mercredi 30 octobre 2013

Réinterpréter (13)

Après les bienfaits de la réinterprétation positive que j'ai évoqués dans mon précédent article Réinterpréter (12), les hasards de la vie m'ont fait observer il y a peu les méfaits de la réinterprétation négative.

Le réinterprétation négative, c'est typiquement la dérive qui se met en oeuvre dans certaines séparations de couples : tout ce que l'on voyait beau, agréable, comme une qualité... et qui était mis au crédit de l'être aimé par un processus de réinterprétation négative devient moche, désagréable, transformé en défaut et mis au discrédit de l'être maintenant détesté.

Comme s'il était nécessaire de refaire l'histoire ... pour  terminer l'histoire.

Pensée illustrée personnelle qui date d'une période
où les divorces à l'amiable n'étaient pas facilités


Peut-être cela facilite-t-il pour certain-e-s  la décision de la rupture, pour charger la barque de telle façon qu'il devienne incontestable et plus qu'évident à soi-même et à son entourage que là c'en est trop.

Y'a-t-il un revers à la médaille ? De mon point de vue, oui, et il n'est pas mince :

  • en toute logique, si l'être détesté a vraiment tous les défauts qu'on lui prête, ce n'est pas très bon pour l'ego de lui avoir accordé l'amour, la confiance, ... D'ailleurs, dans ce type de contexte, on entend quelques fois des phrases du genre "qu'est-ce que j'ai été con-ne de ..."
  • pour celles et ceux qui sont adeptes de la généralisation, le sexe opposé risque de devenir urticant pour quelques temps
  • quand il y a des enfants au milieu, le risque est fort de les prendre à témoin et de démolir l'image de l'autre parent
  • c'est créer de l'injustice vis-à-vis de l'autre puisqu'on lui renvoie une image caricaturalement négative et une revisite du passé qu'il ne risque pas de reconnaître
Alors, quelle autre "stratégie" peut-on adopter lorsqu'on sent qu'une relation, qu'elle soit amoureuse, amicale, professionnelle, ... ne peut que se terminer ?

Etre en pleine conscience de ses pensées et de ses émotions et essayer de faire la part des choses. Comme dit le proverbe, on n'a pas besoin de "jeter le bébé avec l'eau du bain".
Souvent, nul n'est besoin d'en rajouter. Si l'on veut qu'une rupture se déroule de manière apaisée, il faut que chacun soit respecté, et se reconnaisse un minimum dans l'image que véhicule l'autre. 

Etre juste, conserver l'image réelle du passé - et en particulier des bons moments - est une chance que l'on se donne à soi-même et à l'autre de se séparer au mieux.

C'est aussi une chance que l'on se donne de lever des malentendus et éviter une rupture pour consolider la relation. A l'inverse, la réinterprétation négative, c'est interdire cette voie possible.

C'est enfin une chance de ne pas ressasser, de rester enfermer dans des émotions négatives de colère, de  rancoeurs, voire de vengeance bien inutiles puisque toutes ces émotions sont fondées sur une part plus ou moins importante de constructions de la pensée et non de la réalité.

La rétinterprétation négative salit, l'autre et finalement soi-même et ne constitue pas une voie rapide pour reconstruire du bonheur.
Le bonheur se construisant beaucoup par la gratitude, pourquoi ne pas aborder la rupture aussi avec la gratitude pour tous les bons moments passés et en anticipant la gratitude pour une réaction apaisée de l'autre ?

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