportunités multiples de bienveillance, des angles pratico-pratiques de la bienveillance. Des angles qui sont issus de mon travail de mon modélisation que je réalise depuis fin 2019 sur le sujet de la bienveillance et que je promeus à travers l'idée de Société et de Territoires de la Bienveillance.

L'Avent 2021 de la Bienveillance se présente sous la forme de l'image interactive ci-dessous qui sera mise à jour chaque jour à partir du 1ier décembre et jusqu'au 24. L'icone du jour sera rendue interactive et présentera le contenu que j'ai élaboré spécifiquement pour le jour.

Vous pouvez donc revenir chaque jour sur cet article (ou réactualiser la page si elle est conservée dans un navigateur depuis la veille ou un précédent jour) et cliquer sur l'icone du jour pour découvrir le nouveau contenu associé au jour.


 

A mercredi !

jeudi 11 novembre 2021

COP26 et besoins essentiels - Chronique sur la Bienveillance - Episode 36

 



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Voici le 36ème épisode de mes chroniques sur la bienveillance inspirées de l'actualité dans le cadre de mon travail de modélisation d'une Société de la Bienveillance.
Cette chronique m'a été inspirée par la tenue depuis dimanche 31/10/2021 et jusqu'au 12 novembre 2021 de la COP26 à Glasgow. Cet événement est présenté comme "la dernière chance" de parvenir à faire face efficacement à un emballement climatique créé et amplifié par les humains en une toute petite poignée de dizaines d'années (depuis environ 1970).

J'ai démarré l'écriture de cet article il y a quelques jours, et il se trouve que j'ai vu ce jour la vidéo-ci-dessous de Matthieu Ricard s'exprimant sur le lien entre bienveillance et enjeux climatiques. Ce qui constitue une deuxième inspiration pour mon article.



Matthieu Ricard présente la bienveillance comme "la considération sérieuse du sort d'autrui" sur 3 échelles de temps, bien loin d'une vision bisounours :
  • le présent : remédier aux inégalités et aux injustices sociales
  • le moyen terme : favoriser le bien-être de la population
  • le long terme : considérer sérieusement le sort des générations futures

La COP26 par la bienveillance en 4 dimensions

Je vous propose de considérer les enjeux de la COP26 avec le filtre de ma modélisation de la bienveillance sur 4 dimensions indissociables.


Chaque pays a 4 grandes directions de bienveillance, sur deux grands enjeux : veiller au bien (prêter attention) et prendre soin. Ces 4 grandes directions indissociables sont :
  • "Moi Je" : pour prendre en compte les intérêts propres du pays ;
  • "Toi et Moi" : pour prendre en compte les intérêts des autres pays, notamment à l'occasion des relations bilatérales ;
  • "Moi dans des Nous" : pour considérer que chaque pays fait partie d'ensembles plus vastes (par exemple : la France dans l'Europe) et  pour tous les pays : prendre en considération l'humanité, la planète, le vivant, les générations futures sur tous les continents ;
  • "Vous en Moi" : pour prendre en compte la population du pays, et particulièrement les plus pauvres qui sont souvent les premiers touchés par les effets de l'emballement climatique.

Le bon sens des besoins essentiels

En février 2017, j'évoquais dans l'article Et si tout ce dont j'ai réellement besoin était déjà là ? les 14 besoins fondamentaux du modèle proposé par Virginia Henderson en 1947. Elle était infirmière, enseignante et chercheuse américaine.


Je vous propose une autre source d'inspiration avant de mettre en évidence des priorités qui devraient guider notre façon d'aborder les enjeux de l'emballement climatique et de la destruction de la biodiversité : il s'agit de règles de survie autour du chiffre 3, attribuées initialement à l'instructeur américain de survie en milieu naturel Ron Hood. Voici succinctement la liste par ordre de priorité décroissante :

  • A : 3 secondes d'inattention peuvent être mortelles dans un milieu à risques
  • B : 3 minutes sans oxygène
  • C : 3 heures sans protection à des conditions de température extrêmes
  • D : 3 jours sans boire
  • E : 3 semaines sans manger
  • F : 3 mois sans contacts humains

Voyons en quoi les enjeux de la COP26 - des décisions pour contenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C -, répondent à des besoins essentiels, relevant ainsi d'une forme de bon sens. Je croise les deux sources d'inspiration par leur numéro 1 à  14 pour les 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson et entre A et F pour les règles de survie autour du chiffre 3 :

  • La neutralité carbone doit nous faire espérer limiter les risques de températures insupportables (7 et C) 
  • et l'amplification des turbulences climatiques  - pluies diluviennes, vents violents, tornades, ... - (9). 
  • Les impacts du réchauffement climatique touchent bien évidemment nos capacités à nourrir la planète et à nous abreuver (2 et D et E) quantitativement et qualitativement
  • Le réchauffement de la température a des conséquences sur la qualité du sommeil (5), surtout pour celles et ceux qui n'ont pas les moyens de faire baisser la température ou de ventiler les lieux où ils dorment
  • Le CO2 en trop grande quantité impacte la qualité de l'air que l'on respire, notamment à l'intérieur des bâtiments (1)

La perspective des prochaines élections en France

Dans l'article d'avril 2017 Le sens de l'essentiel pour les échéances électorales qui se rapprochent j'avais relié les besoins essentiels avec les élections présidentielles de 2017. J'y évoquais notamment le sujet d'une démocratie contributive dans laquelle la population puisse se (ré)approprier les responsabilités qu'elle (aban)donne à des représentants. Représentants qui, force est constatée, n'ont pas pris leurs justes responsabilités face aux enjeux climatique. Sachant que, par ailleurs, la population dans sa grande majorité n'a pas non plus pris au sérieux ces enjeux.

Je réitère donc l'expression de ma conviction : l'enjeu de l'emballement climatique, comme d'autres enjeux de société qui font appel à notre responsabilité de bienveillance, nécessiterait de mettre en place dans les pays, et ici en France, une démocratie plus moderne, beaucoup plus contributive, moins bling bling pour ses représentants, moins élitiste, moins hors sol, moins stigmatisante, loin des oppositions stériles et scénarisées, plus fluide, plus confiante, plus responsabilisante, plus exigeante, plus apaisée, plus indulgente ... bref, plus bienveillante envers les êtres humains, les êtres vivants en générale, la planète et à l'image des invitations que l'on peut trouver dans des toilettes publiques : prière de laisser les lieux aussi propres que dans l'état dans lequel on les a trouvé. Et comme on a eu tendance à les salir, il est largement temps de les nettoyer. 

Quant aux programmes, ils devraient répondre déjà en premier lieu aux besoins essentiels listés précédemment : quoi faire pour assurer que les populations du pays et de la planète respirent de l'air pur, puissent vivre dans des conditions de température soutenables, puissent boire et manger suffisamment, puissent se sentir en sécurité (et pas seulement avec le prisme de caméras et de murs érigés), puissent avoir des relations apaisées, riches, appréciées dans leurs différentes sphères de vie.