jeudi 9 avril 2020

Confinement, bienveillance et reconnaissance - Episode 11 : Je t'aime

Bonjour en ce jour où il y a de l'amour dans l'air !



Comme annoncé dans ma publication En cette période de confinement, la cellule familiale, territoire de bienveillance et de reconnaissance de dimanche 29 mars 2020, voici donc le 11ème épisode d'une série de 14 articles autour des 13+1 gestes de reconnaissance au quotidien que je rappelle dans le schéma ci-dessous.



Je rappelle que ce "travail" de transition intérieure et intrafamiliale que je vous propose en cette période de confinement répond à deux motivations :
  • Une motivation par rapport à l'avenir : préparer et renforcer les bases d'une société de la bienveillance pour l'après confinement
  • une motivation immédiate renforcée par les chiffres évoqués par le ministre de l'intérieur sur l'augmentation des violences conjugales : le confinement fait porter des risques sur les femmes, les enfants, les relations et l'ambiance de la cellule familiale. Cultiver la bienveillance et la reconnaissance dans cette période est une action de prévention des tensions et des violences.
En ce jeudi 9 avril 2020, 11ème jour de ce parcours, nous nous intéressons au 11ème geste, geste de valorisation et d'amour : Je t'aime

Mon invitation est que vous vous donniez du temps pour exprimer diversement votre amour dans vos écosystèmes (notamment le foyer) et dans vos interactions.

"Je t'aime" est présenté dans le diaporama suivant selon 4 axes de bienveillance :
  • autrui (axe le plus naturel quand on évoque la bienveillance)
  • soi-même
  • les collectifs et communautés auxquels ont appartient, et ici en particulier le foyer, en période de confinement
  • la nature





Ce diaporama au format pdf.

Le "Je t'aime" va au-delà de sentiments exprimés à l'attention d'une personne dont on est amoureus·e. Il exprime une affection inconditionnelle qui peut aller aussi à ses enfants, à ses parents, à ses sœurs et/ou frères, à ses grands-parents, à ses amis ou dans une acception religieuse auprès de tout être humain qui nous entoure. Une façon d'exprimer à autrui qu'il est important à nos yeux et que par ailleurs, on lui prodiguera régulièrement des gestes de reconnaissance au quotidien.

En examinant la liste des 14 gestes de cette série, on s'aperçoit que bon nombre sont réalisables envers les personnes que nous aimons.

Je note cette particularité du "Je t'aime" qui, si on lui accole le mot "beaucoup", diminue de beaucoup sa puissance et change sa portée.

Je termine par trois enjeux centraux de cohérence pour que le "Je t'aime" résonne vraiment avec bienveillance :


  • quand on dit "Je t'aime" à la personne la plus proche de soi ou une des personnes les plus proches de soi et qu'en même temps on s'autorise à la rabrouer selon le principe du "qui aime bien, châtie bien", il y a problème de cohérence. Ma conception est que plus on aime quelqu'un plus on en prend soin et plus on fait attention à lui parler avec tendresse et sans aucune forme de violence et de brusquerie verbale. Et c'est effectivement en quoi la bienveillance est exigeante puisqu'elle demande du contrôle de soi et de régulation de l'humeur et des émotions
  • et évidemment, le "Je t'aime" est incompatible avec des formes de violence, que cela soit de la plus extrême à la plus ordinaire. Le "Je t'aime" ne doit pas côtoyer l'inacceptable. Mais quel est l'inacceptable ? Je vous renvoie sur un outil très intéressant le "Violentomètre" adapté à la demande du Conseil Régional d'Île-de-France par le Centre Hubertine Auclert sur la base d'un outil conçu fin 2018 par les Observatoires des violences faites aux femmes de Seine-Saint-Denis et Paris, l’association En Avant Toute(s) et la Mairie de Paris. J'ai moi-même fait un premier travail d'adaptation de ce violentomètre pour intégrer la dimension d'absence de bienveillance absente. En effet, il faut selon moi que les personnes qui ne sont pas victimes de violence mais qui pour autant ne sont pas l'objet d'attention de leur partenaire puissent s'y retrouver autrement que d'avoir à se dire qu'elles devraient avoir beaucoup de chance de ne pas subir de violence, alors que pour autant leur relation n'est pas saine et satisfaisante. La combinaison "Je t'aime" et violence est une des caractéristiques des personnalités perverses narcissiques
  • Il y a un immense malentendu que j'ai pu constater dans la façon de concrétiser l'amour de certains parents envers leurs enfants : confondre faire du bien et faire plaisir. Centrer le rapport parent-enfant sur le plaisir est une fuite en avant qui se révèle presque inévitablement perdant-perdant (pour les parents, pour les enfants, pour les entourages, pour la société) et constitue un défaut de bienveillance ou une mauvaise conception de la bienveillance (l'enjeu de la bienveillance est de veiller au bien et non pas au plaisir).

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